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Le RCD réaffirme ses idéaux

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a fait le plein, hier à la mythique salle Atlas d’Alger, pour célébrer le 27e anniversaire de sa fondation sous le mot d’ordre « Le courage de dire et la force d’agir».
Une devise chère à ce parti qui traduit la fidélité aux fondateurs de ce mouvement politique et tout particulièrement à ceux qui ont été assassinés. Un écho au parcours fait de sacrifices de cette formation politique.

« Vingt-sept ans de résistance, de lutte, d’action et de proposition», lance d’emblée Mohcine Belabbas, le jeune leader du RCD, sous les acclamations d’une salle pleine à craquer et sous le regard du vétéran militant des droits de l’homme Ali Yahia Abdennour, à qui les militants et sympathisants du RCD ont a réservé une standing ovation.

Le président du RCD ne s’est pas trop attardé sur « la crise politique et ses conséquences», pour se consacrer essentiellement aux « issues positives et aux solutions que l’on peut donner à cette crise». Plantant un décor national rempli d' »incertitudes et de doutes qui plus que jamais pèsent lourdement sur la vie politique, économique et sociale», M. Belabbas assure que « la crise risque d’emporter la nation si nous restons spectateurs et inactifs.

Nous savons aussi qu’une crise même grave et dangereuse peut être une opportunité pour se remettre en cause, agir et donner naissance à une ère nouvelle». Il estime que dans cette phase charnière dans laquelle rentre le pays, ce produit « l’effondrement d’un système construit sur la cooptation, l’accaparement de la rentre, la corruption le détournement de l’histoire, les fraudes électorales, l’opacité dans la gestion et l’exclusion du citoyen de la prise décision». A la tribune, Mohcine Belabbas était entouré des membres de la direction du parti, mais il manquait un à l’appel.

Nacereddine Hadjadj, ex-maire de Berriane, qui croupit derrière les barreaux depuis juillet 2015 sans qu’il ne soit jugé. A sa place, c’est son portrait qui le « représente». Un symbole qui rappelle les risques de l’engagement politique dans un pays régenté par la répression.

« Refondation nationale»

C’est donc sous le thème général de la refondation nationale, que le président du RCD décline les grands chantiers pouvant contribuer avec d’autres forces politiques à l’instauration d’une « nouvelle ère politique» dans le pays. « Une issue positive à la crise ne peut venir de l’intérieur du système des clans.

C’est pour cela que nous avons pris l’initiative avec d’autres partis et personnalités d’opposition de construire une alternative qui redonne au peuple algérien sa souveraineté, de construire ses institutions, de rédiger sa Constitution et d’élire librement ses représentants.» Tout un programme de transition qui bute sur le refus des tenants du statu quo. Pourtant l’alternative prônée par le RCD et ses partenaires n’est pas une rupture brutale, mais « une transition démocratique, pacifique et négociée», réaffirme M. Belabbas.

Elle doit débaucher, selon le chef du RCD, sur « une réorganisation administrative qui doit redonner du sens aux territoires par la consécration des régions dotées de larges pouvoirs afin d’impliquer le citoyen et libérer les initiatives et l’innovation. Une refondation républicaine des institutions et de la société algérienne qui s’appuie sur le génie de son peuple en valorisant les régions naturelles», soutient-il. La référence à la conception issue du Congrès de la Soummam est évidente tant le RCD continue de puiser sa littérature politique de ce moment fondateur de l’Etat algérien.

Autre ligne d’action développée par le leader du RCD se rapporte à la transition « économique pour sortir du modèle rentier qui a épuisé les richesses naturelles, perverti notre culture et nos habitudes alimentaire et accru notre dépendance vis-à-vis de l’étranger». Et c’est tout naturellement qu’il plaide également pour une « transition environnementale et énergétique pour garantir un développement durable par la préservation et la valorisation de nos richesses naturelles». Il n’a pas omis non plus de rappeler l’autre richesse que représente la diaspora pour mieux critiquer la nouvelle Constitution et son fameux article 51.

« Le pays appartient à tous les Algériens résidant ici autant qu’il appartient à ceux résidant à l’étranger. C’est pour cela qu’il faut associer notre immigration dans cette œuvre de refondation. La diaspora est une ressource inestimable en ces temps d’affaissement de la formation», a-t-il soutenu.

Deuxième génération

L’esprit maghrébin a plané également sur ce 27e anniversaire du RCD. « Réhabiliter la fédération des Etats nord-africains voulue par les dirigeants des mouvements de libération c’est rapprocher les points de vue, additionner les moyens et élargir le marché pour nos usines», a défendu M. Belabbas qui n’a pas manqué de vilipender « ceux qui se braquent, chez nous ou chez nos voisins, contre ce destin» car « ils tirent bénéfice de l’isolement par la rapine et la confiscation des capacités nationales».

« Ne nous trompons pas, ces deux segments qui se livrent une guerre verbale sont stratégiquement solidaires pour maintenir des pouvoirs de cooptation et d’opacité», tance-t-il encore. Favorable à l’ouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc, Mohcine Belabbas estime qu’elle « stimule la compétitivité et nourrit le libre débat. C’est faire du citoyen le seul arbitre de la vie publique». Il vrai que la question de la frontière fermée depuis 1994 par le palais royal est source de beaucoup de tensions.

Un sujet « sensible» des deux côtés de la frontière. Le chef du RCD en est conscient, et c’est à ce titre justement qu’il affirme que « ni les invectives des rentiers ni leurs menaces ne nous ferons taire».

Portée par une ambiance vive des militant(e)s heureux(ses) de se retrouver dans un meeting marquant l’anniversaire de leur parti, Mohcine Belabbas remet au goût du jour les marqueurs politiques de son parti. « Le courage de dire et la force d’agir ont gravé dans la vie algérienne les droits de l’homme, la promotion des droits des femmes, la citoyenneté, la laïcité et l’amazighité, les libertés individuelles et collectives.» Le rappel de ces valeurs qui fondent le RCD est « nécessaire pour restituer ces revendications pour mieux les partager et donner du sens et de la portée des combats qui les ont portés», estime M. Belabbas.

Satisfaits du succès de leur meeting, les militant(e)s et sympathisant(e)s disent toute leur détermination à « continuer» le combat de la Lire la suite

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Le FFS alerte sur les risques de statu quo

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Le Front des forces socialistes (FFS) et après son rejet du projet de révision de la Constitution et son boycott de la séance d’adoption de ce dernier, a tenu vendredi une session ordinaire de son conseil national.
La résolution sanctionnant les travaux de cette réunion est revenue dans le volet politique sur la Loi fondamentale en notant que « cette énième révision n’est qu’une continuité du feuilleton de la violence constitutionnelle exercée contre le peuple algérien depuis 1963».

Le conseil national du FFS rappelle dans son texte que « tout projet constitutionnel ne reflétant pas le plus large consensus possible est inéluctablement voué à l’échec et ne permettra nullement de répondre à la crise multidimensionnelle que vit notre pays». Il estime que « seul un processus constituant permettra au peuple algérien de recouvrer sa souveraineté dans un cadre consensuel et pacifique pour l’avènement d’une deuxième République». Analysant par ailleurs la situation économique du pays, le conseil national du FFS a tenu à exprimer « sa profonde inquiétude quant à la dégradation de la situation économique et sociale».

Alors que le pouvoir persiste dans sa gestion unilatérale et autoritaire, souligne le conseil, la précarité, alerte-t-il, « s’installe durablement et menace la cohésion sociale du pays». Le FFS tient de ce fait à réaffirmer « son rejet des politiques d’austérité qui frappent en premier les couches les plus défavorisées de la société». Et d’ajouter qu’il « demeure convaincu que la construction d’un consensus national est la seule solution en mesure de sortir le pays du statut quo».

Réagissant à la situation qui prévaut dans le monde, le plus vieux parti de l’opposition déplore « la poursuite des politiques de guerre qui, loin de lutter efficacement contre le terrorisme, aboutissent à la destruction des Etats et à des situations humanitaires catastrophiques». Et d’assurer de son « attachement aux solutions politiques comme seule voie de réglementer des conflits, et au respect de l’intégrité et de l’unité des pays». Le FFS s’inquiète d’ailleurs des « conséquences graves pour toute la région que pourrait engendrer une intervention militaire en Libye», et déplore l’impuissance des pays maghrébins face à cette situation. « Le FFS est convaincu que seule la construction démocratique d’un Grand Maghreb est à même d’apporter à la région et à nos concitoyens la paix, la stabilité et le développement.»

A noter que la réunion du conseil national du FFS s’est tenue quelques jours après la commémoration du 40e jour de la disparition de son président Hocine Aït Ahmed. La résolution du FFS est revenue sur « la formidable mobilisation populaire et nationale lors de ses funérailles». Une traduction, note le FFS, de « l’attachement des Algériennes et des Algériens aux valeurs qu’il a toujours défendues : l’unité nationale, la démocratie, la justice sociale et les droits de l’homme».

Se disant conscient de ses responsabilités, le FFS « assure le peuple algérien qu’il poursuivra sans relâche son combat pour préserver et faire aboutir ses idéaux». Lire la suite

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Label et la bête

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Dieu nous a donné de la steppe, du soleil et d’excellentes races de moutons. Avec un peu plus d’organisation, on pourrait en faire une source permanente de devises», dit Belkacem Mezrou, secrétaire général de la Fédération nationale des éleveurs (FNE) et éleveur lui-même à Ouled Djellal, le pays du mouton.
A l’heure où le pétrole commence à tirer sa révérence, il est peut-être temps de se tourner vers des ressources naturelles renouvelables et génératrices de richesse et de développement durable.

Le mouton de Ouled Djellal, véritable patrimoine sur pattes, en est une.
L’origine de ce produit du terroir authentiquement algérien est aussi confuse que l’histoire non encore écrite de ce pays. Trois thèses se disputent l’origine de ce bel ovin à la belle prestance. Les tenants de la première hypothèse pensent que cette race est née chez les Amazighs qui l’ont domestiquée puis améliorée par sélections au fil des siècles.

Les seconds soutiennent qu’elle a débarqué avec les légions romaines tandis que la troisième voie, et c’est la plus courante, affirme qu’elle est arrivée lors des invasions des tribus des Banu Hilal qui ont déferlé sur l’Afrique du Nord, il y a un millénaire. Toujours est-il que ce mouton au gabarit impressionnant et qui fournit une viande d’excellente qualité est typiquement algérien, puisqu’il n’existe pas ailleurs et que son biotope se limite aux steppes dont l’altitude se situe entre 250 et 600 m. « Au-delà, il ne s’acclimate guère», affirme Belkacem Mezrou.

Les Français qui ont été les premiers à s’y intéresser ont pris soin de décrire ses caractéristiques physiques, aujourd’hui dûment répertoriées et reconnues. Les Algériens, pour leur part, par le biais du ministère de l’Agriculture, ont récemment procédé à l’analyse de son ADN afin de protéger ce label qui intéresse aussi grandement nos voisins immédiats. D’autant plus que les contrebandiers, qui bradent les produits locaux pour une poignée de dirhams ou dinars tunisiens vers nos voisins de l’est et de l’ouest, ont réussi à faire expatrier des troupeaux entiers.

Un pays de steppes et de moutons

Ce que l’on connaît du mouton blanc d’Ouled Djellal est qu’il a une espérance de vie qui oscille entre 11 et 14 ans. Sa toison fournit très peu de laine, il aime le soleil, supporte la chaleur, le froid et les grandes marches à travers la steppe pour se repaître d’armoise, de remth et autres plantes caractéristiques de ces altitudes.

Au cours de sa vie, une brebis peut donner à son maître jusqu’à 20 agneaux. Sa croissance est très rapide et un agneau peut prendre jusqu’à 200 g par jour, dit-on. Adulte, il peut peser jusqu’à 40 kg. Il représente aujourd’hui un peu plus de 60% du cheptel national constitué de 5 ou 6 races ovines principales comme le Telagh El Hamra, le Rembi, le Taâdmit, issu d’un croisement entre une femelle Ouled Djellal et un mérinos d’Arles en 1932, la race barbe et la sidahou du Sud. A bien regarder la carte de l’Algérie, on se rend compte que le pays, en dehors d’une mince bande côtière, n’est qu’un vaste territoire partagé entre steppes et désert.

En grand connaisseur du sujet, Belkacem Mezrou soutient que l’Algérie possède 9 wilayas steppiques et 18 autres semi-steppiques. De quoi permettre aux 30 millions de moutons que compte le cheptel national de gambader en toute liberté à travers les 40 millions d’hectares de cette contrée dédiée à l’agropastoralisme.

Le secrétaire général de la FNE soutient que l’Algérie a atteint l’autosuffisance en matière de viande ovine depuis deux ou trois ans. Plus besoin d’importer le mouton néo-zélandais ou australien quand le nôtre les dépasse largement en qualité et en saveur. Maintenant, il s’agit plutôt d’inverser cette tendance : en mettant en place des mécanismes de soutien aux éleveurs et à leurs produits, on peut envisager d’exporter cette excellente race qu’est le Ouled Djellal, d’ici deux à trois ans. Trois complexes-abattoirs répondant aux dernières normes internationales en matière de technologie et d’hygiène ont d’ores et déjà été réalisés dans les zones agropastorales : Aïn M’lila, Hassi Bahbah et Bouktob à El Bayadh.

En outre, d’une capacité de 2000 têtes d’ovins/jour et 600 bovins/jour, l’abattoir de Hassi Bahbah, qui va très bientôt ouvrir ses portes, devra satisfaire les demandes des grands groupes comme Sonatrach, l’ANP ou les COUS des universités. Pour ces abattoirs, la FNE réclame un droit de regard, voire une participation à leur capital et gestion afin de barrer la route aux intermédiaires de tous poils qui phagocytent cette filière.

Ces intermédiaires sont accusés d’être derrière la cherté de la viande rouge, notamment ovine. Pour les éleveurs, il existe toute une faune parasitaire d’intermédiaires entre le producteur direct et le consommateur qui font flamber les prix. Selon Belkacem Mezrou, les moutons sont d’abord achetés au marché d’Ouled Djellal ou directement chez les éleveurs par des intermédiaires originaires de Médéa et M’sila, pour les revendre à Alger ou dans les marchés à bestiaux des grandes villes où d’autres intermédiaires les rachètent pour les revendre aux abattoirs et aux bouchers professionnels.

Avec une moyenne de 3 à 4 intermédiaires qui prennent à chaque fois des marges de 2000 à 3000 DA, cela fait au final un supplément de 300 DA sur le kilo de viande. Au lieu de se vendre à 800 ou 900 DA le kilo, le mouton est proposé entre 1200 à 1300 DA chez le boucher. Au cas où la filière de la viande ovine serait restructurée et son marché régulé, le prix du kilo pourrait devenir plus abordable.

En voie d’être labellisé

Bien avant d’atterrir dans l’assiette du consommateur, on doit recevoir l’alimentation adéquate comme complément de ce que le mouton broute sur les parcours steppiques. Orge, paille, luzerne, maïs, vesce, le bétail dispose d’une large variété d’aliments pour son engraissement. C’est pour cela que la filière de l’élevage est directement liée à celle de la céréaliculture.

Dans sa ferme sise à Melili, une vaste zone steppique à l’ouest de Biskra, où Belkacem Mezrou nous conduit, ce principe de lier ces deux filières est déjà mis en application, en ce sens que notre homme a entrepris depuis quelque temps de Lire la suite

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El Ouahrania, la pionnière La dame de terre et de fer

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Rien ne prédestinait Boudia Houria, dite Sabrina, une Oranaise pur sucre, à devenir un jour une solide paysanne aux mains calleuses qui se lève au chant du coq pour élever chèvres et moutons et cultiver dattes et tomates.
Jeune fille dans la vingtaine, elle avait quitté le cocon familial au début des années 1980 et avait pris la destination de Biskra avec, dans ses bagages, un projet de hammam. Et plutôt que d’investir son argent dans les eaux ferrugineuses qui font la réputation du pays, elle achète pour 26 millions de centimes 16 hectares de terre inculte qu’elle se met aussitôt à défoncer au bulldozer.

Pourtant, elle ne connaissait absolument rien à l’agriculture, elle n’avait même jamais vu une vache ou une chèvre de près et les seuls poulets qu’elle connaissait venaient de la boucherie de son quartier. Sur le domaine, il y a un forage à l’arrêt qu’elle remet aussitôt en marche. Dans la foulée, elle plante 400 palmiers, cultive des fèves et sème de l’orge et du blé à pleines poignées. La machine est lancée.
Voir une femme concurrencer les hommes dans un domaine qui a toujours été leur chasse gardée n’était pas commun à cette époque où très peu d’hommes étaient venus défricher à Biskra.

Aujourd’hui, 30 ans après le début de son aventure, El Ouahrania, comme on l’appelle ici, garde la même pêche et la même énergie. Elle possède 600 palmiers, 100 oliviers, une trentaine de chèvres et de moutons, quelques serres pour les légumes et le reste des terres est consacré à la céréaliculture. Elle se lève chaque jour aux aurores et, jusqu’à la nuit tombée, elle se consacre aux nombreuses tâches de sa ferme avec son fils aîné.

Même en été, lorsque sa famille fuit la fournaise du Sud pour l’air clément du bord de la mer, Sabrina est fidèle au poste, comme un capitaine qui ne doit jamais quitter son navire. Son seul problème, comme tous les agriculteurs que nous avons rencontrés à Biskra, est le manque de main-d’œuvre. « Il n’y a pas de chômage à Biskra. Grâce au CNAC et à l’Ansej, tout le monde est devenu patron…», dit-elle avec une amertume. Sur ce plan-là, Sabrina en a gros sur le cœur.  » Il y a beaucoup de ‘ben-âamisme’, du piston et de la corruption dans ce domaine. Il y a des gens qui n’ont jamais fait d’agriculture et qui ont pris des milliards. Il n’y a pas de contrôle de l’Etat.

Des jeunes ont pris des serres et des crédits pour s’acheter des voitures et se pavaner avec», dit avec ce franc parler qui la caractérise cette femme de poigne.

Et si c’était à refaire ? Sans hésiter, notre paysanne répond : « Je recommencerais car je travaille par passion et non pour l’argent. Des gens sont venus ici les mains vides et ont réussi. Aujourd’hui, ils sont patrons et possèdent des dizaines de serres.» « Il n’y a que le travail qui paie», dit-elle en conclusion. Lire la suite

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De l’intérêt national et des intérêts particuliers

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

L’activité est toujours considérée comme illicite. Mais la contrebande, pourtant tolérée, coûte des sommes astronomiques à la collectivité nationale.
Non seulement elle provoque l’hémorragie de l’économie nationale, mais en plus elle déverse sur le pays des milliers de tonnes de drogues, tous types confondus, et constitue pour certains pays, notamment le Maroc, une vraie arme qu’ils utilisent contre l’Algérie.

Les chiffres donnés récemment par le ministre de l’Intérieur donnent une idée sur l’ampleur de cette pratique sur l’économie nationale. En déplacement à Tlemcen au début de l’année, Noureddine Bedoui a indiqué que la contrebande coûte annuellement au pays 3 milliards de dollars. De quoi acheter du lait et des céréales que le pays ne produit pas. Cela représente une économie de 30 milliards de dollars sur 10 ans. Enorme.

Plus grave, l’ancien ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, avait affirmé que 25% des carburants commercialisés dans le pays alimentaient la contrebande. Cela concerne notamment la frontière avec le Maroc, mais également celle de l’Est du pays, puisque le marché tunisien s’approvisionne également en carburant algérien.

Dans le lot des produits illégalement exportés, on trouve également des pâtes alimentaires, de l’huile, du sucre et d’autres produits subventionnés par l’Etat. Des journalistes, de retour de Oudjda, dans l’ouest du royaume chérifien, racontent que les produits algériens occupent une place de choix dans les échoppes de la ville. En contrepartie de ces « exportations», des Algériens, aidés par des ressortissants marocains notamment, ramènent avec eux d’énormes quantités de drogues.

Ainsi, à titre d’exemple, un total de 109 244,628 kg de résine de cannabis ont été saisis durant les onze premiers mois de 2015, dont 60,35% au niveau de la région ouest du pays, avait affirmé la police nationale dans un bilan qui concerne les premiers mois de l’année écoulée. Et les quantités deviennent de plus en plus énormes.

Chaque jour, des communiqués de l’armée ou de la gendarmerie indiquent que d’énormes quantités de drogue sont saisies dans différentes régions du pays. Des tonnes de drogues qui proviennent principalement du Maroc. Il est évident que toutes ces activités génèrent des milliers d’emplois et que des milliers de familles vivent, directement ou indirectement, de ces activités.

Chose qui a été vérifiée lorsque l’ancien wali de Tlemcen avait décidé de plafonner les quantités d’approvisionnement de carburant à 500 DA. La mesure avait poussé des dizaines de propriétaires de véhicules (hallaba) à cesser leur activité et se reconvertir dans d’autres activités.

Ce nouveau serrage de vis que constitue le creusement de tranchées tout au long de la frontière algéro-marocaine va priver des centaines de contrebandiers de leur gagne-pain. Mais cela va permettre également au pays de faire d’énormes économies. Lire la suite

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De la tradition à la modernité

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Dans cette famille originaire de Aïn Naga, on est dans l’agriculture vivrière traditionnelle et l’élevage des moutons depuis des générations.
« On cultivait des fèves, des petits pois et on faisait un peu de blé et un peu d’élevage», raconte Salah Hriz, 47 ans, paysan de père en fils. Oui, mais cela c’était avant l’arrivée des serres et des forages par sondes. Il faut quitter la route principale et suivre une longue piste poussiéreuse et cahoteuse pour arriver sur les vastes terres hérissées de grandes serres que Salah exploite du côté de Mansouria, dans la commune de Aïn Naga, à l’est de Biskra, en allant vers Zribet El Oued.

Salah est l’exemple type de la transition réussie qui s’est opérée dans les steppes du Sud d’une agriculture de subsistance à une agriculture d’investissement.

C’est après avoir raté son bac à la fin de l’année 1987 que Salah met un trait définitif sur ses études et se tourne vers le travail de la terre. « J’ai commencé par louer trois petites serres en 1987 et quand j’ai vu que cela marchait plutôt bien, j’ai décidé de me lancer dans la culture de la tomate», explique-t-il. Il finira par exploiter plus de 120 grandes serres pour produire pommes de terre, poivrons, carottes, courgettes, fèves, petits pois et autres légumes. Aujourd’hui, Salah a opté pour la serre chapelle. Comme son nom l’indique, c’est une très grande serre d’un hectare, ou un peu plus, qui coûte 500 à 800 millions de centimes.

Deux sont dédiées à la tomate, les deux autres au cantaloup.
Salah se rappelle que c’est à partir de 2004 que le secteur a vraiment pris son essor lorsque les aides que l’Etat injectait massivement dans le secteur ont commencé à donner des résultats concrets. « Avec les dispositifs CNAC et Ansej, tout le monde est devenu patron. Nous faisons face à un manque de main-d’œuvre très grave qui commence à entraver nos activités», fulmine Salah.

Ce n’est pas tout, le plus grand problème rencontré par notre agriculteur est la commercialisation des produits maraîchers qui sortent chaque jour des serres. « L’Etat doit intervenir pour réguler le marché», dit Salah. « Les autorités viennent nous voir uniquement quand elles veulent montrer des exemples de fellahs qui ont réussi. Nos pistes sont impraticables, le mazout a augmenté, l’électricité n’est pas toujours disponible, les semences sont rares et chères, il n’y a plus de main-d’œuvre et je vous informe que l’année prochaine, il n’y aura pas de pommes de terre», se plaint Salah.

Il a également planté plus de 500 oliviers, mais maintenant qu’ils arrivent à maturité, il faut une main- d’œuvre expérimentée pour récolter, tailler, greffer, sans compter la trituration des fruits, le conditionnement de l’huile et sa commercialisation. Avec l’introduction des grandes serres couvrant un hectare, c’est toute une petite industrie qui s’est installée dans la région pour fournir le système du goutte-à-goutte et de tous les intrants et composants des serres. Leur installation est la spécialité des Marocains, mais il est clair qu’il y a là un nouveau créneau à exploiter. Lire la suite

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