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Constantine 2015: l’humoriste Mohamed Mihoubi croque à belles dents les petits travers de la société

Publié le 21/02/2016, par dans Non classé.
Constantine 2015: l'humoriste Mohamed Mihoubi croque à belles dents les petits travers de la société
CONSTANTINE – L’humoriste, Mohamed Mihoubi, croquant à belles dents les petits travers et les drôles d’habitudes de la société, a fait rire aux larmes le public, samedi soir à Constantine, avec son monologue « kawaliss » (Coulisses). Fidèle à sa réputation d’humoriste à l’humour caustique et au verbe corrosif, l’artiste a présenté…

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«L’Algérie est dans une région explosive»

Publié le 21/02/2016, par dans Non classé.

Ahmed Ouyahia est sorti sur le terrain ce week-end, rencontrant des militants à Mila et animant un meeting à Skikda. Le secrétaire général par intérim du RND a parlé stabilité et sécurité à Mila.
Ahmed Ouyahia qualifie ainsi les pays du voisinage de « région explosive». Lors de son passage vendredi soir à Mila, Ahmed Ouyahia a lancé un appel à la vigilance, expliquant que l’Algérie se trouve dans une région du monde où les conflits armés font rage, allusion faite aux tensions et problèmes d’instabilité sécuritaire que connaissent des pays du Maghreb et du Sahel.

Ouyahia a, par ailleurs, qualifié la chute des prix du pétrole de défi qu’il faut relever : « Les recettes en devises de l’Algérie ont chuté de 80% en moins de deux ans. Nous sommes appelés à développer des économies de substitution pour déjouer cette épineuse situation.» S’exprimant sur le congrès extraordinaire du RND prévu cette année, l’orateur souligne : « Le congrès extraordinaire, qui élira une nouvelle direction du parti, sera une occasion pour la mise en route de la politique de rajeunissement des instances locales de notre formation politique et une opportunité pour consolider nos rangs.» A Skikda, le discours d’Ahmed Ouyahia ne restera pas dans les annales. Venu célébrer le 19e anniversaire de la création du parti, il donnait l’impression d’accomplir une formalité, sans plus.

« On raconte ici et là que le FLN et le RND se livrent une guerre. Non ! Je le répète aujourd’hui et au nom de tous les militants, le FLN est notre allié stratégique. Je profite de cette occasion pour saluer tous ses militants. J’ajouterais même une salutation particulière à mon frère et ami Amar Saadani. Je sais que quelques penseurs et certains commentateurs se demandaient ce que j’allais répondre à Amar Saadani à partir de Skikda. Je lui réponds par une salutation fraternelle et militante», a dit Ahmed Ouyahia à la fin de son discours comme pour clore, à sa façon, le chapitre de la guéguerre que lui a déclarée le secrétaire général du FLN. C’était là l’unique moment fort d’une allocution qui aura duré une cinquantaine de minutes.

Avant cela, Ouyahia avait consacré plus des trois quarts de son discours aux « œuvres et bienfaits de l’ère Bouteflika». « Bouteflika pouvait partir et il pensait même le faire en 2012. Souvenez-vous de son discours de Sétif. Mais lui, il a préféré se sacrifier pour vous au vu de ce qui se tramait pour les années 2012 et 2013. L’histoire dévoilera un jour la vérité», a-t-il martelé en citant, au passage, quelques « avancées économiques et sociales réalisées grâce à Bouteflika». Il estime par ailleurs que le pays « est entouré par une ceinture de feu», allusion faite à la situation sécuritaire sur les frontières.

En voulant faire l’éloge de Skikda et des repères de son développement sous l’ère Bouteflika, Ouyahia péchera par excès et aussi par méconnaissance. D’abord, en voulant certainement faire plaisir aux jeunes Skikdis, il tentera de faire l’éloge de la JSMS, « ce club nationaliste qui porte les couleurs nationales», ce qui est faux car les couleurs de la JSMS sont noir et blanc. C’était le deuxième club de Skikda le WJS, créé par le PP/MTLD, qui portait le vert et le rouge.

D’ailleurs, l’assistance n’a pas manqué d’esquisser un sourire. Ouyahia dira par la suite que depuis l’avènement de Bouteflika, la wilaya a réceptionné quelque 52 000 logements.
Ce qu’on n’a pas osé dire à Ouyahia, c’est que Skikda vient en seconde position, juste après Alger, en matière de ville abritant le plus grand nombre d’habitats précaires « avec plus de 22 000 bidonvilles», selon des chiffres communiqués par le ministère de l’Habitat. Khider Ouhab et Lire la suite

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«Les mesures prônant la rigueur accentuent le sentiment d’abandon»

Publié le 21/02/2016, par dans Non classé.

Confronté à une crise sévère, le gouvernement vient de prendre une série de mesures fiscales qui sont très mal accueillies par la population. Pourquoi, à votre avis ?

La politique fiscale est une politique publique utilisée par tous les pouvoirs et gouvernements en place comme principal levier interventionniste politique, économique et social. De ce fait, les mesures fiscales adoptées engagent directement et indirectement l’ensemble des acteurs économiques (publics et privés) ainsi que l’ensemble des citoyens d’un Etat. Dans un contexte de crise économico-financière, le législateur fiscal envisage souvent des mesures fiscales conjoncturelles et contraignantes, en vue de pallier les déficits financiers et de remédier aux carences et dysfonctionnements générés par une économie morose, se faisant par le biais des dispositifs de politiques publiques à la fois offensives et défensives. Cependant, les mesures prises qu’elles soient de nature conjoncturelle ou structurelle, ont des impacts disparates sur les différents agents économiques.

Ainsi, en vue de promouvoir l’activité économique, relancer l’investissement, renforcer la productivité et la création des richesses et des plus-values, les autorités publiques adoptent souvent des politiques offensives, notamment en matière fiscale par le biais de mesures incitatives, des dispositifs fiscaux et financiers avantageux, des dépenses fiscales… Toutefois, ces dispositions avantageuses et dérogatoires ne profitent qu’à une partie de la population. Car elles sont adressées à des catégories bien déterminées (les entreprises, l’appareil productif, promotion de certains secteurs d’activité…) telle la déductibilité des frais de la recherche scientifique. Parallèlement, d’autres mesures, de nature à solliciter des efforts supplémentaires et additionnels de contribution, sont envisagées envers d’autres catégories de la population, en vue de les impliquer davantage dans un apport croissant aux recettes fiscales (taxe sur le patrimoine, taxe foncière, taxes sur les hauts revenus, réinvestissement).

Qu’en est-il pour la majorité des contribuables ?

Une autre forme d’effort est sollicitée de la part de catégories de citoyens à travers la réduction des dépenses sociales, la restriction des mesures de solidarité nationale et de transferts sociaux comme autant de politiques publiques défensives. L’impact de mesures, à l’image de l’augmentation des droits de timbres sur les vignettes, sur l’établissement des passeports et des droits de TVA sur l’énergie, influence négativement certaines catégories de la population, notamment les socioprofessionnelles les plus fragiles, en se traduisant par la chute du pouvoir d’achat, l’élargissement d’un appauvrissement croissant, la généralisation et diversification des précarités énergétique, notamment suite aux mesures d’augmentation des prix des carburants. Sociale suite à la propagation du chômage et la réduction des aides sociales et des transferts sociaux. Educative suite à la situation nécessiteuse qui pousse vers l’abandon des études essentiellement chez les filles et les populations situées dans des zones éloignées, pénalisées initialement d’un manque d’infrastructures aménagées.

Ces augmentations sont pénalisantes aussi bien pour les agents économiques producteurs (les entreprises, même si ces dernières bénéficient de la faculté de déduction d’une partie de leur charges d’exploitation), que pour les consommateurs finaux (les citoyens) qui supportent définitivement leurs charges quotidiennes. L’aggravation du sentiment d’injustice sociale est d’autant renforcée quand la contrepartie de l’effort fiscal et de la contribution n’est pas perçue et observée par le citoyen, qui ignore l’utilisation et l’affectation des montants collectés, quand bien même l’affectation est légalement et clairement identifiée. Ces situations précaires génèrent impérativement du mécontentement, car les populations sont davantage fragilisées par des mesures fiscales prônant la rigueur et la privation. Elles accentuent le sentiment d’abandon et de résignation chez la majeure partie de la population…. Elles nourrissent le sentiment d’iniquité et d’injustice sociale et fiscale.

L’administration fiscale peut-elle contribuer à traiter les problématiques liées aux activités informelles dans le contexte actuel par le biais de la mise en conformité fiscale volontaire (MCFV) ?

La lutte contre la fraude et l’évasion fiscale est une des missions principales de l’administration fiscale, a fortiori, dans un contexte de crise, où l’administration doit veiller, d’une part, à assurer une forte mobilisation des recettes fiscales. D’autre part, réaliser un niveau d’équité fiscale entre tous les contribuables. En effet, il est sans conteste que le rôle de l’administration fiscale à travers ce mécanisme est majeur. A la fois, pour assurer une forte mobilisation des ressources fiscales à travers l’élargissement de la base imposable. Par conséquent, l’accroissement de l’assiette fiscale, et ce, en saisissant les opérations de régularisation volontaires pour légaliser ces opérateurs. Cela, tout en élargissant les investigations vers leurs partenaires, non déclarés, à travers l’exploitation de l’ensemble des documents remis à la disposition des services fiscaux et bancaires.

Pensez-vous qu’il y ait une volonté réelle de lutter contre l’informel ?

De ce fait, la lutte contre la sphère informelle est concrète, en la réduisant au minimum à la population qui la compose. Mais cela se traduit par une certaine justice fiscale vis-à-vis de la sphère économique formelle. Des propositions en vue d’améliorer les moyens de paiements et qui participent de facto à la lutte contre la fraude prises en considération par la loi de finances 2016 ainsi que le virement électronique et télépaiement sont des outils techniques très efficaces, car ils assurent une traçabilité des sommes et une transparence de la gestion des deniers publics.

Il s’agit aussi de l’amélioration du recouvrement à travers le mode de paiement « par dation», qui permet dans une large mesure la perception des dettes fiscales des contribuables non solvables, ou qui organisent leur solvabilité. En effet, le recouvrement de la dette fiscale par le paiement en contrepartie des biens de production, objets d’art, de meubles et bijoux de valeur, (en dehors de premières nécessités) renforce les efforts entamés en vue de la limitation des abus en termes de solvabilité, tout en permettant la perception des recettes fiscales certaines. Toutefois, la majeure problématique demeure dans l’élaboration rapide des textes d’application, et la célérité de leur mise en application !

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«Le pouvoir est en panne de vision et de perspectives»

Publié le 21/02/2016, par dans Non classé.

La situation politique, économique et sociale de notre pays n’est guère reluisante. La chute des cours du pétrole a levé le voile sur un pays impuissant et un pouvoir autiste, en panne de vision et de perspectives.
Le mythe du développement et de la stabilité économique et sociale, tant chanté, est vite tombé à l’eau. Il s’est avéré illusion et mensonge. Les répercussions de la crise et les effets néfastes de la politique d’austérité se font sentir de plus en plus», a déclaré, hier, le premier secrétaire du FFS, Mohamed Nebbou, lors de son allocution à l’ouverture des travaux du congrès de la fédération de son parti à Tizi Ouzou.

Pour étayer ses propos, le même responsable a ajouté que « la cherté de la vie et la dégringolade continue de notre monnaie nationale accablent nos concitoyens qui s’enlisent dans la précarité et la pauvreté. Face à cela, le pouvoir en place n’affiche aucune volonté politique pour le changement de l’ordre établi. Il continue dans sa gestion unilatérale et autoritaire des affaires de l’Etat, sans se soucier des risques et des retombées d’une telle gestion sur l’avenir du pays». M. Nebbou a souligné, par ailleurs, que l’adoption de la nouvelle Loi fondamentale, qualifiée de « coup de force constitutionnel», « n’a rien changé dans le vécu quotidien des Algériennes et des Algériens. Nous l’avons déjà dit, ce n’est pas un texte qui est à l’origine de la crise politique, économique, sociale et morale que vit le pays, ce n’est donc pas un texte qui sortira le pays de cette crise qui s’aggrave de jour en jour. Au FFS, nous demeurons convaincus que la réponse à la crise doit être globale, concertée, collective et consensuelle.

D’où l’urgence d’œuvrer au plus large rapprochement possible entre Algériens de tous les horizons pour un consensus national à même de préserver l’unité nationale, la cohésion sociale et l’intégrité territoriale de l’Algérie». Et d’ajouter : « Nous continuerons à opposer le patriotisme et la démocratie aux partisans de la division et aux prêcheurs de la fragmentation et du morcellement des Etats, comme nous continuerons à opposer la démocratie et le patriotisme aux partisans de la dictature, du statu quo et de l’extrémisme.» M. Nebbou a rappelé que le FFS a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences désastreuses qu’engendrerait une intervention militaire étrangère en Libye.

« Cela découle de notre doctrine refusant toute forme d’intervention dans les affaires d’un Etat souverain, de notre attachement aux solutions politiques pour le règlement des conflits et de notre refus des politiques de guerre qui aboutissent souvent à la destruction des Etats et à des situations humanitaires catastrophiques», a-t-il estimé, tout en précisant que « la non-construction du Maghreb pénalise tous les peuples de la région et s’avère irresponsable, voire suicidaire». Pour lui, l’édification démocratique du Grand Maghreb est un projet stratégique, une revendication et une exigence à la fois historique, politique et économique. « C’est la seule option qui peut garantir la paix, la stabilité et le développement pour les peuples et les pays de la région», a-t-il déclaré.

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Yennayer patrimoine de l’humanité

Publié le 21/02/2016, par dans Non classé.

La fête de Yennayer sera-t-elle classée en tant qu’événement calendaire ? Un rite agraire ? Quels seront les aspects culturels, sociologiques, anthropologiques, historiques et identitaires qui seront intégrés dans le dossier de demande de classement de cette fête ancestrale ?
Cet événement étant célébré dans plusieurs pays, l’Algérie agira-t-elle en solo dans sa démarche, ou le fera-t-elle de concert avec les autres pays qui partagent ce patrimoine ? C’est pour répondre à toutes ces questions qu’une journée d’étude a regroupé, hier à Oran, des historiens, des anthropologues, des sociologues et des chercheurs de divers horizons. Une rencontre placée sous le thème : « Procédés de classement et de valorisation de la fête de Yennayer», organisée au Centre de recherches en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) par le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), les ministères de l’Education nationale et de la Culture en partenariat avec le Crasc et sous le patronage de la wilaya d’Oran.

Les participants ont passé en revue les différentes procédures à entreprendre pour la reconnaissance par l’Unesco de cette fête comme patrimoine immatériel de l’humanité dans le cadre de la Convention adoptée par cet organisme onusien en 2003. « Ce classement permettra à Yenayer d’avoir une lisibilité à l’échelle internationale. Cela met surtout l’Etat devant sa responsabilité pour s’engager afin d’élaborer un plan de sauvegarde et de sa promotion et de mobiliser les financements nécessaires», a expliqué Slimane Hachi, directeur du Centre national de recherche préhistorique, anthropologique et historique (CNRPAH), qui a animé une communication. « En Algérie, Yenayer a été classé en 2005 dans la banque de données qui compile le patrimoine national immatériel à protéger et à promouvoir», rappelle M. Hachi. L’idée de saisir l’Unesco a été lancée, il y a une année, par le HCA, dont le secrétaire général, Si El Hachemi Assad, a salué, hier, « l’engagement de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit-Remaoun, dans l’appui de cette demande auprès de l’institution onusienne et pour ses efforts pour la promotion et la généralisation de tamazight à l’école».

Dans une allocution présentée hier, la ministre de l’Education s’est félicitée du fait que « Yennayer a été célébré, cette année, dans 28 000 établissements scolaires à travers le pays». Farid Benramdane, professeur des universités et conseiller au ministère de l’Education, a souligné que « dès septembre prochain, l’enseignement de tamazight sera assuré à travers 32 wilayas contre 22 actuellement alors que cette langue ancestrale n’était prodiguée que dans 11 wilayas à l’arrivée de l’actuelle ministre à la tête du secteur». « Yennayer est l’une des fêtes les plus anciennes de l’humanité encore célébrée au XXIe siècle. Géographiquement, c’est la fête la plus partagée en Afrique, de l’Egypte aux côtes atlantiques, des îles Canaries jusqu’au Mali», note le HCA.

Yennayer est le premier jour de l’an du calendrier agraire utilisé depuis l’Antiquité par les Amazighs à travers l’Afrique du Nord. Il est célébré le 12 janvier en Kabylie, en Oranie, dans les Aurès et ailleurs. Il marque le passage à la nouvelle année. En pleine révolte qui a secoué la Kabylie en 1980, Ammar Negadi, de l’Académie amazighe a créé le premier calendrier de Tamazgha en se référant à un événement marquant dans l’histoire du peuple amazigh, pour en faire le point de départ symbolique du calendrier.

Cette date-référence remonte à 950 avant Jésus-Christ, quand le roi amazigh Chachnaq fût intronisé pharaon d’Egypte et fonda la 22e dynastie qui régna sur l’Egypte jusqu’à l’an 715 av. J.-C. Yennayer est marqué par des mythes, des rites, des croyances et des superstitions. Des repas copieux symboliques sont servis en famille pour espérer que la récolte présagée soit généreuse.

Dans la région des Beni Snous à Tlemcen, un carnaval est organisé où les masques symbolisent le retour des invisibles sur terre. Les habitants des villages se déguisent avec des masques et exécutent des danses à travers les ruelles des villages. Un théâtre où l’offrande place la nouvelle année dans l’espoir d’être sous d’heureux auspices. Yenayer est aussi marqué par des légendes, dont les versions sont différentes selon les régions. « L’intégration de Yennayer dans la liste officielle des fêtes nationales doit passer par la révision d’un décret datant de 1963», plaide le HCA. Lire la suite

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Une fiscalité à deux vitesses

Publié le 21/02/2016, par dans Non classé.

L’Exécutif envisage d’en faire une force de frappe dans le cadre de sa politique naissante d’optimisation des recettes de la fiscalité ordinaire.
Déçu de la rentabilité de la fiscalité pétrolière, tributaire de la bonne santé des cours du pétrole, le gouvernement veut doper les profits de la fiscalité ordinaire pour en faire un produit de substitution. Les effectifs du fisc, des Douanes, du commerce et autres institutions contribuant à la collecte de l’impôt et à la répression des mauvais contribuables ont été ainsi habillés en tenue de combat.

Une brigade d’investigation mixte, réunissant des effectifs de l’administration fiscale et douanière, du commerce, des Domaines et de la police judiciaire serait sur le point d’être mise en place pour traquer les mauvais contribuables, selon des sources proches du fisc.

Il s’agit plutôt d’une brigade d’investigation qui vient d’être réactivée au gré de la conjoncture, marquée essentiellement par une baisse drastique du produit de la fiscalité pétrolière. L’Exécutif envisage d’en faire une force de frappe dans le cadre de sa politique naissante d’optimisation des recettes de la fiscalité ordinaire.

Le gouvernement a concocté un plan en objectifs chiffrés pour faire passer le produit de la fiscalité ordinaire à 3064,9 milliards de dinars à fin 2016, contre 1682,6 milliards de dinars pour la fiscalité pétrolière budgétisée.

L’heure de la « grande campagne» de recouvrement des créances fiscales sur droits et redressements a d’ores et déjà sonné. Les opérations de recouvrement carburent à toute allure sous l’effet de plusieurs instructions émises par la Direction générale des impôts (DGI), selon nos sources.

Il y a urgence d’optimiser les recettes de la fiscalité ordinaire qui devraient aboutir, au terme de l’exercice, à couvrir 110% de la masse salariale, estimée à 2700 milliards de dinars, et 60% des dépenses de fonctionnement. Tel est l’objectif que se fixe l’Exécutif. Mais dans cette course contre la montre, les contribuables craignent que cette offensive génère des redressements sauvages et des dégrèvements massifs, voire une victimisation des producteurs.

Repenser le système fiscal

Plusieurs d’entre eux témoignent qu’une pression inhabituelle s’abat sans relâche sur leurs services respectifs. Il aura fallu que les recettes de la fiscalité pétrolière baissent pour que les vieux démons du passé ressurgissent. Le ministère des Finances a décidé de lancer un vaste plan d’action pour optimiser les revenus ordinaires de la fiscalité.

Plusieurs institutions ont été ainsi mises en ordre de bataille. La fameuse brigade mixte renaît de ses cendres, recomposée des suites d’une conjoncture contraire, marquée par une baisse des recettes. Elle a été créée pour la première fois sous Chadli.

Certaines brigades ont été obligées de tout dégrever pour vice de forme en 1989. Le concept a été repris sous Zeroual et, ensuite, par Ahmed Ouyahia, alors chef du gouvernement, qui en a créé une, qui n’a pas fait long feu. Nous n’avons pas réussi à obtenir des informations précises sur la nature de cette brigade d’investigation ni sur son statut, encore moins au sujet de son entrée en vigueur. Selon nos sources, il y aurait des lacunes de procédure en matière de droits des opérateurs vérifiés et en matière de pouvoirs d’investigation.

Des fiscalistes et experts financiers, à l’image de Hayet Bouilef (lire l’interview en page 2) et Ferhat Aït Ali, expert financier, militent pour une refonte globale du système fiscal, celle de 1992 étant dépassée et son apport initial étant remis en cause. « La réforme fiscale de 1992, appréciable singulièrement en sa capacité de réduction de la pression fiscale globale, puisque cette dernière a été considérée comme la plus faible du Bassin méditerranéen (environ 18%), est remise en cause.

Actuellement, elle est considérée parmi les plus fortes, selon les différents rapports et études (taux de 72,7%, rapports Paying Taxes 2015, Banque mondiale et FMI)», fait remarquer Hayet Bouilef, experte en fiscalité, contactée par El Watan.

L’appareil judiciaire sollicité

Il va sans dire que la hausse du taux de pression fiscale est liée à l’étroitesse de la base imposable et à la prolifération de l’économie informelle. Pour Hayet Bouilef, l’efficience de toute politique publique (fiscale, financière, économique, sociale…) est tributaire de la disponibilité de certaines conditions favorisant sa réalisation. Et l’élimination de celles entravant son aboutissement.

A ce propos, la fiscaliste suggère de solliciter la dimension juridique à travers l’implication de l’appareil judiciaire dans la lutte contre la fraude par la création d’une brigade impliquant « services de sécurité (police judiciaire)-impôts-Douanes-commerce» sous la direction d’un magistrat. Selon elle, l’optimisation de l’efficacité de l’action judiciaire s’obtiendra par la création de tribunaux fiscaux spéciaux et la formation de « magistrats fiscalistes» compétents en matière de juridiction fiscale.

Ferhat Aït Ali, lui, milite pour « une refonte totale des codes et de la charpente de notre système fiscal, avec un mécanisme d’attraction de tous les revenus circulant au noir vers la lumière sans contrainte majeure ni retour sur le passé des uns et des autres, l’essentiel étant d’orienter les revenus vers la production nationale en la rendant attractive et pas vers le comblement des lacunes du budget».

L’Exécutif semble, néanmoins, opter pour la seconde option, destinée essentiellement à enjoliver le bilan de la fiscalité ordinaire pour réduire les déficits, quitte à « victimiser» certains et amnistier d’autres.

Alors que s’opère une importante pression sur les contribuables des secteurs visibles de l’économie, les repentis fiscaux des circuits invisibles se font rares. Le rendement attendu du dispositif de mise en conformité fiscale volontaire risque de décevoir.

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