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Le mouton de Ouled Djellal, patrimoine national vivant : Label et la bête

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Dieu nous a donné de la steppe, du soleil et d’excellentes races de moutons. Avec un peu plus d’organisation, on pourrait en faire une source permanente de devises», dit Belkacem Mezrou, secrétaire général de la Fédération nationale des éleveurs (FNE) et éleveur lui-même à Ouled Djellal, le pays du mouton.
A l’heure où le pétrole commence à tirer sa révérence, il est peut-être temps de se tourner vers des ressources naturelles renouvelables et génératrices de richesse et de développement durable.

Le mouton de Ouled Djellal, véritable patrimoine sur pattes, en est une.
L’origine de ce produit du terroir authentiquement algérien est aussi confuse que l’histoire non encore écrite de ce pays. Trois thèses se disputent l’origine de ce bel ovin à la belle prestance. Les tenants de la première hypothèse pensent que cette race est née chez les Amazighs qui l’ont domestiquée puis améliorée par sélections au fil des siècles.

Les seconds soutiennent qu’elle a débarqué avec les légions romaines tandis que la troisième voie, et c’est la plus courante, affirme qu’elle est arrivée lors des invasions des tribus des Banu Hilal qui ont déferlé sur l’Afrique du Nord, il y a un millénaire. Toujours est-il que ce mouton au gabarit impressionnant et qui fournit une viande d’excellente qualité est typiquement algérien, puisqu’il n’existe pas ailleurs et que son biotope se limite aux steppes dont l’altitude se situe entre 250 et 600 m. « Au-delà, il ne s’acclimate guère», affirme Belkacem Mezrou.

Les Français qui ont été les premiers à s’y intéresser ont pris soin de décrire ses caractéristiques physiques, aujourd’hui dûment répertoriées et reconnues. Les Algériens, pour leur part, par le biais du ministère de l’Agriculture, ont récemment procédé à l’analyse de son ADN afin de protéger ce label qui intéresse aussi grandement nos voisins immédiats. D’autant plus que les contrebandiers, qui bradent les produits locaux pour une poignée de dirhams ou dinars tunisiens vers nos voisins de l’est et de l’ouest, ont réussi à faire expatrier des troupeaux entiers.

Un pays de steppes et de moutons

Ce que l’on connaît du mouton blanc d’Ouled Djellal est qu’il a une espérance de vie qui oscille entre 11 et 14 ans. Sa toison fournit très peu de laine, il aime le soleil, supporte la chaleur, le froid et les grandes marches à travers la steppe pour se repaître d’armoise, de remth et autres plantes caractéristiques de ces altitudes.

Au cours de sa vie, une brebis peut donner à son maître jusqu’à 20 agneaux. Sa croissance est très rapide et un agneau peut prendre jusqu’à 200 g par jour, dit-on. Adulte, il peut peser jusqu’à 40 kg. Il représente aujourd’hui un peu plus de 60% du cheptel national constitué de 5 ou 6 races ovines principales comme le Telagh El Hamra, le Rembi, le Taâdmit, issu d’un croisement entre une femelle Ouled Djellal et un mérinos d’Arles en 1932, la race barbe et la sidahou du Sud. A bien regarder la carte de l’Algérie, on se rend compte que le pays, en dehors d’une mince bande côtière, n’est qu’un vaste territoire partagé entre steppes et désert.

En grand connaisseur du sujet, Belkacem Mezrou soutient que l’Algérie possède 9 wilayas steppiques et 18 autres semi-steppiques. De quoi permettre aux 30 millions de moutons que compte le cheptel national de gambader en toute liberté à travers les 40 millions d’hectares de cette contrée dédiée à l’agropastoralisme.

Le secrétaire général de la FNE soutient que l’Algérie a atteint l’autosuffisance en matière de viande ovine depuis deux ou trois ans. Plus besoin d’importer le mouton néo-zélandais ou australien quand le nôtre les dépasse largement en qualité et en saveur. Maintenant, il s’agit plutôt d’inverser cette tendance : en mettant en place des mécanismes de soutien aux éleveurs et à leurs produits, on peut envisager d’exporter cette excellente race qu’est le Ouled Djellal, d’ici deux à trois ans. Trois complexes-abattoirs répondant aux dernières normes internationales en matière de technologie et d’hygiène ont d’ores et déjà été réalisés dans les zones agropastorales : Aïn M’lila, Hassi Bahbah et Bouktob à El Bayadh.

En outre, d’une capacité de 2000 têtes d’ovins/jour et 600 bovins/jour, l’abattoir de Hassi Bahbah, qui va très bientôt ouvrir ses portes, devra satisfaire les demandes des grands groupes comme Sonatrach, l’ANP ou les COUS des universités. Pour ces abattoirs, la FNE réclame un droit de regard, voire une participation à leur capital et gestion afin de barrer la route aux intermédiaires de tous poils qui phagocytent cette filière.

Ces intermédiaires sont accusés d’être derrière la cherté de la viande rouge, notamment ovine. Pour les éleveurs, il existe toute une faune parasitaire d’intermédiaires entre le producteur direct et le consommateur qui font flamber les prix. Selon Belkacem Mezrou, les moutons sont d’abord achetés au marché d’Ouled Djellal ou directement chez les éleveurs par des intermédiaires originaires de Médéa et M’sila, pour les revendre à Alger ou dans les marchés à bestiaux des grandes villes où d’autres intermédiaires les rachètent pour les revendre aux abattoirs et aux bouchers professionnels.

Avec une moyenne de 3 à 4 intermédiaires qui prennent à chaque fois des marges de 2000 à 3000 DA, cela fait au final un supplément de 300 DA sur le kilo de viande. Au lieu de se vendre à 800 ou 900 DA le kilo, le mouton est proposé entre 1200 à 1300 DA chez le boucher. Au cas où la filière de la viande ovine serait restructurée et son marché régulé, le prix du kilo pourrait devenir plus abordable.

En voie d’être labellisé

Bien avant d’atterrir dans l’assiette du consommateur, on doit recevoir l’alimentation adéquate comme complément de ce que le mouton broute sur les parcours steppiques. Orge, paille, luzerne, maïs, vesce, le bétail dispose d’une large variété d’aliments pour son engraissement. C’est pour cela que la filière de l’élevage est directement liée à celle de la céréaliculture.

Dans sa ferme sise à Melili, une vaste zone steppique à l’ouest de Biskra, où Belkacem Mezrou nous conduit, ce principe de lier ces deux filières est déjà mis en application, en ce sens que notre homme a entrepris depuis quelque temps de Lire la suite

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Samir Saadoudi : Les vignobles du Sud

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Sécateur à la main, Samir Saadoudi vient tout juste de finir une longue et dure journée passée à tailler son vignoble.
Des rangées bien alignées de pieds de vigne plantées dans une terre sablonneuse. Un vignoble dans le désert ? Oui, il faut le faire. « Ici, même quand tu plantes une pierre, elle pousse !» dit avec le sourire ce solide gaillard originaire de Chorfa n’Bahloul, dans la région d’Azazga, dont la famille s’est installée à Biskra il y a un quart de siècle.

De tous les pionniers venus s’installer à Biskra, la famille Saadoudi est sans doute l’un des plus beaux exemples de réussite. L’aventure a commencé en 1990 lorsque le papa, décédé en 2011, s’arrête un jour devant des très beaux cantaloups vendus sur le bord de la route d’Alger. « D’où viennent ces merveilles», demande-t-il au vendeur. « De Daoussen, à Biskra», lui répond-on.

Ce paysan qui avait l’habitude de louer la terre qu’il exploitait décide, après mûre réflexion, de tenter l’aventure au Sud. Il débarque à Biskra et achète des terrains nus pour les mettre en valeur. Le prix oscille entre 11 000 et 15 000 DA l’hectare. « Un fellah qui ne travaille pas lui-même sa propre terre n’est pas un fellah», dit-il à ses enfants. La famille travaille d’arrache-pied et produit en plein champ ou sous serre toutes sortes de légumes, dont certains n’avaient jamais été cultivés sous ces latitudes. La réussite est au bout de l’effort.

On décide de s’agrandir. Le papa achète une ferme du côté de Aïn Naga. On passe à la production de lait, de viande, de dattes puis, en 2003, on plante de la vigne.

Là, également, le résultat dépasse toutes les espérances. Originaire de Californie, la variété cardinal, qui est un cépage de table, donne des grappes de gros fruits délicieux d’une magnifique couleur noir bordeaux. C’est un ravissement pour les yeux et le palais. Aujourd’hui, sous la direction de Samir et son neveu, la famille exploite 55 hectares. Elle produit 1000 quintaux de dattes Deglet Nour et ses raisins sont très demandés sur le marché. Des Français sont même venus jusque-là et exprimé leur souhait d’exporter chez eux ces délicieux raisins.

Le bonheur ? Loin s’en faut. Les problèmes s’accumulent. Le plus crucial est le manque de main-d’œuvre. Il est très difficile de trouver des bras pour les mille et une tâches des travaux champêtres. Du coup, les vendanges, par exemple, deviennent une période de grande tension. Le dispositif d’aide Ansej a asséché le marché.

« Si on avait su qu’on en arriverait là un jour, on n’aurait pas tant investi», dit Samir avec amertume. En attendant, on fait travailler les Marocains et les Subsahariens. « Il faudrait que l’Etat pense à régulariser les travailleurs saisonniers marocains. Pour le moment, ils travaillent au noir avec toutes les tracasseries que la gendarmerie leur fait subir et ils sont obligés de sortir tous les trois mois pour renouveler leurs papiers», dit Samir. Lire la suite

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Quand Saadani menace Bouteflika

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Notre position au FLN, de la base au secrétaire général, est que nous refusons que monsieur Ahmed Ouyahia soit désigné comme Premier ministre.» Sadek Bouguettaya, membre du bureau politique du vieux parti, n’y va pas par quatre chemins.
Dans une déclaration à El Bilad TV jeudi 11 février au soir, le chargé de l’organique du FLN n’a pas hésité à proférer des menaces face aux supputations algéroises évoquant Ouyahia, directeur de cabinet à la Présidence et patron du RND, comme prochain Premier ministre.

« Mieux vaut rendre effectif le fonctionnement du Parlement avec ses deux Chambres, renforcer les institutions de l’Etat et garantir la stabilité de la société plutôt que de nommer quelqu’un qui trouvera des difficultés au niveau du Parlement», déclare Bouguettaya qui tient à rappeler que le FLN est majoritaire dans l’assemblée. Le cadre FLN insiste sur le fait que « Abdelmalek Sellal est un militant du FLN et nous sommes la majorité au Parlement». »Le président de la République, président du parti, a assez d’intelligence politique pour choisir celui qui garantira la stabilité», a conclu Bouguettaya.

« C’est du chantage, ça nous rappelle le FIS qui disait ‘‘c’est moi ou c’est le chaos », s’insurge un haut cadre du FLN, proche de la présidence de la République. Comment Saadani, qui a été nommé à son poste de secrétaire général du FLN par Bouteflika, ose faire du chantage sur la stabilité du pays en envoyant un tel message au Président ? C’est inacceptable. C’est quoi le message ? Ils vont brûler le pays pour les beaux yeux de Saadani ?! Encore une fois, il est allé trop loin.» L’habitué de Zéralda rappelle les dernières boutades de Saadani : « Son opposition surprenante à l’article 51, ses paroles indignes d’un chef de parti majoritaire contre Ouyahia en lui promettant qu’il va ‘‘s’occuper de lui » après le vote de la Constitution, ses ambitions présidentiables qu’il ne cache plus en cercle restreint avec ses amis de la ‘‘chkara » du parti.

Saadani doit comprendre que c’est Bouteflika qui tient à maintenir les équilibres entre les partis majoritaires, c’est le Président qui décide, pas lui !»

Un autre proche de la Présidence s’enflamme : « D’ailleurs, il faut rappeler qu’Ahmed Ouyahia Premier ministre n’est qu’une spéculation. Bouteflika prend son temps pour mener la suite des opérations après l’adoption de la loi sur l’amendement constitutionnel et, pour le moment, l’option de Ouyahia Premier ministre n’existe pas encore sur ses tablettes. Je rappelle encore une fois que Bouteflika a toujours protégé les équilibres : quand Messaâdia du FLN était président du Sénat, le chef de gouvernement était RND, en l’occurrence Ouyahia. Bouteflika ne va pas désigner des membres du FLN au Parlement, au Sénat et au poste de Premier ministre.»

Pourquoi une telle poussée de fièvre ? Plusieurs pistes sont avancées : d’abord, des ambitions de candidat présidentiel affectant Saadani. « Un syndrome incurable qui touche souvent les patrons du FLN à un moment ou à un autre : de Benhamouda à Benflis, ce syndrome a fait des dégâts», ironisait déjà il y a deux semaines un cadre du vieux parti. Ensuite, selon un dirigeant du RND, le FLN voudrait faire pression pour avoir plus de postes ministériels : « Saadani demande le maximum afin d’avoir quelques postes au gouvernement en plus. Ce sont des postes qui se négocient très cher en plus. Je me demande pourquoi.

Quatorze ministres FLN ne lui suffisent-ils pas ?» Dernière piste : « Il sent qu’il est en fin de mission, après avoir été utilisé pour pourfendre le DRS et créer ce semblant de guerre entre Bouteflika et Mediène, Saadani comprend que la fin est proche, déclare un sherpa de la Présidence au FLN. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

L’ENTV annonce la mort d’Amar Ezzahi avant de démentir

La présentatrice de l’émission musicale « Alhan wa chabab» a annoncé, à tort, le décès du chanteur populaire Amar Ezzahi avant de démentir l’information quelques minutes plus tard. C’est en présentant une chanson que le « rossignol» a chanté au même titre que le défunt Boudjemaâ El Ankis, que l’animatrice a indiqué : « Amar Ezzahi nous a quittés il y a quelques jours». A la fin de la chanson, elle est revenue pour dire, un tantinet gênée, que « heureusement, l’information donnée par les réseaux sociaux est fausse». Une information que la dame aurait dû vérifier avant…

Constantine aura son Salon de l’optique et de la lunetterie

Cette première édition à l’est du pays se tiendra du 18 au 20 février à l’hôtel Marriott. Ce salon dédié aux professionnels de l’optique réunira les fabricants de verres, importateurs, distributeurs, grossistes et représentants de firmes et marques internationales. Les organisateurs RH. International Communication, agence spécialisée dans la communication événementielle, annoncent que cette manifestation accueillera les techniciens de la santé, les ophtalmologues, les opticiens et les étudiants de la wilaya ainsi que ceux des wilayas limitrophes. Une manière de dynamiser la profession. Les organisateurs s’attendent à 2000 visiteurs qui découvriront toute une gamme de lentilles de contact, les nouvelles collections de montures de lunettes optiques et solaires ainsi que le matériel et outillage.

Les précisions de la CAAT

Suite à l’article paru le 2 février 2016 en page « Epoque», intitulé « Les retraités des Douanes interpellent la CAAT», la Compagnie algérienne des assurances tient à apporter les précisions suivantes. La filiale de la CAAT, la société Taamine Life Algérie (TALA), spécialisée en assurance de personnes, qui assure les personnels des Douanes algériennes, a procédé en 2015 au règlement de près de 80% des dossiers au titre du versement des primes de départ à la retraite, et ce, dans le respect de la convention qui lie les deux institutions. Les dossiers en instance sont pris en charge et seront réglés dès formalisation complète.

Opérations coup-de-poing de la police à Tizi Ouzou

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité urbaine, 287 opérations de recherche et d’intervention ont été menées à Tizi Ouzou, durant le mois de janvier dernier, a-t-on appris de la cellule de communication de la sûreté de wilaya. Pas moins de 339 points (quartiers sensibles, lieux publics, cafés maures, marchés, gare routière et chantiers de construction) ont été ciblés et 2460 personnes contrôlées, dont 67 présentées au parquet pour divers délits, à savoir 10 pour « port d’armes prohibées», 17 pour « détention de stupéfiants», 20 faisant « objet de recherches», 5 pour « séjour irrégulier» et 15 pour divers délits (15).Ces opérations se sont soldées par la mise en détention préventive de 30 personnes. Au total, 248 affaires (crimes, délits divers, trafic de stupéfiants) ont été traitées par la police durant la même période. En matière de sécurité publique, il a été recensé 38 accidents de la circulation au cours desquels 49 personnes ont été blessées sans enregistrer de décès. Par ailleurs, 1484 contraventions ont été dressées et 214 permis ont été retirés.

Des trafiquants de drogue arrêtés

Les gendarmes du peloton de sécurité routière de Ras Aïn Amirouche ont interpellé, dans un barrage dressé sur l’autoroute Est-Ouest dans la wilaya de Mascara, deux frères et leur mère à bord d’un camion transportant 845 kg de kif traité. Poursuivant leur enquête, les gendarmes ont saisi dans le domicile de la mère, dans la commune de Ouled Slama (Blida), sept véhicules, deux camions de marques Isuzu et JAC, un lot de bijoux et 1, 974 milliard de centimes. Ils ont été placés sous mandat de dépôt pour « association de malfaiteurs» et « commercialisation de stupéfiants». Lire la suite

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L’«économie» locale affectée

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Pendant près de 30 ans, les autorités ont fermé les yeux sur les trafics en tous genres sur la bande frontalière ouest. Trafics qui ont généré des richesses à tous les niveaux.
Subitement, le gouvernement a décidé de « couper les vivres» à plus de 10 000 personnes. Des perspectives incertaines et inquiétantes pour une population en colère.

A l’entrée de la bourgade de Boukanoune qui fait face à sa voisine marocaine Ahfir, un tank, vestige de la guerre de libération, est exposé. Malin serait celui qui parmi les jeunes autochtones pourrait vous donner une indication sur les faits de cet engin pendant notre lutte armée. Car pour cette frange de la société, ce qui compte, c’est vivre et qu’importe la couleur de l’argent. Même si « notre Révolution est notre fierté», rappelle Rabah.

La rue principale, naguère grouillante, est désespérément déserte. Des jeunes, la mine défaite, sont agglutinés sur les terrasses des cafés en cet hiver décevant. Difficile de passer inaperçu dans cette agglomération. On se sent quasiment suspect au vu des regards qui nous mitraillent. Pas forcément hostilement.

Les représentants de la société civile qui devaient nous attendre nous ont fait faux bond à la dernière minute. L’un deux, respectueux des convenances, nous expliquera tout de même que « quelques heures avant notre rendez-vous, on nous a conseillé de ne pas parler à la presse.

Du coup, nos amis ont eu peur». Crainte justifiée, en ce sens que cette contrée est « empoisonnée» par des anathèmes. « Comme si seuls les gens d’ici s’adonnent à la contrebande.» Notre interlocuteur coupera court à notre discussion à l’apparition d’un de ses camarades. Cette méfiance est peut-être justifiée par l’implication de deux jeunes de la région dans une affaire de trafic de cocaïne il y a une semaine. La justice ne s’est pas encore prononcée sur leur cas.

Nous quittons les lieux pour nous diriger vers Bab El Assa, localité de personnalités d’Etat, à l’image de Tayeb Louh et Tayeb Belaïz, entre autres… Les gens ici n’ont pas trop leur langue dans la poche. « C’est bien beau de cadenasser les frontières avec des tranchées plus larges et plus profondes, mais ces décideurs — qui doivent avoir raison — ont-ils pensé à ces milliers de jeunes qui ne vivaient que de ça et qu’on a transformés en chômeurs en un laps de temps ? Des pères de famille se nourrissaient de cette activité, leur a-t-on prévu une alternative ?» s’interroge Mohamed.

« Où irons-nous ? Que ferons-nous ?»

Une activité qui s’exerçait au vu et au su de tout le monde. « Qui paie, aujourd’hui ? Nous, les citoyens. A-t-on puni les complices censés surveiller cette frontière ?» renchérit-il, amer.Fait ubuesque : les baudets, qui servaient au convoyage de tous les produits entre les deux pays, sont visibles en nombre dans les champs. « Le baudet coûtait jusqu’à 50 000 DA. Aujourd’hui, on nous apprend que celui qui est surpris avec un âne est passible de prison et d’une forte amende, c’est le bouquet.»

A quelques encablures de là, le village de Sidi Boudjenane apparaît. Le rythme de vie est au point mort depuis que les pouvoirs publics ont serré la vis sur « la route de l’unité», route de la contrebande. « Même les commerces légaux chôment. Regardez les restaurants, les boutiques, les transports… tout est mort.

La frontière imprégnait à la région une vivacité, un mouvement économique intense ; tout le monde y trouvait son compte. Les jeunes et moins jeunes étaient occupés. Aujourd’hui, c’est une véritable bombe à retardement. Déjà, et c’est triste de le dire, des cambriolages et des agressions sont enregistrés dans notre région, faits qu’on ne connaissait pas avant…», confesse Abdallah.

On estime à plus de 10 000 le nombre de personnes vivant de ce commerce informel ou illégal. « Qui peut déterminer la terminologie de cette activité, puisque ce business ne profitait pas uniquement aux autochtones, mais aussi à des responsables à tous les niveaux ? Qui pourra dire le contraire ?

Les faits sont là : des tonnes de drogue ont été introduites sur notre territoire et cela ne s’est pas fait par pur hasard», affirme Abdessamad, la trentaine. La question que se posent actuellement les différents intervenants est lancinante : « Où irons-nous ? Que ferons-nous aujourd’hui ? Nos horizons sont sombres. A l’Etat de nous répondre !»

Pour approfondir et élargir les tranchées, les militaires ont été contraints de piétiner des propriétés privées. « On n’est pas contre des projets étatiques, mais la loi est claire : quand on exproprie un citoyen, on l’indemnise. Cela n’a pas été fait. On a pris nos terres, on a arraché nos arbres fruitiers sans crier gare. Comme si nous étions des insectes qu’on écrase. L’Etat veut irriguer 5000 hectares, mais il n’est même pas capable de nous indemniser, ce n’est pas juste !» s’insurge un terrien, la soixantaine passée.

Sur cette bande frontalière ouest, aucun projet industriel n’a été inscrit depuis l’indépendance. Un oubli que la population n’a pas attendu qu’il soit réparé pour vivre. Vivre dans un environnement aux règlements permissifs, tolérants… Des règlements moulés selon les intérêts des différents antagonistes. « On veut vivre dans la légalité, à l’Etat de nous prendre en charge !» réclament en chœur les citoyens de l’extrême ouest. Lire la suite

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Le RCD réaffirme ses idéaux

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a fait le plein, hier à la mythique salle Atlas d’Alger, pour célébrer le 27e anniversaire de sa fondation sous le mot d’ordre « Le courage de dire et la force d’agir».
Une devise chère à ce parti qui traduit la fidélité aux fondateurs de ce mouvement politique et tout particulièrement à ceux qui ont été assassinés. Un écho au parcours fait de sacrifices de cette formation politique.

« Vingt-sept ans de résistance, de lutte, d’action et de proposition», lance d’emblée Mohcine Belabbas, le jeune leader du RCD, sous les acclamations d’une salle pleine à craquer et sous le regard du vétéran militant des droits de l’homme Ali Yahia Abdennour, à qui les militants et sympathisants du RCD ont a réservé une standing ovation.

Le président du RCD ne s’est pas trop attardé sur « la crise politique et ses conséquences», pour se consacrer essentiellement aux « issues positives et aux solutions que l’on peut donner à cette crise». Plantant un décor national rempli d' »incertitudes et de doutes qui plus que jamais pèsent lourdement sur la vie politique, économique et sociale», M. Belabbas assure que « la crise risque d’emporter la nation si nous restons spectateurs et inactifs.

Nous savons aussi qu’une crise même grave et dangereuse peut être une opportunité pour se remettre en cause, agir et donner naissance à une ère nouvelle». Il estime que dans cette phase charnière dans laquelle rentre le pays, ce produit « l’effondrement d’un système construit sur la cooptation, l’accaparement de la rentre, la corruption le détournement de l’histoire, les fraudes électorales, l’opacité dans la gestion et l’exclusion du citoyen de la prise décision». A la tribune, Mohcine Belabbas était entouré des membres de la direction du parti, mais il manquait un à l’appel.

Nacereddine Hadjadj, ex-maire de Berriane, qui croupit derrière les barreaux depuis juillet 2015 sans qu’il ne soit jugé. A sa place, c’est son portrait qui le « représente». Un symbole qui rappelle les risques de l’engagement politique dans un pays régenté par la répression.

« Refondation nationale»

C’est donc sous le thème général de la refondation nationale, que le président du RCD décline les grands chantiers pouvant contribuer avec d’autres forces politiques à l’instauration d’une « nouvelle ère politique» dans le pays. « Une issue positive à la crise ne peut venir de l’intérieur du système des clans.

C’est pour cela que nous avons pris l’initiative avec d’autres partis et personnalités d’opposition de construire une alternative qui redonne au peuple algérien sa souveraineté, de construire ses institutions, de rédiger sa Constitution et d’élire librement ses représentants.» Tout un programme de transition qui bute sur le refus des tenants du statu quo. Pourtant l’alternative prônée par le RCD et ses partenaires n’est pas une rupture brutale, mais « une transition démocratique, pacifique et négociée», réaffirme M. Belabbas.

Elle doit débaucher, selon le chef du RCD, sur « une réorganisation administrative qui doit redonner du sens aux territoires par la consécration des régions dotées de larges pouvoirs afin d’impliquer le citoyen et libérer les initiatives et l’innovation. Une refondation républicaine des institutions et de la société algérienne qui s’appuie sur le génie de son peuple en valorisant les régions naturelles», soutient-il. La référence à la conception issue du Congrès de la Soummam est évidente tant le RCD continue de puiser sa littérature politique de ce moment fondateur de l’Etat algérien.

Autre ligne d’action développée par le leader du RCD se rapporte à la transition « économique pour sortir du modèle rentier qui a épuisé les richesses naturelles, perverti notre culture et nos habitudes alimentaire et accru notre dépendance vis-à-vis de l’étranger». Et c’est tout naturellement qu’il plaide également pour une « transition environnementale et énergétique pour garantir un développement durable par la préservation et la valorisation de nos richesses naturelles». Il n’a pas omis non plus de rappeler l’autre richesse que représente la diaspora pour mieux critiquer la nouvelle Constitution et son fameux article 51.

« Le pays appartient à tous les Algériens résidant ici autant qu’il appartient à ceux résidant à l’étranger. C’est pour cela qu’il faut associer notre immigration dans cette œuvre de refondation. La diaspora est une ressource inestimable en ces temps d’affaissement de la formation», a-t-il soutenu.

Deuxième génération

L’esprit maghrébin a plané également sur ce 27e anniversaire du RCD. « Réhabiliter la fédération des Etats nord-africains voulue par les dirigeants des mouvements de libération c’est rapprocher les points de vue, additionner les moyens et élargir le marché pour nos usines», a défendu M. Belabbas qui n’a pas manqué de vilipender « ceux qui se braquent, chez nous ou chez nos voisins, contre ce destin» car « ils tirent bénéfice de l’isolement par la rapine et la confiscation des capacités nationales».

« Ne nous trompons pas, ces deux segments qui se livrent une guerre verbale sont stratégiquement solidaires pour maintenir des pouvoirs de cooptation et d’opacité», tance-t-il encore. Favorable à l’ouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc, Mohcine Belabbas estime qu’elle « stimule la compétitivité et nourrit le libre débat. C’est faire du citoyen le seul arbitre de la vie publique». Il vrai que la question de la frontière fermée depuis 1994 par le palais royal est source de beaucoup de tensions.

Un sujet « sensible» des deux côtés de la frontière. Le chef du RCD en est conscient, et c’est à ce titre justement qu’il affirme que « ni les invectives des rentiers ni leurs menaces ne nous ferons taire».

Portée par une ambiance vive des militant(e)s heureux(ses) de se retrouver dans un meeting marquant l’anniversaire de leur parti, Mohcine Belabbas remet au goût du jour les marqueurs politiques de son parti. « Le courage de dire et la force d’agir ont gravé dans la vie algérienne les droits de l’homme, la promotion des droits des femmes, la citoyenneté, la laïcité et l’amazighité, les libertés individuelles et collectives.» Le rappel de ces valeurs qui fondent le RCD est « nécessaire pour restituer ces revendications pour mieux les partager et donner du sens et de la portée des combats qui les ont portés», estime M. Belabbas.

Satisfaits du succès de leur meeting, les militant(e)s et sympathisant(e)s disent toute leur détermination à « continuer» le combat de la Lire la suite

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