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Sit-in de soutien à Béjaïa : «Nek El Khabar»

Publié le 12/05/2016, par dans Non classé.

Quelques dizaines de militants de divers horizons ont manifesté publiquement, dans la matinée d’hier, leur soutien au groupe El Khabar dans son combat pour sa survie et pour dénoncer l’acharnement du pouvoir, à travers le ministre de la Communication Hamid Grine, contre un des piliers de la presse nationale.
Des militants et cadres de partis politiques, des élus, des syndicalistes, des militants de la démocratie et des droits humains, des intellectuels et des journalistes se sont rassemblés sur la place de la liberté de la presse Saïd Mekbel avec un seul mot d’ordre : « Nek d El Khabar» (je suis El Khabar). Plusieurs partis politiques étaient représentés par leurs élus ou cadres : FFS, RCD, MDS, PST, PT, Front de l’avenir, l’avant-garde des libertés, RND… Certains sont venus nombreux, d’autres sont présents symboliquement.

Dans la foule, on n’aperçoit pas de représentants du FLN. Les pancartes brandies dans le silence expriment la solidarité avec le groupe de presse indépendant : « El Khabar = liberté», « Solidaire avec El Khabar»… Au-delà du quotidien, la solidarité s’exprime avec la presse indépendante dont certains titres demeurent encore dans le viseur du régime. « Liberté de la presse» revendique une pancarte. Sans prise de parole, le sit-in a servi aux présents à s’encourager mutuellement et à appeler au maintien de la mobilisation pour défendre le droit d’exister pour une presse jalouse de sa liberté et que le pouvoir tente d’assassiner.

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Réactions

Publié le 12/05/2016, par dans Non classé.

– Zohra Drif, moudjahida, ancienne sénatrice : « Il y a violation flagrante des règles de droit»

« Je pense que c’est un devoir de patriote de soutenir El Khabar parce qu’il y a une violation flagrante des règles de droit. Et c’est d’autant plus grave que c’est le législateur lui-même qui est en train de violer les règles qu’il a édictées, d’une part. D’autre part, cette violation touche à la liberté d’expression qui est la base, le fondement de tout Etat de droit.

Donc pour moi, c’est un devoir d’être aujourd’hui ici, avec toutes celles et tous ceux qui veulent que ce pays soit celui que les hommes de Novembre 1954 ont rêvé et pour lequel ils n’ont pas hésité d’aller à la mort. Nous leur devons d’être aujourd’hui toujours mobilisés pour que notre Algérie devienne cette République démocratique, populaire et sociale pour laquelle sont morts beaucoup de jeunes qui ne voulaient pas vivre sous le joug du colonialisme.»

– Khalida Toumi, ancienne ministre : « La pluralité est menacée»

« Je suis là en tant que citoyenne attachée à un droit fondamental, à savoir le droit à une information libre et plurielle. Si la liberté de l’information et la pluralité sont menacées, tout le reste des libertés est menacé. Il n’y a pas de pluralisme politique ni d’expression sans le support de presse qui est garanti par la liberté d’informer. Je suis là, égoïstement, en tant que citoyenne attachée à ses droits. Je suis là parce que je suis reconnaissante et que je n’oublie pas l’histoire de mon pays.

La liberté d’information, le pluralisme ont été arrachés par le peuple algérien à travers le combat de journalistes algériens. Nous voulons que la liberté de la presse, le droit à l’information soient sacrés dans notre pays. Je rappelle que sur cette affaire, il y a un avis autorisé, qui est celui de maître Ksentini, lequel nous dit que l’affaire El Khabar-NessProd est tout à fait légal et il le démontre. Je suis très positive. Je dis au gouvernement : il n’est pas honteux de se tromper et il n’est pas honteux de corriger ses erreurs. Cela grandirait le gouvernement.»

– Louisa Hanoune, secrétaire générale du PT : « Les provocateurs menacent l’Etat»

« C’est d’abord un devoir de patriotisme d’être ici avant de parler de démocratie. Parce que, hélas, au fur et à mesure que le temps passe, nous perdons des espaces de démocratie acquis en Octobre 1988 par le sacrifice d’au moins 500 jeunes, dont un journaliste, Sid Ali Benmechiche, tombé parmi les premiers. Si aujourd’hui, on laisse l’assassinat d’El Khabar se faire, demain, plus aucun organe de presse ne pourra définir en toute indépendance sa ligne éditoriale. Ce sera la mise au pas totale des médias et donc des partis politiques, parce que s’il n’y a pas liberté de la presse, donc pas de partis politiques.

S’il n’y a pas de liberté de la presse, le multipartisme ne servirait plus à rien, les partis seraient réduits à parler à eux-mêmes. Pour nous, ceux qui menacent l’Etat, ce ne sont pas les média libres et indépendants qui font dans la critique, qui recherchent la vérité et des solutions algériennes. Ceux qui menacent l’Etat sont ceux qui organisent des provocations, comme cette agression contre El Khabar, et ceux aussi qui organisent le siphonnage des fonds publics. Tout le monde sait ce qui se passe au niveau de l’ANEP… Nous nous taisons parce que nous considérons que l’image de notre pays est malheureusement au ras des pâquerettes. Avec une telle agression, les choses vont s’aggraver.»

– Abdelaziz Rahabi : « Il y a absence de base légale»

« Il ne faut pas isoler le problème de la conjoncture politique actuelle : une fin de règne, une incertitude sur la succession de Bouteflika, la démultiplication ded centres de pouvoir, l’opacité, l’absence de visibilité des institutions avec un Conseil des ministres qui ne se réunit pas, etc. On revient au problème central, le problème de la liberté d’expression en Algérie est politique, ce n’est pas un problème juridique. Au moment de ma nomination en tant que ministre, j’ai pris conscience que la base légale de l’exercice de ma fonction était absente.

Donc c’est pour cela que j’ai introduit un texte sur la publicité, qui a été voté par l’APN. J’ai déposé un projet de loi sur le sondage. Le journalisme est mis au service du politique et il est à sa merci. Même le magistrat n’a pas de cadre légal. Je suis persuadé que l’intrusion de la presse comme pouvoir dans la configuration des pouvoirs traditionnels en Algérie pose problème aux autorités.»

– Soufiane Djilali, président de jil jadid : « Contre les manœuvres politiciennes»

« Notre présence aujourd’hui parmi les citoyens est une manière d’exprimer notre attachement à la liberté de la presse et d’expression. El Khabar est visé par une manœuvre politicienne pour réduire l’espace d’expression en dehors du pouvoir lui-même. Le pouvoir utilise la justice pour briser tout centre d’influence de l’opinion publique qui ne soit pas sous son contrôle. Sur le procès, il n’y a pas de doute que c’est une opération politicienne qui n’engage pas que le ministre, mais l’ensemble du gouvernement. C’est une opération qui a été réfléchie pour détruire un journal rebelle au pouvoir.» Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 12/05/2016, par dans Non classé.

Les conducteurs de train à la SNTF poursuivent leur grève

Les conducteurs de train ont poursuivi hier, pour la quatrième journée, leur grève qui a pour motivation des revendications socioprofessionnelles. Le trafic a cependant repris, dans le cadre du service minimum, à raison de quatre dessertes sur les 33 quotidiennes. La grève illimitée enclenchée par le collectif des conducteurs n’a pas été parrainée par la Fédération nationale des cheminots qui a appelé les grévistes à reprendre leur service, la satisfaction des revendications étant, selon la direction, « impossible à satisfaire en dehors de la convention collective». Une source de cette fédération rappelle qu’un bureau d’étude vient d’être installé pour la préparation du tableau des filières pour justement finaliser cette convention et mettre en place le nouveau régime indemnitaire qui concernera tous les travailleurs.

La Fédération nationale des cheminots, précise la même source, ajoute que si la direction de la SNTF refuse de céder devant les grévistes, c’est par crainte de voir toutes les autres catégories de travailleurs monter à leur tour au créneau pour les mêmes motifs. Les grévistes réclament une augmentation de la prime de travail posté, l’indemnisation des heures travaillées durant les week ends et les jours fériés, l’augmentation de la prime de travail de nuit et le reclassement. Dans une déclaration à El Watan, la direction a dénoncé hier le recours à la grève, pénalisant ainsi des milliers de voyageurs et appelle les grévistes à mettre fin à leur action de protestation.

– Démantèlement d’un lieu de débauche à Boghni

Dans le cadre de la lutte contre le commerce illicite de boissons alcoolisées et les lieux de débauche et de prostitution, les forces de police de la Brigade de recherche et d’investigation (BRI) relevant de la sûreté de wilaya de Tizi Ouzou ont effectué en début de semaine une opération ciblant un local de vente illicite de boissons alcoolisées, servant également de lieu de débauche, sis sur le chemin de wilaya 128 (Boghni).

Cette opération a permis l’arrestation de 10 personnes dont 2 femmes et le tenancier. Présentées au parquet de Tizi Ouzou le 9 mai dernier pour vente illicite de boissons alcoolisées, création d’un lieu de débauche et prostitution et détention de stupéfiants à des fins de consommation personnelle, elles ont été mis en détention préventive.

– Des voleurs de véhicules arrêtés près de Tizi Ouzou

Lors d’une patrouille de routine, les forces de police de la sûreté urbaine de Tamda (Tizi Ouzou) ont interpellé un individu suspect dans un parking à Tamda, dans la daïra de Ouaguenoun, alors qu’il allait quitter les lieux à bord d’un véhicule volé. En l’interrogeant, les policiers sont remontés vers un second individu, qui circulait à bord d’un véhicule et qui a pris la fuite à la vue des policiers. Un troisième individu a été par la suite arrêté à Tamda.

L’enquête a révélé que le véhicule volé appartient à un citoyen que les trois individus ont agressé à Boudjima, dans la daïra de Makouda, le 5 mai dernier, et ont pris la fuite vers une destination inconnue. Les deux individus arrêtés ont été présentés au parquet de Tigzirt pour association de malfaiteurs en vue de la commission d’un délit, vol qualifié avec usage de violence. Ils ont été mis en détention préventive, et le troisième individu, identifié, demeure activement recherché, a-t-on indiqué de source policière.

– Un collégien découvre une cité maya

Passionné d’astrologie et d’histoire, William Gadoury, un adolescent canadien, aurait découvert l’une des 5 plus grandes cités mayas. Le collégien, sans bouger de sa chambre, affairé devant son PC et ses livres, établit un lien entre les constructions de la civilisation maya et la position des étoiles. En effet, en analysant 22 constellations, il découvre qu’elles sont en raccord avec la plupart des cités déjà découvertes : sur les 142 étoiles formant ces constellations, il y a correspondance avec 117 cités maya.

Il s’essaye, donc, avec une 23e constellation, celle-ci contenait 3 étoiles disposées en triangle. Deux sommets correspondaient parfaitement à deux cités mayas déjà découvertes, il cherche la 3e et finit par trouver, avec l’aide de l’Agence spatiale canadienne, des structures humaines qui ressemblaient fortement aux constructions mayas. Sa découverte est sur le point d’être publiée et le jeune garçon fera partie, une fois les fonds débloqués, de la première expédition scientifique qui partira au Brésil à la recherche de la « cité perdue».

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L’énigmatique Najat Arafat

Publié le 12/05/2016, par dans Non classé.

Qui est Najat Arafat, l’épouse de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil ? Très peu médiatisée, elle est discrète et inconnue du grand public algérien.
Najat Arafat, qui n’a aucun lien de parenté avec le défunt Yasser Arafat, a de l’influence. Les révélations des Panama Papers le démontrent : « Elle possède deux sociétés offshores au Panama, servant de paravent à des comptes bancaires en Suisse», selon les documents de Panama Papers, publiés lundi dernier, sur le site d’information Le Desk. Najat Arafat détenait un mandat de représentation pour deux sociétés offshore créées en mai 2015 et en octobre de la même année.

Ces sociétés auraient servi de « coquille» pour dissimuler des comptes en Suisse. D’origine palestinienne, naturalisée américaine, Najat Arafat est la première femme à décrocher en 1974, dans l’Etat du Texas, aux Etats-Unis, un doctorat en physique nucléaire. Avec son diplôme, elle a pu se frayer un chemin dans l’enseignement, elle a effectivement enseigné dans plusieurs facultés, dont l’université George Washington et, par la suite, à l’université d’Alger.

L’épouse de Chakib Khelil se mêle à la société américaine et s’engage pleinement dans le mouvement associatif. Elle explique, lors d’un gala pour l’attribution du prix « Lifetime achievement a word», que c’est grâce aux encouragements de son père qu’elle a pu atteindre ses objectifs, notamment la poursuite de ses études, son engagement dans le mouvement associatif et les organisations en faveur de la Palestine. Najat Arafat a occupé des postes de responsabilisé dans plusieurs organisations en charge des conflits au Moyen-Orient ou plus exactement elle s’occupait des communautés juive et palestinienne.

Elle était fondatrice ou conseillère de ces entités, à l’image de l’Union des femmes palestiniennes américaines (UFPA), le Conseil des femmes arabes, l’Organisation des jeunes Palestiniens, le Congrès américain palestinien, l’organisation Terre sainte united et Roots. En tant que membre important de la communauté arabo-américaine, Najat Arafat avait accès à la Maison-Blanche. Elle était souvent invitée pour assister à des tables rondes ou des panels à la Maison-Blanche et au département d’Etat américain. Mieux, elle faisait partie des délégations arabo-américaines dépêchées pour rencontrer de hauts responsables aux Etats-Unis et à l’étranger.

La nomination de son époux, Chakib Khelil, comme conseiller du président Abdelaziz Bouteflika puis comme ministre algérien de l’Energie fin 1999, l’a contrainte à abandonner son action. Le mandat d’arrêt lancé à son encontre par le parquet d’Alger en 2013 a été frappé de nullité pour vice de forme, au même titre que les mandats d’arrêt lancés à l’encontre de son époux et de ses deux enfants.

L’épouse de Chakib Khelil, qui n’a pas quitté les Etats-Unis depuis deux années environ, a recouru, révèle Le Desk marocain « aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca pour créer deux sociétés offshore : Carnelian Group Inc. et Parkford Consulting Inc. La première en mai 2005 et la deuxième en octobre de la même année. Pourtant Najat Arafat était officiellement sans activité». Mais ce qui suscite le plus de doute sur les activités de l’épouse de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, c’est l’apparition du nom de Omar Habour auquel les pouvoirs dans ces deux sociétés ont été transmis en 2007, indique la même source.
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L’argent caché de Chakib Khelil

Publié le 12/05/2016, par dans Non classé.

Ce que la justice italienne tente de connaître depuis 5 ans, les Panama Papers l’ont révélé cette semaine. Les sociétés offshore ont des connexions directes avec le scandale de corruption qui a touché Sonatrach.
Les liens semblent désormais bien établis. Les premières informations données par le journal Le Monde décrivaient déjà avec des détails déconcertants les succursales de l’offshore de Farid Bedjaoui, Réda Hemch, neveu de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil et Omar Habour, un homme d’affaires natif de Oujda (Maroc), très proche de la famille Khelil, des intermédiaires cités dans le scandale de corruption Sonatrach 2, dont le procès est en cours à Milan, en Italie. Ils auraient tous continué à nier leur implication — comme ils l’ont toujours fait, comme le fait encore Chakib Khelil depuis son retour en Algérie — dans les graves faits de corruption qui leur sont reprochés dans l’affaire Sonatrach 2.

Les révélations des Panama Papers ont dû être ressenties comme une déflagration faisant éclater la vérité et mettant surtout entre les mains de la justice des informations précieuses sur les ramifications panaméennes du scandale Sonatrach. Farid Bedjaoui avait ouvert une multitude de sociétés offshore et c’était sur le compte de l’une d’elles, Pearl Parteners Ltd, que Saipem — filiale du géant pétrolier italien Eni, qui a bénéficié de plusieurs marchés en Algérie, d’une valeur de 11 milliards d’euros en quatre ans (2007 et 2011) — a versé près de 200 millions d’euros.

Une somme qu’a reconnue l’avocat de Farid Bedjaoui, il y a quelques jours, mais tout en disant que ce sont « les rémunérations légales de son client». Selon Le Monde, une partie de cette somme a transité par une autre société offshore appartenant à Farid Bedjaoui, qui détient des comptes à la banque privée Edmond de Rothschild SA à Genève, pour atterrir sur un compte de Réda Hemch, chef de cabinet de l’ancien Pdg de Sonatrach du temps où Chakib Khelil était en fonction. Le virement, selon la même source, était de 1,7 million d’euros.

Quant à Omar Habour — associé avec Farid Bedjaoui et cité dans l’affaire Sonatrach-Saipem, qui possède avec Chakib Khelil une propriété au Maryland —, il aurait reçu 30 millions d’euros. C’est ce même Omar Habour qui a bénéficié en 2007 d’un transfert des pouvoirs au sein des deux sociétés offshore (Carnelian Group Inc. et Parkford Consulting Inc.) créées en 2005 par le cabinet panaméen Mossak Fonseca pour le compte de Najat Arafat, l’épouse de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines. Etonnante connexion et surprenante liaison dont se défend Chakib Khelil sur les plateaux d’une chaîne de télévision privée en Algérie. Pourquoi alors un tel recours massif aux sociétés offshore si ce n’est pour dissimuler de l’argent ?

Selon le site algériepatriotique qui affirme être en possession de documents, Omar Habour a « alimenté le compte bancaire que Mme Najat Khelil détient auprès de la Sun Trust Bank, dont le siège est à Atlanta, dans l’Etat de Georgie, sous le numéro 1000083535459, à hauteur de 1 421 000 dollars entre 2008 et 2009». « Un autre compte, portant le n°1000063572985, détenu dans la même banque et géré également par Omar Habour en sa qualité de ‘fondé de pouvoir’, a été crédité de la somme de 1 900 000 dollars, à partir de ses nombreuses sociétés-écrans créées pour dissimuler ces transactions financières», ajoute la même source.

Les révélations de ce journal vont encore plus loin, donnant des détails sur les comptes de l’ancien ministre de l’Energie lui-même, qui détient « un compte commun avec son épouse qui a été provisionné à hauteur de 1 400 000 dollars entre 2004 et 2011». Il est aussi, indique algériepatriotique, « détenteur du compte n°446020576724 auprès de Bank of America, la plus grande banque américaine en termes de dépôt et de capitalisation boursière, d’un deuxième à la Bank Fund Staff Federal Credit, sous le n°4385600000973754, et d’un troisième à Chevy Chase Bank, dont le siège est au Maryland, numéroté 348301901».

Algeriepatriotique indique que « d’autres sommes autrement plus importantes et émanant d’autres sources ont été virées sur d’autres comptes». A en croire ces graves révélations, le réseau de corruption qui a touché Sonatrach est en passe d’être remonté. Avant son limogeage, l’ancien ministre de la Justice, Mohamed Charfi, parlait d' »un véritable réseau de corruption international dont les tentacules s’étendent à tous les continents».
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Les étranges coïncidences

Publié le 12/05/2016, par dans Non classé.

Plus de 25 ans après le scandale du détournement de dizaines milliards de la BEA où le nom de Toufik Bendjedid avait été cité, voilà que les Panama Papers nous apprennent que cette banque a créé une société algéro-saoudienne en Tunisie, avec des comptes offshore, au moment où Toufik Bendjedid possède lui aussi des comptes offshore et une société créée avec un Tunisien ex-candidat à l’élection présidentielle de 2014. Quelle coïncidence…
Il est quand même intriguant de voir la Banque extérieure d’Algérie (BEA) et le nom du fils du défunt président Chadli Bendjedid, Toufik, cités dans le scandale Panama Papers. Vers la fin des années 1980 et le début des années 1990, les deux noms avaient été éclaboussés par une affaire qui a alimenté les débats et les discussions de la rue algéroise au bord de l’explosion.

L’affaire portait le nom de Testarossa, une Ferrari, appartenant à un ami de Toufik Bendjedid, Rachid Mouhouche, un jeune de la cité la Montagne, à Bachdjerrah (Alger), devenu subitement un richissime commerçant à l’âge de 22 ans. Les deux personnages fréquentaient régulièrement la discothèque Le Triangle située sous le monument aux Martyrs de Riadh El Feth, où ils dépensaient des sommes colossales qui alimentaient les discussions des Algérois. Le train de vie de Mouhouche faisait jaser beaucoup de monde et c’est au niveau de la BEA, où il était considéré comme un « important» client, que l’enquête va lèver un lièvre.

Le rapport fait état du détournement de 27 milliards de centimes (2,7 millions de dinars). Ce qui, à l’époque, était énorme. Rachid Mouhouche contractait d’importants crédits allant parfois jusqu’à 11 milliards de centimes, sans aucune garantie, auprès de la BEA, notamment l’agence des Pins Maritimes, à Alger, sans jamais rien rembourser. Mouhouche a été inculpé avec 22 autres mis en cause, pour la plupart des cadres de la BEA. Le directeur de l’agence Pins Maritimes s’est envolé vers la Suisse avant même que le pot aux roses soit découvert.

A l’issue d’un long procès, Mouhouche et trois de ses coaccusés sont condamnés, en 1993, à la peine capitale, alors que les autres mis en cause écopent d’une peine de 20 ans de réclusion. Lors de ce procès, il a été établi que Mouhouche avait acquis la Ferrari avec l’aide de l’ancien directeur de l’Office de Riadh El Feth (OREF), Senoussi, pour une exposition payante qui devait se tenir à Riadh El Feth. Il reconnait les dépenses colossales qu’il effectuait à la discothèque le Triangle, en compagnie de son ami Toufik Bendjedid, dont le nom se murmurait sans pour autant être cité publiquement.

Lors de l’audience Mouhouche, avant que le juge ne lui pose la question, prend la parole pour se dire « surpris des propos de ceux qui affirment que j’avais des relations avec Toufik Bendjedid». Depuis, le nom de Toufik Bendjedid n’est plus apparu. Après un pourvoi en cassation, le verdict a été revu à la baisse. Une peine de 20 ans de prison est retenue contre Mouhouche et deux cadres de la BEA, et d’autres moins lourdes contre des commerçants.

Le procès a laissé l’opinion publique sur sa faim et l’affaire a été close. Il aura fallu le scandale Panama Papers des comptes offshore pour remettre le nom de Toufik Bendjedid sur la scène, au même titre que celui de la BEA. On nous apprend, sans donner les détails, que Toufik Bendjedid est actionnaire (de 2007 à 2014) dans la société Faygate Corp basée en Suisse et enregistrée à Chypre, avec Samir Abdelli, avocat et ex-candidat à la présidentielle en Tunisie en 2014. En 2015, l’avocat d’affaires est cité dans le scandale de HSBC Suisse, plus connu sous le nom de SwissLeaks. Il était détenteur d’un compte contenant 80 000 dollars.

C’est également par la banque qu’il crée un compte offshore pour une société, Faygate Corp., lancée en 2006 — soit une année après SwissLeaks — et enregistrée au Panama, avec un capital de 10 000 dollars divisés en 100 actions. Elle cessera ses activités en octobre 2014, année où Abdelli s’est présenté à l’élection présidentielle. En février 2007, un document de la HSBC Private Bank Swiss adressé à Mossack Fonseca demande ainsi l’émission de deux autres certificats d’actions. Un des certificats est établi au nom de Toufik Bendjedid, domicilié à Alger, avec 60 parts, et un autre au nom de Samir Abdelli, domicilié à Gammarth, avec 40 parts.

Le pays de Abdelli nous ramène à la BEA, puisque c’est en Tunisie, comme par hasard, que la société de leasing algéro-saoudienne a été créée par la BEA en tant qu’actionnaire majoritaire et enregistrée aux îles Vierges britanniques. Encore, comme par hasard, la création de cette société a eu lieu début 1990, année où l’affaire Mouhouche avec la BEA avait éclaté ; la destination de l’argent subtilisé n’a jamais été connue. Des questions restent posées quant aux nombreuses coïncidences qui marquent et nous amènent à nous demander s’il y a un lien entre les fonds détournés de la BEA et les comptes offshore aux îles Vierges britanniques et au Panama. La question s’impose….
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