formats

10e Festival diwan: douze troupes en compétition à Bechar du 2 au 6 septembre

Publié le 13/08/2016, par dans Non classé.
10e Festival diwan: douze troupes en compétition à Bechar du 2 au 6 septembre
ALGER- Douze troupes de musique diwan traditionnelle, de différentes régions d’Algérie seront en compétition du Festival national de musique diwan qui célèbre cette année sa 10e édition prévue du 2 au 6 septembre à Bechar. Après des présélections, les diwan de l’ouest, qui avaient dominé la compétition des trois dernières…

Lire la suite

formats

Algérie Télécom confrontée à un sérieux problème de ressource humaine

Publié le 13/08/2016, par dans Non classé.

L’entreprise a recruté « des centaines d’ingénieurs et de techniciens, mais qui ne pouvaient être opérationnels sans formation sur les technologies et les équipements … ».

Algérie Télécom est appelée à multiplier par dix ses capacités de raccordement des clients au réseau ADSL pour les porter à une moyenne de 2 millions par an, alors qu’elles se situent actuellement entre 200 000 et 250 000 nouveaux clients par an, a affirmé son président-directeur général par intérim, Tayeb Kebbal.

« Nous devons multiplier par dix nos capacités actuelles de raccordement pour les porter à une moyenne de 2 millions par an », a indiqué Tayeb Kebbal dans un entretien à l’APS, précisant que l’opérateur public « compte actuellement 2,2 millions de clients ADSL et sa capacité de raccordement se situe entre 200 000 et 250 000 nouveaux clients ADSL par an ». Le responsable a considère comme « insoutenable » la capacité de raccordement actuelle au regard, a-t-il expliqué, « des exigences liées au développement socio-économique du pays et à la demande du marché « .

Il a rappelé, dans ce sens, que la stratégie nationale du haut et du très haut débit « a inscrit le raccordement de tous les foyers du pays et toutes les institutions et les zones d’activités à l’horizon de 2019 ». Cet objectif, soutient M. Kebbal, « oblige AT, en sa qualité d’organe d’application de la politique du gouvernement, de prendre toutes les mesures pour la réalisation de cet objectif qui représente un préalable pour l’essor des TIC et d’une économie numérique dans notre pays « .

En plus de cet impératif de multiplier par dix les capacités de raccordement du groupe, le responsable d’AT a évoqué « la nécessité de mettre à niveau le réseau existant afin d’améliorer la qualité de service ».

Refonte interne et révision des modèles de partenariat

S’agissant des mesures devant faciliter la réalisation des prévisions du groupe, M. Kebbal a estimé que « la refonte du mode de fonctionnement interne de l’entreprise et la révision du modèle de partenariats avec nos fournisseurs et équipementiers, permettra la réalisation de ces objectifs ». Il a expliqué, au sujet de la relation avec les équipementiers du groupe, que « les contrats actuels avec les fournisseurs sont en cours de révision notamment sur la partie mise en service », relevant que cette phase de la mise en service « s’arrête actuellement à l’installation du MSAN ».

Or, note le P-dg d’Algérie Télécom, « notre performance devra se mesurer par deux éléments: la qualité de service et le nombre de clients raccordés, et cela devra passer nécessairement par des projets de déploiement intégrés, de bout en bout, jusqu’au client final ». M. Kebbal a souligné que « désormais, dans le cadre d’équipes mixtes entre Algérie Télécom, entreprises, ANSEJ et fournisseurs équipementiers, la mise en services couvrira l’installation du réseau, l’installation de l’équipement, et le pré-raccordement des foyers, même si le propriétaire ne souscrit pas immédiatement au service ». Ceci permet, relève-t-il, d' »assurer un transfert de compétences sur le terrain vers les équipes algériennes, celles d’Algérie Télécom, mais aussi celles des entreprises partenaires, sans pour autant augmenter la facture en devises ».

S’agissant du fonctionnement interne de l’entreprise, il a indiqué que l’organisation en place « se caractérise par une forte centralisation du processus de prise de décision et une multitude de niveaux hiérarchiques qui créent des chevauchements dans les missions et dans les responsabilités ». « Pour y remédier, j’ai initié rapidement un projet de refonte de l’organisation et du mode de fonctionnement de l’entreprise qui mise sur la mise en place, progressivement, d’une organisation agile et souple permettant de réaliser les objectifs de l’entreprise », a-t-il expliqué.

Relevant qu’AT, en tant qu’agent économique de l’Etat, est « l’organe par excellence d’application de la politique du gouvernement en matière de développement des TIC », M. Kebbal a rappelé que le gouvernement avait adopté en 2012, la stratégie nationale du haut et du très haut débit en application des directives du président de la République. Il a noté, dans ce sens, que les objectifs stratégiques d’AT « doivent impérativement s’inscrire dans la mise en £uvre de cette stratégie ».

Estimant qu’AT est confrontée à « un sérieux problème de ressource humaine », M. Kebbal a fait remarquer que l’entreprise a recruté « des centaines d’ingénieurs et de techniciens, mais qui ne pouvaient être opérationnels sans formation sur les technologies et les équipements d’AT ».

Un programme de formation dès septembre pour 1 000 salariés

Il a ajouté avoir fait le même constat sur les métiers du management et de la négociation commerciale pour lesquels AT dépense chaque année des dizaines de milliards DA, notamment via des contrats avec des fournisseurs, alors que ses cadres « n’ont pas été convenablement formés et préparés à gérer et à négocier ce type de contrats ». « C’est pour cette raison que l’une des premières décisions que j’ai eu à prendre et qui me paraît urgente et nécessaire, est d’engager immédiatement trois types de formation », a-t-il précisé.

Il s’agit, énumère-t-il, d’une formation MBA pour l’encadrement de l’entreprise, au niveau central et opérationnel afin d’améliorer les compétences managériales et d’une formation sur la maintenance des équipements et des réseaux au profit des ingénieurs, afin d’acquérir une parfaite maîtrise des technologies, ainsi qu’une autre formation sur la procédure de passation des marchés, destinée à tous les salariés concernés et à tous les niveaux. Il a relevé que « ce Lire la suite

formats

«Nous respectons les normes»

Publié le 13/08/2016, par dans Non classé.

L’administrateur de cette carrière — l’une des plus proches du douar Ariguebat-Maiza — affirme que la station respecte scrupuleusement la réglementation en matière d’explosifs, en précisant que l’Office national des substances explosives (ONEX) et la direction de l’industrie et des mines contrôlent les quantités d’explosifs utilisées pour les tirs de mines.

C’est l’une des stations les plus proches du village Ariguebat-Maïza, dans la commune d’El Mehir. Titouh Rabia, son administrateur, nous reçoit aimablement. « On travaille dans la transparence», dit-il d’emblée. Décrivant le fonctionnement de la carrière, M. Titouh explique : « Une carrière, c’est une usine de fabrication d’agrégats.

Nous produisons essentiellement du gravier et du sable. Pour cela, il faut avoir recours à l’explosif.» Titouh Rabia insiste sur le fait que l’utilisation des explosifs est fortement réglementée au niveau de la carrière. « Nous faisons des tirs bien étudiés. Nous respectons scrupuleusement les normes fixées par l’ONEX (Office national des substances explosives, ndlr)», affirme-t-il. Interrogé sur la quantité d’explosifs utilisée pour chaque tir de mines, M. Titouh rétorque : « Désolé, je ne suis pas autorisé à vous communiquer cette information.»

Et de préciser dans la foulée : « Nous demandons une certaine quantité (à l’ONEX) et la quantité est respectée.» « Nous faisons au maximum deux tirs par mois», ajoute l’administrateur en répétant : « On respecte les normes. D’ailleurs, l’ONEX et la direction des mines ne peuvent pas nous donner les quantités (d’explosifs) qu’on veut. Tout est étudié. Les gens pensent qu’on manipule les explosifs comme ça (à la légère), c’est faux !» M. Titouh souligne que ses équipes travaillent « de 7h à 16h». « Nous faisons parfois des heures supplémentaires, mais seulement quand il y a une charge de travail exceptionnelle», admet-il. Questionné sur le niveau de production de la carrière, là aussi notre hôte préfère garder cette information pour lui. Il indique simplement : « Nous sommes une petite station.»

Pour ce qui est des poussières qui émanent des carrières et qui suscitent l’ire de la population d’El Mehir, M. Titouh assure que son unité procède régulièrement à l’arrosage du site. « Vous pouvez même le constater visuellement, vous pouvez visiter nos citernes et nos compresseurs», lance-t-il. « Nous faisons le maximum pour endiguer les nuisances. D’ailleurs, quand il y a du vent, nous suspendons carrément la production.»

Concernant le bitumage des pistes qui mènent aux carrières, et que les habitants de la région réclament avec insistance afin de diminuer la masse de poussière dégagée par les camions qui empruntent ces pistes, notre interlocuteur rassure : « Le projet existe, c’est programmé» sans avancer de délai.

Et de poursuivre : « On arrose notre site chaque jour avant le début du travail, à partir de 5h, et ce, jusqu’à 8-9h.»
M. Titouh invite Samir, le chef de production, à nous montrer le système d’abattage poussières. Casque de chantier vissé sur la tête, Samir nous gratifie d’une visite guidée dans les entrailles de la carrière. Une machinerie complexe s’affaire à broyer du calcaire sous un soleil de plomb, en contrebas du front de taille. Maculé d’une poudre blanche, le sol semble s’effriter sous nos pieds. « Nous avons des équipements modernes», se félicite notre guide en désignant la partie mécanique de la carrière.

C’est le cœur battant de la station. Le traitement des matériaux se fait par le biais des concasseurs (primaire, secondaire, tertiaire) et des cribles qui trient les granulats. Au terme du concassage et du criblage, on obtient du sable ainsi que du gravier de différents calibres. Une grande citerne d’une capacité de 15 000 litres surplombe la machinerie. Samir nous fait visiter une petite salle contenant des compresseurs. « On envoie l’eau d’ici, l’arrosage se fait dès que le concasseur démarre», indique le chef de production. « Comme l’eau manque par ici, on est obligés d’aller la chercher ailleurs», précise notre guide. Lire la suite

formats

«Il faut protéger le site des Azrou en l’érigeant en parc régional»

Publié le 13/08/2016, par dans Non classé.

Mohamed Belaoud est président de la Fondation Terre qui milite pour le développement durable et la préservation du patrimoine naturel et culturel.
Il connaît parfaitement le massif des Bibans pour avoir longtemps crapahuté sur ses crêtes et exploré ses galeries souterraines en sa qualité de spéléologue.

Depuis les années 1980, Mohamed n’a eu de cesse d’alerter sur les dégâts infligés à Kef Azrou (dit aussi Kef Lahmar) et d’autres sites des Bibans qui se trouvent livrés à une exploitation intensive de leurs gisements. Si la nuisance des carrières d’agrégats sur la quiétude des populations est avérée, il faut signaler également, insiste Mohamed Belaoud, leur impact nocif sur l’environnement et les géosites de la région.

« C’est quelque chose qui nous préoccupe beaucoup. Ces carrières sont en train de mettre plein de poussière dans les poumons des enfants. Ils chargent au maximum la dynamite alors qu’il y a des taux à respecter, la loi est claire là-dessus. J’ai assisté à des tirs, c’est spectaculaire», témoigne-t-il. « La chaîne des Azrou contient des cavités exceptionnelles. J’en ai rarement vu de pareilles. Sur le plan géomorphologique, c’est un spectacle unique en Algérie.

Ce sont des paysages uniques qui doivent être protégés. C’est ce qu’on appelle des géosites, des sites géologiques qu’il faut absolument préserver. Ce sont des laboratoires naturels et constituent de précieux terrains de recherche pour les scientifiques», plaide le président de la Fondation Terre. Et de poursuivre : « Il y a des endroits qu’il ne faut pas toucher. Ces endroits, il faut les classer, faire leur inventaire, chose qui n’a pas été faite. Il faut protéger ce site en l’érigeant en parc naturel régional. C’est le concentré des Bibans. Si ces sites étaient classés, on n’y aurait pas touché. L’Etat, la République, l’université, la société civile, tous doivent s’impliquer pour protéger ces sites naturels.»

Dans un rapport daté du 13 mars 1988, Mohamed Belaoud avait saisi la wilaya de Bordj Bou Arréridj au sujet des dégradations constatées déjà à l’époque au niveau de Ghar Skhoun (la Grotte chaude) suite aux activités d’une carrière. Dans son rapport (qui sera publié, dans la foulée, dans la revue Ifri, qui était éditée par le club de spéléologie de Boufarik), Mohamed Belaoud soulignait l’importance de cette grotte : « Cette cavité présente un intérêt exceptionnel pour l’étude de la spéléogénèse hydrothermale et de l’influence de la température dans le développement des concrétions et sur la faune troglobie.»

Il précise, en outre, que « cette grotte a toujours été occupée par l’homme», pour dire la valeur du site pour la recherche préhistorique. Mohamed ajoute que des gravures et des peintures rupestres ont été découvertes dans le réseau souterrain de la chaîne des Azrou. Et de constater à regret que l’entrée de la Grotte chaude a été saccagée « à la dynamite» et « des coupoles d’origine hydrothermale ont disparu aussi». « Faire disparaître une grotte aussi exceptionnelle est un crime que les générations futures ne nous pardonneront jamais», pointe le spéléologue.

« La force de l’argent a fait disparaître une montagne»

Mohamed se souvient particulièrement de la réaction du chef de daïra de Mansoura de l’époque après avoir pris connaissance du cri d’alarme de l’infatigable écumeur de grottes. « Il m’a reçu sans protocole, a revêtu une sorte de tenue de combat, il a appelé le maire et on s’est rendus sur les lieux. Il a aussitôt ordonné de déplacer le front de taille de la carrière. C’était un homme remarquable. Malheureusement, six mois après, il a sauté. Après, il y a eu le terrorisme. Certaines carrières ont prospéré pendant cette période trouble.»
Aujourd’hui, avec la multiplication des carrières autour de la chaîne des Azrou, les dégâts se sont fatalement amplifiés.

A telle enseigne qu’une montagne entière a disparu du paysage, selon M. Belaoud. « Dans la chaîne des Bibans, il y a ce qu’on appelle Azrou El Kébir et il y a aussi Azrou Sghir, une petite montagne située à 4 kilomètres de là. Cette montagne a quasiment disparu à force d’être exploitée. Oui, ils ont bouffé une montagne ! La force de l’argent a fait disparaître cette montagne qui renfermait trois cavités», s’indigne-t-il. M. Belaoud précise que les cavités des Bibans constituent un matériau de recherche extraordinaire, à la fois sur le plan géomorphologique, archéologique, anthropologique, historique, botanique…

« Il y a des cavités où les gens faisaient des ziara, ils allaient s’y soigner de la gale, ils avaient des rituels», affirme-t-il. « Sur le plan faunistique, l’hyène est présente en force là-bas alors qu’elle est classée espèce en voie de disparition. Il y a aussi l’écureuil.» Mohamed Belaoud tire la sonnette d’alarme : « On est en train de détruire un patrimoine exceptionnel. C’est un laboratoire souterrain protégé naturellement depuis des dizaines de milliers d’années et on est en train de le bousiller. Ghar Skhoun n’existe plus. La Grotte chaude a pourtant vu défiler beaucoup de spéléologues et de scientifiques, même étrangers. Les spéléologues algériens ont fait école dans ces grottes. Un beau jour, ce gisement va être épuisé.

Que vont devenir les habitants de la région et leurs enfants ? On n’aura que la désolation à offrir aux prochaines générations. Les Portes de fer ont résisté à toutes les invasions. Les Romains, les Ottomans, l’armée coloniale, se sont tous cassés la gueule là-bas. Quand tu touches à un tel site, tu touches à l’histoire.» Lire la suite

formats

«Ces carrières échappent à tout contrôle»

Publié le 13/08/2016, par dans Non classé.

La population de votre commune se plaint des nuisances générées par les carrières qui sont installées dans la région. Comment jugez-vous l’activité de ces carrières ?

Cela ne date pas d’aujourd’hui. C’est une situation qui dure depuis une quinzaine d’années. C’est vrai que ces carrières ont créé des emplois, donc, à la base, c’est censé être bénéfique pour nous. Mais cela est en train de se retourner en malédiction pour notre région. Tout le monde est affecté par les poussières qui émanent de ces carrières.

Combien y a-t-il de carrières qui activent dans votre commune ?

Autour de cette montagne qu’on appelle Kef Azrou, il y a cinq carrières en activité. Et il y a deux autres carrières qui exploitent un autre gisement. Pour résumer, disons que toute la commune est cernée par les carrières d’agrégats, si bien que nous souffrons le martyre. Toute la population de la région est touchée peu ou prou par cette pollution. Dieu sait ce que ces poussières engendreront comme effets nocifs pour la santé de nos enfants dans les prochaines années. Il y a déjà des allergies qui sont apparues et, avec le temps, ces effets risquent de s’aggraver.

Quelles sont les dispositions qui vous paraissent les plus adéquates pour endiguer ces nuisances ?

Normalement, ces carrières doivent se doter de filtres. Elles se doivent de mobiliser tous les moyens susceptibles d’atténuer ces effets. Il faut tout simplement appliquer la loi en vigueur (la loi minière, ndlr). Avant de se lancer dans une telle activité, il y a des règles à observer. Il y a un cahier des charges à respecter. Et s’ils ne le font pas, pour moi, la santé d’un citoyen de la commune d’El Mehir passe avant les dividendes économiques qui proviennent de ces carrières.

Qu’en est-il du contrôle de ces carrières ?

Le contrôle est absent. Les responsables de ces carrières sont eux-mêmes absents du site, ils viennent une ou deux fois par semaine. Peut-être que s’ils passaient une journée entière sur place, ils ne supporteraient pas de telles conditions. L’absence des responsables de ces carrières sur le terrain fait qu’on ne trouve pas à qui parler. Nous leur avons adressé des courriers à plusieurs reprises. Quand on les convoque à l’APC, ils se montrent à l’écoute et acquiescent aux doléances des citoyens. Mais dès la levée de la réunion, la hayata li man tounadi (il n’y pas de répondant). Nous avons tenu une réunion récemment et établi un PV. Ils se sont engagés à procéder à l’arrosage prescrit pour l’abattage des poussières et à bitumer la route qui mène à la carrière. Il faut noter que la poussière provoquée par le cortège des camions est plus importante que celle qui se dégage de la carrière elle-même. Jusqu’à présent, on n’a rien vu.

J’espère que les responsables, tant au niveau local que national, prendront acte de cette situation. Les gens vivent l’enfer ici. Tu trimes toute la journée, et le soir, quand tu rentres chez toi, au lieu de te reposer ou de sortir te promener avec tes enfants, tu t’enfermes chez toi en barricadant portes et fenêtres. Nous avons pourtant de beaux paysages, mais à cause de ces carrières, on ne peut plus en profiter. En plus, avec le développement mécanique, ça travaille à un rythme industriel, ce n’est plus la petite carrière discrète d’autrefois. Et comme ils sont cinq sur ce flanc (Kef Azrou), chacun rejette la faute sur l’autre et chacun te dit ce n’est pas moi, c’est l’autre. Je résumerai donc la raison de ce calvaire en disant que le fond du problème, c’est l’absence de surveillance. Ces carrières échappent à tout contrôle. Nous sommes confrontés à une véritable catastrophe. Et ce n’est pas près de se terminer. Nous finirons tous par disparaître et la montagne sera encore là. Lire la suite

formats

l’enfer au pied de Kef Azrou

Publié le 13/08/2016, par dans Non classé.

On ne compte pas le nombre de carrières d’agrégats qui exploitent les gisements rocheux à l’ombre des Bibans, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj. La commune d’El Mehir à elle seule en abrite sept.
Une industrie extractive en plein boom qui approvisionne un marché insatiable et très demandeur de granulats (sable et gravier principalement).

Une prospérité qui ne va pas sans quelques (gros) effets secondaires, rendant l’air chaque jour un peu plus irrespirable pour la population d’El Mehir, d’El Euch et autres localités dont le seul « tort géographique» est de se trouver à proximité de ces gisements juteux. Entre tirs à l’explosif et nuages de poussières minérales, les habitants des douars qui entourent Kef Azrou vivent un véritable calvaire depuis plusieurs années.

Quand vous entendez les explosions, on dirait des bombardements. C’est à croire que nous sommes en état de guerre» lâche, excédé, un habitant de Ariguebat-Maïza, hameau situé à la périphérie de la petite ville d’El Mehir, à une cinquantaine de kilomètres de Bordj Bou Arréridj.

Non, il ne s’agit pas d’une campagne militaire mais d’opérations d’abattage à l’explosif effectuées par les nombreuses carrières d’agrégats qui exploitent les gisements rocheux de la région. Ici, nous sommes au pied de Kef Azrou, appelé aussi Azrou El Kebir, au cœur des Bibans. La commune d’El Mehir abrite à elle seule pas moins de sept carrières d’agrégats qui rongent méthodiquement le totem karstique, dont quelques grosses cylindrées : Cosider, Lafarge, ou encore les carrières louées par le géant chinois CITIC-CRCC pour les besoins de ses nombreux chantiers. D’autres carrières, de plus petite taille, des privés pour la plupart, s’ajoutent aux premières : carrière Meziane, Ben Hamza, Heraoua…

Du reste, des stations de concassage poussent un peu partout dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, à l’ombre des contreforts des Bibans. Une industrie extractive en plein boom qui approvisionne un marché insatiable et très demandeur de granulats (sable et gravier principalement), notamment le secteur du BTP, boulimique en matériaux de construction. Une prospérité qui ne va pas sans quelques (gros) effets secondaires, rendant l’air chaque jour un peu plus irrespirable pour la population d’El Mehir, d’El Euch et autres localités dont le seul tort « géographique» est de se trouver à proximité de ces gisements juteux.

Fausse couche à cause des explosifs

« Ces carrières ont transformé notre vie en enfer», résume Mohamed Seghir, habitant lui aussi à Ariguebat-Maïza. Au village, d’aucuns s’empressent de nous montrer les images des tirs de mines stockées sur leur téléphone portable. Les vidéos sont impressionnantes. « Tous les quinze jours, les carrières procèdent à des tirs à l’explosif pour extraire le minerai. Ces opérations utilisent de fortes charges d’explosifs. L’odeur de TNT arrive jusqu’ici. Les déflagrations sont telles que les fondations de nos maisons sont secouées, les vitres manquent de voler en éclats. Nos enfants en sont terrorisés», témoigne Mohamed Seghir. Sa maison est située tout près de Kef Azrou, à quelques centaines de mètres à peine des carrières les plus proches, une position qu’il partage au demeurant avec tous ses voisins d’Ariguebat-Maïza et du douar Djebassa.

« Parfois, des blocs de pierres projetés suite aux tirs de mines atterrissent dans nos champs», assure un autre résident du même hameau. L’effet des explosions est d’autant plus spectaculaire que les tirs sont programmés tous le même jour, nous dit-on, pour toutes les carrières qui occupent le site.

« L’acheminement des substances explosives jusqu’au site se fait sous escorte des services de sécurité. Ils ne peuvent pas mobiliser pour chaque carrière une escorte», explique un élu. N’en pouvant plus des effroyables détonations qui rythment leur quotidien, les citoyens des communes les plus exposées à ces nuisances à répétition exigent de revoir à la baisse les charges explosives utilisées. Des villageois ont attiré également notre attention sur le fait que ces tirs étaient parfois opérés à des heures indues. « Il est arrivé, et plus d’une fois, qu’ils procèdent à leurs explosions le soir» assure l’un d’eux, avant d’affirmer dans la foulée : « Une femme de chez nous qui était enceinte a fait une fausse couche à la suite d’une détonation, elle n’a pas supporté le choc.» Déclaration corroborée par ses voisins.

Nuages de poussière et pollution sonore

Abdelhakim Mekhalfia, 42 ans, père de deux enfants, raconte : « Je suis né ici et mon père est né ici. Quand j’ai ouvert les yeux, il y avait une seule carrière, c’était une carrière municipale. Ils travaillaient à la brouette. Dans mon souvenir, le paysage était vert, aujourd’hui tout est gris et ça sent la poudre. Les carrières utilisent des tirs à l’explosif chargés à 50 quintaux. J’ai des fissures qui commencent à apparaître dans la maison du fait des vibrations des tirs. Nous vivons sous la terreur des dynamites. Mon fils Yasser qui a six ans souffre d’allergies respiratoires. J’ai les certificats médicaux. Les médecins me disent que c’est à cause de la poussière des carrières qui pourrit nos poumons !» De fait, les volutes de poussière qui s’échappent des carrières sont l’autre hantise des habitants de la région. « Nos enfants souffrent tous d’allergies dues à ces poussières.

Elles ont détruit nos terres. Plus rien ne pousse dans nos champs. Regardez l’état de nos oliviers. Même les bêtes ‘‘ma selkouche » (n’y échappent pas). On ne peut plus faire d’élevage. Certains agriculteurs ont bénéficié de l’aide de l’Etat pour cultiver leurs terres et pour construire, ils y ont renoncé», énumère Mohamed-Seghir. Pour atténuer la pollution générée par les particules minérales qui flottent dans l’air, les carrières sont censées disposer d’un système d’abattage de la poussière et procéder à l’arrosage des pistes qui entourent le site. Là encore, les villageois sont formels : « On a passé un accord avec eux, ils ont promis d’arroser systématiquement le site mais on n’a rien vu», soutiennent-ils.

« On va souvent les voir, ils te disent oui, on va arroser mais ils ne font rien. Ils ne respectent pas du tout le cahier des charges.» A ce peu d’empressement à endiguer la poussière s’ajoute le manque d’eau. La région crève de soif en raison d’une sécheresse aiguë. « L’eau ne coule pas dans nos robinets Lire la suite

Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair