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Saipem-Sonatrach : Ouverture du procès à Milan

Publié le 26/01/2016, par dans Non classé.

Durant la première audience de ce qui s’annonce comme un procès difficile, les juges milanais ont rejeté la demande de Sonatrach
de se constituer partie civile. L’association Le Mouvement des Algériens dans le monde a également été déboutée.
L’ouverture du procès qui voit jugés sept prévenus pour corruption internationale et fausses déclarations au fisc a été marquée, comme prévu, par l’analyse de questions préliminaires. Durant quatre heures, les juges milanais ont examiné les demandes des parties en cause, avant de se réunir en chambre du conseil pour délibérer.

Rappelons que quatre anciens dirigeants de Saipem et trois Algériens, soupçonnés d’avoir joué le rôle d’intermédiaires pour le versement de pots-de-vin à des responsables algériens, sont poursuivis dans cette affaire qui a défrayé la chronique aussi bien en Italie qu’en Algérie. Un pactole de 198 millions de dollars aurait atterri dans les comptes de responsables algériens contre l’octroi à la société italienne Saipem de marchés pour le montant de 8 milliards d’euros dans le domaine de l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures.

Pietro Varoni, qui était le directeur des opérations de Saipem, Alessandro Bernini, ancien directeur financier d’ENI d’abord et ensuite de Saipem, Pietro Tali, ancien président et administrateur délégué de Saipem, mais également Farid Nourredine Bedjaoui, homme de confiance de l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil, Samir Oureid et Omar Harbour, deux intermédiaires du neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui. Les trois hommes sont en fuite et un mandat d’arrêt international a été lancé contre eux.

Tous les accusés étaient représentés, hier, par deux avocats chacun. Le défenseur de Omar Harbour a soulevé un vice de forme quant à l’absence, selon lui, de notification à son client et a demandé que ce dernier soit séparé du reste des accusés, pour « rectifier» la procédure.
Le président du collège des juges, Marco Tremolada, a accueilli l’objection de la partie adverse qui a soulevé le fait que la demande de constitution de partie civile présentée par l’avocat du groupe énergétique algérien, maître Giacomo Gualtieri, du studio légal milanais Bana, porte la signature du seul PDG du groupe énergétique algérien, alors qu’en Italie ce genre de requête doit émaner du conseil d’administration après la tenue d’une assemblée générale qui l’adopte.

Ce à quoi l’avocat Gualtieri a rétorqué que les statuts de Sonatrach le permettaient. La défense a alors exigé de voir la copie portant traduction en italien de l’intégralité de ce document. Face à l’absence de cette pièce, les juges ont donné raison, pour l’instant, aux avocats de Saipem.
La prochaine audience qui marquera le début effectif des débats a été fixée au 29 février prochain, ce qui représente un délai très court pour la justice italienne connue pour ses longs procès.

Cela dénote de la volonté des juges de la quatrième section pénale du tribunal de Milan de parvenir, rapidement, à un verdict dans cette affaire. La demande de l’un des imputés, Tullio Orsi, ancien président de Saipem-Algérie, le seul qui a été arrêté et emprisonné depuis le début de cette affaire, de trouver un « arrangement» avec la justice — ses avocats ont proposé la peine de deux ans et 10 mois de prison et la confiscation de la somme de 1,3 million de francs suisses — ne manquera pas de renforcer la position accusatoire du parquet.

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Procès Sonatrach 1 : Des avocats demandent à Chakib Khelil de sortir de son silence

Publié le 26/01/2016, par dans Non classé.

Plusieurs avocats se sont offusqués, hier, de « l’orientation» de l’affaire Sonatrach par les officiers du DRS, accusés d’avoir évité d’entendre sur procès-verbal le fils du commandant du service de la police judiciaire.
Les plaioiries de la défense se sont poursuivies hier au tribunal criminel d’Alger, où se tient depuis un mois le procès Sonatrach 1. Ce sont les avocats d’El Hachemi Meghaoui et de son fils Yazid, Mes Mourad Zeguir, Mokrane Aït Larbi et Khaled Bergheul qui ont ouvert l’audience. D’abord, c’est Me Zeghir qui commence en revenant au début de l’affaire, le 13 janvier 2010, lorsque ses deux mandants ont été présentés, puis mis en détention à ce jour. « Lorsque j’entends un cadre comme

Belkacem Boumedienne parler de la terreur qu’il a subie dans les locaux du DRS, j’ai le droit de m’interroger sur les conditions dans lesquelles l’enquête préliminaire a été menée. J’ai entendu Ali Dorbani affirmer avoir été entendu par la police judiciaire, mais je n’ai aucun procès-verbal sur son audition. Pourquoi ? La réponse m’a été donnée par mes confrères.

Dorbani est le fils d’un commandant du DRS qui dirigeait le service de la police judiciaire. Pourquoi laisser planer le doute sur cette enquête en laissant des failles aussi flagrantes», révèle Me Zeguir, avant de revenir aux propos de Fawzi Meziane, selon lesquels « il y a eu une anarchie dans le bureau du juge», mais aussi à ceux de Mohamed Réda Djaafer Al Smaïl, selon lesquels il avait été placé sous mandat de dépôt pour avoir « reconnu dans le bureau du juge Belkacem Boumedienne».

Des déclarations, souligne l’avocat, qui permettent de mettre en exergue les conditions dans lesquelles cette affaire a été instruite. « Le plus grave, c’est que les décisions du juge ont été ordonnées par la police judiciaire. Même le gel des comptes des Maghaoui s’est fait sur demande écrite du DRS», note l’avocat qui dit ne pas ignorer que « l’arrêt de la chambre d’accusation couvre toutes les violations», et de ce fait il exhorte le tribunal à ne pas rester l’otage de ce document.

Pour lui, cette affaire a inversé les situations. « Nous sommes dans l’obligation de ramener la preuve de l’innocence des accusés, alors que c’est au parquet de présenter les preuves de leur accusation.» Me Zeguir réfute l’accusation d’association de malfaiteurs, en disant qu’El Hachemi Meghaoui a rejoint le groupement Contel en 2005, au moment où ce dernier avait déjà obtenu les contrats avec Sonatrach. « Meghaoui était encore en poste au CPA lorsque Al Smaïl faisait sa présentation à Sonatrach. Il ne peut être accusé d’association de malfaiteurs», indique Me Zeguir.

« Les accusations contre les Meghaoui sont inacceptables»

Il explique que le trafic d’influence, la corruption et la complicité de dilapidation de deniers publics retenus contre ses deux mandants sont des délits « inacceptables», parce qu’il n’y a « rien dans le dossier qui les prouve». Pour l’avocat, les faits « de complicité dans la passation de contrat en violation de la loi sur les marchés publics» reposent sur les contrats de consulting d’El Hachemi Meghaoui et son fils avec Funkwerk.

« Pourquoi ne pas avoir ramené ici tous les autres actionnaires, dont Ali Dorbani, qui avaient les mêmes contrats ?» lance l’avocat, en disant que les services de consulting ne sont pas fictifs, citant au passage de nombreux cas de ce type de contrats que Funkwerk a signés avec des Allemands, et dont les rémunérations vont de 1000 euros par jour à 120 000 euros par an.

Me Bergheul abonde dans le même sens, précisant toutefois qu’il n’y a pas de Sonatrach 1 et 2, mais une seule affaire qui a eu des ramifications à la suite des informations auxquelles sont arrivées les commissions rogatoires. Il s’étale sur la corruption dans le monde et son traitement par la justice, faisant le parallèle avec la corruption en Algérie, citant les affaires Khalifa et l’autoroute Est-Ouest, où les ministres mis en cause entrent au tribunal comme témoins et en sortent comme témoins. « Ailleurs, les responsables démissionnent et présentent leurs excuses à leur peuple.

En Algérie, les responsable ne quittent pas leurs postes et utilisent ces dossiers de corruption comme moyen de chantage. Nous avons bien vu un ministre menacer l’Etat avec des dossiers de corruption qu’il dit détenir. Lorsqu’un ministre de la Justice déclare qu’un responsable politique l’a contacté et qu’il a fait pression sur lui pour enlever le nom d’une personnalité du dossier, à quoi peut-on s’attendre ?

Qui a le droit d’enlever des noms de personnes citées dans un dossier judiciaire ? S’il n’y avait pas l’intervention des hommes politiques dans cette affaire, nous aurions peut-être cru en la justice. Peut-on ignorer les décisions de cette juridiction et qui ont touché y compris des juges qui devraient d’ailleurs, être le souci du Syndicat des magistrats ? Lorsqu’un haut responsable qui nous promet un Etat civil déclare que ce dossier est vide, que c’est une fabrication, et que tout ce qu’il y a aujourd’hui est une manipulation, que reste t-il de l’affaire ?»

« Ça suffit ! Sept ans barakat !»

L’avocat poursuit ses interrogations : « Nous sommes tous des victimes ici. ça suffit ! Sept ans barakat ! Doit-on se taire devant ces graves dérives ? Jamais !» Me Bergheul va plus loin. Il fait le lien avec les déclarations d’anciens hauts responsables de l’Etat qui s’échangent actuellement de graves accusations et qui prouvent, dit-il, que l’Algérie « était gérée par des clans et que le Président ne savait rien de ce qui se passait.» Me Bergheul espère qu’à travers ce procès il y aura « une rupture» avec ces pratiques « honteuses».

Il revient aux faits reprochés à ses deux mandants, en les rejetant en bloc. Lui aussi s’attaque au DRS. « lls ont qualifié les faits. Savez vous pourquoi ? Parce que les rapports sur leur actes n’arrivent jamais à leurs supérieurs. Ils agissaient en toute liberté. Les accusations étaient cousues de fil blanc. Si les six accusés poursuivis pour crime font partie d’une association de malfaiteurs, qui sont alors les bienfaiteurs ?

Les ministres ? J’aurais aimé que l’ancien ministre dont le Lire la suite

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Oran : le journaliste Mohamed Chergui rejugé le 22 février prochain

Publié le 26/01/2016, par dans Non classé.

L’affaire opposant la direction du quotidien El Djoumhouria (public) à son ex-employé, le journaliste Mohamed Chergui, sera traitée le 22 février prochain par la Cour d’appel d’Oran, a-t-on appris hier de source judiciaire.
Le journaliste a comparu libre, hier, afin d’être jugé en appel pour « offense au Prophète et à l’islam», fait-on savoir de même source, expliquant que l’audience a été reportée en raison de l’absence des avocats constitués pour la défense du mis en cause. Condamné en février 2015 à une peine de trois ans de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 DA, Mohamed Chergui avait fait opposition de ce jugement prononcé par défaut en première instance par le tribunal pénal d’Oran.

Rejugé en novembre 2015, il a écopé devant la même instance d’une année de prison avec sursis et de 200 000 DA d’amende. Les faits remontent à 2014, lorsqu’une plainte a été déposée par la direction du journal arabophone El Djoumhouria suite à la publication dans ses colonnes d’un article jugé offensant au Prophète et à l’islam. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 26/01/2016, par dans Non classé.

4 morts et 2 blessés dans un accident de la circulation à El Bayadh

Quatre personnes sont décédés et deux autres ont été blessées, dimanche soir, dans un accident de la route, au lieudit Oued Namous, au sud du territoire de la wilaya d’El Bayadh, selon un communiqué de la Protection civile rendu public hier. L’accident s’est produit suite au dérapage d’un véhicule utilitaire, qui s’est renversé sur ce tronçon de la route reliant les communes d’El Benoud (El Bayadh) et de Tinerkouk (Adrar), tuant sur le coup quatre de ses passagers et causant de graves blessures à deux autres, a-t-on précisé. Les blessés ont été évacués en urgence vers l’hôpital de la commune de Labiodh Sidi Cheikh, où ont été également déposées les dépouilles des quatre personnes décédées, selon la même source. Une enquête a été ouverte par les services de la Gendarmerie nationale pour déterminer les circonstances exactes de l’accident.

Les paramédicaux mécontents à Mouzaïa

Le représentant du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) du bureau de Blida n’a pas trouvé mieux que de saper (sans jeu de mots) le moral des troupes. En effet, lors d’une réunion tenue récemment au niveau de la polyclinique de Mouzaïa, le syndicaliste n’a, selon les nombreux adhérents présents, apporté aucune solution aux doléances exposées par le personnel de la santé exerçant dans les différents services de l’établissement. Pis encore, il a dépouillé, selon un adhérent, l’activité syndicale de son esprit de force revendicatrice, en occultant toutes les doléances d’ordre professionnel exposées par des blouses blanches mécontentes. A titre d’exemple, un technicien supérieur de la santé, victime d’une agression dans l’exercice de ses fonctions, n’a même pas bénéficié d’un avocat pour plaider sa cause, alors qu’un syndicat est censé défendre les intérêts socioprofessionnels des travailleurs qu’il représente. Les nombreux présents se sont demandé quelle est l’utilité de telles initiatives (réunions) si les exigences des travailleurs ne sont pas prises en compte et au sérieux…

Quand austérité rime avec rationalité

« A quelque chose malheur est bon», dit le dicton. A Tiaret, le wali, Abdeslem Bentouati, apparemment dépité par cette gestion pour le moins ridicule et aux antipodes de l’acte économique, a bel et bien franchi le pas en tordant le cou aux pratiques jusque-là inacceptables dans la gestion des locaux dits du président de la République. Hors de lui et sidéré par la gestion peu orthodoxe de ces locaux, le chef de l’exécutif de Tiaret a invité le maire de l’APC de Tiaret à faire d’un luxueux centre commercial situé route d’Alger un hôtel de ville. Se trouvant dans l’exiguïté dans un vétuste siège datant de l’époque coloniale et en quête d’un autre plus neuf, l’offre a été accueillie par une salve d’applaudissements et a suscité à travers la ville une grande admiration pour ce geste salvateur par ces temps de crise et d’incertitude.

A Cardiff, les demandeurs d’asile doivent porter des bracelets pour manger

Un sous-traitant du ministère de l’Intérieur britannique était sous le feu des critiques hier au Royaume-Uni pour avoir imposé aux demandeurs d’asile le port d’un bracelet coloré obligatoire pour bénéficier d’une aide alimentaire. Ce dispositif a été mis en place par Clearsprings, une entreprise gérant un centre d’accueil de demandeurs d’asile à Cardiff, au pays de Galles (ouest). Concrètement, les réfugiés, pour bénéficier de repas gratuits, doivent porter un bracelet rouge, selon une photo publiée par The Guardian, qui a révélé l’affaire. Clearsprings a expliqué au quotidien britannique avoir instauré cette mesure pour faciliter le tri entre les personnes qui ont droit à cette aide alimentaire et les autres en raison de l’augmentation importante du nombre de demandeurs d’asile. Mais ces bracelets ont provoqué la colère d’organisations et d’élus locaux, qui ont dénoncé une stigmatisation des migrants. La question devait être évoquée hier lors d’un débat au Parlement de Westminster. Lire la suite

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Nécessité d’un cadre réglementaire pour bloquer les sites dangeureux

Publié le 26/01/2016, par dans Non classé.

Les sites djihadistes faisant l’apologie du terrorisme et d’autres pornographiques sont de plus en plus répandus sur internet. Ce qui peut représenter un danger pour les utilisateurs, particulièrement les jeunes, la frange la plus exposée à ce phénomène.
Faut-il que l’Etat bloque ces sites qui incitent à la violence, à la consommation de la drogue ou à la vente d’armes ? La question a été posée, hier, à Houda-Imane Feraoun, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication (MPTIC), lors de son passage au forum d’Echaâb. « Il faut un cadre réglementaire qui détermine la qualité de site djihadiste. Je suis favorable pour une instance pouvant s’acquitter de cette tâche.

Car ce ne sont pas le rôle ni les prérogatives du MPTIC, le ministère interviendra sur le volet technique», a-t-elle répondu. Selon elle, seule cette instance pourra trancher si tel site est considéré comme djihadiste ou religieux, s’il est pornographique ou culturel. Dans un autre cadre, elle a réduit le retard de l’e-paiement à « une problématique purement technique». « La certification électronique n’est pas encore mise en œuvre pour garantir la sécurité du consommateur.

La priorité est de déployer le réseau d’accès à internet sur tout le territoire national et d’aller graduellement vers l’économie numérique qui sera bénéfique à l’ensemble des secteurs.» Pour la ministre, sans internet, l’Algérie ne pourra pas aller vers la gouvernance électronique, l’administration électronique ou l’enseignement en ligne.

Houda-Imane Feraoun, qui semble maîtriser de plus en plus ses dossiers, fait passer un message politique avec subtilité : il s’agit d’intensifier les efforts pour promouvoir le service public et répondre aux attentes du citoyen. Autre annonce : la loi 2000-03 sur les TIC, quinze ans après sa promulgation, ne répond plus aux exigences du secteur.

Une nouvelle loi est donc nécessaire et dans ce cadre, le ministère est « au stade de recueillir des propositions». Elle rassure aussi qu’il n’y aura pas d’augmentation des tarifs d’internet, insistant sur le fait qu’Algérie Télécom est un opérateur économique qui doit générer des profits.
Elle regrette que « le contenu national reste modeste, ce qui ne permet pas de le vendre. Alors que dans d’autres pays, c’est le cas, ce qui permet une baisse sensible des prix d’accès, voire la gratuité».

Concernant le cahier des charges pour la quatrième génération de téléphonie mobile (4G), elle a affirmé qu’il « a été tenu compte de l’équilibre entre les volets économique et technique. Nous avons exigé une haute qualité de service et de garantir une couverture de 10% de chaque wilaya dans une première étape. Aucun opérateur n’est obligé d’ aller à la 4G s’il pense que cela le désavantage». Une déclaration qui doit être comprise comme une réponse à peine voilée à l’adresse d’Ooredoo, dont son PDG a déclaré récemment à TSA (14 janvier 2016) : « Nous voulons une 4G sans restriction, comme cela a été le cas pour la 2G et contrairement pour ce qui s’est fait pour la 3G.» Lire la suite

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Médecine parallèle : Ce désespoir qui enrichit les charlatans

Publié le 26/01/2016, par dans Non classé.

Les services du ministère du Commerce sont confrontés au vide juridique exploité par certains opérateurs.
Des centaines de magasins de vente de plantes médicinales et produits d’herboristerie ont fait leur apparition ces derniers mois dans les grandes villes. Ces surfaces, qui en apparence n’ont rien à voir avec les locaux poussiéreux des herboristes traditionnels qui conseillent des remèdes de grand-mère aux petits bobos de la vie quotidienne, proposent « des traitement alternatifs» à plusieurs maladies. Derrière les vitres esthétiques, les planchers brillants, les étagères modernes se cache un business qui peut conduire le patient aux urgences. Des flacons, des bocaux et des sachets renfermant des combinaisons de plantes médicinales de la région ou importées promettent la guérison de plusieurs maladies.

Plusieurs enseignes de ces herboristes se sont spécialisées, en effet, dans ce qui est considéré comme des compléments alimentaires, mais auxquels sont attribuées des vertus extraordinaires. Même si les senteurs de plantes très connues des Algériens trahissent les lieux, les emballages et l’apparence soignée de ces boutiques vendent autre chose.

Du miel spécial, cueilli dans des endroits lointains, produits à base de nectar et de plantes spécifiques seraient, selon les vendeurs, le remède tout indiqué contre certaines maladies que la médecine moderne a du mal à traiter, ou nécessitant un suivi assidu en médicaments ou plusieurs séances d’efforts physiques. Selon les indications inscrites sur les boîtes, ces traitements pourraient justement guérir les problèmes du colon, de l’eczéma…

Problèmes d’acné ?

Au niveau de cette boutique située rue Boukella, à Bab El Oud, une multitude d’applications sont proposées pour venir à bout de ces boutons disgracieux qui hantent les jeunes et auxquels les médicaments et les traitements « classiques» ont du mal à remédier. Dans certaines surfaces, les vendeurs proposent des traitements contre des maladies chroniques. « Ceci est le médicament contre le goitre», propose un jeune vendeur, employé au niveau d’un magasin « spécialisé», situé à Belouizdad, au cœur de la capitale.

« Vous devriez en prendre assez souvent pour stabiliser votre goitre», dit-il à une jeune femme qui demande conseil pour réduire les effets secondaires du traitement chimique auquel elle est soumise depuis une année. Apparemment, le vendeur ne semblait pas avoir les connaissances suffisantes pour répondre à « sa patiente» quand cette dernière l’a interrogé sur les interactions avec le traitement à l’iode prescrit pour certaines maladies liées à la thyroïde. « Ah, vous avez subi une ablation ? Il ne fallait pas.

Ce traitement aurait pu vous éviter justement ce genre de chirurgie. Il stabilisera vos hormones», précisera-t-il à sa cliente potentielle qui ne semblait pas très convaincue. « Comment trois herbes peuvent-elles remplacer mon traitement, c’est trop facile», se dit-elle avant de remettre la boîte à sa place et de remercier le vendeur. Dans une boutique située à la place des Martyrs, des traitements sont proposés aux problèmes de l’obésité. Ainsi, des propriétés sont attribuées aux solutions à base d’herbes contenues dans des flacons et dont les noms ne sont pas étrangers à la flore locale.

On vend du rêve à des milliers d’Algériens atteints par des maux dus à certaines maladies chroniques, au changement du mode alimentaire et tout simplement à la génétique. A les en croire, il suffirait de quelques jours de prise de ces sirops pour se débarrasser définitivement des dizaines de kilos en plus. Ces boîtes « magiques», sur lesquelles sont inscrits les noms des plantes, sont cédées à des prix variant entre 300 et 1200 DA pour une utilisation régulière de quelques jours.

Ces traitements offriraient des solutions aux irritations du colon, à l’allergie, à l’ulcère, au diabète, aux dysfonctionnements hormonaux, à tous les problèmes de l’appareil digestif, à la stérilité, aux problèmes de la prostate, à la chute des cheveux, à la chute du poids… Ainsi, le vendeur se transforme souvent en praticien de la santé. Il propose, oriente et parfois recommande des traitements sans en connaître les conséquences

Poudre de perlimpinpin

Des spécialistes de la santé dénoncent le flou qui caractérise ce créneau. Ces surfaces ne relèvent pas des activités commerciales réglementées, affirme-t-on à la direction de la concurrence et des prix. Les médecins mettent en garde contre cette forme de médication et déplorent l’anarchie totale dans la régulation du marché des plantes médicinales et ce qui pourrait être assimilé à de la médecine alternative.

Des spécialistes pointent du doigt des « praticiens qui ont développé un véritable business avec de vrais-faux cabinets de soins, où l’on prescrit des traitements à des patients sans aucune formation ni connaissance de ces traitements». Le docteur Bekkat, du conseil de l’Ordre des médecins, dénonce une régularisation de la pratique de la médecine et de la pharmacie sans aucune compétence ni qualification et les conséquences qui en découlent. Le président du conseil de l’Ordre des médecins révèle que son autorité a saisi à maintes reprises divers services du ministère de la Santé et celui de l’Intérieur, « sans aucun effet à ce jour.

Ces cabinets et ces boutiques continuent à exercer la médecine et font dans la pharmacie informelle sans que cela ne suscite la réaction des autorités sanitaires et sécuritaires du pays», ajoute le Dr Bekkat en soulignant le danger encouru par certains patients qui ne mesurent pas les conséquences dans ces traitements. « C’est le coma assuré», explique le médecin en évoquant les cas des malades diabétiques invités à suivre un traitement « alternatif» à base de plantes et de miel. Et d’ajouter : « Le pire, c’est que le malade consent à abandonner son traitement chimique, d’où l’impossiblité d’établir la responsabilité directe de ces praticiens pour les poursuivre ainsi en justice.»

Le cas d’une prétendue praticienne exerçant il y a quelques années, à Châteauneuf (Alger) a défrayé la chronique. Cette femme, qui ne possède pas les qualifications requises, prétendait depuis des années qu’elle guérissait plusieurs cancers grâce aux vertus thérapeutiques des plantes locales. S’appuyant sur des témoignages de faux clients, elle vendait son produit à des malades désespérés contre des sommes faramineuses.

Le cousin d’une de ces victimes se rappelle encore comment cette fausse praticienne a convaincu la malade d’abandonner ses séances de chimiothérapie et de suivre un traitement à base de plantes. « Ma cousine ne s’en Lire la suite

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