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La société civile s’organise

Publié le 15/02/2016, par dans Non classé.

En mars 2015, venu en pompier après un énième accident mortel sur la route défoncée reliant In Salah à El Ménéa sur 400 km, le ministre de la Santé avait annoncé l’aménagement de pistes d’atterrissage pour les hélicoptères destinés à évacuer les malades. Mis au courant du manque d’équipements de diagnostic, de prise en charge et d’exploration, de logements destinés à accueillir les nouveaux médecins spécialistes, du problème du recours systématique aux évacuations sanitaires sur de longues distances de cas délicats, Abdelmalek Boudiaf avait évoqué la possibilité de donner la priorité aux wilayas du Sud en mettant à leur disposition deux à trois hélicoptères. Une année plus tard, la société civile s’organise autrement. Elle vient d’acquérir deux ambulances médicalisées pour le compte des associations d’In Salah. Des conventions de jumelage permettent de dresser un maillage du territoire national au profit des malades et leurs familles.
In Salah n’a pas assez de médecins généralistes et spécialistes, de personnel paramédical et notamment de sages-femmes. Il lui manque également de l’équipement médical performant, un scanner à 64 barrettes au lieu de celui obsolète à barrette unique qui ne peut que diagnostiquer un cancer au stade final. Il y a peu de logements pour accueillir les postulants de la nouvelle promotion de médecins astreints au service civil, qui seront connus sous peu et dont aucun ne s’aventurera dans cette région de l’extrême Sud sans logement.

Il lui manque des moyens de prise en charge locale et des dispositions administratives moins bureaucratiques pour faciliter les évacuations sanitaires quasi quotidiennes vers Adrar, Ghardaïa et Ouargla. Des routes moins défoncées sur la Transsaharienne pour transporter les cas d’urgence, un hélicoptère médicalisé promis en mars 2015 par le ministre de la Santé venu en pompier après un énième accident de la circulation au bilan très lourd.

Ce constat, qui infirme les déclarations irrécusables de Abdelmalek Boudiaf, semble condamner In Salah à mourir à petit feu. Sauf que l’électrochoc du 28 février et du 1er mars 2015, date des deux journées d’émeutes qui ont ébranlé la ville après deux mois de lutte pacifique opposant des manifestants antigaz de schiste aux forces de l’ordre, a fait réfléchir.

25 médecins pour 40 000 habitants

« Le 3 mars 2015, un jeune a été touché par les balles de la police, place Somoud. Evacué à l’hôpital d’El Ménéa, nous l’y avons rejoint avant de l’accompagner à l’hôpital Baloua de Tizi Ouzou», raconte Bendine Ahmed, président de l’association Al Ihssane. « La famille de ce garçon n’avait pas les moyens de lui assurer un bon suivi médical ni de subvenir aux frais inhérents à son hospitalisation au nord du pays.

L’association a donc posté un appel à cotisation à travers les réseaux sociaux. Le cas d’un jeune universitaire décédé au mois de mai à l’hôpital Sidi Abaz de Ghardaïa a particulièrement interpellé la blogosphère, nombreuse à se porter volontaire. C’est finalement un citoyen d’El Ménéa qui a tout pris en charge en mobilisant une ambulance pour rapatrier la dépouille.»

Le transfert des malades, un souci quotidien à In Salah

C’est la hantise des habitants. Avoir un malade qui ne peut être pris en charge par le staff médical d’In Salah est le supplice extrême que peut endurer une famille vu les distances à parcourir et la nécessité de mobiliser des membres de la famille pour l’accompagner. Il y a un souci matériel qui s’installe dans la durée, mais aussi tous les aléas du voyage, des examens médicaux complémentaires, des consultations spécialisées…

D’où l’idée de créer un collectif dédié à cette tâche et la naissance d’Al Ihssane en octobre 2015, qui a signé des conventions de jumelage avec plusieurs associations similaires à travers le pays, telle que El Marhama de Ghardaïa, Chabab El Kheïr de Rouissat, Les Mains vertes et El Assil de Ouargla mais aussi El Amel à Illizi, Sabil et Amel à Tamanrasset pour ne citer que celles-ci. Selon Ahmed Bendine, « le jumelage facilite la vie à tout le monde. Dès qu’un malade d’In Salah est hospitalisé, c’est l’association de la ville concernée qui prend contact avec ses accompagnateurs pour les héberger, les nourrir et aider aux frais d’hospitalisation».

Maillage

Bousculer la bureaucratie, compter sur l’esprit d’entraide et mobiliser la sphère des réseaux sociaux pour des causes humanitaires. L’essentiel de la communication passe par facebook où des annonces sont postées quasi quotidiennement. « Nous ne chômons pas avec le nombre de cancéreux, d’hypertendus graves et de victimes d’accidents routiers», affirme Djamel Addoune, membre d’Al Ihssane.
Des associations et des mécènes des quatre coins du pays répondent présent. Très sensibles au cas particulier d’In Salah depuis la mobilisation citoyenne antigaz de schiste, c’est un maillage de bienfaiteurs qui comble les vides du secteur de la santé dans cette wilaya déléguée.

Une aide morale et financière qui s’est traduite sur le terrain par la facilitation des évacuations sanitaires au profit des malades ou des personnes décédées dans des hôpitaux lointains, le financement d’opérations chirurgicales aussi délicates que coûteuses et, tout récemment, la prise en charge d’une centaine d’enfants de la lune. Contactés par la cellule de proximité de la DAS de Tamanrasset, Al Ihssane a déployé sa toile et en est à son quatrième lot de lunettes et habits spécifiques distribués dans les villages de Tamanrasset. L’association vient de lancer une enquête sociale pour recenser les enfants atteints de cette maladie à In Salah.
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La démocratie mise à mal par le populisme et la rente

Publié le 15/02/2016, par dans Non classé.

L’économiste et professeur à l’université de Béjaïa Mourad Ouchichi, le journaliste et écrivain Amar Ingrachen, le penseur et écrivain Mohamed-Lakhdar Mouagal et l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et ex-député FFS Abdeslam Ali-Rachedi, quatre des seize auteurs du livre collectif Quelle transition démocratique pour quelle Algérie ?
Constat, enjeux et perspectives (coordonné par Amar Ingrachen et paru récemment aux éditions Frantz Fanon) ont été, hier, les invités du Café littéraire de Béjaïa. Dans sa contribution intitulée Stratégie fatale des simulations démocratiques, Mohamed-Lakhdar Mouagal qui, d’emblée, déplore une Algérie « livrée à la dérive», remonte à l’histoire de la Révolution algérienne qu’il trouve « indigente» en matière d’idées, même si elle était de type démocratique.

Selon lui, les oppositions qu’il y avait entre les partisans d’une « démocratie populaire» soucieuse, en plus de la décolonisation, des libertés démocratiques du peuple, et ceux d’une démocratie de « type nationaliste» excessive (messalistes), focalisée sur la décolonisation, ont donné lieu à des blocages dont les effets perdurent jusqu’à aujourd’hui.

Le conférencier relève dans ce sens les oppositions entre une « centralité interne et une centralité externe» et condamne sans ambages l’effet de « frein» de certaines résolutions du Congrès de la Soummam pour l’émancipation démocratique, à l’instar de la centralisation et la « bureaucratisation» qui en ont découlé, lesquelles « ont ôté aux régions leur autonomie» dans la gestion de la Révolution. De ce fait, déplore le conférencier, même si elle était de type démocratique, la Révolution algérienne était « indigente» en matière d’idées et ce problème a conduit aux « blocages qui perdurent jusqu’à aujourd’hui».

De son côté, Abdeslam Ali-Rachedi, dont la contribution est intitulée La prégnance du discours nationaliste populiste : obstacle à la transition démocratique, impute le blocage à deux raisons : l’idéologie d’essence « nationale islamo-populiste» de l’Algérie et son modèle économique rentier. Invoquant, lui aussi, l’histoire du Mouvement national, notamment la phase où le nationalisme de type « culturel et identitaire» était imposé au peuple algérien, en opposition au nationalisme civique et politique. De cet état de fait est né, décrit le conférencier, « une vision globalisante» du peuple algérien.

C’est donc l’opposition du populisme à la citoyenneté, au détriment de la démocratie. Evoquant l’économie rentière, Ali-Rachedi considère qu’il y a « un contrat implicite» entre l’Etat et le peuple. En d’autres termes, explique-t-il, « le régime ne jouit pas de légitimité politique et populaire, d’où son recours à l’achat de la paix sociale à travers la rente qu’il a accaparée». Pour en sortir, le conférencier préconise une solution politique, mais ne manque pas de prédire des lendemains « sombres» inévitables pour l’Algérie.

Dans le même sillage, Mourad Ouchichi, dont la contribution est intitulée Concordance entre les réformes politique et économique, relève les échecs répétitifs des tentatives d’ouverture de l’économie algérienne, en l’occurrence la thérapie du choc d’après la révolte de 1988 et le plan d’ajustement structurel qui l’a suivie. L’économiste déplore « un dédoublement du pouvoir» au sein des institutions, plaidant que la transition politique est liée à une transition économique. Pour cela, plaide-t-il encore, « seul un rapport de forces qui va nous opposer à ce pouvoir militaro-islamiste» est capable de sortir l’Algérie de l’ornière.

Pour sa part, le journaliste Amar Ingrachen s’est posé des questions sur la capacité de l’opposition algérienne, en l’occurrence les partis regroupés au sein de la CLTD, de représenter une alternative à même de buter sur la transition démocratique tant voulue. A ces questions, il répond qu' »il est pessimiste que l’opposition actuelle puisse imposer le changement».

Explication : pour le conférencier, « les démocrates ont une vision un peu fantasmée de la démocratie», estimant que la démocratie est un projet qui se construit et non une nécessité historique qui aura lieu qu’on lutte ou pas. Il reproche, par ailleurs, aux forces démocratiques leur alliance avec les partis islamistes, lesquels, selon lui, « n’entrent dans le jeu démocratique que dans le but de s’emparer du pouvoir».
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Inquiétude à Alger et à Tunis

Publié le 15/02/2016, par dans Non classé.

Les échanges se multiplient sur la question et le sujet était encore une fois au menu de la rencontre à Alger, hier, entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays.
Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a évoqué mardi dernier avec son homologue égyptien, Sameh Choukri, la situation en Libye, alors qu’une éventuelle intervention dans ce pays semblait se préparer à Washington même. Kerry avait déclaré à l’issue de cet entretien, tenu au département d’Etat, qu’il avait multiplié les rencontres avec Sameh Choukri ces dernières semaines pour discuter du dossier libyen. « Il y a un important agenda en ce moment» concernant la Libye, a-t-il annoncé.

Les nouvelles qui parviennent du département d’Etat sont de moins en moins bonne à propos de la situation en Libye. Selon l’Agence France presse (AFP), des observateurs à Washington ont évoqué, dernièrement, une possible participation de l’Egypte dans une nouvelle frappe militaire dans ce pays, signalant que plusieurs indicateurs confirmaient l’existence de préparatifs menés dans ce sens. Avant-hier, le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a dit que le gouvernement d’union nationale libyen doit prendre ses fonctions « sans délai».

Le chaos et la montée du groupe terroriste autoproclamé Etat islamique (EI/Daech) inquiètent au plus haut point les Occidentaux, pourtant entièrement responsables de la situation qui y prévaut depuis la chute du régime de Mouammar El Gueddafi il y a cinq ans. Mais ce qui paraît une solution à leurs yeux n’est pas forcément la meilleure voie pour reconstruire un pays déchiré par une guerre civile dévastatrice. La solution militaire qu’ils proposent est perçue, à juste titre faut-il le souligner, comme un problème par les pays voisins, en l’occurrence l’Algérie et la Tunisie, qui ne cessent d’ailleurs de subir les graves conséquences de l’intervention militaire de 2011.

Les échanges se multiplient sur la question et le sujet était encore une fois au menu de la rencontre à Alger, hier, entre le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, et son homologue algérien, Ramtane Lamamra. Les deux pays mettent l’accent particulièrement sur « la nécessité de parvenir à une solution politique et n’arrêtent pas de dire que l’intervention militaire ne constitue pas une issue» pour des raisons évidentes que tout le monde connaît.

Pour avoir subi sur le plan sécuritaire le chaos libyen, l’Algérie et la Tunisie placent la priorité dans « la formation d’un gouvernement d’unité nationale à Tripoli qui aura notamment à traiter des questions importantes, en particulier le terrorisme». Si jusque-là tous les efforts d’une solution négociée ont échoué, ils ne perdent visiblement pas espoir de voir les parties libyennes finir par trouver un terrain d’entente. Ce serait la seule sortie possible d’une crise qui dure depuis cinq ans.

Une autre solution sera porteuse de risque d’aggravation. L’Algérie et la Tunisie s’emploient à faire face aux débordements sécuritaires. Le gouvernement tunisien a annoncé, vendredi dernier, qu’il allait mettre en place des commissions régionales chargées d’élaborer « un plan» pour faire face aux conséquences d’une éventuelle intervention militaire internationale en Libye, pays voisin livré au chaos.

Mais la solution politique ne semble pas trop convaincre les pays occidentaux. « Il n’y a plus de temps à perdre pour que ce gouvernement d’union nationale prenne ses fonctions et s’installe à Tripoli en toute sécurité», a indiqué le nouveau chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, à l’issue d’une réunion à Munich (sud de l’Allemagne) sur l’avenir de la Libye, avec notamment ses homologues américain, allemand et italien.

Le président du Parlement libyen de Tobrouk (est) reconnu par la communauté internationale, Aguila Saleh est presque sommé à approuver le gouvernement d’union nationale. « Il faut aller vite, aussi vite que possible», a indiqué M. Ayrault, ajoutant qu’ « il y va de l’intérêt des Libyens, de l’intérêt et de la sécurité des pays de la région et aussi de la sécurité en Europe». Une Libye déchirée par le chaos politique — avec deux gouvernements rivaux, à Tobrouk et Tripoli — et les violences entre factions rivales, confrontée à une montée en puissance de l’EI le long de ses côtes, fait peur.

Les Occidentaux, inquiets de l’installation d’un bastion de l’EI à seulement 300 kilomètres de l’Europe, se disent prêts à contribuer au rétablissement de la sécurité en Libye, à condition qu’un gouvernement d’union nationale en fasse la demande. Qui payera la facture d’une éventuelle intervention ? L’Europe et les Etats-Unis semblent avoir fait leurs calculs. Les pays de la région en supporteront certainement les frais et eux sortiront avec moins de risques.

Si personne ne peut parier sur l’anéantissement de la menace de Daech, ils en réduiront au moins la portée. Cherif Idris, enseignant à l’université d’Alger, estime, dans une déclaration publiée par El Watan, qu' »une intervention militaire pourrait avoir des conséquences sur la sécurité de l’Algérie : afflux de réfugiés et possible infiltration de groupes armés sur le territoire algérien». Pas seulement : « La sécurisation des frontières avec la Libye deviendra plus onéreuse.»
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Inauguration de l’exposition « L’art du livre islamique » à l’université Alger I

Publié le 15/02/2016, par dans Non classé.
Inauguration de l'exposition
ALGER – Une exposition de reproductions de manuscrits et de dessins du monde arabo-musulman, intitulée « L’art du livre islamique », issus de la collection de l’université néerlandaise de Leiden, s’est ouverte dimanche à l’Université Alger I. Organisée par l’ambassade du royaume des Pays-Bas, cette exposition compte une quarantaine de reproductions dédiées…

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Habel Mohamed, confiseur : « les chocolatiers et confiseurs se font très rares en Algérie »

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Il s’appelle Habel Mohamed, il est confiseur de métier depuis 44 ans. Sa passion : le chocolat. Il déplore le manque de mains d’œuvre pour ce métier. Nous l’avons rencontré au salon du chocolat et de la confiserie qui se tient actuellement à Alger.
Habel Mohamed est amoureux de la créativité, la passion et la conquête de nouvelles idées. Il dit avoir parcouru 24 pays pour conquérir le monde du chocolat.  » J’ai même été à New Jersey nous affirme-t-il comme pour nous dire la nécessité de se renouveler à travers les voyages afin d’apporter de nouvelles idées pour la confection du chocolat. Pour lui, la nouvelle génération a le tort de ne pas s’intéresser aux métiers faits à la main, notamment pour ce qui est de la confiserie et du chocolat.

Le stand que l’artisan a animé au salon du chocolat a été prisé du grand public et à l’occasion, il leur a fait découvrir sa toute nouvelle confection chocolatée, à savoir : Chocolat au yaourt.

Habel Mohamed Confiseur, salon chocolat Alger par elwatanvideo Lire la suite

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Nécessité de travaux de restauration d’urgence de la Khelwa de Sidi Ahmed Tidjani

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.
Nécessité de travaux de restauration d'urgence de la Khelwa de Sidi Ahmed Tidjani
EL-BAYADH- Le ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, a mis l’accent, dimanche à Boussemghoune (El-Bayadh), sur la nécessité de travaux de restauration d’urgence de la Khelwa (lieu de méditation) de Sidi Ahmed Tidjani, afin de préserver ce patrimoine historique et spirituel. S’exprimant lors de la visite du site en question,…

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