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«Un non-lieu politique»

Publié le 19/03/2016, par dans Non classé.

L’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, est rentré en Algérie, jeudi après-midi, en provenance de Paris (France).
L’homme a, même, eu doit à un accueil officiel au niveau de l’aéroport Es Sénia d’Oran de la part du wali, Abdelghani Zaalane, qui s’est entretenu avec lui, comme le montrent les vidéos des chaînes de télévision. Cette information-surprise a vite fait le tour du pays. Et elle continuait de susciter, hier encore, commentaires et interrogations.

Responsables de parti politique, juristes, activistes spécialisés dans la lutte contre la corruption et internautes s’interrogent et analysent la portée de ce retour triomphal de celui contre qui la justice algérienne s’était mobilisée il y a quelques années. Chakib Khelil a-t-il été blanchi avant même de passer devant un juge ? Pourquoi est-il revenu ? Quel impact aura son retour sur l’image de la justice algérienne ?

Pour l’avocat Khaled Bourayou, cette affaire prouve encore que « l’indépendance de la justice en Algérie est un leurre». « Je pense qu’il ne faut pas sacrifier l’essentiel à l’événementiel. Il n’y a pas une problématique de justice en Algérie mais une problématique politique ; il y a une situation inédite où un homme, sous mandat d’arrêt international, a été reçu par le wali.

Cela donne une inculpation judiciaire et un non-lieu politique», déclare-t-il. Selon lui, « cette situation est anormale». « La justice est instrumentalisée. Le paradoxe est qu’il y a un homme avec une inculpation qui rentre librement en Algérie, alors qu’un général qui a fait des déclarations dans la presse est détenu depuis 5 mois sans être entendu. Il y a là, fondamentalement, un problème de justice.

Cette affaire où la justice est discréditée aujourd’hui et fondamentalement une affaire politique», explique-t-il, précisant que la justice « est devenue l’enjeu d’une lutte entre deux clans».

« Et le clan perdant est en train de payer aujourd’hui», lance-t-il. Pour Me Bourayou, « si on suit cette logique, Khelil est en droit de se retourner contre la justice». « C’est anormal. La justice est instrumentalisée. Car en principe, c’est à la justice qui ouvre un dossier de décider de le fermer. Ce n’est pas le cas dans cette affaire», s’indigne-t-il, en concluant que « la nature du système est incompatible avec la justice et l’Etat de droit».

Quid de l’affaire Saipem en Italie ?

De son côté, le porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), Djilali Hadjadj, estime que « le retour de Chakib Khelil n’est pas une surprise». « Il est dans l’ordre des choses programmées par le pouvoir en place. Maintenant, il reste au pouvoir des puissants du moment de le blanchir du côté de l’affaire Saipem en Italie. Pour le moment, du côté des juges de Milan, il est seulement cité.

Mais la dernière mesure prise par la Cour suprême italienne, qui a décidé de réimpliquer l’ex-PDG de l’ENI, risque de ‘‘salir » Chakib Khelil», dit-il, rappelant que « le procès de Milan reprendra lundi prochain, 21 mars». Selon lui, l’opération « sauver le soldat Khelil» est en œuvre avec « le soutien et la complicité du gouvernement Obama qui n’a cessé de protéger ses ressortissants, surtout Chakib Khelil». « Obama le remet en mission sur le terrain algérien. Cela va au-delà des grandes affaires de corruption. C’est un projet de mise sous tutelle américaine de l’Algérie.

C’est donc beaucoup plus grave. Les Etats-Unis veulent reproduire le même scénario ayant conduit à la mise sous leur tutelle des monarchies de Golfe», pense-t-il. Et cela, ajoute-t-il, passe par l’intronisation « du duo Saïd Bouteflika-Chakib Khelil à la place du frère aîné malade». « Chakib Khelil est l’homme des Américains pour des intérêts géostratégiques pour 2017-2019», soutient-il.

« La justice et le justiciable Khelil»

Les partis politiques réagissent aussi à cette nouvelle et déplorent « un discrédit des institutions de la République». Ils interpellent ainsi la justice pour traiter, sans injonction, le cas du « justiciable Khelil». « Chakib Khelil est en Algérie et c’est une bonne nouvelle pour la justice et les Algériens.

Le retour de Chakib Khelil devrait être normalement quelque chose de positif dans un pays où la justice devrait chercher à éclairer l’opinion sur des affaires ayant éclaboussé un département ministériel géré pendant des années par ce dernier», souligne Atmane Mazouz, chargé de communication au RCD. Son retour au pays, enchaîne-t-il, interpelle en premier lieu ceux qui l’ont le plus souvent accusé ou protégé. « Mais cette affaire doit, en priorité, laisser place à la justice et à l’éclosion de la vérité sur des questions liées à des soupçons d’atteinte à l’économie nationale.

On saura enfin s’il y a volonté d’aller au fond des choses, si l’épisode Sonatrach sera traité en profondeur ou non et ainsi pouvoir analyser les véritables motivations de ceux qui se cachent derrière les dossiers Sonatrach», indique-t-il, en espérant que « la justice ne soit pas sacrifiée sur l’autel des règlements de comptes entre les différents clans». « Chakib Khelil est un justiciable comme tous les citoyens et il ne doit pas être au-dessus des lois ou servir de bouc émissaire», rappelle-t-il.

Le président du mouvement Ennahda, Mohamed Dhouibi, a estimé, lors d’un meeting animé à M’sila, que le retour de Chakib Khelil « ébranle les fondements de l’Etat algérien qui n’a pas respecté les principes de la justice ne serait-ce que sur le plan de la forme». « Il remet en cause le discours officiel sur l’indépendance de la justice et constitue une provocation à l’égard du peuple algérien qui n’aspire qu’à un travail objectif de la justice, seule habilitée à innocenter les innocents et à condamner les coupables», affirme-t-il.

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«Le retour de Chakib Khelil est un non-événement»

Publié le 19/03/2016, par dans Non classé.

La réhabilitation ou pas de n’importe quel cadre de l’Etat poursuivi ou injustement incarcéré relève des prérogatives exclusives de la justice.
Le pouvoir ne devrait pas faire dans la provocation.» C’est là l’avertissement lancé hier par Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), à l’ouverture de la conférence des délégués de la wilaya d’Alger organisée à El Harrach. S’exprimant sur le retour en Algérie de Chakib Khelil, ancien ministre de l’Energie et des Mines, l’oratrice le qualifie, contre toute attente, de « non-événement». « Le retour du citoyen Chakib Khelil, jeudi en Algérie, est jusqu’à maintenant un non-événement.

Actuellement, il existe bien des ministres qui font le va- et-vient à l’étranger et nous savons tous que les poursuites judiciaires contre lui ont été suspendues», s’est exclamée Mme Hanoune. Restant dans les mises en garde et les avertissements, la leader du PT a fait le lien entre le retour de Khelil, dont le nom est lié au scandale Sonatrach, et le chaos qui règne actuellement au Brésil en raison, entre autres, de la corruption qui gangrène cet Etat.

Louisa Hanoune tire la sonnette d’alarme et avertit contre un scénario à la brésilienne, convaincue que les événements qui secouent le Brésil ont été déclenchés et alimentés par le dossier de corruption dans une société pétrolière Petrobras, l’équivalent de Sonatrach en Algérie. « Il suffit d’une petite flamme pour qu’il y ait une explosion. Les Algériens ne sont pas dupes, la preuve a été donnée à partir du Brésil», tranche Mme Hanoune qui prévient contre les dangers de toute provocation.

« Réhabiliter Chakib Khelil alors qu’il y a des milliers de cadres marginalisés après avoir été blanchis par la justice est un mépris pour ce peuple», estime-t-elle, se défendant d’un quelconque changement de la position de son parti, notamment lorsqu’il s’agit de questions qui touchent essentiellement à la souveraineté nationale.

La secrétaire générale du PT a rappelé, dans la foulée, le combat mené par sa formation contre la loi sur les hydrocarbures présentée à l’époque par Chakib Khelil et la position du président de la République qui a répondu favorablement à cette doléance en procédant au retrait de ce projet antinational. « Que Dieu préserve l’Algérie du pire», lance-t-elle.

Notons qu’il y a un mois, Louisa Hanoune avait menacé de rendre publiques des informations concernant l’implication de Chakib Khelil dans des opérations mafieuses menées par des parties en relation avec des services de renseignement au niveau international. Elle avait accusé Chakib Khelil de « haute trahison». Hier, elle n’a pas évoqué ces dossiers, mais a juste invité la justice à jouer son rôle.

Par ailleurs, lors de son discours d’un peu moins d’une heure, Mme Hanoune a vivement critiqué le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, et la politique économique du gouvernement. Pour elle, le recours à l’endettement interne est une solution de facilité, alors que l’endettement extérieur est déconseillé par nombre d’experts qui, explique-t-elle, s’interrogent sur la gestion démocratique des deniers publics et sur le statut des projets publics que l’Etat envisage de lancer à travers l’emprunt obligataire.

Mme Hanoune a tiré à boulets rouges sur « le FMI qui n’a pas à nous dicter la marche à suivre. Nous disons au FMI que les Algériens n’accepteront jamais le retour à la pauvreté, ni la réduction du cours du travail ni la généralisation de la réglementation». La conférencière a précisé que son parti débattra de toutes ces question lors de la conférence nationale des cadres qui se tiendra le weed-end prochain.
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On vous le dit

Publié le 19/03/2016, par dans Non classé.

Cinq personnes sauvées in extremis d’une asphyxie au monoxyde de carbone
Cinq personnes d’une même famille, un couple et leurs trois enfants, ont été sauvées in extrémis, dans la nuit du lundi à mardi, à Béjaïa, d’une mort certaine, après avoir inhalé dans leur sommeil une forte dose de monoxyde de carbone, a indiqué la Protection civile. Les victimes avaient été exposées aux émanations d’un chauffe-bainplusieurs heures durant et ont dû être transférées en extrême urgence à l’hopital Khellil Amrane dans un état critique, a-t-on précisé. « C’est un voisin de palier qui, ayant senti l’odeur du gaz, a donné l’alerte», a-t-on ajouté.

Le transport spatial très convoité

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a annoncé hier travailler à un ensemble de règlements devant encadrer d’ici cinq ans le transport spatial, secteur auparavant réservé à une poignée d’Etats mais désormais convoité par des acteurs privés. L’agence onusienne organise de mardi à jeudi à Abu Dhabi, en collaboration avec le Bureau des affaires spatiales des Nations unies (Unoosa), une conférence sur le développement technologique et commercial des voyages dans l’espace. L’industrie du vol spatial commercial a accompli des progrès importants, et la conférence de l’OACI et de l’Unoosa sera l’occasion de s’attaquer à des questions importantes.

L’USTHB et le partenariat avec les Canadiens

L’Université des sciences et de la technologie Houari Boumediène (USTHB) et Ecodev, leaders et experts pour la coopération et le développement, en partenariat avec l’Ecole nationale polytechnique (ENP) et l’Ecole nationale supérieure d’informatique (ESI) organisent le congrès algérien du numérique (CAN 2016) sur le transfert du savoir-faire, l’innovation et le développement économique à l’USTHB (Alger) les 6 et 7 avril prochain. Ce colloque se veut un atelier de concertation et de planification de la recherche et vise à réunir les acteurs-clés (d’Algérie et du Canada) dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (chercheurs, entrepreneurs et autres organismes) pour travailler ensemble à l’identification de pistes de solutions répondant aux besoins identifiés ou rencontrés par le secteur des TIC.

Les documents qui prouvent la violence physique à Tassili Airlines

Après avoir donné l’information sur une agression physique à Tassili Airlines et pour laquelle nous avons reçu une mise au point, nous confirmons la véracité de ce que nous avons rapporté, documents à l’appui. En effet, nous avons pu nous procurer une copie du certificat médical de constat de coups et blessures volontaires signé par un médecin légiste. Ce certificat confirme la violence physique dont a été victime un employé de Tassili, agressé par un cadre de la même compagnie.

Cet employé, qui s’est plaint de vertiges et de douleurs, a finalement eu, comme constaté par le médecin, un traumatisme crânien, à l’origine d’un hématome de 4 cm de grand axe, frontal gauche, et d’une plaie punctiforme du pavillon de l’oreille gauche. Des blessures qui ont occasionné à l’employé une totale incapacité de travail. Ce document suffit pour dire qu’il ne s’agissait pas d’un mensonge comme il était écrit dans la mise au point, mais plutôt d’une agression en bonne et due forme. Au lieu de s’employer à tenter de démentir une information authentifiée, il vaut mieux donc pour les responsables de cette compagnie prendre les mesures disciplinaires contre l’agresseur.

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L’école sous surveillance

Publié le 19/03/2016, par dans Non classé.

Les ministères de l’Education nationale, de l’Intérieur et des Collectivités locales et de la Défense nationale ont signé, jeudi à Alger, une convention-cadre visant à lutter contre la violence en milieu scolaire.
Dans son allocution avant la signature de ce document qui s’est déroulée au siège du ministère de l’Education, Nouria Benghebrit soutient que « la lutte contre la violence en milieu scolaire passe par la prévention et la sensibilisation en privilégiant le dialogue et la médiation, en redoublant de vigilance et en bannissant l’impunité par l’application de la loi». Le mot d’ordre pour ce département est de « faire de l’école un espace protecteur et protégé» et de prendre en charge le fléau de « manière globale et permanente et non de façon partielle et conjoncturelle».

Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, a quant à lui appelé à « sécuriser et assainir le système éducatif», estimant que « les tentatives visant à le désigner comme un espace non sécurisé ont pour but de déstabiliser l’Etat». Le ministre de l’Intérieur souligne que « l’école doit rester la ligne rouge à ne pas franchir», précisant que le gouvernement « est déterminé à lutter contre toutes les formes de violence à travers l’adoption de nouvelles mesures à même de réduire la dangerosité de ce phénomène».

Le général-major Menad Nouba, commandant de la Gendarmerie nationale, a, pour sa part, indiqué que la convention « constitue un outil pour le renforcement de la coordination et de la collaboration entre les ministères de l’Education, de la Défense et de l’Intérieur conformément aux directives contenues dans le programme du gouvernement».

Concrètement, l’accord consiste en la création d’une cellule de suivi et de traitement des données relatives au phénomène de la violence, conjointement avec ce qui se fait au niveau de l’Observatoire national de l’éducation et de la formation installé récemment.

Pas d’atteinte à la franchise scolaire

Si les mesures de fonctionnement n’ont pas été détaillées par les différentes parties signataires de ce document, qui seront annoncées « au moment opportun», des assurances ont été fournies par certains membres de la commission de suivi installée à cet effet. « Il ne s’agit nullement de policer l’école», assure Noureddine Khaldi, directeur de l’éducation d’Alger-Centre et membre de la commission précitée. « Il ne s’agit en aucun cas de mettre des policiers et des gendarmes dans l’enceinte scolaire, mais de sécuriser l’environnement direct de l’école, à la demande des directeurs d’établissement.

La franchise scolaire ne sera en aucun cas violée», détaille M. Khaldi, expliquant, en marge de la cérémonie de signature, que « cet accord permettra aux chefs d’établissement, à la demande de toute la communauté scolaire, de faire appel aux services de sécurité, sans les retards engendrés par les lentes procédures, et de traiter les cas avec l’urgence dictée par le souci de préserver tout d’abord l’intérêt des enfants scolarisés».

C’est donc un outil qui définit la procédure à suivre en cas de besoin, qui alerter, à qui s’adresser. « Cet accord stipule la mise en place de tout un appareil de suivi, d’intervention et de traitement des informations pour préserver un climat scolaire sain et protégé.» « Les fléaux qui menacent l’intégrité des écoliers (drogue, armes blanches, subversion…) vont désormais être traités de manière plus structurée et le secteur aura donc des données réelles sur les dangers qui guettent sa stabilité», détaille M. Khaldi rappelant le lancement d’enquêtes sur la drogue.

Y a-t-il péril en la demeure ?

Les parents d’élèves, à travers l’Association nationale des parents d’élèves, applaudissent à cette mesure « revendiquée depuis 4 ans», selon Khaled Ahmed, président de cette organisation interrogée en marge de la cérémonie. Cet accord répond à un besoin exprimé par la communauté scolaire, aussi bien pour évaluer les dangers que pour y remédier. L’Association espère un ciblage de toutes les formes de violence, à commencer par celles qui ont tendance à se banaliser tels les comportements de plus en plus violents des apprenants et des enseignants.

Pour Khaled Ahmed, « l’école n’est pas à l’abri de la violence idéologique, endoctrinant et ciblant les jeunes». « Cet appareil permettra, espérons-le, de détecter à temps toute tentative d’endoctrinement ou de discours subversif pouvant cibler l’école, qui doit rester un lieu sûr», soutient-il.

Boualem Amoura, du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), explique que le danger de l’endoctrinement doit être pris avec rigueur par cette commission, craignant une montée de ce fléau vu le contexte actuel. « L’école est plus que jamais ciblée par les tentatives de déstabilisation», estime M. Amoura, appelant la communauté à être alerte pour faire face à tout risque. « Cet accord doit être suivi par une révision du contenu du programme qui contient des chapitres qui « favorisent les comportements violents», ajoute-t-il.
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L’ambassade de Chine appelle ses ressortissants à la vigilance

Publié le 19/03/2016, par dans Non classé.

L’ambassade de Chine en Algérie a mis récemment en garde ses ressortissants exerçant sur le chantier de la pénétrante Béjaïa-Ahnif contre d’éventuelles attaques terroristes dans la région.
Une source proche de l’entreprise algéro-chinoise Crcc-Sapta, en charge du projet de la pénétrante depuis trois ans, a indiqué à El Watan que les responsables et les ouvriers ont reçu des SMS les mettant en garde contre d’éventuelles attaques terroristes. Des experts auraient même été dépêchés sur place pour contrôler l’efficacité du dispositif de caméras de surveillance, a ajouté la même source. Les bases de vie et les installations de l’entreprise implantées sur plusieurs localités le long du tracé de la pénétrante « sont en état d’alerte maximum», nous ont confié des travailleurs algériens de l’entreprise. Lire la suite

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Les sites gaziers de nouveau ciblés

Publié le 19/03/2016, par dans Non classé.

La localité de Khrechba, située à 200 km de Ménéa, wilaya de Ghardaïa, s’est réveillée hier matin au son de détonations de mortier.
Des terroristes ont attaqué un site gazier à coups de roquettes artisanales. Au nombre de deux, selon les autorités, et d’au moins quatre d’après des sources locales, « le groupe est arrivé à bord de deux véhicules tout-terrain et a tiré de loin une salve d’obus, sans faire de victime. Les roquettes sont tombées à proximité du site mais loin des installations de production et de la base de vie.

L’attaque a duré le temps des tirs, avant que les assaillants ne prennent la fuite à bord de leurs véhicules vers une destination inconnue», indiquent nos interlocuteurs, qui précisent : « Il y a eu une riposte des troupes postées non loin du site.

L’alerte rapide a permis de boucler toute la zone, avec un dispositif militaire impressionnant appuyé par des moyens aériens. Il n’est pas exclu que le groupe puisse être localisé parce qu’il n’a pas pu aller loin, en raison de la réaction rapide des forces de sécurité.» Reprises par l’APS, des sources officielles affirment quant à elles : « Tôt dans la matinée de vendredi, deux terroristes ont tiré des roquettes artisanales sur l’installation gazière de Khrechba, n’ayant causé aucune victime.

Aucun dégât matériel n’a été déploré, alors que les forces de sécurité continuent à traquer les deux terroristes qui ont pris la fuite après leur tentative d’attaque.» Quelques heures après, deux compagnies pétrolières étrangères ont rendu publics des communiqués sur leurs sites web. Ainsi, la britannique Bristish Petrolium a déclaré avoir été informée d' »une attaque à la roquette sur le site Khrechba à In Salah, depuis l’extérieur du périmètre du site, vers 6h30, sans faire de blessés parmi le personnel, tout en précisant avoir pris des mesures de sécurité.

La première priorité de BP est la sécurité des personnes. Aucune personne de notre personnel n’a été touchée. Nous sommes en contact avec l’équipe In Salah Gas ainsi que nos partenaires de coentreprise Statoil et Sonatrach et toutes les parties prenantes qui fournissent un appui pour assurer la sécurité des personnes concernées».

Abondant dans le même sens, la norvégienne Statoil a annoncé l’attaque du site In Salah Gas Khrechba par des munitions explosives tirées à distance, tout en soulignant avoir pris attache avec ses « trois employés qui, selon elle, sont sains et saufs».

Associée à ces deux compagnies, Sonatrach a réagi en milieu d’après-midi dans un communiqué où elle précise : « Tôt cette matinée, il y a eu échec d’une tentative d’attaque aux mortiers et aux armes artisanales sur les installations exploitées en association entre Sonatrach-BP-Statoil de Khrechba à In Salah.

Cette tentative n’a eu aucun impact sur les installations ainsi que la production et le dispositif d’alerte mis en place a parfaitement fonctionné et a permis de mettre en échec cette tentative.» Quelques heures plus tard, c’est le ministère de la Défense nationale qui affirme : « Deux obus de fabrication artisanale sont tombés près du poste de contrôle d’un site de la société nationale Sonatrach, à Khrechba à 200 kilomètres au sud-ouest de Ménéa, sans causer de perte humaine ou matérielle.

La réaction rapide du détachement de l’Armée nationale populaire en charge de la protection du site a mis en échec cette tentative d’attentat terroriste et il a été procédé immédiatement au bouclage de la zone et une opération de recherche et de fouille a été déclenchée avec emploi des moyens appropriés, dont des hélicoptères.»

En tout état de cause, cette tentative d’attaque contre un site gazier semble avoir comme objectif le seul effet médiatique, après la série d’opérations militaires menées par les troupes de l’Anp sur le territoire national. Même s’il n’y a pas eu de victime ni de dégât, le fait d’avoir ciblé des installations appartenant à des compagnies étrangères a assuré aux terroristes une large médiatisation.

Cette attaque intervient quelques jours seulement après l’appel à la « vigilance» lancé par le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’Anp, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah. En effet, le 13 mars, le premier responsable de l’armée a rompu le silence pour exhorter les militaires, à partir de Ouargla, « à une vigilance accrue» en raison « de la dégradation inédite» de la situation sécuritaire.

Pour la première fois, Gaïd Salah n’appelle pas à la mobilisation des troupes, mais plutôt à de la vigilance, face à un danger aussi imminent qu’important, en lien avec la situation gravissime qui prévaut en Libye et en Tunisie.
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