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Ethique politique ou restriction des libertés

Publié le 07/01/2016, par dans Non classé.

Le président de la République décide, cette fois-ci, d’interdire le nomadisme politique en l’imposant dans le nouveau projet de révision de la Constitution. Un article portant sur sa suppression pure et simple a été introduit dans la nouvelle loi.
L’article en question énonce qu' »est déchu de plein droit de son mandat électif l’élu de l’Assemblée populaire nationale ou du Conseil de la nation, affilié à un parti politique, qui aura volontairement changé l’appartenance sous l’égide de laquelle il a été élu». Une proposition chère à la première dame du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, dont sa formation a le plus souffert de cette pratique. Cette mesure devra, selon le chef de cabinet à la Présidence, Ahmed Ouyahia, qui a livré les grands axes de ce projet mardi dernier, renforcer la stabilité et mettre de l’ordre au sein des formations politiques en activité sur la scène nationale.

A rappeler qu’en 2011, le chef de l’Etat avait tenté de mettre fin au phénomène du nomadisme politique par une mesure introduite dans le projet de loi portant régime électoral. Mais contre toute attente, ce sont les partis au pouvoir qui se sont opposés à cette disposition en votant contre. Puis le 2 novembre 2011, les députés des partis représentant la majorité parlementaire (FLN, RND et MSP) ont approuvé haut la main la suppression de l’article 63 du projet de loi organique portant régime électoral relatif au nomadisme politique des élus.

L’article stipule : « Est déchu de plein droit de son mandat électif tout élu qui aura rejoint, en cours de mandat, un parti politique autre que celui sous l’égide duquel il a été élu en qualité de membre de l’Assemblée populaire nationale, du Conseil de la nation, d’une Assemblée populaire communale ou de wilaya.» Une disposition défendue et soutenue par les députés du PT et des partis islamistes El Islah et Ennhada qui ont voté pour son maintien.

Le PT, dirigé par Louisa Hanoune — qui a fait campagne pour l’éradication de cette pratique — a été fortement touché et a fait par contre les choux gras du FLN. Cette même année, le PT avait perdu une dizaine de députés du fait du réglement intérieur du parti qui prévoit que le député reverse son salaire à sa formation, qui décide de sa rémunération en tant que cadre.

Certains députés ont refusé de se soumettre à cette règle et, au lieu de remettre leur mandat, ils ont décidé de déserter le parti et de rejoindre d’autres formations politiques, notamment le FLN et le RND. Depuis, Louisa Hanoune oblige les candidats aux législatives à prêter un serment public devant les militants. Dans ce serment, ils s’engagent à rester fidèles au parti durant leur mandat.

Aujourd’hui, comme le ridicule ne tue pas, le FLN applaudit cette disposition qui devrait permettre, selon Hocine Khaldoune (membre du bureau politique) la moralisation de la classe politique. Mieux, il demande qu’elle soit dorénavant inscrite dans les statuts organiques des partis politiques.

Pour Rachid Grim, politologue, cette mesure est « un cadeau» à Louisa Hanoune, qui mène ces derniers temps, à travers le Groupe des 19, une bataille contre l’oligarchie et contre ceux qui entourent le Président. « A défaut d’être reçue par le Président auquel elle a demandé audience dans le cadre de la démarche du Groupe des 19, elle obtient un lot de consolation», résume le politologue. Lire la suite

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«L’hypothèse d’un changement de régime n’a pas été retenu»

Publié le 07/01/2016, par dans Non classé.

Le projet de révision de la Constitution révélé avant-hier par la présidence de la République n’a pas réussi à susciter « l’engouement politique» tant espéré par ses initiateurs qui l’ont présenté au départ comme une démarche « audacieuse». Après cinq années de « consultations», de conciliabules et de tapage politique, la mouture présentée par Ahmed Ouyahia est jugée « timide» et surtout loin de jeter les bases d’un système démocratique. La constitutionnaliste Fatiha Benabbou explique, dans cette interview, comment, à travers ce texte, « le pouvoir s’agrippe à sa logique profonde d’un système de pouvoir concentré entre les mains du Président et, surtout, sa hantise de toute velléité de démembrement de la citadelle présidentielle».
– Quelle est la première lecture que vous faites du projet de révision de la Constitution ?

Je préfère parler d’une politique des petits pas avec une ferme volonté de contrôler toute ouverture. Certes, on ne peut nier que cette révision constitutionnelle a opéré des réaménagements importants, même si une première lecture me donne l’impression que le pouvoir s’agrippe à sa logique profonde d’un système de pouvoir concentré entre les mains du président de la République et, surtout, sa hantise de toute velléité de démembrement de la citadelle présidentielle. En témoigne l’article 87 de l’actuelle Constitution, qui reste le gardien privilégié de la forteresse imprenable. Indéniablement, le Président reste au cœur du système institutionnel et du fonctionnement des institutions. L’hypothèse d’un changement de régime n’a pas été retenue.

– A la lumière des nouvelles dispositions, pensez-vous qu’elles consacrent un rééquilibrage des pouvoir (exécutif-législatif) ou bien qu’elles confirment l’hyperprésidentialisation du pouvoir ?

Si on reste attentif à l’agencement constitutionnel, celui-ci continue à s’inscrire dans une continuité institutionnelle sans faute. Ce qui signifie que cette évolution reste fidèle au schéma des origines. Sans conteste, cette révision reste dans la continuité de la logique inhérente au système institutionnel algérien qui a toujours prévalu depuis l’indépendance : un chef qui incarne et dirige la nation.

– Cette révision touche-t-elle aux grands équilibres institutionnels et constitutionnels de l’Etat ?

Sans nul doute, les quelques concessions importantes n’ébranlent pas la conception pyramidale du pouvoir, qui conserve à son sommet un chef incontesté. L’articulation entre les différents pouvoirs continue à révéler une suprématie du président de la République sur tous les autres organes constitutionnels.

Par rapport au Parlement, il y a seulement un encadrement de la législation présidentielle par ordonnance qui commence à s’effilocher, puisqu’elle se restreint sur le plan temporel et se greffe d’une condition d’urgence. Quant à l’opposition, elle bénéficie de deux avancées : une timide reconnaissance constitutionnelle et une simple possibilité de saisir le Conseil constitutionnel.
Par ailleurs, l’Exécutif ne s’est pas départi de son monocéphalisme.

Ce qui signifie clairement que le chef de l’Etat demeure le gouvernant effectif sans la responsabilité politique correspondante. La tutelle du Président sur le gouvernement est particulièrement visible, non seulement au niveau organique par la nomination de tout le gouvernement, Premier ministre y compris, que par la mise de fin de fonction de ce dernier, mais également au niveau du fonctionnement, grâce à la présidence du Conseil des ministres et la paternité du programme gouvernemental. Quant au gouvernement, il continue de rester un simple exécutant matériel du programme du président de la République. Par conséquent, la détermination de la politique de la nation ne peut être que du ressort de ce dernier.

Vis-à-vis du pouvoir judiciaire, si le principe d’inamovibilité du juge du siège a été constitutionnalisé, ce qui signifie que les magistrats peuvent jouir effectivement d’une garantie spécifique ; néanmoins, une réserve s’impose : le Haut-Conseil de la magistrature demeure présidé par le Président. Ce qui, indéniablement, est incompatible avec les principes de séparation des pouvoirs et d’indépendance du pouvoir judiciaire.
En définitive, l’objectif du rééquilibrage des pouvoirs n’a pas été atteint. Le Président reste encore omnicompétent malgré la limitation de renouvellement de son mandat.

– Quel commentaire faites-vous au sujet de cet article 129 : « Le président de l’Assemblée populaire nationale, le président du Conseil de la nation, le président du Conseil constitutionnel et le Premier ministre consultés, le président de la République peut décider de la dissolution de l’Assemblée populaire nationale ou d’élections législatives anticipées» ?

Arme redoutable qui permet d’achever prématurément le mandat de l’Assemblée populaire nationale, cette dissolution tend à l’exacerbation de la puissance présidentielle surtout si elle est destinée à sanctionner une APN qui s’opposerait au chef de l’Etat. Et même si ce dernier n’a pas eu besoin de recourir à la dissolution dans la pratique, la seule menace, véritable épée de Damoclès, suffit à dissuader une Assemblée frondeuse.

Elle n’est pas, comme en régime parlementaire, un simple moyen de proposition du Président-arbitre au peuple souverain, appelé à trancher définitivement. Bien au contraire, né d’une conception d’un présidentialisme renforcé, ce droit de révoquer l’APN, sans condition, est destiné à renforcer la position du président de la République. Introduite pour la première fois dans la Constitution de 1976, cette dissolution — que je qualifie d’inconditionnelle — correspond le mieux à l’essence du système institutionnel algérien puisqu’il s’agit d’une technique qui ressort de la logique de « l’unité du pouvoir concentré entre les mains» du chef de l’Etat, de surcroît gouvernant effectif.

Par conséquent, elle porte atteinte à l’indépendance organique de l’APN, alors que le président de la République n’est pourtant aucunement inquiété quant à son sort… Pourquoi qualifier cette dissolution de l’article 129 d' »inconditionnelle» ? En fait, cette qualification résulte du régime juridique souple, tel qu’il ressort de ladite disposition ; en l’occurrence, les consultations préalables, dont le contenu ne lie pas le président de la République, même si un délai maximal est fixé pour organiser des élections législatives.

– Le projet de révision énonce l’autonomie administrative et financière du Conseil constitutionnel. Qu’en est-il de son autonomie politique ?

Le nœud gordien se situe à ce niveau. Les points d’achoppement sont relatifs à son mode de nomination et à ses prérogatives. Incontestablement, l’introduction du recours préjudiciel de constitutionnalité dans l’actuelle révision aurait été une petite révolution si deux bémols n’en diminuaient pas, considérablement, la portée : d’une part, de par le mode de nomination politique de ses membres, le Conseil constitutionnel Lire la suite

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«Le gré à gré a été décidé d’en haut»

Publié le 07/01/2016, par dans Non classé.

Le tribunal entame l’audition du des cinq mis en cause dans le cadre du contrat d’étude et de réfection du siège de Ghermoul, confié au bureau d’étude privé CAD.
Le premier à être appelé à la barre est Abdelwahab Abdelaziz, qui était sous-directeur des activités centrales. Ce spécialiste de l’informatique doit répondre des délits de « complicité dans passation de contrat en violation de la réglementation pour accorder d’indus avantages à autrui» et « dilapidation de deniers publics». Il explique qu’avant d’être nommé directeur des activités centrales en juillet 2009, il était chargé de la gestion des grands projets de Sonatrach. « Par la suite, on m’a confié la gestion du siège Ghermoul.

Ce sont des projets du ministre. Ils étaient déjà en exécution. Je ne faisais que les suivre», dit-il. Le juge le fait revenir à la réfection du siège de Ghermoul. Selon l’accusé, il y a eu « un avis d’appel d’offres national et international pour le diagnostic, l’étude et le suivi, lancé par Chawki Rahal, vice-président chargé des activités commerciales, qui était le maître de l’ouvrage, nous en tant que délégué. C’est clairement précisé dans le procès-verbal.

Le PDG m’a convoqué dans son bureau. Il m’a intimé l’ordre d’aller occuper Ghermoul et d’entamer la démolition. Dès que je suis sorti, de son bureau, M. Senhadji, chargé des activités centrales et qui était mon supérieur, m’appelle pour me demander de préparer un projet de lettre uniquement pour le cahier des charges». Le juge : « Mais l’étude n’était pas encore faite ?» L’accusé : « Il fallait démolir pour que l’étude démarre. J’ai informé le bureau d’étude retenu, CAD, appartenant à Mme Meliani, puisque le marché lui avait été confié de gré à gré par le PDG et Senhadji.» Le juge : « Vous aviez lancé un avis d’appel d’offres et il y a eu des soumissions.

Pourquoi le gré à gré ?» Abdelwahab : « Ceux qui ont pris cette décision sont Senhadji et Meziane. Ils disent qu’ils ont eu des instructions parce qu’il y avait urgence. Le gré à gré, c’est uniquement pour le diagnostic et l’étude. Dans la pratique, au niveau de la compagnie, tout ce qui n’est pas quantifiable passe par un gré à gré. 90% des études sont données de gré à gré parce qu’elles ne sont pas quantifiables.» Le juge : « Qui a choisi ce bureau ?» L’accusé : « C’est Senhadji qui a décidé.

Le montant du projet était de 450 millions de dinars.» Le juge rappelle à Abdelwahab ses propos tenus lors de l’instruction, selon lesquel le gré à gré a été décidé par le PDG, sur proposition de Senhadji. Selon lui, CAD avait réalisé 50% de l’étude et a obtenu le paiement, signé par l’ordonnateur Senhadji, après la validation par ses soins du service fait. « Lorsqu’il a réalisé la seconde partie des travaux, le maître de l’ouvrage a émis des réserves. Le bureau ne pouvait pas être payé.

Mme Meliani est venue se plaindre à moi. J’ai vérifié, j’ai trouvé qu’elle avait présenté des documents qui avaient été rejetés par les ingénieurs, qui ont estimé que les travaux n’étaient pas conformes», explique l’accusé. Le président revient sur la chronologie de ce projet. « M. Senhadji nous avait dit qu’il n’était pas question de lancer un avis d’appel d’offres tous azimuts. Il nous a demandé de choisir les sociétés les plus performantes, comme celles qui travaillaient avec BRC par exemple. J’ai fait une présélection parmi celles-ci et j’ai présenté une liste de 8, qui a été validée par le PDG et le directeur exécutif chargé des activités centrales, M. Senhadji. La consultation restreinte a été lancée.

Nous avons obtenu les offres techniques. J’étais sur le point de faire l’alignement de ces derniers lorsque M. Senhadji m’a appelé pour me dire de transmettre le dossier à Rahal, chargé de la commercialisation, qui s’est plaint des lenteurs dans sa gestion. J’ai fait le transfert à la commercialisation, qui a achevé la procédure et signé le contrat.» Abdelwahab révèle avoir remis tous les dossiers de gré à gré que les agents du DRS lui avaient demandé.

Le président cite une longue liste de marchés de dizaines de millions de dinars et d’euros octroyés à CAD, mais aussi à des sociétés chinoise, turque, et libanaise pour réaliser, par exemple, le club de tennis de Hydra (17 millions d’euros), le club pétrolier de Zéralda pour 37,9 millions de dollars, une étude de réfection de deux étages du siège de Ghermoul pour 3 millions d’euros, la réfection du 10e étage pour 2 millions d’euros, et « la liste est longue», lance le président. L’accusé : « Les 3 millions d’euros concernent un avenant au premier contrat avc KPMG, datant de l’époque de Senhadji. Je l’ai annulé, parce qu’ils avaient refusé d’ouvrir un bureau comme le précise la procédure.» Le juge l’interroge sur un autre contrat de 690 millions de dinars pour la construction de hangars.

Il explique qu’il s’agit d’une opération de sponsoring décidée par le ministre de l’Energie, pour la réalisation de hangars au profit du ministère de la Justice. Le juge l’interroge sur le lien entre l’accusé et le contrat objet de l’affaire. L’accusé persiste à affirmer qu’il n’a fait que rédiger un projet de lettre sur l’étude de marché, sur demande de son responsable, le directeur des activités commerciales, lequel l’a signée. Il reste formel quant au choix du bureau d’étude CAD par le directeur des activités centrales. Abdelwahab explique qu’après les enquêtes du DRS, « Rahal a dit avoir acheté un terrain à Bab Ezzouar pour construire un siège.

Le PDG a ordonné le transfert du dossier de réalisation de Ghermoul à mes services, d’enlever tout ce qui était produits de luxe et de lancer un avis d’appel d’offres national ouvert». Le juge lui rappelle ses déclarations selon lesquelles le bureau CAD a obtenu de nombreux contrats de gré à gré depuis BRC jusqu’à Ghermoul, sur ordre de Senhadji et avec l’accord du PDG. Abdelwahab confirme. Au sujet de la qualification du bureau d’étude dans ce projet, l’accusé, sans hésitation, affirme : « Les ingénieurs ont émis des réserves sur des détails de Lire la suite

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Quelle parade pour le gouvernement ?

Publié le 07/01/2016, par dans Non classé.

La situation économique se dégrade à tel point que les prévisions d’encadrement budgétaire et les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la loi de finances 2016 s’avèrent d’ores et déjà insuffisantes.
Comment peut- il en être autrement lorsque la cadence des alertes pessimistes du gouverneur de la Banque d’Algérie — qui n’est pas connu pour le maniement de la langue de bois — s’accélère au fil de la dégradation de la situation économique du pays qui voit ses ressources s’amenuiser au fur et à mesure que le baril du pétrole se déprécie sur le marché mondial ? Hier, Mohamed Laksaci a monté de plusieurs crans ses alertes, à la faveur de la présentation de la note de conjoncture préparée par son institution, pour confirmer l’ampleur du choc externe que subit l’économie algérienne dans le sillage de la chute des prix du pétrole qui a perdu plus de 60% de sa valeur depuis juin 2014.

Les recettes en nette baisse qui mettent tous les indicateurs macroéconomiques du pays au rouge et creusent le déficit budgétaire au-delà des prédictions les plus alarmantes, sonnant le glas de la parade imaginée par le gouvernement. En annonçant des tendances monétaires et financières enregistrées au cours des neuf premiers mois de l’année 2015, Mohamed Laksaci insiste notamment sur le creusement du déficit budgétaire et l’érosion des ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR) dont le solde se hissait à peine au-dessus de 28 milliards de dollars en septembre 2015.

Une détérioration accélérée des indicateurs macroéconomiques qui risque de se poursuivre en 2016 des suites de la baisse drastique des revenus du pays, tirés d’un baril de pétrole en glissement effréné ces derniers mois. Hier, il a même chuté — au moment même où M. Laksaci égrenait les mauvaises nouvelles accumulées depuis quelques mois — en dessous de 35 dollars le baril, un seuil jamais atteint depuis juillet 2004. Des mauvaises nouvelles qui s’amoncellent à un rythme effréné et qui risquent d’annuler toutes les anticipations budgétaires du gouvernement qui a notamment maintenu un baril de référence de 37 dollars le baril dans la loi de finances 2016, ce qui risque de l’amener à revoir sa copie lors d’une LFC 2016 qui s’avère d’ores et déjà incontournable.

Le gouvernement aura aussi le loisir de recourir à l’application répétée et accélérée de l’article 71 de la LF 2016 qui permet au gouvernement de rédiger des décrets d’ajustement pour l’annulation de crédits préalablement votés dans le cadre de la loi de finances lorsque les équilibres budgétaires sont compromis. L’Exécutif n’aura d’autre choix que de mettre entre parenthèses certains projets pour en privilégier d’autres.
Des secteurs entiers risquent de se voir ainsi dépouillés de leur budget, si l’on s’en tient à l’explication donnée par le ministre des Finances pour justifier l’introduction de l’article 71 dans la LF 2016.

Le gouvernement envisage en effet, en vertu de cette disposition, de collecter les ressources au profit de projets qu’il jugera prioritaires et nécessaires au détriment d’autres moins stratégiques à ses yeux. La gravité des informations collectées par la Banque d’Algérie concernant les indicateurs macroéconomiques du pays rend, par ailleurs, quasi insignifiantes les augmentations mises en application par le gouvernement concernant notamment le carburant, le gaz et l’électricité. Des augmentations qui vont grever le budget des ménages, sans nécessairement constituer un quelconque rempart contre l’érosion accélérée des ressources de l’Etat. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 07/01/2016, par dans Non classé.

– Algérie-Focus change de main

Le site d’informations Algérie Focus change de main. Le propriétaire, Kamel Heddar, a, en effet, cédé le journal électronique à de nouveaux propriétaires. C’est le concerné qui annonce lui-même l’information sur le site de son journal. Interrogé par le site, l’ancien propriétaire explique qu’ « il est très engagé dans le coaching des jeunes talents. Et avec iMadrassa, je souhaite apporter des contenus pédagogiques de qualité au plus grand nombre.

L’amélioration de l’éducation en Algérie est une obsession. Je dois me consacrer pleinement à ce projet, ce qui implique des moyens financiers importants», dit-il, lui qui a créé un site de soutien scolaire. Interrogé sur les repreneurs du site, Kamel Heddar n’a pas donné de noms. Mais il semble que ce sont les anciens propriétaires qui reprennent le journal. Ils vont travailler avec l’actuel rédacteur en chef, Abdou Semmar, qui garde ses actions dans l’entreprise.

– Salon des professionnels de l’événementiel à la Safex

Un Salon des professionnels de l’événementiel sera organisé du 26 au 28 janvier à la Safex (Alger). Organisé par World Trade Center Algeria, il offre une plateforme d’échange et de partage et répond à une demande croissante des professionnels du secteur. Il y a 3000 agences de communication et de publicité en Algérie. 80% des entreprises algériennes ont des directions de communication, toutefois ces dernières ne répondent pas aux exigences d’une véritable communication.

D’une manière générale, la communication événementielle est plutôt prisée dans la création d’événements ayant un aspect spectaculaire. Il s’agit d’une stratégie de communication qui vise en premier lieu les acteurs économiques, tels que les gérants de l’entreprise, les employés, les consommateurs et la presse.

– Contrat de Stream System avec Ryad Mahrez

Bomare Company, connu sous le nom commercial de Stream System, fabricant algérien de téléviseurs, tablettes et smartphones, a signé un contrat de partenariat avec le footballeur international algérien et milieu droit du club anglais de Leicester City, Ryad Mahrez. Cette alliance fera de la star des terrains anglais l’ambassadeur officiel et exclusif de la marque Stream System pour une durée de 12 mois. Selon le fabricant, il représente la force, la réussite et la fierté algériennes. Cette alliance communique un puissant message, celui des valeurs de la compagnie, à savoir « une réussite made in Algeria». Lire la suite

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Les réserves s’épuisent dangereusement

Publié le 07/01/2016, par dans Non classé.

Les données de la Banque d’Algérie mettent en avant une baisse du stock d’épargne financière du Trésor, lequel s’est contracté de 40,4% durant les neuf premiers mois de l’année 2015 pour passer à 2913,3 milliards de dinars, soit l’équivalent de 28 milliards de dollars, à septembre 2015.
Attendus depuis plusieurs semaines, les chiffres de la conjoncture monétaire et financière pour les neuf premiers mois ont été rendus publics hier. Sur fond de conjoncture morose, les indicateurs s’installent, sans surprise, dans le rouge. Cependant, le rapport présenté par le gouverneur de la Banque d’Algérie (BA) pousse à l’inquiétude, d’autant que les constats et les agrégats dépeignent une situation plus grave que prévu. L’élément le plus représentatif étant la situation du Fonds de régulation des recettes (FRR), dont les ressources ont fortement décliné en 2015.

C’est ainsi que les données de la Banque d’Algérie mettent en avant une baisse du stock d’épargne financière du Trésor lequel s’est contracté de 40,4% durant les neuf premiers mois de l’année pour passer à 2913,3 milliards de dinars, soit l’équivalent de 28 milliards de dollars en septembre. Pis, ces chiffres sont très en deçà des prévisions de clôture du ministère des Finances pour le FRR à plus de 3080 milliards de dinars en décembre 2015.

Cela jette ainsi un doute sur le maintien des capacités de couverture du déficit par le recours à une épargne publique qui fond plus vite que prévu. Il y a péril en la demeure, ceci d’autant que la BA pointe, au-delà de la baisse des cours du brut, « des dépenses budgétaires toujours élevées». L’autorité monétaire explique ainsi que le contexte budgétaire se caractérise par une forte contraction des recettes de la fiscalité pétrolière qui a perdu près de la moitié de ses revenus en une année.

Une situation née, bien entendu, de la baisse des cours du baril de brut qui s’est établi en moyenne à 55,76 dollars contre 106,65 dollars en 2014. L’effet sur la valeur des exportations d’hydrocarbures a été décuplé par la baisse des expéditions en volumes des hydrocarbures à hauteur de 3,09%. C’est dans ce contexte que le compte courant de la balance des paiements affiche un déficit de plus de 20 milliards de dollars en septembre 2015, et ce, malgré un net recul des importations de biens et services. Un déficit qui a été aussi alimenté, note la BA, par d’importants transferts de dividendes au premier trimestre 2015.

Un déficit qui s’est traduit par une nouvelle baisse des réserves de change qui ont perdu 32,57 milliards de dollars entre septembre 2014 et septembre 2015, s’établissant à 152 milliards de dollars. Un recul également alimenté par l’effet de valorisation des réserves de change.
Il faut aussi noter que la conjoncture a affecté le taux de change du dinar, lequel s’est déprécié de 19,57% face au dollar et de 2,16% face à l’euro. L’autorité monétaire note cependant que « le taux de change effectif réel du dinar demeure apprécié par rapport à son niveau d’équilibre». L’amenuisement des ressources incite d’ailleurs les autorités à rechercher de nouvelles sources de financement, notamment dans le secteur bancaire.

D’ailleurs, Mohamed Laksaci, gouverneur de la BA, n’hésite pas à évoquer un choc persistant pour quelques années, à la lumière des prévisions pour les cours du pétrole pour les trois années à venir. Cependant, la BA note une baisse de la liquidité globale des banques qui a enregistré une contraction de plus de 6 milliards de dollars entre janvier et septembre 2015, en raison du déclin des dépôts d’hydrocarbures. Cependant, malgré ce déclin, les crédits à l’économie ont augmenté de 13,35%.

Ce qui incite la BA à avertir que « ce rythme d’expansion des crédits à l’économie ne semble pas être soutenable, sans recours de certaines banques au refinancement auprès de la Banque d’Algérie». C’est dans ce sens que M. Laksaci a annoncé la finalisation du dispositif relatif au refinancement et au réescompte d’ici fin janvier 2016. Il a aussi indiqué que la BA veille à la solidité et à la solvabilité des banques de la place et opère depuis quelques mois un audit et une série de stress tests auprès des banques, lesquels devraient prendre fin au plus tard au premier trimestre 2016.
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