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Le procès programmé le 17 décembre

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

L’affaire du navire Paovasa Ace battant pavillon panaméen suspecté d’être à l’origine de la coupure du câble sous-marin internet, a été enrôlée au niveau de la section commerciale maritime près le tribunal de Annaba pour le l7 décembre.
La première audience du capitaine du navire panaméen est prévue le 17 décembre auprès de la section commerciale maritime près le tribunal de Annaba, a indiqué hier la direction générale d’Algérie Télécom dans un communiqué rendu public.

Confirmé par le parquet près le tribunal de Annaba, ce procès vient suite à une « enquête judiciaire identifiant ce navire comme étant le responsable de la coupure du câble sous-marin en fibre optique reliant Annaba à Marseille intervenue le 22 octobre dernier au large de Sidi Salem». De nationalité chinoise, Du Chang Leng a été auditionné le 17 novembre par le représentant du ministère public avant que son dossier ne soit transféré à la première chambre pour instruction.

Depuis, le magistrat instructeur l’a placé sous contrôle judiciaire. Selon le dossier de l’affaire, il est accusé, au terme d’une enquête diligentée par les éléments du commandement des garde-côtes, d’avoir provoqué, avec l’ancre de son navire, la coupure du câble sous-marin en fibre optique au large de Annaba.

Outre le blocage du navire au port, Algérie Télécom a obtenu de la justice, selon le même document, « le dépôt de la totalité de la caution, à savoir 601,4 millions de dinars représentant le manque à gagner induit par cet incident et exigé le remboursement de 18 millions de dinars de frais de réparation et 100 millions de dinars de dommages et intérêts».

Les revendications financières d’Algérie Télécom auprès de la justice viennent suite à la confirmation des données de l’Agence nationale de radionavigation de la wilaya de Annaba prouvant que le Paovasa Ace était en rade à 13 kilomètres au nord de la plage de Sidi Salem, à proximité du lieu du passage du câble en question. Transportant une cargaison de blé pour l’OAIC, ce bateau était en attente d’un poste au quai du port de Annaba. « Son ancre, qui portait des traces de fibre optique, a endommagé une partie du câble sur 100 mètres», affirment les mêmes sources.

La responsabilité du commandant de ce navire est ainsi engagée car il s’agit de « négligence dans l’application des instructions nautiques lors du choix du point de mouillage». La coupure de ce câble sous-marin en fibre optique avait engendré des perturbations du trafic internet pendant six jours. Cette situation s’est répercutée négativement sur les finances de l’opérateur Algérie Télécom, qui a enregistré des pertes commerciales estimées à 100 millions de dinars/jour. Lire la suite

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La grève des avocats perturbe l’ouverture du procès à Milan

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

Le procès Saipem-Sonatrach qui devrait s’ouvrir aujourd’hui, devant la quatrième section pénale du tribunal de Milan, sera certainement renvoyé à cause de la grève générale des avocats italiens.
Le jugement de l’affaire Saipem-Sonatrach commencera probablement avec quelques jours de retard, car les avocats pénalistes italiens désertent les tribunaux, du 30 novembre au 4 décembre, et laissent leurs robes au vestiaire pour descendre manifester dans les rues de la capitale italienne. Ils exigent une réforme du code pénal et du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Ils critiquent le très fréquent passage, parfois ambigu, de magistrats de la justice à la politique : l’actuel président de la République, Sergio Mattarella, et le président du Sénat, Pietro Grasso, sont d’anciens juges. Ils s’opposent également au projet de loi qui veut réduire les délais pour la prescription pour certains crimes et veulent dépénaliser des délits mineurs pour lutter contre le surpeuplement des prisons.

Le 2 octobre dernier, la juge pour les audiences préliminaires, Alessandra Clementi, avait renvoyé sept mis en cause devant le tribunal milanais pour « corruption internationale» et « fausses déclarations sur leurs revenus». Ce scandale concerne le versement par les Italiens de la somme faramineuse de 197 millions d’euros à des responsables algériens pour décrocher sept contrats d’exploration et d’exploitation de gisements gaziers d’une valeur de 8 milliards d’euros.

Le juge en charge de l’affaire avait également prononcé un non-lieu en faveur de l’administrateur d’Eni, Paolo Scaroni, et du groupe, ainsi que de Antonio Vella, responsable à l’époque pour l’Afrique du Nord. Dans les motivations de cette décision, on peut lire : le manque de « preuves directes» sur l’implication du patron d’Eni et sur son « hégémonie» sur Saipem qui n’ont pas été fournies par les investigateurs.

Trois prévenus algériens et quatre Italiens seront par contre jugés. Pietro Varoni, qui était le directeur des opérations de Saipem, Alessandro Bernini (ancien directeur financier d’ENI puis de Saipem), Pietro Tali (ancien président et administrateur délégué de Saipem), mais également Farid Nourredine Bedjaoui (homme de confiance de l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil), Samir Oureid et Omar Harbour, deux intermédiaires du neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui.

Les trois accusés algériens ne seront pas présents au procès et sont considérés fugitifs. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre eux. Le cas du quatrième Italien impliqué dans ce scandale, l’ancien président de Saipem en Algérie, Tullio Orsi, sera différemment évalué par la justice italienne, puisqu’il a choisi de négocier sa peine avec le parquet, ce qui ne signifie pas, dans le droit italien, un aveu de culpabilité.

Un autre mis en cause dans cette affaire, suspecté de recyclage, l’avocat français Yam Atallah, ne sera pas inquiété pour le moment pour « défaut de pouvoir juridictionnel». Ce dernier aurait joué un rôle-clé dans le blanchiment de l’argent des pots-de-vin en le plaçant dans des valeurs sûres : des propriétés de luxe à travers le monde, directement liées à l’ancien ministre algérien de l’Energie.

Chakib Khelil n’est pas, à ce stade de l’affaire, poursuivi par la justice italienne car des preuves accablantes sur son implication dans ce scandale n’ont pu être collectées par les enquêteurs italiens malgré les missions rogatoires effectuées à l’étranger, au Liban, en Suisse, en France et… en Algérie.

Et c’est en homme libre que l’ancien patron de Sonatrach a pu s’afficher lors de la cérémonie de commémoration du 1er Novembre à l’ambassade d’Algérie à Washington, réception organisée avec l’argent du contribuable algérien et traditionnellement réservée aux « meilleurs» fils de l’Algérie. A l’évidence, en faisant le choix d’inviter Khelil, les diplomates en poste aux Etats-unis voulaient signifier à leurs compatriotes que ce dernier était toujours considéré un « good citizen». Reste à savoir pour quelle nation…
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Faculté de médecine : Le concours de résidanat reporté au 12 décembre

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

La reprogrammation de la 2ème session est prévue pour les 12,13 et 14 décembre courant, selon un communiqué, paru lundi après-midi, signé par le nouveau doyen de la faculté de médecine, le Pr. Snaouber.
Le tribunal administratif d’Es Sedikkia a prononcé son verdict, le dimanche 29 novembre, rejetant la demande du gel de la décision d’annulation du concours d’accès au résidant de médecine. La faculté de médecine annonce que le nombre de postes hospitaliers va connaitre une revalorisation significative en postes supplémentaires. En effet, ce nouveau staff administratif fera en sorte que cette nouvelle organisation permette le déroulement d’un concours crédible, juste et équitable pour tous les candidats.

Pour rappel, lundi, a été lancée une audience de fond pour l’annulation de la décision du rectorat et aussi le maintien des résultats d’octobre 2015 et qui devra se prononcer dans une semaine, ce qui coïncidera avec les premières dates du 5 et 6 décembre, pour cela, tous les résidents devront passer l’examen de la 2ème session en attendant le verdict de la justice d’ici là. Après tant de luttes et de sacrifices, les lauréats n’ont plus le choix, ils devront se préparer au concours de la 2ème session afin de ne pas sacrifier leur avenir.

« Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir, mais malheureusement on ne pourra pas échapper à cette 2ème session. Même la justice n’est pas en notre faveur», déclare un résidant. « On a épuisé notre dernière carte mais je tiens à confirmer qu’on est victime d’une injustice, une « hogra». Maintenant, je vais essayer de me concentrer sur mes révisions et espérons que, cette fois-ci, il n’y aura pas de fraudes», dit un autre. Par ailleurs, le nombre des ex-lauréats pour cette prochaine session a atteint les 487 inscrits, au lieu de 493, selon une source proche. Lire la suite

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Détresse à la SNVI

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

La zone industrielle de Rouiba a vécu hier une journée très mouvementée. Un climat insurrectionnel a régné durant toute la journée devant et à l’intérieur de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI). Jadis, considérée comme l’un des fleurons de l’industrie algérienne, cette entreprise, qui s’étend sur 80 ha, traverse une période très difficile caractérisée par l’arrêt de la production et du plan d’investissement.
Une situation qui suscite moult interrogations quant au sort de l’argent dégagé par les pouvoirs publics ces cinq dernières années pour moderniser le groupe. Hier, il était presque 9h quand des centaines de travailleurs de ce fleuron de l’économie nationale – la SNVI emploie près de 7000 personnes – sont sortis dans la rue pour réclamer la paie du mois de novembre. « Habituellement, on nous paie une semaine avant la fin du mois, ce qui n’a pas été le cas cette fois. En octobre dernier, on nous a dit que le retard était dû à une panne du système informatique, mais le problème est loin d’être résolu et démontre que rien ne va plus à la SNVI», tempêtent certains ouvriers en tenue bleue tachée de graisse et de lubrifiant.

Des gendarmes dans les ateliers

Très inquiets pour l’avenir de l’entreprise, les manifestants ont procédé au blocage de l’axe reliant Réghaïa à Alger à l’aide de pneus enflammés durant plus d’une heure. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre à travers le pays. Cette action, qui intervient au lendemain de l’approbation de la « controversée et impopulaire» loi des finances 2016, a été perçue par certains comme le début d’une révolte populaire. Peu après, des escadrons de la Gendarmerie nationale, armés de boucliers et de matraques, sont arrivés sur les lieux pour mater les manifestants.

L’intervention des hommes en vert était d’une violence inouïe. Les travailleurs ont été pourchassés jusque dans leurs ateliers. « J’ai vu des scènes de violence qui m’ont fait oublier que je suis en Algérie. Les gendarmes s’en sont même pris aux femmes qui travaillent au bloc administratif. On se croirait à Tel-Aviv. Ils tiraient des bombes lacrymogènes, y compris à l’intérieur des ateliers où se trouvaient des produits toxiques et inflammables», témoigne Tahar, un syndicaliste de la filiale véhicule industriel. Celui-ci fait état de 37 blessés parmi les travailleurs. « Deux d’entre eux sont à l’hôpital Zmirli pour fractures, alors que d’autres ont été soignés au niveau de l’unité médicale de l’usine», détaille-t-il.

Notre interlocuteur fait également état d’une vingtaine d’arrestations, dont des syndicalistes qui tentaient de s’interposer pour calmer les esprits suite au déchaînement des gendarmes. Les journalistes venus couvrir « ces hostilités» n’ont été autorisés à accéder à l’usine et prendre des photos qu’après la sortie de forces antiémeute. Les restes des bombes lacrymogènes sont visibles devant l’atelier des autobus, où se trouvaient une dizaine de véhicules en cours de fabrication. Des ateliers lugubres qui n’ont pas été repeints depuis des décennies. Certaines ruissellent d’eau à la moindre averse, nous dit-on.

Même les machines sont gagnées par l’usure. « La moitié de nos équipements fonctionnent au ralenti. La SNVI est restée telle qu’elle a été laissée par Boumediène, Allah yarhamou. L’Etat a dégagé des milliards pour sa modernisation, mais tout est parti», se désole Djilali, qui a plus de 29 ans de service à la filiale carrosserie. « Même en octobre 1988, l’armée n’a pas osé entrer à l’intérieur de l’entreprise.» « A l’époque, on produisait jusqu’à 7000 véhicules par an, aujourd’hui on ne fait que des petites bricoles et on n’a même pas de quoi acheter une pièce», ajoute-t-il.

La semaine dernière, le PDG, Salem Malek, a avoué, lors d’une assemblée générale avec les travailleurs, que l’entreprise n’avait pas de budget d’exploitation. Il a souligné que le groupe accusait un retard de deux ans pour satisfaire les commandes de ses clients. S’agissant des investissements, M. Salem a indiqué que seuls 70% du crédit de 2012, d’un montant de 12 milliards de dinars, ont été consommés. Il a rappelé également que 51% du capital des cinq partenaires de la SNVI — ZF Allemagne, Mercedes Benz, Alstom, Renault Algérie, Daimler et Ferrovial — sont détenus par l’Etat algérien.

Des dirigeants défaillants

Cela ne rassure plus les travailleurs qui demandent l’intervention des hautes autorités du pays pour sauver l’entreprise. « Nos problèmes se sont accentués depuis la venue des Allemands. Récemment, on leur a accordé une commande de 1900 bus. Nos pièces ont été bloquées au du port durant 18 mois exprès pour saboter la SNVI et préparer le terrain pour sa privatisation», soupçonne Djamel, un technicien exerçant à la fonderie, assis près de dizaines de bus non finis.

De l’autre côté de l’usine, des autobus flambant neuf du constructeur allemand attirent le regard. « Nos bus et nos camions sont très demandés sur le marché, mais si on n’a pas de pneus ou de pièces, on ne peut rien fabriquer», explique Djamel. Son collègue, en tenue verte, rappelle ce qui s’est passé en mars dernier avec l’entreprise Tahkout, qui s’est accaparée de grandes surfaces de terrain de la SNVI « avec la complicité de certains responsables». « Les cadres de l’entreprise ont failli sur toute la ligne. Malgré cela, à la fin de l’année, ils perçoivent une prime 120 millions de centimes alors que nous, nous n’avons pas touché la prime de rendement collectif depuis plus d’un an», dénonce-t-il.

En dépit des retards enregistrés pour la consommation des anciens crédits, la SNVI a bénéficié en février dernier de 91,784 milliards de dinars pour la mise en place de son plan de développement. Néanmoins, les travailleurs se disent très pessimistes et craignent que ces aides profitent à ceux qui manœuvrent pour liquider l’entreprise. Après une journée des plus agitées, les ouvriers et les professionnels de la mécanique se sont dispersés dans le calme, laissant les gendarmes, leurs adversaires du jour, sur le qui-vive devant les entrées principales de la SNVI. Lire la suite

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Dépistages gratuits en pleine rue à Alger-Centre

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

1er décembre oblige, la lutte contre le sida revient sur le tapis.
Parmi les activités organisées dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le sida, hier, l’Association de protection contre le sida (APS-Algérie) a lancé un « Mois de dépistage de l’infection par le VIH». Sensibilisation, diversification et élargissement de l’offre de dépistage sont les maîtres-mots de l’opération pour l’Association, qui voit en l’accès au dépistage du VIH « un enjeu majeur» en Algérie autant que toute la région MENA, dont la moyenne des personnes vivant avec le VIH sans le savoir dépasse les 50%.

Ainsi, plusieurs actions ont été initiées pour faciliter le dépistage. Des équipes mobiles ont été installées, dès hier matin, devant la Grande-Poste d’Alger pour offrir la possibilité aux Algérois de passage par le centre-ville d’effectuer un test de dépistage du VIH gratuitement. Des dizaines de passants ont été convaincus par les membres de l’Association de passer le test en leur garantissant le respect de l’anonymat. L’opération entamée hier se poursuivra jusqu’au 5 décembre.

A Oran, plusieurs places et quartiers seront également concernés par une campagne de dépistage et de sensibilisation du 6 au 15 décembre. La troisième étape concernera le sud du pays, à travers plusieurs villes (Saïda, Tiaret, Ghardaïa, Ouargla), et ce, durant les deux dernières semaines du mois de décembre. « L’organisation de ce Mois du dépistage est l’un des principaux axes du plan stratégique national», note l’Association.

Et d’ajouter : « Toutes les recommandations convergent vers un plaidoyer pour la mise en place de politiques de dépistage du VIH permettant une offre de services diversifiée, accessible et adaptée, impliquant à la fois les structures sanitaires et les associations de lutte contre le sida, en vue de dépister et de traiter le maximum de personnes vivant avec le VIH.» L’Algérie compte, actuellement, plus de 9000 cas confirmés et une moyenne de 700 nouveaux cas par an.

Le nombre d’adolescents morts du sida a triplé depuis 15 ans, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) publié vendredi dernier. Bien que l’Algérie soit classée parmi les pays à faible prévalence avec un taux de personnes vivant avec le VIH inférieur à 1%, le dépistage est loin d’être un réflexe. Et pour cause, les tabous empêchent une sensibilisation efficace. Lire la suite

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Baisse de la croissance et chômage en perspective

Publié le 02/12/2015, par dans Non classé.

Le gouvernement table sur un gel des recrutements dans la Fonction publique.
La loi de finances 2016 a été adoptée, lundi, à l’Assemblée populaire nationale (APN), au grand dam de l’opposition. Une loi qui consacre l’austérité, qu’en dise le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa. Si celui-ci préfère l’usage du concept d’orthodoxie budgétaire, l’impact des restrictions à venir risque de toucher aussi bien les ménages que les entreprises.

Le budget 2016 se caractérise par une forte baisse des dépenses, pas moins de 9%. Et pour une fois, le compartiment budget de fonction sera touché et reculera de 3,32%. Il est vrai que cela ne touchera en rien les transferts sociaux et les subventions toujours plus importantes pour les produits alimentaires de base, l’habitat, l’eau et l’énergie, et ce, malgré les augmentations des prix de certains produits énergétiques. Cependant, la baisse des dépenses de fonctionnement risque de compromettre les ambitions de nouveaux entrants sur le marché du travail et, par ricochet, le taux de chômage.

Aussi et si le gouvernement fait des professions de foi et promet de réduire le train de vie des institutions de l’Etat, l’effet attendu en termes de réduction des dépenses de fonctionnement est intimement lié à l’abaissement des dépenses du personnel dans la Fonction publique. Le gouvernement table ainsi sur un gel des recrutements dans la Fonction publique. Il est aussi légitime de s’interroger sur l’avenir, à terme, des fonctionnaires déjà en poste, en cas de dégradation des équilibres budgétaires.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a récemment indiqué que la Fonction publique souffrait d’un surplus d’effectifs d’un million de fonctionnaires… La réduction des dépenses d’équipement ne sera pas non plus sans impact. Il faut d’ailleurs prendre conscience que c’est la commande publique financée sur le budget de l’Etat qui a permis, au cours des 15 dernières années, d’assurer un plan de charge aux entreprises qu’elles soient publiques ou privées, et qui a contribué par ricochet à maintenir la croissance et à créer de l’emploi.

D’ailleurs, l’activité BTPH est l’une des activités ayant le plus contribué à la croissance hors hydrocarbures ces dernières années. Le ministre des Finances le reconnaît lui-même. Il a indiqué, il y a quelques mois, que sur « les 10 ou 15 entreprises qui comptent dans le secteur du BTP, 70% vivent grâce à la commande publique».

Il est vrai que depuis cette déclaration tonitruante, le premier argentier du pays se montre moins alarmiste et insiste sur le maintien d’une partie de la commande publique du moins dans les secteurs de l’habitat, de l’éducation et de la santé. Il ne faut cependant pas se leurrer. La loi de finances 2016 prévoit une baisse de 19% des dépenses d’équipement. Ce qui aura, à coup sûr, un impact sur la croissance et l’emploi. Les dernières prévisions du FMI misent d’ailleurs sur une hausse du chômage à 11,7% en 2016.

Rappelons aussi que les économistes de Toulouse School of Economic, Nour Meddahi et Raouf Boucekkine, ont estimé, lors de l’une de leurs récentes études, que si l’on prend en compte un taux d’inflation de 5% en 2016, la baisse réelle des dépenses sera plus importante et atteindra 14% en terme réel.

Ce qui augure d’un budget d’austérité aux implications plus profondes. Les deux économistes estiment, à titre de comparaison, que ces restrictions budgétaires sont plus importantes que celles de 1986, année du premier contre-choc pétrolier, lorsque les dépenses budgétaires ont été réduites de 10,3%. Ils ont également rappelé que l’austérité s’est traduite par une récession économique qui a duré deux ans et une hausse du chômage à « 11,4% en 1986 avant d’exploser à 21% en 1987». Lire la suite

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