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Sortie de la première promotion des apprenants adultes

Publié le 22/06/2016, par dans Non classé.

La première promotion de la section d’alphabétisation en tamazight sortira samedi prochain.
Le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) organise à cet effet, au Théâtre régional de Béjaïa (TRB), une cérémonie en l’honneur des apprenants adultes des différentes sections d’alphabétisation de 9 wilayas lancées depuis octobre 2015 en collaboration avec l’association algérienne d’alphabétisation Iqraa. « Sur les 500 inscrits, 271 feront partie de la première section», a indiqué Si El Hachemi Assad, secrétaire général du HCA, contacté par El Watan.

Parmi les apprenants, des septuagénaires. « Nous allons honorer des doyens de la section, dont l’un a 80 ans. Parmi les inscrits, il y en a 15 qui ne sont pas issus des régions amazighophones», signale M. Assad. Le coup d’envoi officiel de ces sections a été donné en octobre 2015 au centre d’alphabétisation de Boumerdès (haï Ibn Khaldoun, Boumerdès-ville). Les wilayas concernées par l’enseignement de tamazight pour adultes sont Alger, Oran, Ghardaïa, Boumerdès, Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira, Sétif et Batna.

Une journée pédagogique de formation s’est tenue à Alger le 17 octobre au profit des enseignants chargés d’assurer les cours d’alphabétisation à travers quelques wilayas. « Une formation a touché 13 enseignants licenciés en tamazight. Ils sont versés dans les sections d’alphabétisation ouvertes dans les Maisons de la culture, suivant un créneau horaire bien déterminé (3 heures/semaine) et tous les samedis», précise M. Assad, qui affirme que le critère d’assiduité est primordial pour obtenir l’attestation de niveau 1.

Le secrétaire général souhaite l’implication de l’Office national d’alphabétisation et d’enseignement pour adultes absent de cette opération. « L’Office rattaché au ministère de l’Education est à la fin de la stratégie nationale d’alphabétisation. On aimerait que l’apprentissage de tamazghit, langue nationale et depuis peu officielle, soit intégré par l’Office en question, d’autant plus qu’il y a une demande», rappelle le secrétaire général du HCA. D’autres wilayas intégreront ce processus d’alphabétisation au fur et à mesure, selon un plan de généralisation couvrant tout le territoire national.

Une classe virtuelle sera ainsi mise en place « pour permettre d’avoir un maximum d’inscrits».
Dans le cadre de l’opération, le HCA a édité le premier manuel d’alphabétisation. Intitulé Ad lemde tamazit (J’apprends tamazight), l’ouvrage est une traduction/adaptation du manuel d’alphabétisation en arabe intitulé Je m’alphabétise avec la culture de la citoyenneté produit par l’association algérienne d’alphabétisation Iqraa. Le manuel traite de certaines thématiques telles que l’algérianité et la citoyenneté.

L’ouvrage est destiné en premier lieu aux analphabètes qui veulent apprendre tamazight, d’où l’intégration de leçons de syntaxe et d’orthographe. Il contient 35 cours pour la première partie et 17 pour la seconde. Selon M. Assad, le manuel est « perfectible. Une application informatique sera mise à profit dans l’apprentissage». « On sème à tout vent», se réjouit Si El Hachemi Assad. La cérémonie organisée au TRB coïncidera avec une date symbolique : l’assassinat du barde Matoub Lounès.
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Parlement : Le FFS rejette l’interdiction de parole de Tahar Missoum

Publié le 22/06/2016, par dans Non classé.

L’interdiction de parole,infligée au député Tahar Missoum n’est pas du goût des parlementaires du FFS. Le groupe parlementaire du FFS « exprime, avec force, son rejet de la suspension de la parole d’un député et dénonce une atteinte à la vocation de l’institution parlementaire qui a besoin d’être soutenue, renforcée et élargie et non d’être bridée par des ukases», indique le premier des députés de ce parti, Chafaa Bouaiche dans un communiqué.

Le chef du groupe parlementaire du FFS estime que la mesure décidée par le président de l’Assemblée est « une atteinte flagrante à la liberté d’expression des membres de la représentation nationale, elle découle d’une interprétation abusive aux conséquences imprévisibles. Elle crée un précédent grave pour bâillonner les députés, tous les députés».

Plus que cela, le groupe parlementaire du FFS relève que la décision du président de l’APN est prise « sur la base d’un règlement intérieur qui date de 1999, dont le FFS a demandé de le revoir en 2012». Tahar Missoum est interdit de parole en plénière durant 6 séances. Il lui est reproché d’avoir « insulté» des cadres de l’Etat. Le député a notamment qualifié le ministre de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb, de « fils de harki». Il a également accusé le vice-président de l’APN, Baha Eddine Tliba d’avoir « acheté la nationalité tunisienne».

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On vous le dit

Publié le 22/06/2016, par dans Non classé.

Amar Ghoul n’a pas rendu le Q5 de l’ANDT

L’ancien ministre du Tourisme, Amar Ghoul, limogé lors du dernier remaniement gouvernemental, n’a pas encore rendu le véhicule de marque Audi Q5 que l’Agence nationale du développement du tourisme ( ANDT) a acheté pour le mettre tout de suite après à sa disposition. En effet, sur injonction de Ghoul, le directeur général de l’ANDT a acheté le crossover de marque allemande (et non pas une Mercedes comme écrit dans une précédente édition) sur fonds propres de l’agence pour le mettre ensuite à la disposition du ministre. Une pratique prohibée par la loi, mais qui est monnaie courante au niveau des entreprises et des institutions publiques. Le responsable de l’ANDT a dû même céder au caprice de Ghoul en couvrant la couleur blanche d’origine du véhicule par un film noir. Selon une source proche du secteur du tourisme, Ghoul est à l’origine de nombreuses situations anachroniques et/ou ubuesques vécues au niveau du siège à Alger.

Un timbre sur les ports de plaisance

Algérie Poste (AP) procédera aujourd’hui à l’émission de trois timbres-poste consacrés aux « ports de plaisance» d’une valeur faciale de 10 DA, 25 DA et 50 DA, a indiqué hier AP dans un communiqué. La vente anticipée de ces timbres aura lieu, aujourd’hui et demain, dans les 48 recettes principales des postes situées aux chefs-lieux de wilaya, précise la même source, ajoutant que la vente générale aura lieu samedi prochain dans tous les bureaux de poste. Une enveloppe 1er jour à 7 DA sera également mise en vente avec une oblitération 1er jour illustrée.

Colonies de vacances au profit des enfants du Sud

Au moins 2250 enfants issus de différentes communes de la wilaya d’Adrar bénéficieront de colonies de vacances dans les zones côtières du pays. Répartis en cinq contingents, ces estivants vont passer un séjour au niveau de trois camps de vacances, à savoir Kadous, dans la commune de Aïn Taya (Alger), El Amel et Bou Ismaïl (Tipasa). Plus de 40 bus ont été mobilisés pour assurer le transport de ces estivants, en plus des encadreurs et des animateurs relevant du secteur de la jeunesse et des sports, devant les accompagner. Le premier contingent, composé de 350 enfants, a pris le départ vers les camps de Kadous et El Amel, tandis que le départ du deuxième groupe (600 enfants) est programmé après la fête de l’Aïd El Fitr vers les deux camps de la wilaya de Tipasa. Le départ du troisième contingent de ces jeunes vacanciers est prévu pour la mi-juillet prochain, s’ensuivront les quatrième et cinquième de 350 enfants chacun.

Nouri met en évidence le rôle de l’artisanat

Dans l’une de ses premières déclarations en tant que ministre de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelouahab Nouri a certifié, lundi soir à Alger, l’importance d’accorder un intérêt particulier à l’artisanat pour qu’il puisse contribuer au développement économique du pays. A l’issue de la signature d’un accord entre l’Agence nationale de l’artisanat et des métiers et l’hôtel Sofitel sur la commercialisation des produits artisanaux, M. Nouri a mis l’accent sur l' »importance d’exploiter les différents espaces touristiques et de loisirs pour promouvoir le riche patrimoine artisanal de l’Algérie». En vertu de cet accord, un espace « sera réservé à l’hôtel Sofitel pour exposer et commercialiser différents produits artisanaux», a indiqué le ministre. Lors de sa visite à la Promenade des Sablettes, où il a inauguré un Salon de l’artisanat, M. Nouri a estimé nécessaire l’exploitation de tels espaces pour offrir aux artisans une opportunité de vendre leurs produits tout au long de l’année.

Sensibilisation contre les dangers d’internet

Une campagne de sensibilisation contre les dangers de l’internet sur les enfants a été lancée par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, en partenariat avec l’Unicef Algérie. Elle se déroule avec la collaboration des ministères de la Justice, de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, des Affaires religieuses et Wakfs, ainsi que de la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la Sûreté nationale. Des SMS d’un opérateur de téléphonie mobile ont rappellé, à ce titre, la nécessité de se mobiliser pour protéger les enfants des dangers de l’internet, car le contrôle est l’affaire de tous.
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L’affaire FCP rattrape Chakib Khelil

Publié le 22/06/2016, par dans Non classé.

Sept ans après son introduction en Algérie par Chakib Khelil, FCP, société canadienne qui offre des services de gestion de titres, est passée du statut de simple start-up, à celui de « société pétrolière» engagée en joint-venture avec Sonatrach dans un des plus importants projets de développement de gisement gazier dans la région.
Bénéficiaires d’un non-lieu à poursuivre — prononcé en octobre dernier par un tribunal de Milan — ENI, le groupe parapétrolier italien, son ex-patron Paolo Scaroni (ainsi que Antonio Vella et Alexandro Bernini, respectivement responsable de la division Afrique du Nord et directeur financier du groupe), répondront à partir de ce 28 juin des accusations de « corruption internationale» et de « fraude fiscale» dans le cadre de l’affaire Saipem.

Fixées au 28 juin et au 1er juillet, les deux prochaines audiences revêtent, selon La Repubblica, le quotidien italien de centre gauche, un caractère décisif. Le juge devra soit entériner la demande des procureurs Fabio De Pasquale et Isidoro Palma de juger la conduite du géant italien et de ses anciens dirigeants en Algérie, ou réitérer le non-lieu qui a été, pour rappel, annulé le 24 février dernier par la Cour suprême italienne.

A 70 ans, Paolo Scaroni, ex-PDG d’Ente nazionale idrocarburi (ENI), est directement mis en cause dans le paiement de 198 millions d’euros de commissions à des dirigeants algériens, dont l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, pour l’obtention de sept gros contrats d’un montant avoisinant les 8 milliards d’euros. C’est dans le contrat FCP — du nom de la société fiduciaire canadienne First Calgary Petrolum acquise par ENI — que l’implication de Paolo Scaroni — et de Chakib Khelil — apparaît sous ses jours évidents.

Dans le maquis de contrats frauduleux, les magistrats italiens avaient en effet mis au jour l’arnaque FCP et ses 41 millions d’euros de pots-de-vin versés au duo Khelil-Bedjaoui. Le 8 septembre 2008, ENI Holding Canada, filiale du groupe italien, annonce avoir acheté pour 609 millions d’euros (933 millions de dollars) 75% des « actifs» de FCP en Algérie. Il s’agit d’un seul actif en réalité : le bloc 405b du gisement Menzel Ledjmet-Est (MLE), détenu en association (75% du capital social détenu par FCP) avec Sonatrach.

MLE bloc 405b est partie intégrante de ce gisement d’huile et de gaz humide découvert par Sonatrach en 1993 dans le bassin de Berkine, à 220 km au sud-est de Hassi Messaoud et qui fait figure d’une des plus importantes découvertes jamais réalisées depuis les nationalisations, en 1971. Menzel Ledjmet-Est et ses périmètres d’extension, ce sont 18 puits de gaz humide et/ou de mélange huile et gaz (potentiel évalué à 1,3 trillion de pieds cubes, soit 400 millions de barils équivalent pétrole) qui furent « liquidés» pour 41 millions d’euros de bakchichs.

Sept ans après son introduction en Algérie par Chakib Khelil, FCP, dont le capital social était détenu à 80% par CDS & Co, société canadienne qui offre des services de gestion de titres, est passé du statut de simple start-up, à une « société pétrolière» engagée en joint-venture avec Sonatrach dans un des plus importants projets de développement de gisement gazier dans la région. Les aveux et déclarations des principaux managers de ENI-Saipem dont Pietro Varone et Tullio Orsi (dans l’ordre : directeur des opération Saipem, et country manager de Saipem Algérie) mettent en évidence l’implication directe du trio Khelil-Scaroni-Bedjaoui dans le scandale FCP.

Pietro Varone, dans sa déclaration spontanée aux juges de Milan, affirme que les 41 millions d’euros de commissions avait été payés à Pearl Partners (la société écran de Farid Bedjaoui) pour obtenir « le OK des autorités algériennes dans l’acquisition de FCP par ENI ainsi que pour baliser les conditions économiques de l’exploitation du gisement MLE». « Les contacts avec Khelil, déclare-t-il, avaient été engagés au plus haut niveau d’ENI, directement avec Paolo Scaroni.

Les trois personnages-clés (Khelil, Scaroni et Bedjaoui) s’étaient plusieurs fois rencontrés à Paris, Vienne et Milan.» Personnage central s’il en est, Paolo Scaroni, qui s’est toujours défendu d’une quelconque implication dans le scandale — affirmant ne « rien savoir des prétendus pots-de-vin versés à l’Algérie» — fait incontestablement partie, avec Farid Bedjaoui, des rares personnes à pouvoir confondre l’ancien ministre algérien du Pétrole dans ses forfaitures d’anthologie.

Le rôle de Scaroni — dont la société The Paolo Scaroni Trust est sous le coup d’une autre enquête pour avoir servi au transfert des 198 millions d’euros de pots-de-vin — est également confondu par les écoutes téléphoniques réalisées par les juges italiens. Dans l’une d’elles, en 2013, Paolo Scaroni avouait presque son « crime». « Je suis également d’accord qu’ils sont en quelque sorte des pots-de-vin donnés à des responsables politiques algériens», reconnaissait Scaroni lors d’un échange téléphonique avec Corrado Passera, ancien ministre du Développement économique. Lire la suite

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Les députés désertent l’APN

Publié le 22/06/2016, par dans Non classé.

C’est dans un hémicycle pratiquement vide que Ghania Eddalia, ministre déléguée chargée des Relations avec le Parlement, a présenté le contenu et les visées du texte de loi, et ce, en présence d’un officier de l’institution militaire.
Sur les 462 députés que compte l’Assemblée populaire nationale (APN) une cinquante seulement étaient présents, hier, à la séance en plénière consacrée à la présentation de deux projets de loi qui ne sont pas passés inaperçus en raison de la grande polémique et les multiples interrogations qu’ils ont suscitées. Il s’agit des textes de loi portant sur les statuts des officiers de réserve et des personnels militaires.

C’est donc dans un hémicycle pratiquement vide que Ghania Eddalia, ministre déléguée chargée des Relations avec le Parlement, a présenté le contenu et les visées de ce texte de loi, et ce, en présence d’un officier de l’institution militaire. Pourtant il y a à peine une semaine, l’APN bouillonnait et les députés étaient tous présents lors du passage du ministre de l’Industrie et des Mines, Abdesselam Bouchouareb, pour expliquer les contours du nouveau code de l’investissement. Qu’est-ce qui a motivé ce taux d’absentéisme ? Pourquoi les députés ont déserté l’hémicycle ?

Des interrogations qui demeurent sans réponse et une situation qui n’a pas dérangé le président de l’APN, même lorsqu’il a constaté que parmi les absents figuraient des députés qui s’étaient inscrits pour intervenir lors des débats. Néanmoins, les intervenants ont relevé le flou caractérisant certains articles de ce texte. Une loi qui vise, selon Mme Eddalia, la préservation de l’institution militaire des conflits politiques et la protection des institutions de l’Etat. Une mesure applaudie par les députés des partis de la majorité. Nourredine Sed, du FLN, a même proposé la généralisation de l’obligation de réserve « à tous les citoyens dignes». Baha Eddine Tliba, de la même formation, est tombé à bras raccourcis sur l’opposition qu’il accuse de vouloir « répandre la culture de l’anarchie».

Le PT, qui s’est déjà exprimé sur ce projet qu’il qualifie d' »anticonstitutionnel» et « liberticide», a rappelé hier, par la voix de ses députés Rachid Khan et Djelloul Djoudi, que ce texte de loi n’est pas clair et qu’il est plus que nécessaire de définir certains concepts afin d’éviter les abus et les dérapages lors de leur application. Khelifa Hajera d’El Adala estime que le texte en question a pour unique but de « faire taire les militaires et verrouiller la liberté d’expression». De son côté, le chef du groupe parlementaire FFS, Chafaa Bouaiche, est persuadé que si ces projets de loi sont adoptés, tout propos ou discours critique pourrait être assimilé à une atteinte à l’honneur et au respect dû aux institutions de l’Etat.

« L’imprécision délibérée qui marque ces projets de loi confère aux autorités publiques un pouvoir exorbitant et discrétionnaire sur tout militaire, qu’il soit officier de carrière ou de réserve», note le député FFS. Ce projet de loi, selon lui, vise à créer un domaine réservé aux autorités publiques et à interdire tout propos critique sur la place et le rôle de l’armée dans le pays. « Le devoir de réserve et la retenue ne devraient concerner que les violations du secret militaire dûment établi», explique M. Bouaiche. Le FFS s’interroge sur les véritables enjeux de ce projet de loi, ses relations avec la situation politique actuelle et avec les prochaines échéances politiques.

Il est légitime, dit-il, de s’interroger et de s’inquiéter. « Cette loi ne constitue-t-elle pas une atteinte aux libertés de pensée, d’expression et d’opinion ? Il ne subsiste aucune garantie quant au respect du pluralisme et des libertés, que ce soit pour les civils ou pour les militaires. Il est où l’Etat civil qui permettra aux députés du peuple d’exercer le contrôle sur le budget de l’armée qui est de l’ordre de 13 milliards de dollars», se demande Bouaiche qui s’interroge également sur l’existence de l’Etat civil qui permettra au Parlement de convoquer le ministre de la Défense nationale et le chef d’état-major de l’ANP pour les auditionner sur des questions liées à l’institution militaire. Lire la suite

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Le bug du gouvernement

Publié le 22/06/2016, par dans Non classé.

Mme Feraoun annonce solennellement que « des mesures sévères seront prises à l’encontre des fraudeurs utilisant ces techniques, ainsi que les artisans de cette machination».
Dans un entretien accordé à nos confrères de l’APS, la ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Imane Houda Feraoun, est revenue sur les dernières perturbations qui ont brouillé la connexion internet et sur le blocage partiel des réseaux sociaux. Ces dysfonctionnements sont la conséquence, rappelle-t-on, d’un black-out imposé par le gouvernement à l’occasion du déroulement des épreuves du « bac-bis».

« Dans l’objectif de protéger nos candidats au baccalauréat contre les tentatives de déstabilisation via de faux sujets et des rumeurs malveillantes, nous avons procédé, en relation avec l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications ainsi que l’ensemble des opérateurs de télécommunications, à la restriction de l’accès aux principaux réseaux sociaux pendant des horaires limités liés à ces examens», a indiqué Mme Feraoun.

Alors que l’opinion s’est montrée peu convaincue par cette contre-offensive électronique jugée clairement « disproportionnée» et que nombre d’experts ont mis en doute son efficacité technique, la représentante du gouvernement assure que « ces mesures ont permis l’avortement de tentatives criminelles qui visaient à mettre en péril le devenir des milliers de candidats au baccalauréat».

« Je comprends parfaitement, concède-t-elle, qu’être privé de réseaux sociaux pendant quelques heures soit une source de désagrément, notamment dans une société dynamique composée d’une majorité de jeunes portés sur les TIC, comme la nôtre, mais je pense que le devenir de nos enfants et concitoyens candidats au bac nous oblige à faire le sacrifice et à céder un peu de notre bien-être personnel pour contribuer au bon devenir de toute la société.

Je suis sûre qu’en dépit des réactions compréhensibles de certains de nos concitoyens mécontents, les Algériens, connus pour leur sens de la citoyenneté et de la responsabilité, qui se révoltent contre la fraude, qui souhaitent voir nos enfants à l’abri de toute surenchère, qui militent pour l’égalité des chances entre candidats, sont satisfaits de ces mesures et acceptent dans la bonne humeur d’être privés quelques heures du loisir de surfer sur facebook ou autre.»

Interrogée sur le caractère inédit de cette mesure (au point que même des médias internationaux s’en sont fait l’écho), la ministre de la Poste et des TIC a tenu à préciser : « Tout d’abord, il ne s’agit pas de coupure car nous avons seulement réduit le trafic, et ce, juste pendant la première moitié du premier examen, afin de déjouer les desseins de certains groupuscules qui activent pour perturber le déroulement des épreuves. Le blocage pendant la nuit ne concernait que les réseaux sociaux.» Et d’ajouter : « Je dois rappeler, à ce titre, que rien n’est plus important que l’avenir de nos enfants, eux-mêmes avenir de notre pays.»

Couvre-feu 2.0

Quitte à donner une piètre image de l’Etat et laisser l’impression (comme cela a été à juste titre ressenti) que l’autorité publique est complètement vacillante, Imane Houda Feraoun défend mordicus le plan antifraude de l’Exécutif en soulignant le caractère urgent de la situation : « Le gouvernement a toute latitude de prendre des mesures conservatoires lors de situations d’urgence, tant que l’intérêt public l’exige.» Dans son argumentaire, la brillante physicienne fera remarquer que « l’Algérie ne fait pas exception». « Il y a eu des restrictions de certains réseaux sociaux dans d’autres pays pour diverses raisons, y compris celles liées au baccalauréat.

Il faut ajouter que les réseaux sociaux ne sont qu’une partie de ce qu’on appelle les applications OTT (Over The Top). Il s’agit d’applications qui utilisent les réseaux déployés par les opérateurs de télécommunications à des fins commerciales et sans contrepartie pour ceux-là, aboutissant à la saturation de la bande passante en plus de la concurrence sur le segment de la voie pour les propriétaires mêmes des réseaux.

La problématique de leur existence fut l’objet de batailles entre opérateurs de télécommunication, sociétés civiles et opérateurs OTT dans la quasi-totalité des pays européens, américains et certains pays asiatiques. Il s’agit en l’occurrence de la remise en question du principe de la neutralité du Net. Divers pays ont autorisé leurs opérateurs de télécommunication à bloquer temporairement ou définitivement les OTT, voire même à négocier avec ceux-là les conditions tarifaires du maintien du service.»

Enfin, invitée à s’exprimer au sujet du recours au VPN (Virtual Private Network) pour contourner les restrictions imposées aux réseaux sociaux, Mme Feraoun a affirmé que ses services ont résolu de ne pas les bloquer : « Le blocage des VPN, qui sont des réseaux virtuels privés, donc cryptés, se fait moyennant le filtrage de tout le trafic crypté et nuirait donc sérieusement aux échanges internet non incriminés, notamment les courriers électroniques.

Nous avons donc préféré surseoir à ce mode de blocage.» Et de charger les « fraudeurs VPN» qui seraient loin d’être, à l’écouter, de petits geeks sympas : « Il faut reconnaître que cette machination qui a visé à généraliser entre les jeunes l’usage du VPN dépasse de loin le stade des simples fraudeurs ordinaires.»

Voilà qui vient conforter la thèse du « complot anti-Benghebrit». Si « machination» il y a, il est légitime de subodorer que celle-ci aurait des ramifications au sein même de l’appareil d’Etat. A défaut de confondre les sombres commanditaires de cette cabale, Mme Feraoun annonce solennellement que « des mesures sévères seront prises à l’encontre des fraudeurs utilisant ces techniques, ainsi que les artisans de cette machination».

Au passage, elle « regrette le fait de voir des médias inciter les jeunes à en faire usage». « Je dois également préciser que l’usage de proxy pour contourner le blocage est hautement préjudiciable à l’intégrité des données personnelles stockées sur leurs ordinateurs ou smartphones.»

De la tricherie au bac, nous voici donc confrontés à une nouvelle « infraction» de masse : le « délit VPN». Reste à savoir sur quel texte de loi de telles sanctions vont se baser ? Quel est le corps du délit ? Que nous sachions, il ne s’agit pas d’une foucade de hackers ou d’un acte de piratage de données, mais d’un contournement de cet encombrant… « couvre-feu 2.0» que le gouvernement avait, décidément, bien du mal à assumer publiquement. Lire la suite

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