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Les vieux démons sont de retour

Publié le 18/01/2016, par dans Non classé.

L’ouverture du dossier de la décennie noire — avec notamment les témoignages de Nezzar et l’offensive médiatique des anciens dirigeants du parti dissous — indique bien que l’interpellation du jeune chanteur n’est pas un fait isolé.
Le régime collectionne les atteintes aux libertés. Ses professions de foi en faveur de la consécration des libertés et des droits de l’homme dans le pays, comme proclamé une fois de plus dans le projet de révision constitutionnelle, sont vite démenties sur le terrain. Ce fossé séparant le discours politique de la réalité s’est, une fois de plus, vérifié ce week-end à travers l’interpellation à Alger d’un jeune chanteur qui offrait gracieusement aux passants algérois sa voix et son talent de mélomane, mais aussi ses rêves d’artiste et de jeune aimant la vie et chantant la joie de vivre.

Les policiers qui l’ont conduit au commissariat sous prétexte de mendicité dans la rue et leurs supérieurs hiérarchiques – qui ont pris la grave décision d’interpeller le chanteur accusé d’un délit qui n’existe que dans l’esprit de ceux qui ont donné l’ordre de sévir contre ce jeune rossignol – ne partagent apparemment pas ce goût pour la musique. Dans quel pays exige-t-on des artistes des autorisations administratives pour se produire dans des espaces publics ?

Si les artistes dans toutes les disciplines qui animent les rues et sites touristiques des grandes capitales européennes étaient sommés de demander un quitus de l’administration pour aller à la rencontre du public, on aurait tué l’art et la création dans ces pays des Lumières. Les artistes sont, par définition, des personnes libres et libérées de toutes entraves, qu’elles soient administratives ou politiques. La vérité, c’est que dans des pays fermés à l’expression libre comme le nôtre, le chanteur, l’artiste, le créateur, le libre-penseur de manière générale sont perçus par les régimes en place comme des agents subversifs, des objecteurs de conscience qui doivent être surveillés de près.

Pour preuve, tous ces artistes algériens qui ne manquent ni de talent ni de patriotisme mais sont pourtant interdits dans les médias lourds officiels parce que n’ayant pas fait allégeance au système. C’est l’histoire qui s’écrit de nouveau à rebours. Hier, durant la décennie noire, les artistes et les hommes du savoir et de la connaissance étaient froidement assassinés par les intégristes pour les idées de modernité et de liberté qu’ils portaient. Aujourd’hui, on cherche à les faire taire par la menace et le recours à l’emprisonnement, comme on l’a vu avec les affaires du jeune blogueur et du chanteur interpellé cette semaine à Alger.

Quel est donc ce pouvoir terrible dont pourrait disposer un chanteur qui n’a pour seule arme que sa voix et son instrument de musique pour faire trembler le système et représenter un trouble à l’ordre public ? Deux explications à cela. La première, c’est que cette réaction musclée des autorités pourrait bien s’expliquer par la crainte que l’initiative du jeune chanteur ne fasse boule de neige auprès d’autres artistes qui viendraient, nombreux, investir les espaces publics en dehors des carcans officiels.

Le contact direct des créateurs libres avec la population fait peur au pouvoir. Surtout dans la conjoncture actuelle où l’opposition menace de recourir à la rue pour faire plier le pouvoir et l’amener à engager des réformes démocratiques. La seconde hypothèse, qui est tout aussi plausible, est qu’en décrétant hors-la-loi la culture non encadrée dans la rue, le pouvoir a voulu donner des gages aux islamistes qui ont le vent en poupe ces derniers mois.

L’ouverture du dossier de la décennie noire – avec notamment les témoignages de Nezzar et l’offensive médiatique des anciens dirigeants du parti dissous – indique bien que l’interpellation du jeune chanteur n’est pas un fait isolé ; il s’inscrit dans une problématique politique générale qui montre bien que la question du projet de société de l’Algérie fait toujours débat et polémique. Les forces conservatrices, que l’on croyait condamnées par l’histoire et le peuple, sont de retour… si toutefois elles ont un jour quitté la scène.

La société algérienne n’a plus les moyens de résistance pour empêcher le retour au passé avec une société civile démobilisée, cassée. On peut toujours se consoler avec ces images presque surréalistes de jeunes chanteurs qui ont investi la rue Didouche Mourad au rythme de la musique et des chansons d’ici et du monde, au grand bonheur des Algérois et cela en signe de solidarité avec leur collègue interpellé par la police.
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La nouvelle stratégie de Louisa Hanoune

Publié le 18/01/2016, par dans Non classé.

La première responsable du Parti des travailleurs (PT) a décidé d’inscrire son combat sur le terrain social et non plus idéologique.
Louisa Hanoune a esquissé les contours de sa nouvelle stratégie politique lors d’un meeting tenu à Alger. Renforcée par son initiative au sein du Groupe des 19, même si les demandes répétées pour rencontrer le président Bouteflika sont restées lettre morte, la démarche a eu le mérite de mettre le clan présidentiel face à ses contradictions. D’ailleurs, l’initiative lui a valu de violentes attaques du clan présidentiel à travers d’une part les charges de Baha Eddine Tliba (vice-président de l’APN) qui lui reprochait de n’être qu’une « marionnette de Toufik», alors que Amar Saadani, secrétaire général du FLN, l’accusait d’être frappée « d’hystérie» à la suite du départ de son parrain.

La secrétaire générale du PT a décidé de contre-attaquer là où elle se sait invulnérable : le contact avec la population. En annonçant « la tenue d’un meeting par semaine» à travers le pays, Louisa Hanoune se repositionne sur le terrain politique et en profite pour délivrer un message à ses détracteurs. « Elle sait qu’elle a un impact sur la population, juge le politologue Rachid Grim. Elle est admirée pour son courage politique et sa détermination. La preuve, elle a très bien réagi lorsqu’on a voulu lui coller des affaires d’enrichissement personnel.» Mais derrière ce repositionnement se cachent également des calculs politiciens.

A avoir trop épargné le président Bouteflika, Louisa Hanoune a vu son image et sa crédibilité en prendre un coup. « Elle a beaucoup payé son soutien indéfectible au Président, estime la politologue Louiza Aït Hamadouche. Aujourd’hui, elle a décidé de procéder à un rééquilibrage de sa position en s’éloignant du pouvoir et en se rapprochant un peu de l’opposition.» Une stratégie où elle continue d’épargner le Président et concentre ses attaques sur ses proches. « Elle ne peut pas adopter une opposition frontale car le Président continue de bénéficier d’une bonne image auprès de la population du fait de sa maladie et compte tenu de l’incertitude économique», juge Mme Aït Hamadouche.

En outre, face à la démarche gouvernementale qui a décidé de procéder à la mise en place de mesures économiques qui auront des conséquences désastreuses sur une grande partie de la population, Mme Hanoune s’attend à une mobilisation des forces sociales. « Elle veut récupérer la mobilisation pour peser sur les futures décisions, affirme Mme Aït Hamadouche.

D’autant que les mouvements sociaux en Algérie n’ont pas la maturité nécessaire pour se transformer en mouvement social et qu’en outre les partis politiques ne jouent pas leur rôle.» La première responsable du PT l’a bien compris, elle a décidé d’inscrire son combat sur le terrain social et non plus idéologique et en a tracé les contours lors du meeting de la salle Sierra Maestra. « Nous devons nous préparer au rejet de la loi de finances et à transformer cette force populaire en prévision du grand jour», a-t-elle déclaré. Lire la suite

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Cheminot, un métier dangereux

Publié le 18/01/2016, par dans Non classé.

La mort de deux agents de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) a provoqué la colère de leurs collègues qui ont déclenché une grève.
Un protocole d’accord, signé par la SNTF avec la commission provisoire de la Fédération UGTA des cheminots (FNC), a mis un terme à l’action de protestation qui a paralysé le trafic ferroviaire. Les trains ont de nouveau roulé. Mais la colère des mécanos est tangible. « Un matin, à Hussein Dey, un chef conducteur a trouvé le pare-brise plein de sang.

Un individu n’ayant pas toute sa tête s’est jeté d’un pont et son sang a giclé à l’avant de la voiture. Le mécanicien n’a plus reconduit. Des exemples de ce genre, on en compte plusieurs quotidiennement. Comme ce mécanicien qui a assisté à un accident qui a causé l’amputation des jambes d’un voyageur à l’arrière de son train. Complètement abattu, l’agent infortuné s’est fait muter, après des mois de congé de maladie, comme vendeur de tickets à Boudouaou.

Il y est toujours», relate Abdelkader, formateur, rencontré aux Ateliers du Hamma, à Belouizdad (Alger). Lui-même ancien conducteur, ce quinquagénaire chargé de la formation dans les ateliers antédiluviens du vieux Belcourt était confronté à des accidents violents au début de sa carrière. « J’ai 27 années de service. J’étais moi-même confronté au début des années 1990 à des accidents dus à l’incivisme des gens.

Un fellah distrait qui se met en travers des rails devant la locomotive avec son bétail, des voyageurs indélicats qui sautent du train ou s’y accrochent sans calculer les conséquences. Même en actionnant le frein d’urgence, le mécano ne peut pas éviter un accident parfois dramatique. Le choc pour le conducteur est à vie», estime le formateur en montrant du doigt un autorail dont la tôle de la cabine du conducteur a été complètement cabossée.

Les agents de la SNTF confrontés à des accidents, presque quotidiens, sur les 3500 km de voies ferrées du pays, ne sont pas au bout de leurs peines après une mésaventure. Si l’accident est mortel ou cause des blessures, ils doivent faire face à des poursuites judiciaires. « Les conducteurs sont soumis par les services de sécurité à une prise de sang et à un examen anthropométrique en bonne et due forme. Des poursuites judiciaires sont engagées contre eux pour homicide involontaire, comme l’exige le code pénal. Les mis en cause sont traités comme de vulgaires criminels, alors que l’accident n’est souvent pas de leur fait.

Pour tout compliquer, l’audience n’est pas à huis clos et le mécanicien se retrouve en face des proches de la victime dont la réaction est parfois très dure même en cas de suicide. D’ailleurs, 60% des heurts sont dus à des suicides», estime-t-il. Et d’ajouter que le cheminot « ne trouve pas la paix» même chez lui, puisque des membres de sa famille le « tarabustent» de questions le rendant plus vulnérable. Le métier des agents de la SNTF est très difficile (accidents récurrents, découchage, somnolence, etc.), mais il semble que la prise en charge post-accident n’est pas correctement assurée.

Les cheminots en grève ont déploré, lors de leur dernier mouvement, la mauvaise prise en charge psychologique. « L’avocat du service contentieux assiste, certes, le conducteur. Sans plus. Le concerné prend son congé de maladie sur une ordonnance de son psychiatre. La SNTF fait longuement patienter le malade pour une dérisoire prise en charge qui n’est plus réclamée par aucun agent», regrette un mécanicien qui a requis l’anonymat, déplorant que ni sa hiérarchie ni le syndicat-maison ne se soucient d’un personnel « très vulnérable».

Le protocole d’accord, signé par la Fédération des cheminots dont El Watan détient une copie, a insisté sur la « pénibilité» du travail accompli par les personnels d’accompagnement, les agents des infrastructures, des gares et du matériel. Selon le document cosigné le 2 janvier par Abdessalem Aliane, président de la commission provisoire du syndicat des cheminots, et le DG de la SNTF, Yacine Bendjaballah, les fonctions sont jugées difficiles et pénibles par le fait d’être constamment en état de vigilance suite aux jets de pierres, agressions, incidents sur les lignes…

Les signataires indiquent qu' »il appartiendra aux spécialistes des maladies professionnelles de déterminer la nature et le degré d’influence sur la santé des agents». Concernant les poursuites judiciaires, l’accord parle de la saisie par écrit du ministère des Transports et de l’UGTA pour d' »éventuelles interventions auprès des tribunaux».

Qui appliquera l’instruction du gouvernement ?

En plus des préjudices irréversibles (moral et physique) sur ses agents, l’entreprise publique du rail subit d’importantes pertes dues aux accidents et incidents enregistrés quotidiennement sur son réseau (sabotage, jets de pierres, vol ou saccage des caténaires, heurts, etc.). « Le pare-brise d’une automotrice saccagé par une pierre jetée par un jeune inconscient au bidonville de Semmar (Gué de Constantine) ou ailleurs coûte jusqu’ à 100 millions de centimes. Le manque à gagner est important aussi suite à l’immobilisation durant deux ou trois jours des automotrices», précise un mécanicien.

Les ateliers de maintenance, de remisage et de nettoyage gérés par une société suisse au Caroubier (Alger), fruit d’une joint-venture algéro-suisse (SNTA-Stadler), ne désemplissent pas. Il y a deux sortes d’intervention sur les rames : préventives et curatives. Les premières sont ordinaires (journalières, assurées dans le dépôt, mensuelles ou annuelles), tandis que les secondes surviennent après une panne grave.

Dans les ateliers, la SNTF compte au moins une dizaines de locomotives diesel réformées après des attaques terroristes. « Ces locomotives servent pour la récupération des pièces. Les rames acquises par la SNTF sont touchées et leurs tôles entièrement trouées. Sur les 17 autorails diesel hydraulique (CAF) acquis à prix fort par la société, il n’en reste que 4 en service. Il est navrant de voir une automotrice immobilisée après un choc, un déraillement», regrette-t-on.

La chefferie du gouvernement, sensibilisée par l’EPIC — dont certains redoutent après tous ces incidents la privatisation-bradage —, a instruit, en 2007, ses différents services pour « réprimer les atteintes au patrimoine du réseau ferré». L’instruction n°7 datée du 28 novembre 2007, dont El Watan s’est procuré une copie, met en avant les atteintes qui constituent « un phénomène inquiétant qui risque de réduire Lire la suite

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220 kg de kif traité saisis à Mascara

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.

Deux quintaux et vingt kilogrammes de kif traité ont été saisis, aujourd’hui dimanche, par les gendarmes de la compagnie territoriale de Mascara.
En premier lieu, une quantité de 70 kg a été découverte par les gendarmes, lors d’un barrage dressé au lieudit Kherouf, près de la localité de Sig, dissimulée à l’intérieur d’un véhicule utilitaire léger en provenance des frontières Est du Maroc à destination de Mascara.

Une personne dont l’identité n’a pas été révélée, a été arrêtée lors de cette opération. La perquisition du domicile du présumé narcotrafiquant dans la ville de Mascara a permis aux gendarmes de mettre la main sur 150 kg de kif traité. Lire la suite

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Neige à Guelma : des automobilistes lancent des appels de détresse

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.

Des automobilistes bloqués par la neige depuis plus de 24 h sur la RN 80 tronçon routier Ain Sandel dans la wilaya de Guelma et Sedrata wilaya de Souk ahras, ont lancé aujourd’hui dimanche, vers 15 heures, des appels au secours sur les ondes de Guelma Fm.

Un appel de détresse qui n’a pas manqué de faire réagir les invités d’une émission dédiée justement aux intempéries.  » Je suis chauffeur de taxi de la wilaya de Guelma. Je suis bloqué avec mes passagers depuis plus de 24 heures sur la RN 80. Nous sommes dans une situation critique ! Sur route il y a plus d’un mettre de neige .

Visiblement étonnés par cet appel, les invités dont des représentants de la gendarmerie nationale, protection civile, direction des travaux publics etc, ont vite fait de réagir et de demander au chauffeur de taxi d’indiquer sa localisation avec exactitude.  » Ce que je peux vous dire c’est que nous ne sommes pas seul dans cette situation, il y a un bus, et d’autres véhicules bloqués comme nous, conclut-il.

Au moment ou nous mettions en lgne, des échos de ce tronçon fortement enneigé, indiquaient la présence d’élément de l’ANP, venus en renfort sur cet axe routier. Une famille dont un bébé a été secourue. La deuxième file de véhicules bloqués n’a pas été encore atteinte, précisent nos sources. Lire la suite

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« La Vache » de Mohamed Hamidi triplement distingué au 19e Festival de l’Alpe d’Huez

Publié le 17/01/2016, par dans Non classé.
ALGER – Le long métrage « La Vache », réalisé par l’Algérien Mohamed Hamidi, a été triplement distingué samedi soir au 19e Festival international de la comédie de l’Alpe d’Huez, en Isère (Grenoble, France) qui prend fin dimanche soir. Le Jury, présidé par le comédien franco-algérien Kad Merrad, a décerné le grand…

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