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«Tamazight est confinée dans un statut incertain…»

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

Le professeur Abdelkader Kacher est enseignant-chercheur et coordonnateur de l’école doctorale de droit et de sciences politiques à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il décortique la dernière révision constitutionnelle en relation avec la question amazighe.
– La langue amazighe est désormais officielle. Comment cela se traduira-t-il sur le terrain ?

Une langue officielle est spécifiquement désignée comme telle dans la Constitution ou les textes de loi d’un pays. Elle s’impose par conséquent en théorie à tous les services officiels de l’Etat comme les organes de gouvernement, les administrations, les tribunaux, les registres publics, les documents administratifs, etc.

Il en est de même pour les établissements privés qui s’adressent au public. Sachant que le mimétisme est de rigueur dans l’importation de la rédaction des textes juridiques dans tous les domaines, depuis la loi du 31 décembre 1962, malgré son abrogation une dizaine d’années plus tard, soit en 1973, il est intéressant de suivre le processus de réappropriation de la langue française pour nous prononcer sur les dessous de l’ineffectivité opérationnelle de tamazight.

Au-delà du caractère national déclaré depuis 2002, cette langue est confinée dans un statut incertain par l’absence de volonté politique de réconcilier l’Algérien avec sa langue maternelle d’origine « plusieurs fois millénaire», comme le confirme le préambule de la Constitution révisée en février dernier.

Plus explicite, le Conseil constitutionnel algérien considère que l’amendement des paragraphes 2 et 6 du préambule affirme le prolongement de l’histoire du peuple algérien et les composantes fondamentales de son identité que sont l’islam, l’arabité et l’amazighité. Or, dans son avis n°01/A.RC/CC/ du 3 avril 2002 relatif au projet de révision de la Constitution (Journal officiel n°22 du 3 avril 2002) le Conseil constitutionnel algérien, voulant notifier la prépondérance d’une langue sur l’autre, dit : « Considérant que la constitutionnalisation de tamazight langue nationale dans toutes ses variétés linguistiques en usage sur le territoire national ne porte pas atteinte au statut constitutionnel de la langue arabe en tant que ‘‘langue nationale et officielle ».»

Plus proche de nous, en 2016, à l’occasion de sa saisine par le président de la République sur le projet de révision constitutionnelle, le Conseil constitutionnel dit : « Considérant qu’en prévoyant dans la Constitution, d’une part, la consolidation de la place de la langue arabe en tant que langue officielle de l’Etat et sa promotion et qu’en considérant d’autre part, que la langue amazighe est également langue nationale et officielle et que l’Etat œuvre à réunir les conditions pour sa promotion, elles s’inscrivent dans le cadre de la protection et de la promotion des composantes de l’identité nationale.»

Comment dès lors ne pas penser que l’esprit du texte portant « nationalisation, puis officialisation» de tamazighte n’est pas neutre et ne peut, par conséquent, être pris ensemble l’alinéa 2 de l’article 3 reformulé comme sapant toute logique de son officialisation par la pratique des institutions ? Déduction faite, si la première demeure pour le constituant de 2016 « la langue» officielle de l’Etat (au singulier), la seconde langue dite nationale est « la» langue de qui alors et pour quoi au final ?

Et, par conséquent le « la» attribué à l’une et amputé pour l’autre détruit toute construction valide et viable inscrite dans le temps et l’espace pour la reformulation construite sans corps ni âme en ce qui est de la langue amazighe. Si cette volonté d’officialisation existe, pourquoi dès lors distinguer et minoriser tamazight par rapport au processus et au cheminement normal qu’avait pris et prend encore la deuxième langue nationale et officielle qu’est l’arabe depuis le recouvrement de notre indépendance du colonialisme ?

– La Constitution stipule que l’Académie est chargée de réunir les conditions de promotion de tamazight en vue de concrétiser, à terme, son statut de langue officielle. Cela veut-il dire qu’elle ne l’est pas encore ? N’est-ce pas contradictoire ?

Cette disposition nous renseigne clairement sur les dessous de l’ajout puis de « l’infra mise à niveau» de l’article 3 bis, une première fois formellement « nationalisé» en 2002, après la revendication citoyenne du Printemps amazigh, puis une seconde fois, dans la loi n° 16-01 du 6 mars 2016 portant révision constitutionnelle, publiée au JO n°14 du 7 mars 2016, par une reformulation plus compliquée et contradictoire.

Cette nouvelle mouture remet donc en cause le principe du droit acquis énoncé aux alinéas 1 et 2 de l’article 3 bis au sujet du statut de langue nationale et officielle au travers de l’objet voulu par les rédacteurs du 4e alinéa que vous citez et validé par les parlementaires le 7 février dernier. En d’autres termes, la langue amazighe n’est pas encore arrivée à maturité et doit donc être mise sous régime probatoire et conditionné.

– Tamazight est « aussi» langue nationale depuis 2002. Toutefois, sa prise en charge par l’Etat reste minime. Ce qui rend son officialisation peu crédible auprès des militants de la cause. Qu’en pensez-vous ?

En France, la langue nationale est officiellement le français depuis 1992, année durant laquelle la phrase « La langue de la République est le français» a été ajoutée à l’article 2 de la Constitution. En Irlande, l’irlandais a le statut de langue nationale et, en même temps, celui de langue officielle au côté de l’anglais. En Suisse, l’allemand, le français et l’italien ont le statut constitutionnel de langues nationales depuis la fondation de l’Etat fédéral en 1848, et le romanche depuis 1938. La Belgique a trois langues à la fois officielles et nationales : le néerlandais, le français et l’allemand. Le Canada, le Mali, le Rwanda, le Sénégal ont plusieurs langues nationales et officielles.

En Algérie, comme vous le dites, tamazight est également langue nationale avec l’arabe qui dispose d’un statut privilégié depuis la Constitution de 1963, et notamment l’apport de confirmation de sa généralisation obligatoire depuis la loi n°91-05 du 16 janvier 1991. Force est de constater que, depuis l’insertion de cette disposition dans le corps de la Constitution révisée en 2002, son statut d’effectivité dans la pratique en usage des institutions de l’Etat n’a pas répondu aux attentes de la collectivité nationale à l’adresse de laquelle aucune autre initiative n’est prise pour sa généralisation.

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«Le pouvoir est piégé par sa nature autoritaire et populiste»

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

Ayant critiqué, à maintes reprises, la politique dépensière du gouvernement qui a atteint, depuis 2012, un niveau insoutenable, M. Ali-Rachedi détaille, dans son texte, le processus qui a conduit le pays à la faillite.
L’ancien ministre et fondateur du parti non agréé Essabil, Abdesselam Ali-Rachedi, affirme que la crise financière ne peut être résolue par le pouvoir actuel. « Seul un pouvoir légitime, soutenu par la population, sera en mesure de mettre en œuvre une vraie politique de développement et de rétablir, à terme, l’équilibre des finances publiques», écrit-il dans un texte sur les raisons de la crise économique actuelle, rendu public hier.

Ayant critiqué, à maintes reprises, la politique dépensière du gouvernement qui a atteint, depuis 2012, un niveau insoutenable, M. Ali-Rachedi détaille, dans son texte, le processus qui a conduit le pays à la faillite. « Le Fonds de régulation des recettes (FRR) a été institué en 2000 pour abriter les surplus de la fiscalité pétrolière lorsque le prix du baril dépassait le seuil institué par la loi de finances (17, puis 37 dollars le baril). Ces surplus étaient destinés à couvrir le déficit causé par une baisse inattendue du prix du baril en-dessous du seuil.

Or, sauf brièvement en 2015, le prix du baril n’a jamais été en dessous de ce seuil. Pourtant, le pouvoir a puisé régulièrement et à sa guise dans ce fonds», explique-t-il d’emblée. Selon lui, l’Exécutif a constamment violé la loi et faisant voter par le Parlement des budgets déficitaires. « La loi a donc été constamment violée pendant plus de trois décennies. Chacun sait que la loi de finances doit être votée en équilibre et le déficit doit rester dans la limite de 3% du PIB. Ce ne fut jamais le cas durant les trois dernières décennies.

Le budget a toujours été voté avec un déficit considérable et de plus en plus élevé, la différence étant puisée dans le FRR. Depuis 2012, le budget est devenu insoutenable même avec un baril au-dessus de 100 dollars. L’impasse budgétaire était devenue inévitable», précise-t-il. La dégringolade des prix de l’or noir enregistrée depuis le deuxième trimestre de l’année 2014 n’a fait, écrit-il, que rapprocher l’échéance en précipitant, plus tôt que prévu, l’Algérie dans la crise. Qu’est-ce qui a obligé le pouvoir à dépenser autant, au prix d’un déficit abyssal ?

La réponse, indique-t-il, « est de nature politique». « Manifestement, le pouvoir est piégé par sa nature autoritaire et populiste. N’ayant pas de légitimité démocratique, il n’a pas d’autres ressources que de se légitimer par la distribution de prébendes à ses nombreuses clientèles et à acheter la paix sociale par une politique de redistribution populiste, destinée plus à gagner des soutiens qu’à aider les couches défavorisées», précise-t-il. En raison de cette réalité, conclut-il, « aucune approche de type « comptable» ne pourra venir à bout de la crise». Lire la suite

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«La vigilance est de mise et le combat continue pour tamazight et la démocratie»

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

Maître Salah Hannoun est un militant engagé dans la défense des droits humains et des causes démocratiques. Les tribulations d’un avocat et des justiciables berbérophones dans les tribunaux sont, entre autres, les points soulevés dans l’entretien qu’il nous a accordé.
– La nouvelle Constitution consacrant l’officialisation de tamazight a été promulguée. Quel en sera l’effet sur l’utilisation de cette langue dans les tribunaux ?

En Algérie, le problème ne réside pas dans les textes et autres normes juridiques, mais dans leur application. Sur le plan normatif, le corpus juridique algérien consacre des principes et des valeurs universels, comme la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, le respect de toutes les libertés…Mais quid de leur mise en pratique ? C’est la dictature au quotidien…

Ce point explicité, il y a lieu de noter que les dispositions constitutionnelles sont au-dessus des lois et autres dispositions réglementaires, et ce, conformément à la hiérarchie des normes juridiques. Par voie de conséquence, en faisant dans le juridisme pur, cette disposition constitutionnelle consacrant le statut national et officiel pour tamazight s’impose de jure à toutes les institutions de l’Etat et que toute disposition contraire antérieure est nulle et non avenue.

Cependant, du point de vue pratique, et vu les réticences idéologiques des tenants du pouvoir, il ne faut pas s’attendre à un chamboulement inhérent à l’utilisation de tamazight dans les tribunaux ou au niveau des autres institutions de l’Etat, surtout que des nuances ont été volontairement insérées dans l’article 4, que nous considérons volontairement comme un article 3 bis, vu la position infra de tamazight dans cet article, comparativement à l’arabe.

Il s’agit notamment de la digue « à terme», sans limitation aucune dans le temps, qui conditionne la concrétisation de cette officialité à la mise sur pied ultérieure d’une chimérique académie. Et quand on voit la portée pratique limitée d’un HCA sur l’introduction de tamazight dans le système scolaire, depuis 21 ans, on est en droit d’être sceptique.

– Peut-on s’attendre à ce que l’on demande au justiciable de s’exprimer en langue officielle… de l’Etat ?

L’arabo-islamisme a causé des dommages profonds dans les esprits. L’influence néfaste de cette idéologie sur les institutions, depuis des décennies, n’en finit pas de rétrécir le champ d’expression de tamazight, langue, culture et identité. Il ne faut donc point s’attendre à une évolution des mentalités, du jour au lendemain, quant à leur approche de tamazight. Le déni identitaire a formaté les mentalités et a fait de l’arabe et de l’islam les référents idéologiques exclusifs de l’Algérie et de ses institutions.

Tamazight est donc vue par ses opposants, intra et extra institutions, comme étant intrusive, vu qu’elle remet en cause tout un socle fait de chimères identitaires inclusives. C’est donc pour rester dans cette exclusion, tout en maintenant l’illusion d’une intégration par l’Etat, que cette nuance, lourde de sens, de « langue officielle de l’Etat» a été introduite au profit de l’arabe, maintenant de jure et de facto sa suprématie sur tamazight. Pourtant, depuis 1962, la langue arabe a toujours été « la langue nationale et officielle» sans qu’elle ne soit adossée à « de l’Etat».

C’est l’évidence même : une langue n’est officielle que quand elle est l’expression des institutions dudit Etat. Ce subterfuge sera donc utilisé par certains zélateurs, à n’en point douter, d’où son introduction, pour maintenir le côté supra de l’arabe dans les tribunaux mais on ne se laissera pas faire car, dorénavant, nous avons de notre côté et ce statut constitutionnel de « tamazight langue nationale et officielle» et toutes les théories du droit et des normes constitutionnelles.

– Son application sera-t-elle laissée à l’appréciation des magistrats ?

Sur le plan théorique, les compétences d’attribution des magistrats ont un domaine de définition strict : appliquer la loi et dire le droit, a fortiori quand il s’agit de l’application d’une norme constitutionnelle. Donc, la réponse est par la négative. Cependant, il y aura sûrement des zélateurs qui mettront l’accent sur le « …de l’Etat» pour continuer à exclure tamazight des tribunaux au détriment de la justice.
Dans ce sens, il arrive que la pratique nous réserve de désagréables surprises : avant 2002, on nous demandait toujours de plaider en « langue nationale», celle-ci étant exclusivement l’arabe. Depuis que tamazight est devenue « également langue nationale», le débat a connu une translation vers « la langue officielle».

Pour l’exemple, lors d’un procès politique sensible où le climat était très tendu, dans une juridiction d’Alger, je plaidais en langue française. Après les protestations du parquetier, le juge m’a demandé de plaider en « langue nationale», pensant évidemment à la langue arabe, n’ayant pas intégré ou ne le voulant point que les amendements constitutionnels de 2002, après le printemps sanglant de Kabylie, avaient modifié la norme constitutionnelle inhérente au statut des langues en Algérie.

C’est donc tout simplement et logiquement que j’ai enchaîné en tamazight, comme lors de mes nombreuses plaidoiries, celle-ci étant ma langue maternelle et vernaculaire. Sine die, le magistrat, faisant fi du statut constitutionnel de tamazight, me dit : « Maître, continuez, le tribunal comprend le français» (sic). Donc, on revient au point de départ : le « tout sauf tamazight». C’est hallucinant mais significatif du long chemin qu’il nous reste à parcourir. Une autre situation par mes soins vécue : lors d’un procès où la demanderesse était une vieille kabyle monolingue, le magistrat arabophone, de bonne foi, m’a demandé de servir de traducteur.

Volontairement provocateur, j’ai porté à sa connaissance que la loi ne me l’autorisait pas ayant affaire à une citoyenne algérienne donc nationale, le traducteur étant exigé pour les ressortissants étrangers. Ma question était de savoir s’il fallait considérer cette femme comme étrangère pour ne pas se retrouver avec un vice de forme. Sa réponse a été : « Maître, ici, on ne fait pas de politique» (sic). C’est toute la schizophrénie de la situation née de cette criminelle et irresponsable substitution identitaire : des nationaux qui se retrouvent, par la disgrâce politique, avec un statut d’étrangers dans leur propre pays.

– La promulgation d’une loi-cadre est-elle nécessaire pour qu’elle soit officielle dans les tribunaux ?

La réponse à cette question se trouve d’une façon explicite et formelle dans Lire la suite

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Soupçons de mauvaise gestion à l’Angem

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

L’Angem n’aura que 5,1 milliards de dinars. Une « autorisation» qui est suivie d’un avertissement. Les organismes et établissements publics ne sont pas forcément des exemples en matière de bonne gestion. C’est le cas de l’Agence nationale de la gestion du microcrédit (Angem).
Le gouvernement reproche à cet organisme, qui dépend du ministère de la Solidarité, la mauvaise gestion des fonds qui lui ont été affectés durant plusieurs exercices. En conséquence, les services du Premier ministre ont demandé au ministère des Finances de ne verser à l’Angem que la moitié des fonds réclamés à l’Etat. Dans une correspondance datée du 16 janvier dont nous détenons une copie, le directeur de cabinet du Premier ministre, Mustapha-Karim Rehiel, a indiqué au ministre des Finances que le ministère de la Solidarité a « demandé» en date du 9 janvier 2016, le versement de « la deuxième tranche» de 10,2 milliards de dinars « représentant le mécanismes du microcrédit» que gère l’Angem. Ce montant fait partie du budget pour l’exercice 2015, précise le document.

Cependant, la correspondance rappelle également que les services du ministère des Finances ont noté que l’Angem « ne s’est pas conformée» aux lois la régissant, « notamment aux règles comptables». Plus loin, la note énumère les « infractions» commises par l’Angem. Il s’agit de la situation financière de l’année 2010 qui « n’a été présentée» au Conseil d’orientation qu’en février 2014. Pis, ces compte « n’ont pas été agréés par le commissaire aux comptes», note le chef du cabinet du Premier ministre.

Plus que cela, le courrier mentionne que « le Conseil d’orientation» qui ne s’est pas réuni depuis février 2014, n’a pas encore « défini» les comptes des exercices 2011, 2012, 2013 et 2014. Ces « infractions» sont suffisantes pour que Abdelmalek Sellal décide de ne « libérer» que « 50% des montants réclamés».

L’Angem n’aura donc que 5,1 milliards de dinars. Une « autorisation» qui est suivie d’un avertissement. Le document émanant du cabinet du Premier ministre demande à la ministre de la Solidarité, Mounia Meslem Si Ameur, de « rappeler» aux responsables de l’Angem de « respecter les règles de gestion», de « soumettre les comptes de l’Agence au conseil d’orientation» et de « faire agréer» la comptabilité par un commissaire aux comptes. Pour connaître leur version des faits, nous avons pris contact avec l’Angem. Le responsable de la communication n’a pas répondu à notre sollicitation. Lire la suite

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Plainte contre des douaniers de l’aéroport d’Alger

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

Un diplomate américain a dénoncé des agents des Douanes qui lui ont confisqué 3000 euros sur les 6000 qu’ils avaient trouvés sur lui à la suite d’une fouille au corps. Deux autres étrangers, un Yéménite et une Saoudienne, ont affirmé avoir été délestés de 9000 dollars chacun de la même manière. Ces actes ont suscité la réaction du Premier ministre qui a ordonné, jeudi dernier, un dépôt de plainte. Deux agents ont été suspendus alors que l’enquête se poursuit…
L’affaire a pris l’allure d’un scandale et suscité non seulement la réaction du ministère des Affaires étrangères, mais surtout celle du Premier ministre. Qu’en est-il au juste ? Tout a commencé il y a deux semaines, à l’aéroport international d’Alger, lorsqu’un diplomate américain sur le point de prendre un vol à destination de Paris a fait l’objet d’une fouille au corps par deux agents des Douanes, qui lui avaient demandé de les suivre loin des caméras de surveillance.

Sur les 6000 euros qu’ils ont trouvé sur lui, ils en ont pris 3000, qu’ils se partagent avant de le laisser partir. Craignant le décollage immédiat du vol Alger-Paris, l’Américain s’empresse d’embarquer, mais une fois à Paris, il se dirige droit vers son ambassade pour faire état de ce vol caractérisé. Une lettre de dénonciation est adressée à la direction générale des Douanes qui ouvre une enquête, dont la conclusion confirme le témoignage de l’Américain.

Les deux agents sont identifiés puis suspendus de leur poste, après leur avoir exigé le remboursement de la somme de 3000 euros. Une somme que l’Américain a refusé de reprendre, mais qui a été remise aux représentants de son ambassade à Alger. L’affaire aurait pu s’arrêter à ce niveau sans faire de bruit, si ce n’est la réaction du Premier ministre qui, dans un courrier adressé au premier responsable de l’administration douanière, a réclamé un dépôt de plainte contre les auteurs de cette bavure, qui ne semble pas être un cas isolé.

En effet, la semaine écoulée, alors que l’affaire de l’Américain était encore sous enquête, deux autres plaintes pour vol arrivent au ministère des Affaires étrangères. La première émane d’un ressortissant yéménite qui affirme avoir été délesté par deux agents des Douanes d’une somme de 9000 dollars, sans aucun procès-verbal. Les mêmes propos sont tenus par une femme de nationalité saoudienne qui accuse les douaniers de lui avoir confisqué 8000 dollars.

Des faits extrêmement graves qui ont suscité la réaction du ministère des Affaires étrangères, lequel a saisi le directeur général des Douanes pour l’ouverture d’une enquête et le dépôt d’une plainte. Les faits se transforment en véritable scandale et bousculent le premier responsable de l’institution douanière, lequel ordonne une autre enquête plus approfondie qui devrait toucher tous les agents du service voyageurs de l’aéroport d’Alger, qui fait l’objet de graves accusations. Avérées ou non, celles-ci ne sont pas nouvelles.

Depuis quelques années, de nombreux étrangers, notamment chinois, syriens et turcs, affirment avoir fait l’objet de ce genre de pratiques condamnables, mais disent n’avoir pas osé dénoncer, pour « éviter des démêlés avec la justice». Contactée, une source douanière proche du dossier confirme les plaintes déposées par les trois ressortissants, américain, yéménite et saoudienne, en précisant qu’une enquête a été ouverte et des sanctions engagées contre les mis en cause.

« Il est vrai que depuis quelques années, il y a une déliquescence avérée au niveau de l’aéroport, notamment le service passagers contre lequel les voyageurs ne cessent de se plaindre. Les victimes sont souvent des ressortissants étrangers qui ne connaissent pas la législation algérienne, mais aussi des Algériens. Les douaniers indélicats commencent par les menacer de poursuites judiciaires, histoire de leur faire peur, avant de leur confisquer leur argent et de les laisser partir sans leur délivrer un quelconque procès-verbal ou document officiel.

La loi est très claire. Au-delà de 7000 euros, les douaniers sont sommés d’établir un procès-verbal de confiscation et n’ont aucun droit d’agir dans le cas où la somme est inférieure ou égale à 7000 euros. Il est important de signaler que ces pratiques ne sont pas systématiques. Néanmoins, elles existent et tendent à prendre de l’ampleur ces derniers temps. Ce qui nécessite une réaction à la hauteur de la gravité des faits.

Il est peut-être temps de se pencher sur les critères de choix des nominations aux postes de contrôle aux frontières, car il y va de l’image et de la crédibilité non pas de l’administration douanière seulement, mais surtout du pays…», explique notre source, qui a tenu à garder l’anonymat de peur de représailles. Du côté de l’administration douanière, rien n’a filtré. Tous nos efforts d’entrer en contact avec les responsables se sont avérés vains. Ces derniers étaient injoignables.

En tout état de cause, cette affaire risque de faire boule de neige en raison des nombreuses victimes qui, encouragées par les plaintes des trois voyageurs étrangers, vont dénoncer ce qu’elles qualifient « de vols caractérisés» opérés par des agents qui, par leurs actes, donnent une piètre image de l’Etat et de l’administration douanière en particulier. Il suffit de quitter l’enceinte et de discuter avec les chauffeurs de taxi qui travaillent à l’aéroport d’Alger pour se rendre compte que ces pratiques honteuses gangrènent l’institution et sont en train de s’installer dans la durée. Il est donc urgent que les autorités prennent les mesures nécessaires pour y mettre fin.
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On vous le dit

Publié le 15/03/2016, par dans Non classé.

Sept enseignantes échappent à un grave accident à Chlef

Sept enseignantes de la localité de Benaïria ont échappé, hier matin, à un grave accident de la circulation alors qu’elles s’apprêtaient à rejoindre leur établissement scolaire à Tafraout, dans le mont de Bissa. Elles étaient à bord d’un véhicule de marque Peugeot Boxer, qui a dérapé et percuté trois piétons âgés de 6, 41 et 65 ans. Ces derniers, souffrant de fractures, ont été évacués vers la polyclinique de Zeboudja, tandis que les enseignantes ont reçu les premiers soins après avoir été victimes d’un choc émotionnel. Il faut signaler que de nombreux enseignants, en majorité des femmes, effectuent quotidiennement un long trajet pour rejoindre leur lieu de travail dans les zones rurales, avec tous les risques que cela comporte.

Les APC de Tiaret investissent dans…les dos-d’âne

Décidément, les élus de certaines APC de la wilaya de Tiaret semblent en manque d’imagination et ne font plus l’effort de hiérarchiser les priorités dans leur commune. Quelques semaines après avoir fondu d’un propos amusant s’agissant d’un projet Blanche-Algérie dans la commune de Sebt, dont on a rapporté dans ces mêmes colonnes la teneur, voici un autre administrateur en charge des affaires de la commune de Dahmouni d’emboîter le pas en annonçant sur les ondes de la radio locale « la volonté de cette assemblée d’acquérir des ralentisseurs par voie de soumission pour les placer dans les différents endroits de la commune».

Un crime pour un fourgon

La cité Aboudi de Blida, appelée cité du 13 Mai, est encore sous le choc, 15 jours après le meurtre d’un trentenaire de ce quartier, inhumé dimanche soir, vers 20h30, au cimetière de la cité. L’information ne cesse de faire le tour de la ville, vu la cruauté avec laquelle l’acte a été commis. Propriétaire d’un fourgon, la victime a été sollicitée par son ami pour le transporter à Aïn El Hammam (Tizi Ouzou) afin d’y acheter des meubles. Une fois sur place, la victime a été cruellement égorgée et décapitée. Le criminel ne s’est pas arrêté là, il a aspergé le cadavre d’acide pour éviter de laisser toute trace aux enquêteurs. Enterré sur place, celui qui était pourtant l’ami de la victime a volé le fourgon afin de le revendre. Après avoir reçu une plainte de la famille du défunt pour absence inquiétante, les gendarmes de Zabana (Blida) ont entamé leur enquête sur la base de communications téléphoniques.

Et comme il n’y a jamais de crime parfait, les enquêteurs ont réussi à localiser le criminel grâce au portable. L’assassin, qui n’en est pas à son premier meurtre, et deux de ses acolytes ont reconnu les faits et indiqué aux gendarmes de Blida, qui ont élargi leur compétence territoriale vers Tizi Ouzou, le lieu où le cadavre a été enterré. Les accusés sont entre les mains de la justice, alors que le cadavre a été exhumé, puis enterré de nouveau à Blida. Lire la suite

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