formats

Ouargla : Il y a 24 ans, ils étaient dans la rue

Publié le 18/03/2016, par dans Non classé.

Alors que Ouargla a fêté cette semaine le troisième anniversaire du grand rassemblement des chômeurs du 14 mars 2013, El Watan Week-end a retrouvé ceux qui, en février 1992, manifestaient déjà pour plus d’équité sociale.
Le troisième anniversaire de la Milioniya du 14 mars 2013 a été l’occasion pour les anciens et les nouveaux militants de l’organisation des chômeurs de se rencontrer pour un débat citoyen sur l’avenir de ce mouvement citoyen. L’inscription dans la durée des mouvements sociaux des chômeurs et plus récemment celui des antigaz de schiste rend capitale la question des méthodes de lutte et des objectifs. Lakhdar Mokrani, président de la première Association de défense et de promotion du droit au travail de la région et qui nous parlait déjà en 2010 de la nécessité de la refonte de la formation professionnelle et universitaire dans les wilayas du Sud, n’a pas changé d’avis.

Mohamed Othmani, reste égal à lui-même et pense que « les pouvoirs publics n’ont toujours pas compris que les calmants sont faits pour calmer et non pas guérir, que le problème de l’unité territoriale a été réglé le 27 février 1962 et que les dérives du système poussent les jeunes à la violence contre eux-mêmes et contre leur propre pays».

El Watan Week End est allé à la rencontre des premiers leaders de ce mouvement. Il y a 24 ans, Ouargla a connu ses premières manifestations d’étudiants et de lycéens, douze ans plus tard, ses premières émeutes des chômeurs qui, neuf ans après s’autorisaient une Milioniya de la dignité. A l’apogée de leur colère, les jeunes s’en sont même pris au cortège présidentiel, lapidé devant les yeux impuissants des forces de l’ordre en avril 2004.

Profonde frustration

Le même scénario s’est reproduit à Touggourt, où les habitants de Hai El Mostakbel ont demandé des comptes au Président. Ces manifestations ont récemment pris de nouvelles formes avec l’arrivée de jeunes qui n’ont pas connu le parcours de leurs aînés et exigent d’un gouvernement, qui a été incapable de trouver des solutions valables au dossier de l’emploi dans le secteur pétrolier, de leur donner leur « baril de pétrole», même à moins de vingt dollars et sans espoir d’être permanisés dans des CDD au sein du groupe Sonatrach.

Ces ébullitions dans la rue sont devenues la marque de fabrique d’un mouvement citoyen porté par les chômeurs au lieu de l’élite. Il tire sa légitimité d’une profonde frustration qui compare tout bêtement les potentialités, l’histoire et l’aspiration à une réalité décevante d’une wilaya qui avance au pas de tortue et qui peine à tirer avec elle le reste du Sud dont elle se fait le porte-parole.

Ouargla, si elle n’a pas les résultats agricoles de Biskra, Oued Souf et El Ménéa, ni l’attractivité touristique de Ghardaïa, d’Illizi ou Tamanrasset, reste le premier gisement de l’emploi en Algérie avec quelque 22 000 offres par an. A elle seule, elle compte la plus importante présence de sociétés étrangères avec quelque 195 entreprises et associations dans le secteur du pétrole, sans compter les 1200 entreprises du secteur privé qui font de Hassi Messaoud la place incontournable pour trouver un emploi. Une place refusée à la main-d’œuvre locale, il y a de cela quelques années.

Ville rebelle

A 48 ans, Lakhdar Mokrani vient d’être promu directeur de l’administration générale de l’Institut de formation professionnelle Salah Eddine Ayoubi de Ouargla. Entre 2004 et 2009, il présidait l’Association de défense des droits des chômeurs constituée au lendemain de la prise de fonction d’Ahmed Melfouf, le wali, qui a remplacé Ahmed Chaouche, décédé dans son bureau dans des conditions jamais élucidées. Pour lui, « Ouargla restera une ville rebelle qui se bat pour la reconnaissance de ses droits». Le mouvement des chômeurs « ne peut être restreint au seul combat pour l’équité dans l’emploi», dit-il.

Et d’jouter : « C’est le droit à une vie citoyenne épanouie et surtout à une bonne formation de l’homme qui a motivé notre combat et notre plus grande réussite est d’avoir obligé le président Bouteflika à reconnaître que le Sud est marginalisé sur les plans politique, économique et humain.» En février 2004, après un cycle d’émeutes ayant ébranlé la rue, il a fallu que le cortège présidentiel soit lapidé par des jeunes en colère à Ouargla et Touggourt pour que le chef de l’Etat annonce, à partir d’El Oued, « une nouvelle politique de désenclavement et de développement dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux».

« Les choses évoluent trop lentement», affirme Mokrani pour qui, se réveiller chaque matin dans une ville « qui offre peu de raisons de s’y accrocher, peu d’opportunités de s’améliorer quand ses richesses ont construit tout le pays devient de plus en plus difficile». « Nous n’avons plus à quitter notre région le bac en poche. Notre université est la seconde au classement national, mais il a fallu 27 ans pour que nos formations s’adaptent aux besoins de l’industrie pétrolière. N’est-ce pas un motif suffisant de rébellion ?»

Inadmissibles

L’interrogation porte en elle sa réponse pour des militants qui frôlent la cinquantaine et qui commencent à peine à voir les premiers fruits de leur labeur. « La rue bouillonne depuis une trentaine d’années parce que les réponses des décideurs ne sont pas au niveau des aspirations et du combat, même s’il prend parfois des formes qui nous paraissent inadmissibles.» Au bout du compte, qu’en reste-t-il ? « Oui, en 2006, nous avons arraché à Ouyahia que les infractions des entreprises en matière d’emploi soient sanctionnées par la justice.

Cela peut paraître infime, mais il faut se rappeler le contexte de l’époque où les constats de l’Inspection du travail donnaient lieu à des décisions non appliquées ou des amendes de 500 francs étaient payées avec l’équivalent en dinars.» L’autre acquis datant de cette époque est la mise à contribution de l’Association des chômeurs aux commission d’évaluation, de suivi des offres, des orientations et des tests d’embauche, qui ont poussé les entreprises à rectifier le tir. Les pressions sur les autorités ont fait que le renouvellement du bureau de cette représentation agréée n’a jamais été concrétisé, ce qui reste un des combats de l’actuelle CNDDC.

Troisième Lire la suite

formats

Maître Noureddine Ahmine inquiété par le bâtonnat

Publié le 18/03/2016, par dans Non classé.

L’avocat des défenseurs des droits de l’homme, Noureddine Ahmine, est dans le viseur de son barreau depuis près de deux mois. L’infatigable militant des causes justes, connu de tous les activistes, est poursuivi dans deux affaires, simultanément à Médéa et Ghardaïa.
Son cas rappelle, pour beaucoup, celui de ses confrères d’Oran et de Sidi Bel Abbès, radiés après avoir dénoncé « la mauvaise gestion» de leurs bâtonniers respectifs. Dans la première affaire, instruite par son barreau à Médéa, Me Ahmine est sommé de comparaître devant un conseil disciplinaire pour une histoire qui remonte à 2012. « C’est un client dont l’affaire remonte à 2009 qui s’est plaint devant le barreau. Il me reproche de ne pas avoir fait appel de son affaire déférée devant la section sociale, où il demandait une promotion de catégorie d’un échelon», explique l’avocat. Sauf que le conseil de l’Ordre a fait resurgir l’affaire en question quatre ans plus tard.

L’avocat a été auditionné par le conseil de l’Ordre et a comparu devant la même instance le 5 mars dernier. Assisté de deux de ses confrères, Me Ahmine a demandé le renvoi pour mieux préparer le dossier. L’avocat est poursuivi de nouveau durant cette semaine. Cette fois-ci, c’est le parquet de Ghardaïa qui lui notifie l’accusation. Me Ahmine est désormais poursuivi pour « outrage à corps constitué». « L’affaire remontre au 19 janvier 2014.

J’ai déposé, pour le compte de mon client, une plainte pour coups et blessures qui ont entraîné la mort contre un groupe d’individus et également pour non-assistance par la police», explique Me Ahmine. La date de son passage en conseil disciplinaire n’a pas encore été arrêtée. Quant à l’autre affaire, l’avocat nous informe qu’il n’a pas encore été convoqué par le juge d’instruction. « Je lie toute cette histoire à mes activités de défenseur des droits de l’homme car, franchement, je ne vois pas un autre motif», analyse-t-il. Lire la suite

formats

Le gouvernement n’a pas tenu ses engagements

Publié le 18/03/2016, par dans Non classé.

Pour commencer, je tiens à dire que je ne conteste pas la contestation. Le gouvernement qui peut user d’une intelligence administrative et politique pour éteindre le feu participe à sa propagation et il semblerait qu’on ne veuille pas régler le problème de l’emploi.
La Milyonia a drainé des dizaines de citoyens lambda qui se sont retrouvés, ce jour-là, dans cette dynamique citoyenne, les membres de la CNDDC y avaient prêté, pour la première fois, l’oreille aux sages qu’ils avaient l’habitude de mettre dos à dos avec les autorités et les élus. Ils ont d’abord accepté de transformer leur marche en un sit-in pour mieux maîtriser l’événement et mis bien en évidence une grande pancarte signalant que « l’unité nationale est une ligne rouge».

Des garanties ont été données par une personne qui s’est présentée comme l’émissaire du président Bouteflika qui a proposé de constituer une délégation pour discuter, à Alger, les revendications et revenir avec une solution définitive du problème de l’emploi dans le secteur pétrolier. 33 personnes se sont entretenues 17 jours durant avec les ministres de l’Intérieur, de l’Agriculture, de l’Hydraulique et du Travail ainsi que des représentants du Premier ministre et de la présidence de la République. Une journée non-stop a même été dédiée à un dialogue ouvert avec le PDG de Sonatrach.

Les engagements du gouvernement

-Mise en œuvre d’une politique visant la valorisation agricole d’immenses parcelles sahariennes. Un programme entamé qui croule sous la bureaucratie et les anciennes habitudes.
-Transfert des eaux douces des hauteurs de Hassi Lefhel pour endiguer les problèmes de santé. Le projet n’a jamais vu le jour.
-Nomination de cadres du Sud, un commencement timide avant de s’arrêter.
-Révision de la politique du logement dans le Sud afin de respecter les cachets architecturaux et les placettes. Rien n’a été fait.
-Encouragement de l’investissement industriel et agricole, mais la réalité est que rien de palpable n’a été fait.
-Constitution d’instances populaires de suivi de ces engagements et organisation de rencontres périodiques avec les décideurs. Rien.
-Ouverture de postes pour les jeunes du Sud. Seule la police a engagé 2600 jeunes.

Ce qui a été réalisé

-La majorité des représentants des chômeurs ont été embauchés avec de bons salaires, ceux qui le désiraient ont pu accéder à des crédits.
-Les notables ont été sacrifiés et vilipendés alors qu’aucun d’eux n’a trahi la cause des chômeurs ou tiré profit de cette affaire.
Les questions qui s’imposent aujourd’hui :

-Est-ce que le gouvernement a des éléments de réponse à présenter à ces jeunes ?
-Est-ce que la société n’encourt plus de danger ?
-Le gouvernement a-t-il la confiance de ces jeunes ?
-Le nombre des chômeurs a-t-il diminué ou augmenté ?
-La priorité à l’emploi a-t-elle été appliquée ?
-Qu’en est-il de l’investissement industriel et agricole ?
-Y a-t-il eu un seul projet à valeur matérielle ou morale ajoutée ?

Ces sept questions me rappellent les sept colonnes de sagesse de Lawrence d’Arabie qui inspirent tous les troubles au Moyen-Orient. Dieu merci, nous n’avons pas médiatisé ces engagements non tenus, comme nous l’avait demandé l’ex-ministre de l’Intérieur. Aujourd’hui, l’évolution qualitative des modes de contestation est inquiétante, la réduction du nombre de contestataires n’est en rien un indicateur d’apaisement. La division culturelle, le conflit ethnique et l’antagonisme des rites sont des faits indéniables et suffisamment puissants pour ouvrir la porte à la « fitna» et le tout-sécuritaire n’est plus envisageable. Au moment où les technologies font que les idées et les révolutions se transmettent vite, nos décideurs sont loin d’évaluer la portée du désespoir qui enfle.

Lire la suite

formats

La question de la semaine : Pourquoi personne ne veut des prédicateurs à Béjaïa ?

Publié le 18/03/2016, par dans Non classé.

Le groupe de religieux qui prêchait dans les rues de Béjaïa, depuis mardi dernier, a disparu hier de la vue des habitants de la ville.
Selon certaines sources, ces prêcheurs ont été forcés à remballer leurs bagages et quitter les lieux après des altercations verbales avec des citoyens qui voyaient en leur présence indésirable rien moins qu’une « provocation». Tout porte à croire que leur éloignement est dicté par la peur que la situation ne dégénère. On ne dit pas si ce départ intervient sur la demande d’une autorité quelconque.

Ce qui est sûr, c’est que la veille une réunion de quelques représentants d’associations et de militants des droits de l’homme a eu lieu au siège du Centre des droits de l’homme (CDDH), dépendant de la LADDH, pour discuter de la « riposte» à envisager. Sur les ondes de la radio locale, le directeur des affaires religieuses de la wilaya, qui a confirmé leur départ, a estimé hier qu’il n’y avait aucune raison d’interdire leur activité et qu’il ne faisait que semer la bonne parole dans le respect du « madhab malékite» qui est celui de l’Algérie. « Ils ne font de mal à personne», a-t-il répondu, sans ambages, confirmant l’islamisation assumée par l’Etat de la vie publique.

La réunion de la CDDH a abouti à « l’urgence d’interpeller le wali à assumer ses responsabilités en tant que premier magistrat de la wilaya devant l’incursion des salafistes sur des places publiques sous le regard complice des services de sécurité et des autorités». « Il ne suffit pas d’interdire aux partis ou aux associations toute activité politique dans des salles alors que les salafistes prêchent des discours dans l’espace public en toute assurance», dénoncent les présents à la réunion. C’est un appel à « la population de Bejaïa de demeurer vigilante et déjouer les tentatives de manoeuvres déstabilisatrices de notre région à travers des provocations».

Le groupe condamne « la complicité des autorités et le silence du wali alors qu’au sein des résidences universitaires des activités associatives sont interdites» et met « en garde les autorités locales quant aux périls subséquents à cette politique de pourrissement et de fuite en avant et appelle la population de Bgayet à redoubler de vigilance et de rester mobilisée afin de déjouer toute tentativesde dépersonnalisation et de manipulation visant la région.Cette grave incursion vient de confirmer, encore une fois, que les laboratoires du complot sont loin d’être inactifs».

Lire la suite

formats

Guy Bedos à la grande dictée d’Alger

Publié le 18/03/2016, par dans Non classé.

L’annexe de l’Institut français à Hydra a organisé hier, de 14h à 16h, une grande dictée dans le cadre de la Semaine de la francophonie.
Le comédien algérien Idir Benaïbouche, et l’artiste français Guy Bedos, qui est présent en Algérie depuis mercredi dernier, ont animé cette dictée qui « a rassemblé environ 70 participants», selon Charlotte Hiesse, responsable de la communication de l’Institut français à Alger. Les deux artistes ont procédé à la lecture des deux textes, amateur et expert, écrits par le jeune auteur lauréat du prix la nouvelle fantastique en 2015, Walid Sidi Saïd.

Lors de la séance de la dictée, Idir Banaïbouche et Guy Bedos ont montré une grande complicité et ont mélangé la dictée et l’humour, chose qui a beaucoup plu aux participants qui ont passé de « bons moments». « Notre objectif, en plus de l’activité qui rentre dans le cadre de la Semaine de la francophonie, est de faire plaisir aux gens, car nous avons tous en regret les dictées que l’on faisait à l’époque», confie Jean-Jacques Beucler, directeur de l’Institut français.

L’artiste Guy Bedos n’a pas pu cacher son émotion : « Je suis très bouleversé par le plaisir que j’éprouve avec l’accueil très chaleureux qui m’est réservé à chaque fois que je reviens dans ma terre natale. Je ne peux être que touché.» Les lauréats des deux catégories ont été récompensés par l’organisateur au cours d’une cérémonie marquée par des moments émouvants où l’acteur français a retrouvé ses camarades de lycée. Les deux lauréats du niveau expert sont Ouahiba Ghazeli et Ahmed Hadj Hassan. Lire la suite

formats

Fares Boubakour. Expert en économie des transports et logistique

Publié le 18/03/2016, par dans Non classé.

Il faudrait investir dans des lignes ferroviaires à grande vitesse pour offrir une alternative à la voiture.
Il y a aussi une politique d’accompagnement à mettre en place en termes d’incitation économique. Par ailleurs, il faut travailler sur l’occupation de l’espace et le stationnement en ville. Il faut aussi mettre en évidence le fait qu’il y a une pollution grandissante causée par la voiture et une consommation énergétique qui serait plus rationalisée, si l’usage du train est plus développé.

Il faudrait donc sensibiliser les usagers sur l’utilité de ce mode de transport et de mobilité durable afin qu’ils prennent conscience de son intérêt et aussi mettre en place des systèmes qui inciteront les gens à ne prendre la voiture que si nécessaire. S’il y a des TGV entre Alger et les grandes villes, même l’avion perdrait de son intérêt. Lire la suite

Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair