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Repère : La diversion Chakib Khelil

Publié le 03/05/2016, par dans Non classé.

L’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, continue sa soi-disant quête de spiritualité en faisant le tour des zaouïas. Une manœuvre qui frise le ridicule tant elle ne cadre pas avec le personnage loin de ces « bondieuseries» moyenâgeuses, mais plutôt adepte des réunions mondaines bien arrosées dans certaines capitales occidentales. Cette agitation de l’ancien ministre « fuyard», réhabilité par le clan présidentiel malgré les forts soupçons de corruption dans les affaires Sonatrach et Saipem, a passablement dérangé l’opposition au régime actuel et l’opinion publique.

Au point où certains ont vu, dans cette initiative de l’ami personnel du Président, une volonté de se placer comme le candidat désigné par le pouvoir pour succéder à Bouteflika. Sauf que Chakib Khelil ne réunit pas les conditions nécessaires pour postuler à la magistrature suprême. Sa femme est Américano-Palestinienne, donc étrangère, et il n’a pas résidé durant dix ans d’affilée en Algérie. Les quatre dernières années, il les a vécues à Washington, aux Etats-Unis.

Or, selon la Constitution amendée en 2016, « pour être éligible à la présidence de la République, le candidat doit attester de la nationalité algérienne d’origine unique du conjoint». Et « il doit justifier d’une résidence permanente exclusive en Algérie durant un minimum de dix années précédant le dépôt de candidature». A moins d’un amendement express de la Constitution, ce qui est improbable, la supposée candidature de Chakib Khelil n’est qu’un leurre. Une diversion utilisée par le clan présidentiel pour faire oublier la question essentielle de la santé du président Bouteflika, dont les dernières images ont plongé dans l’émoi l’opinion publique et la classe politique.

Le sujet est classé secret d’Etat. Les enjeux sont énormes. La pérennité de l’Etat, l’avenir démocratique du pays et son développement économique passent au second plan. Seule compte la protection des intérêts sordides des clans au faîte du pouvoir. Il n’est pas question pour eux de laisser la succession de Bouteflika à la sanction des urnes.

Trop risqué ! Tout sera réglé comme du papier à musique. Comme d’habitude ! Le système est bien rodé pour ça. Par ailleurs, Chakib Khelil fait du bon boulot, même s’il paraît clownesque, en réactivant les zaouïas. Ces entités religieuses peuvent avoir un impact non négligeable sur l’électorat islamiste et conservateur. Plusieurs milliards de dinars ont d’ailleurs été distribués à de nombreuses zaouïas à travers le pays. Lire la suite

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Oran : Le calvaire de Mohamed Chergui n’en finit pas

Publié le 03/05/2016, par dans Non classé.

Alors que le mélodrame judiciaire qu’a vécu le journaliste arabophone Mohamed Chergui pendant près de deux ans suite à une plainte déposée à son encontre par son ancien journal, El Djoumhouria, qui s’est soldé, le 11 avril dernier, par son acquittement pur et simple, voilà que, contre toute attente, la direction d’El Djoumhouria, non contente de cette décision de justice, a décidé d’interjeter appel près la Cour suprême.
Autrement dit, Mohamed Chergui n’en a toujours pas fini avec les tribunaux. Petit rappel des faits : Mohamed Chergui est un ancien journaliste du quotidien étatique arabophone El Djoumhouria, où il dirigeait la rubrique religieuse « Islamiyate». Durant l’été 2014, il avait repris, dans sa rubrique, l’article d’un chercheur européen qui avait pour thème « Les expressions coraniques».

Sitôt l’article publié, sa direction, ayant jugé l’article blasphématoire, l’a licencié et, quelques mois après, la mort dans l’âme, Chergui apprend que celle-ci est allée jusqu’à déposer une plainte contre lui. La machine judiciaire est alors enclenchée, et le 24 février 2015, il est condamné, par le tribunal d’Oran, à 3 ans de prison ferme et 200 000 DA d’amende pour « blasphème et atteinte au Prophète».

Ceci dit, sa première condamnation a été prononcée par défaut parce qu’il n’était pas présent, ce jour-là, au tribunal. De ce fait, il décide de s’opposer à ce verdict et sa deuxième comparution, qui a souffert de maints reports, s’est finalement soldée, le 27 novembre 2015, par une peine d’une année de prison avec sursis assortie toujours de 200 000 DA.

N’en démordant pas, la direction de son ancien journal a fait opposition à ce verdict et Mohamed Chergui a été appelé, une nouvelle fois, à se rendre devant la justice pour répondre des griefs retenus contre lui. Mais finalement, le mois d’avril dernier, le tribunal d’Oran a prononcé son acquittement, et alors qu’il se croit enfin tiré d’affaire, voilà qu’à nouveau, la direction d’El Djoumhouria décide de ne pas lâcher prise et interjette appel près la Cour suprême.

Mohamed Chergui n’est donc pas au bout de ses peines. Pour information, en février dernier, Reporter sans frontières avait réclamé la relaxe pour Mohamed Chergui. « La condamnation d’un journaliste à une peine de prison ne peut pas être décemment envisagée, explique le communiqué de RSF. La notion de blasphème ne saurait constituer une exception à la liberté d’expression en général et à la liberté d’informer en particulier.

Nous appelons donc les juges de la cour d’appel à innocenter Chergui.» Et de poursuivre : « Selon le Pacte relatif aux droits civils et politiques, les lois sur le blasphème sont prohibées, sauf si elles constituent ‘‘une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence », ce qui n’est aucunement le cas dans cette affaire.» Et de renchérir en rappelant que « les nouvelles dispositions constitutionnelles algériennes votées le 7 février 2016 prévoient explicitement l’annulation de toute peine privative de liberté à l’encontre des journalistes». Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 03/05/2016, par dans Non classé.

Houda-Imane Faraoun lance le facteur à domicile

A l’occasion de la Fête des travailleurs, Houda-Imane Faraoun, ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication, a remis dimanche dernier les diplômes aux éléments de la première promotion Facdom (facteur à domicile). Le facteur devient ainsi un agent commercial à domicile, après avoir bénéficié d’une formation l’habilitant à fournir, outre ses prestations traditionnelles, de nouveaux services à domicile, particulièrement adaptés aux besoins des femmes au foyer, aux personnes à mobilité réduite et autres personnes âgées, moyennant une contrepartie financière.

Ces prestations consistent, entre autres, dans le ramassage et la livraison de tous types d’envoi et colis à domicile (médicaments et autres), avant d’élargir ce service à l’encaissement des factures. Algérie Poste se démène pour trouver des parades à la baisse des volumes du courrier, son activité historique. L’entreprise a constaté une baisse du volume du courrier chaque année. Pour y remédier, elle a décidé de diversifier les services pour maintenir les emplois.

Emirates lance Le livre de la jungle en Algérie

Emirates, le géant du transport aérien mondial, et MD Ciné, distributeur officiel des grands « majors» du cinéma en Algérie, ont annoncé le lancement du très attendu film d’aventures, Le livre de la jungle. Emirates présente en exclusivité le film en Algérie et sponsorise sa sortie dans le cadre de sa campagne de promotion de la classe économique. La compagnie aérienne offre à ses passagers des produits et services uniques sur sa classe économique, comme la diffusion de divers contenus internationaux sur son système de divertissement primé à l’international « ice», des activités et des menus dédiés aux enfants, une cuisine raffinée d’inspiration régionale, et un service à bord animé par des membres d’équipage internationaux et polyglottes, dont des Algériens.

Des associations au secours de Tamanrasset

Des associations et acteurs de la société civile de la wilaya de Tamanrasset plaident pour une fédération des efforts pour lutter efficacement contre le phénomène de la prolifération des déchets à travers les quartiers de la capitale de l’Ahaggar. Cette inquiétante situation qui altère l’image touristique de la ville de Tamanrasset et influe négativement sur l’environnement local impose l’implication de toutes les potentialités locales pour appuyer les efforts des organismes et secteurs concernés par l’environnement, ainsi que des mécanismes visant l’intensification des initiatives de sensibilisation des citoyens, l’ancrage de la culture de préservation du milieu en tant que responsabilité et action civiques. Le président du bureau de wilaya de l’association de la jeunesse intellectuelle, Abdelghani Medeb, a mis en exergue l’important apport des actions de proximité menées par les associations et susceptibles d’accompagner les organismes et entreprises concernées par la lutte contre les phénomènes nuisant à la santé publique et l’environnement.

Oran dans l’ère des TIC

La deuxième édition de la conférence « Oran, Silicon Valley algérienne», une rencontre qui réunit des acteurs nationaux et internationaux dans le domaine des TIC, se tiendra samedi prochain à Oran, selon l’APS qui cite des sources auprès du Forum des chefs d’entreprises (FCE), organisateur de l’événement. Cette conférence vise, comme l’explique le chef de la délégation du FCE à Oran, Ghaouti Abdelhalim, à réunir les acteurs du numérique, à favoriser le partage d’expériences avec les participants étrangers (principalement français) et à sensibiliser les administrations et les autorités sur les besoins des entrepreneurs en matière de numérique.

Selon une étude menée par le FCE portant sur la diversification de l’économie algérienne, le numérique serait parmi les trois secteurs prioritaires à développer en Algérie, ce qui explique le choix du thème de cette conférence. Le choix de la ville d’Oran comme « la Silicon Valley algérienne» est, quant à lui, motivé déjà par la présence d’un institut de renom, l’Institut national des télécommunications et des technologies de l’information, la présence de plusieurs laboratoires de recherche sur les TIC, ainsi que l’amorce, depuis quelques années, d’une dynamique qui encourage la création de start-up dans le secteur technologique. Lire la suite

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Malaise au sein de la corporation médicale

Publié le 03/05/2016, par dans Non classé.

Le départ des chefs de service hospitalo-universitaires sème la discorde et engendre un grand malaise au sein de la corporation. Des sources concordantes, citant une circulaire du Premier ministère datant de mars dernier, affirment que l’âge à la retraite est fixé à 70 ans, alors que le poste de chef de service est admis jusqu’à l’âge de 65 ans avec possibilité de maintien en activité jusqu’à 70 ans par dérogation pour ceux ayant des projets de recherche ainsi que ceux assurant l’encadrement.
Les ministères de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les deux tutelles, temporisent pour la mise en application de la décision, bien que des arrêtés ministériels aient été signés. Les professeurs hospitalo-universitaires sont, quant à eux, dans l’incertitude. Si certains qualifient cela de « chasse aux sorcières», d’autres estiment qu’il est aujourd’hui urgent de fixer une date définitive pour le départ à la retraite avec une revalorisation de la pension de retraite au taux de 80% au lieu de 55% du salaire, comme c’est le cas aujourd’hui.

Du côté du ministère de l’Enseignement supérieur, la tâche semble ardue, puisque faire appliquer la décision uniquement aux hospitalo-universitaires risque d’être jugé discriminatoire vu que les professeurs de l’enseignement supérieur sont également régis par le même statut juridique. « Dans les facultés et les universités, l’équivalent des chefs de service à l’hôpital sont les chefs de département. Il est impossible de faire partir ces responsables. Il y a peu de remplaçants de rang magistral au niveau universitaire», nous confie une source proche du dossier.

Et d’avouer qu' »il est très difficile d’appliquer cela, au risque de fermer les facultés et universités, ce qui aboutira à un chaos certain».
Comme c’est également le cas pour de nombreux hôpitaux et facultés de médecine et les nouveaux CHU implantés à travers le territoire national, notamment à Ouargla, Mostaganem, Béjaïa, Béchar, Laghouat, où les éléments de rang magistral se comptent sur les doigts d’une seule main. « Actuellement, il y a déjà 299 postes non occupés depuis le dernier concours de 2014, en raison de leur situation géographique.

D’autres postes ont été également libérés avec le départ de la vague des 70 ans et plus. En tout, il y aura près 600 postes vacants à mettre au concours. Pourquoi alors cet acharnement», s’interroge un professeur en médecine. Le département de Abdelmalek Boudiaf, qui ne gère pas le dossier de retraite des hospitalo-universitaires, ne trouve pas, par contre, de problème à remplacer les chefs de service. Et de déplorer hier à Alger, selon l’APS, en marge des travaux d’un séminaire international sur le don d’organes, le fait que « des professeurs âgés de 65 ans s’accrochent encore à leurs postes».

Et d’ajouter : « Si un professeur est sollicité par un service ou un établissement, il doit signer une convention avec le ministère de la Santé pour poursuivre son activité en tant qu’activité supplémentaire.» M. Boudiaf a signalé que 165 professeurs hospitalo-universitaires sont concernés par ce départ de la chefferie de service. Et d’appeler les concernés à « ne pas considérer cette décision comme une sanction puisqu’il s’agit d’une décision conforme aux lois en vigueur». Lire la suite

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Le procès reporté à demain

Publié le 03/05/2016, par dans Non classé.

La décision prise par Grine à l’encontre du groupe El Khabar intervient à la veille de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, que les autorités se gargarisent de défendre.
L’examen de l’action en référé introduite par le ministère de la Communication pour l’annulation de la cession de parts du capital d’El Khabar au profit d’une filiale du groupe Cevital a été reporté pour demain. Le juge du tribunal administratif de Bir Mourad Raïs (Alger), Taâni Mohamed, a décidé, hier, de renvoyer le dossier vers la deuxième chambre de la même juridiction. « Le tribunal devra nous communiquer demain le dossier de fond et accorder un délai d’une semaine aux avocats de la défense pour leur permettre de déposer leurs conclusions en réponse», s’est contenté d’indiquer, à la sortie du tribunal, l’un des avocats du collectif de défense d’El Khabar, Me Benhamouda Salim.

Aucun motif n’a été avancé par le juge qui « cède» l’examen du dossier à son collègue de la deuxième chambre et président de la juridiction administrative. « Le juge n’ignore pas que l’affaire est éminemment politique. Il a voulu que ce soit le juge de la deuxième chambre et en même temps président du tribunal qui assume le verdict.

Ce report était prévisible, surtout à la veille de la célébration de la Journée de la liberté de la presse, le 3 mai», explique un avocat, rencontré dans le hall exigu de ce bâtiment de l’ancien tribunal de Bir Mourad Raïs. Cofondateur et actionnaire d’El Khabar, Cherif Rezki estime que la décision du juge administratif était attendue : « C’était prévisible. Nous considérons que le tribunal administratif n’est pas compétent pour statuer dans une telle affaire.» Le ministre de la Communication a réagi le 25 avril à l’annonce de la cession des parts du groupe El Khabar par la filiale NessProd, filiale du groupe Cevital, en affirmant qu’il « allait voir si la loi permettait cette transaction».

Le surlendemain une requête d’introduction d’instruction est déposée pour faire annuler l’acte de cession. Selon Cherif Rezki, « le ministre tape à côté». « Grine a été mal conseillé. L’argument de Grine qui veut faire appliquer l’article 24 de la loi sur l’information ne nous concerne pas. L’action en justice a été engagée contre le président du conseil d’administration alors que ce sont les actionnaires du groupe qui ont décidé de leur propre chef la cession», explique-t-il.

La décision prise par Grine à l’encontre du groupe El Khabar intervient à la veille de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, que les autorités se gargarisent de défendre. Dans son message diffusé par l’APS, le président Bouteflika rappelle son « attachement à la liberté d’expression».

Apportant un démenti à ce discours, M. Rezki dénonce une « cabale et une injustice flagrante» à l’encontre du groupe de presse. « El Khabar dérange. Dès son installation à son poste, Grine avait pour mission de casser El Khabar en exerçant des pressions sur les annonceurs privés pour qu’ils cessent de collaborer avec nous. Bien avant, en tant que directeur de la communication de l’opérateur de téléphonie Djezzy, ce même Grine a voulu faire plier notre journal.

Mais il n’y était pas parvenu», dit-il. Le cofondateur du groupe de presse arabophone soutient que le verdict de l’histoire ne sera pas clément avec le ministre Grine et ses mentors : « L’histoire va le rattraper ainsi que ses mentors qui lui ont donné l’ordre de mener une cabale contre notre journal. Au lieu de faire respecter la loi par les propriétaires de journaux qui n’existent pas dans les kiosques, ces gens veulent étouffer les libertés et faire disparaître un quotidien né dans la douleur en 1990.»

Concernant la tenue d’une assemblée générale hier et la désignation d’un nouveau conseil d’administration, le désormais directeur de la publication du groupe, Cherif Rezki, affirme que c’est « une pure coïncidence», car « l’AG tenue le 17 avril dernier avait prévu une réunion pour la désignation du conseil d’administration pour ce 2 mai (hier, ndlr).» Lire la suite

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La presse régionale : L’effet miroir

Publié le 03/05/2016, par dans Non classé.

Après la consécration officielle du multipartisme et du pluralisme, conséquence directe des événements du 5 Octobre 1988, l’émergence d’une presse indépendante a entraîné l’apparition de quelques titres régionaux dans un esprit de servir une information de proximité, censée relayer les préoccupations du citoyen négligées durant l’ère du parti unique.
Cette éclosion a été constatée à l’est du pays, précisément à Constantine, ville de tradition journalistique d’où sont issus des journalistes de renom dont certains sont éditeurs de grands journaux. C’est à partir de 1990 que des journaux régionaux voient le jour. Les Nouvelles de l’Est de Boubakeur Hamidechi était parmi les premiers titres de cette presse pionnière. Le Temps (constantinois) des frères Merdaci était aussi de la même trempe, ambitieuse est crédible grâce à la notoriété de ses initiateurs.

Entre quotidiens et hebdomadaires, la ville des Ponts a vu la naissance d’au moins sept titres de presse entre 1990 et 1995. Et il n’était pas question exclusivement de l’information générale. Une presse spécialisée a aussi émergé, dont l’hebdomadaire culturel El Djoussour ou encore El Gantra de Hamid Ali Bouacida, premier journal satirique à l’Est. Le succès de cette presse à la disposition du citoyen, se voulant le porte-drapeau de ses aspirations, s’est révélé éphémère. A moyen terme, elle sera confrontée à l’épreuve du terrain. Faute d’adhésion du lectorat, elle est acculée par les contraintes financières.

Le coup de grâce lui est asséné par la société d’impression. « Plusieurs titres régionaux ont investi cet espace disponible mais qui, en réalité, a très peu de lectorat», selon plusieurs acteurs du secteur. Des publications se sont lancées dans la bataille sans étude de marché, sans vision claire dans la stratégie, comptant profiter de l’effet de nouveauté qui vraisemblablement n’a pas suivi. Certains titres ont disparu au bout de six mois, laissant une ardoise, parfois assez lourde, auprès de l’imprimeur étatique. Les contentieux financiers ont eu raison de leur existence. Un seul titre privé a tiré son épingle du jeu et est toujours sur les étals depuis 1992.

Mais sa survie n’est pas due à sa performance ; il est sous perfusion grâce à la manne publicitaire étatique. Entre-temps, la presse nationale a investi l’ensemble du territoire avec des réseaux de correspondants et de bureaux régionaux. La presse régionale, en berne, finira par connaître une seconde vie sous une autre forme. Elle s’est diluée dans la publication nationale via les pages ou éditions régionales. Pendant une quinzaine d’années, le lecteur de province s’en est accommodé.

A partir de 2010, un retour vers cet ancien relais de l’information de proximité est de nouveau observé, mais il viendra d’ailleurs. Constantine, en tant que pôle, sera détrônée. Annaba prendra la suite avec l’apparition de plusieurs titres. La ville qui abrite L’Est Républicain depuis plus d’une décennie favorise l’émergence d’une nuée de publications, dont Le Provincial et Seybouse Times.

Mais dans l’une comme dans l’autre ville, le nerf de la guerre fait défaut. La survie des titres, étroitement liée aux rentrées publicitaires, est plus que jamais menacée. « L’existence de la presse régionale est aussi tributaire de la publicité. Et, partant, sa survie devient un préalable, reléguant la question de la liberté d’expression au second rang», affirme Samir, journaliste au quotidien régional El Raya. Après des échanges avec certains éditeurs et membres de la corporation, il en résulte que la liberté de la presse est devenue « une lubie tant la mission d’informer ne peut se faire dans des conditions financières précaires».

La presse régionale, acculée par le déséquilibre financier, ne place donc pas la liberté d’informer en haut de ses priorités. Se maintenir sur le marché est sa préoccupation majeure. Assurer le salaire des effectifs et honorer les factures mensuelles d’impression sont devenus son combat. D’ailleurs, certains de ces quotidiens paraissent par intermittence, seulement les jours où il y a quelques encarts publicitaires.

Des économies de bouts de chandelle pour ne pas mettre la clé sous le paillasson et, surtout, réduire la facture de la société d’impression qui les oblige à un tirage de 5000 exemplaires au minimum. Un autre moyen de pression et d’affaiblissement, puisque les ventes ne sont pas au rendez-vous. Peut-on donc confirmer l’échec de sa mission ? Selon la vox populi, « les journaux locaux se valent tous parce qu’il n’y a pas de compétition entre eux. Ils sont identiques, ils remplissent des pages entières d’informations puisées sur le Net, que le lecteur peut aller chercher tout seul…» Lire la suite

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