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Tlemcen : Décès de l’ancien wali Bouricha

Publié le 24/01/2016, par dans Non classé.

L’ancien wali de Blida, Mohamed Bouricha, est décédé avant-hier à Tlemcen, des suites d’une longue maladie.
Né le 10 janvier 1939 à Tlemcen, l’ancien commis de l’Etat était soigné en France avant de rentrer il y a deux mois dans sa ville natale, où il a trouvé la mort au milieu des siens. L’inhumation a eu lieu hier au cimetière Cheikh Senouci.

De son vivant, M. Bouricha avait été placé sous contrôle judiciaire en 2005 pour implication, au début des années 2000, dans une affaire de surfacturation ayant trait à la distribution de vêtements aux enfants démunis de cinq communes de la wilaya de Blida. Un contrôle judiciaire levé quelques années plus tard par un magistrat conseiller de la Cour suprême, chargé de l’instruction du dossier.

Le 10 mai 2005, il démissionnede son poste. Rencontré brièvement sur une terrasse de café à Tlemcen, quelques mois après sa démission, M. Bouricha a refusé tout commentaire sur son affaire. Cette affaire de surfacturation, qui avait défrayé la chronique à l’époque, n’a abouti à aucun procès ou, du moins, n’a eu aucune suite.

Que Dieu accueille le défunt en Son Vaste Paradis. Lire la suite

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Tipasa : Le contournement de Cherchell, un projet retardé

Publié le 24/01/2016, par dans Non classé.

Le contournement de la ville de Cherchell ne sera pas livré à temps. La direction des travaux publics (DTP) de la wilaya de Tipasa veut jouer la transparence en expliquant d’abord et en annonçant ensuite la livraison de la première section du contournement de la localité côtière de Cherchell au début du 3e trimestre de l’année en cours.
Or, la visite de chantier effectuée en ce mois de janvier confirme que cette section, d’un linéaire de 12,6 km, qui va de l’échangeur est jusqu’à l’entrée sud de la ville de Cherchell par le douar de Sidi Yahia, ne sera pas totalement prête comme le souhaitent ardemment les responsables du secteur des travaux publics de la wilaya. « Vous ne connaissez pas et vous n’avez pas entendu parler du miracle chinois, vous allez voir de quoi ils sont capables et ils vont renforcer leurs moyens pour être au rendez-vous», indique le responsable des travaux publics. Que des paroles, en attendant le concret.

Lors de l’entame du chantier, l’entreprise chinoise avait du mal à trouver des assiettes de terrain pour installer son chantier. Le retard de quelques mois se répercute négativement sur le délai de réalisation de cet axe routier que tout le monde attend avec impatience. Sur le chantier, hormis l’opérateur chinois, il n’y a pas d’entreprise algérienne de réalisation.

Ce projet a enregistré moult changements de son étude. Quelques engins avaient pris d’assaut les montagnes et les collines qui se trouvent sur le couloir. Le relief boisé abrupt, au milieu du superbe environnement naturel, rend la tâche très complexe pour ces engins. Les Chinois s’attellent à libérer en priorité les emprises pour réaliser le couloir en urgence et ensuite créer l’axe routier du contournement. Jusqu’au PK8, le couloir de 8 km est pratiquement libéré, en attendant la construction des ouvrages routiers et hydrauliques.

Selon la dernière étude, la réalisation d’un viaduc de 746,4 m est indispensable pour cette première section du projet. Cet ouvrage n’a pas encore vu le jour. Les Chinois comptent aménager des espaces afin d’installer leurs ateliers le long du couloir pour la production des poutres en préfabriqué destinées aux différents ouvrages.

Les responsables algériens se sont montrés intraitables avec leurs homologues chinois sur la qualité de ce long viaduc. L’intervention des techniciens algériens s’articulait autour de la stabilité et de la résistance du viaduc aux multiples aléas, y compris les séismes, le respect de son coût initial et celui de son délai de réalisation, afin que cet ouvrage soit opérationnel au début de la prochaine saison estivale.

Le directeur des ouvrages d’art de Saeti a mis l’accent sur la beauté du viaduc et la préservation de l’environnement lors de sa réalisation, compte tenu de son importance stratégique et de sa dimension. L’entretien du contournement et des ouvrages a fait l’objet d’un débat lors de cette séance de travail technique. Les Chinois doivent mobiliser leurs moyens matériels et humains en urgence pour ce projet. Ce qui n’est pas le cas en ce début du mois de janvier 2016.

L’ex-ministre des Travaux publics et actuel wali de Tipasa, Abdelkader Kadi, avait déjà visité ce projet le 12 juillet 2014 et avait donné des instructions. Si la décision du Conseil du gouvernement pour cet important chantier aura été exceptionnelle, la cadence des travaux ne l’est pas.

Ce marché d’un montant de 2000 milliards de dinars avait été attribué aux Chinois par le Conseil du gouvernement présidé par Abdelmalek Sellal, selon la formule de gré à gré. Les hautes autorités de l’Etat pensaient réaliser ce projet en 24 mois. Hélas, les études absurdes et précipitées du projet en question, en dépit de son importance, ont induit en erreur les décideurs.
Un autre facteur qui risque de retarder la livraison : les intempéries. « Pour le moment, nous sommes gâtés par la météo», nous a confié ce responsable algérien.
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Oued El ma sous le choc

Publié le 24/01/2016, par dans Non classé.

La commune de Oued El Ma (40 km au nord-ouest de la ville de Batna) n’oubliera pas de sitôt le cauchemar qu’elle a vécu mercredi dernier.
D’aucuns parlent de la répression qui s’est abattue sur les villageois sortis cette semaine pour dénoncer énergiquement l’annulation d’un projet d’usine promis il y a cinq ans.

La population est depuis sous le choc, surtout à cause de la tournure qu’ont pris les événements. Des témoins évoquent la violence dont auraient fait usage les forces d’intervention de la Gendarmerie nationale.

La ville, qui garde les stigmates des affrontements, semble toujours sous le choc des dépassements des forces de sécurité.
Dans les ruelles de Oued El Ma, on nous interpelle pour nous montrer les dégâts.

Le chef du groupement de gendarmerie a affirmé que les forces de l’ordre sont intervenues dans le cadre de la loi et qu’elles avaient des mandats de perquisition dûment signés par le procureur de la République. Mais l’énigme est totale.

Slimani Khemissi, doctorant en droit constitutionnel, reste ferme : « Nous devons faire la différence entre perquisition et assaut. Les maisons qui ont fait l’objet de perquisition portent encore les stigmates d’une intervention musclée, telles les traces de rangers sur les meubles et les portes.»

Menzer Boudjemaâ, l’avocat qui s’est saisi du dossier des détenus, nous a confié qu’un mandat de perquisition obéit à des règles : « On ne défonce pas la porte de la maison d’un citoyen sans établir un PV !» Et d’ajouter : « Une fois à l’intérieur de la maison, les gendarmes n’ont à aucun moment demandé aux habitants de décliner leur identité, puisque le mandat de perquisition est nominatif.» Il déclare qu’il a même fait l’objet de menaces.

Deux autres personnes racontent qu’elles ont subi des exactions. La première, Hammou Messaâdia, 49 ans, handicapé moteur, sur une chaise roulante : « Les gendarmes ont enjambé le mur et ont fait irruption chez moi, cassant les vitres de la fenêtre de ma chambre.

Ma mère, âgée de 78 ans, les suppliait de craindre Dieu.» La deuxième, un berger, a été prise alors qu’elle revenait du pâturage et est toujours en garde à vue.

Approché par nos soins, le député FLN Nouas Aziz, qui se trouvait sur les lieux, a déclaré avec beaucoup d’hésitation que « cette intervention est entachée de dépassements».

Fayçal Azzouz, 34 ans, conducteur d’engin, est très en colère : « Ils ont cassé la porte, ont giflé ma femme, lui ont arraché la chaîne qu’elle portait au cou, lui ont pris ses bijoux et une somme d’argent que j’avais empruntée à mon employeur.» Et d’ajouter : « Ils ont aussi pris 40 cartouches du fusil à pompe que je possède de manière légale.»

Un PV dressé par un huissier de justice, dont nous détenons une copie, relate toutes ces déclarations. Il est important de noter que les portes ont été défoncées à coups de pied et de troncs d’arbre en guise de bélier. Les portes, parfois même des meubles, portent encore les traces de rangers.

Un autre avocat, Lamouri Ahmed, explose : « C’est une honte ! 30 fois une honte ! Ils ont fracassé la porte du hammam, défoncé une porte intérieure qui donne sur le kiosque tenu par mon neveu et ils ont tout pris.»

Les témoignages que nous avons recueillis ne sont pas exhaustifs, il en reste beaucoup d’autres sur lesquels nous reviendrons mardi, alors que cinq des détenus seront jugés au tribunal de Oued El Ma ; trois autres le seront au tribunal de Batna mercredi.

La ville a retrouvé son calme et les habitants ont renoué avec leurs habitudes. Les citoyens vaquent à leurs occupations et tous les commerces sont ouverts.

Les enfants surexcités par la présence de journalistes approchent de manière furtive pour satisfaire leur curiosité. Dire que mercredi passé, ils étaient tous armés de frondes et s’entraînaient au tir sur des cibles. Les citoyens ont pris les choses en main, ont retroussé les manches et ont tous participé au nettoyage.

Les engagements du wali

Cette opération a commencé dès que la délégation — composée d’une vingtaine de personnes parmi les notables, les universitaires, les représentants de la société civile et des élus locaux — dépêchée aux discussions avec le wali était de retour et a rendu compte de la réunion.

Le wali a pris acte des principales revendications des citoyens de Oued El Ma : maintenir le projet de station d’énergie solaire, ouvrir la route de Chlaâlaâ et libérer les détenus.

Rassurés par les réponses du premier responsable de la wilaya, les citoyens ont fait preuve de sagesse et ont repris leurs activités après que leur ville ait été paralysée par une grève générale durant 48 heures. Ils nourrissent tous l’espoir que Aziz, l’un des blessés, hospitalisé au CHU de Batna, s’en sorte bien ; il a, selon les témoignages de son frère, sept côtes fêlées et le poumon perforé.

A l’hôpital, il est sous surveillance de policiers et c’est grâce à l’intervention du responsable de la police que ses parents ont pu lui rendre visite.

La commune de Oued El Ma, qui a compté de nombreux martyrs lors de la lutte pour l’indépendance, a aussi le mérite d’avoir résisté aux hordes terroristes durant la décennie noire. Un souvenir qui fait dire à un notable de la ville : « Les terroristes, nous les avions empêchés de pénétrer dans nos maisons…» Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 24/01/2016, par dans Non classé.

Les handballeurs secourus par un des leurs

C’est l’ambassadeur d’Algérie au Caire, ancien membre de l’équipe nationale de handball, Nadir Larbaoui, qui évoluait aux côtés des Lamdjadani, Chebira et El Hachemi dans les années 1970 qui a réglé le contentieux entre la Fédération bahreïnie de handball et le coach national Salah Bouchekriou. Ce dernier est toujours sous contrat avec ladite Fédération jusqu’au mois prochain et ne pouvait, de ce fait, opter pour une autre équipe jusqu’à expiration de son contrat. C’est grâce à l’intervention de M. Larbaoui qu’on a pu voir Bouchekriou prendre place sur le banc avec ses joueurs. M. Larbaoui a pris attache avec le président de la Fédération internationale, Hassan Mustapha, qui est Egyptien, et Cheikh Rached, ambassadeur du Bahreïn au Caire. Pour rappel, l’Algérie se trouve au Caire pour décrocher l’une des trois places qualificatives aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en juin prochain.

Sans professeur d’arabe à quelques encablures du bac à Tiaret

A Tiaret, certains parents d’élèves de classe terminale sont inquiets depuis que leurs enfants, poursuivant leur scolarité en génie civil au lycée Mohamed Boudiaf, sont dispensés de cours d’arabe, alors que l’examen du baccalauréat pointe à l’horizon. La cause reste l’absence prolongée d’un professeur. La situation a poussé une vingtaine de parents à se constituer en collectif pour interpeller officiellement les responsables concernés sur cet état de fait pénalisant. Nos interlocuteurs, qui nous ont saisis, nous ont informés qu’en plus de « l’absence d’enseignant à même de garantir des cours à des élèves soucieux de décrocher leur examen, il y a la démission d’autres parents». Ces derniers n’ont pas répondu à l’invitation du collectif de « passer à l’action en interpellant la directrice de l’éducation, voire le wali, sur ce sérieux problème».

Ouverture d’un service de chirurgie cardiaque du nouveau-né à Oran

Un nouveau service spécialisé en chirurgie cardiaque du nouveau-né sera opérationnel au début du mois prochain au niveau de l’EHU du 1er Novembre d’Oran, selon son directeur général, le Pr Mohamed Mansouri. Dotée d’une capacité de 15 lits, cette nouvelle structure prendra notamment en charge les nouveau-nés souffrant de malformations cardiaques. « Ces cas sont habituellement transférés à l’étranger pour traitement», a souligné ce responsable. Tous les moyens humains et matériels sont réunis pour le début des activités de ce service, a assuré le premier responsable de l’EHU, ajoutant qu’une équipe autrichienne effectuera sur place les premières interventions chirurgicales. Cette même équipe se chargera de la formation des chirurgiens de l’EHU d’Oran qui seront autonomes, dans un délai de six mois, a précisé le Pr Mansouri.

12 contrebandiers africains arrêtés dans le sud du pays

Douze contrebandiers africains ont été arrêtés, vendredi, dans le sud du pays par un détachement de l’Armée nationale populaire (ANP) relevant des secteurs opérationnels de Tamanrasset, Bordj Badji Mokhtar et In Guezzam (6e Région militaire), a indiqué hier un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).

« Dans le cadre de la sécurisation des frontières et de la lutte contre la contrebande, des détachements relevant des secteurs opérationnels de Tamanrasset, de Bordj Badji Mokhtar et d’In Guezzam (6e Région militaire) ont appréhendé, lors de différentes opérations, le 22 janvier 2016, douze contrebandiers de nationalités africaines et saisi trois véhicules tout-terrain, cinq détecteurs de métaux, trois téléphones portables, 1,2 t de denrées alimentaires et une somme d’argent de l’ordre de 25 000 DA et de 2 876 000 CFA», précise la même source. Par ailleurs et lors d’une opération de ratissage au niveau du secteur opérationnel de Tlemcen (2e Région militaire), des éléments des garde-frontières en collaboration avec les éléments de la Gendarmerie nationale « ont saisi une quantité de 99,5 kg de kif traité», ajoute le MDN. Lire la suite

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Marches et rassemblements au menu

Publié le 24/01/2016, par dans Non classé.

L’Alliance nationale patriotique, regroupant des gardes communaux, des Patriotes et des éléments de groupes de légitime défense (GLD), a organisé hier un meeting dans la commune de Saharidj, dans la wilaya de Bouira, autour du contenu du projet de révision de la Constitution.
Les animateurs de cette Alliance, présentée comme un espace de concertation politique et non partisan, se disent lésés et oubliés par l’Etat après « des années de sacrifice et de lutte contre le terrorisme». Pour Aliouat Lahlou, porte-parole de l’Alliance, la non-constitutionnalisation de la résistance des gardes communaux, des Patriotes et autres GLD contre le terrorisme dans cette nouvelle Constitution est « une preuve tangible du mépris de l’Etat vis-à vis de notre résistance contre le terrorisme».

Et d’inviter le président de la République à revoir ce point. « Nous étions le fer de lance de la lutte antiterroriste, aux côtés des autres corps de sécurité. Des milliers d’hommes ont payé de leur vie pour sauver la République, d’autres vivent dans la misère, c’est inacceptable», déclare M. Lahlou, qui souligne que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la feuille de route tracée par cette Alliance visant la mobilisation des gardes communaux et la société civile pour faire aboutir leur principale revendication.

Les animateurs de l’Alliance ont précisé qu’une autre rencontre populaire est prévue demain dans la wilaya de Tizi Ouzou. « Nous ne baisserons pas les bras. Il est de notre droit de réclamer la constitutionnalisation de notre résistance contre le terrorisme. Nous allons investir le terrain pour nous faire entendre», ajoute-t-il.

Notons par ailleurs, qu’une délégation de l’Alliance nationale patriotique a été reçue la semaine dernière par le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui a exprimé son soutien quant à la revendication, jugée légitime, des gardes communaux, Patriotes et autres GLD. D’autres formations politiques, à l’image du MDS, ont exprimé leur regret quant au traitement réservé au combat de ces milliers d’hommes dans le cadre de la lutte antiterroriste. Lire la suite

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La nation est d’abord une mémoire

Publié le 24/01/2016, par dans Non classé.

C’est l’illustration choisie par la rédaction du quotidien El Watan en une de son édition du 20 janvier 2016, pour son article « Campagne contre Zohra Drif et Yacef Saâdi : l’ignoble lynchage», qui a inspiré ma modeste contribution.
Je me suis ainsi retrouvé invité, malgré moi, à un débat qui, quoiqu’on dise, ne saurait laisser aucun Algérien indifférent tant il y va de son histoire. Notre « moi» national ne gît-il pas en son lit ? De quoi pourrions-nous nous prévaloir sans elle ? De nos ressources ? De nos richesses ? De notre modèle socio-politique ? De notre modèle religieux ? De notre (nos) langue(s) ? De la grandeur de nos dirigeants ?

A supposer qu’ils soient meilleurs que tout ce dont peuvent se prévaloir tous les autres peuples, ils demeurent, comme en mathématiques, des conditions nécessaires mais néanmoins insuffisantes. Notre histoire — elle seule — a, n’en déplaise aux uns et aux autres, conféré à ce peuple la dimension manquante. Elle seule l’a élevé au rang de nation.

La nation, dit le philosophe et écrivain Ernest Renan, est « une âme, un principe spirituel (…). La nation est, comme l’individu, l’aboutissement d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitimes ; les ancêtres nous ont fait ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire… voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait les grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a souffert».

L’histoire nationale est le fait d’hommes et de femmes qui, à l’image de cette adolescente illustrant l’article en question, ont pris leurs responsabilités et bravé la mort pour que cette nation naisse… Ils l’ont faite. Nos repères sont là. Nous existons grâce à eux. Au-delà de nos différences et de l’imperfection de ces hommes et femmes – qui ne sont, somme toute, que des mortels –, nous leur demeurons redevables pour ce socle laissé en legs aux générations présentes et futures, pour cette idée nationale qu’ils ont su nous inculquer.

Pourquoi alors sommes-nous en train de les jeter en pâture, oubliant qu’en agissant ainsi, nous ne faisons, ni plus ni moins, que nous donner en spectacle et offrir aux prédateurs notre histoire en festin ? Est-ce là le serment fait à nos martyrs ? De grâce, arrêtons ce funeste spectacle ! Et, au lieu de vilipender la sénatrice Zohra Drif, observons plutôt cette image d’El Watan et tirons-en les enseignements qui s’imposent à nous en autant de jalons à notre mémoire collective.

Attardons-nous sur cette frêle silhouette, scrutons son regard juvénile plein d’innocence et admirons son courage d’être là, debout, stoïque, bravant la mort pour les actes qu’elle a commis au nom de cette Algérie, pour qu’elle devienne libre et indépendante. Focalisons davantage sur sa bravoure et méditons sur son héroïsme. Admirons sa posture arrogante, mains nues, face à ceux qui l’entourent l’arme au poing… « On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a souffert», avait dit Renan.

Quant aux supputations sur ce qu’auraient pu lui arracher ses tortionnaires comme aveux, demandons-nous, avant de la condamner a posteriori – si tant est qu’elle ait parlé – qu’auraient fait ses détracteurs, à sa place, avec ce physique qui est le sien et à son âge, face aux moyens dont usaient ses bourreaux, les paras de Massu ? La question mérite d’être posée. La raison aurait voulu qu’on laisse d’elle, aux générations futures, cette image par trop expressive où elle incarne, à travers son regard, le défi de cette jeunesse algérienne à l’occupant. Hassiba Ben Bouali, Malika Gaïd et d’autres chahidate étaient ses compagnes.

Disons-nous que si elle avait été exécutée pour l’acte héroïque qu’elle a accompli, nous l’aurions glorifiée autant en toute justice. Sûrement qu’elle aurait aimé faire partie de ce lot de martyrs, mais le destin en a décidé autrement. Elle est restée en vie et ce n’est pas pour autant qu’elle a démérité, à l’instar de tant de moudjahidine et de moudjahidate. Considérant peut-être que – encore Ernest Renan – la République est avant tout un régime politique et que la nation est l’adhésion à un ensemble de valeurs, elle a parlé.

A tort ou à raison, elle a cru qu’en tant que moudjahida, la continuité du combat s’impose à sa génération par devoir et que le silence serait trahison. La conviction a guidé leurs premiers pas dans l’action militante, il serait naïf d’attendre d’eux qu’ils puissent se déjuger au crépuscule de leur existence.

Aussi, quelles que soient la manière et la nature des revendications et des critiques qui pourraient en émaner, autant que leur objet, rien ne justifie, raisonnablement, qu’on puisse recourir à la vindicte et à l’opprobre, encore moins à l’internement pour faire taire ces voix.
Il ne s’agit point pour moi de défendre Zohra Drif ni Yacef Saâdi ou tout autre moudjahid en tant que tel. Précisément, ceux-là, je ne les connais pas et je n’ai pas la prétention de m’ériger en leur avocat, malgré tout le respect que je leur dois en tant qu’aînés. Ils trouveront certainement en leurs frères d’armes d’hier de meilleurs défenseurs. Il s’agit pour moi de défendre « notre histoire» à tous, « notre mémoire», le socle de notre nation dont nous revendiquons le partage.

Cette mémoire devrait être sanctifiée, car elle conditionne notre « être» autant que notre devenir et, à ce titre, elle ne doit, en aucune manière, être sacrifiée sur l’autel des querelles politiciennes du moment ou au nom d’ambitions individuelles ou claniques, affichées ou latentes.

« Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent, avoir fait les grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple», avait dit Renan. Si nous voulons nous inscrire dans la trajectoire de la pérennité en tant que nation, préservons son passé et faisons barrage aux prédateurs Lire la suite

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