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Une commission d’enquête indépendante fortement exigée

Publié le 18/12/2016, par dans Non classé.

Cherche-t-on à enterrer l’affaire du journaliste Mohamed Tamalt, mort en détention dans des conditions non encore élucidées ? Mises dans un embarras total, les autorités concernées ont tenté d’éteindre le « feu».
C’était peine perdue. Le communiqué de l’administration pénitentiaire et la déclaration de ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh, n’ont convaincu ni la famille du défunt, ni ses avocats et encore moins une opinion publique visiblement en colère. Les appels pour une enquête indépendante pour déterminer les circonstances de la mort du journaliste se multiplient.

Pas moins de 45 parlementaires ont introduit une demande de la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour « élucider les circonstances du décès du journaliste Mohamed Tamalt en prison».

Signée par des députés appartenant essentiellement au groupe parlementaire de l’Alliance verte, du Front de la justice et du développement et de non-inscrits comme Karim Tabbou et Ahmed Betatache, la demande introduite par le député Nacer Hamdadouche explique que « les conditions de l’incarcération du journaliste après son retour au pays et la nature de la peine qui lui a été infligée sont en contradiction avec la Constitution, notamment dans son chapitre IV ayant trait aux droits et libertés». « Les chefs d’inculpation pour lesquels le journaliste a été poursuivi n’étaient pas privatifs de liberté».

Les députés, dans leur motion, estiment que la mort d’un journaliste en prison constitue « un précédent grave dans l’histoire de l’Algérie indépendante, au moment où nous célébrons la Journée internationale des droits de l’homme». L’indignation est totale et l’affaire a pris de l’ampleur. Des partis politiques, comme le FFS, le RCD et le PT, ont également revendiqué que la lumière soit faite sur le décès du journaliste et appuient « la quête légitime de la vérité sur sa mort réclamée par sa famille».

Le Syndicat national des journalistes impute la responsabilité morale au pouvoir

« Dans cette affaire qui se termine de manière tragique, le pouvoir en impute l’entière responsabilité morale pour, au moins, non-assistance à personne en danger, du fait même du maintien de notre confrère en détention malgré la dégradation de son état de santé», accuse le SNJ.
Des ONG nationales et internationales des droits de l’homme réclament aussi la vérité sur ce drame.

De différents bords, des personnalités politiques expriment également leur indignation. « Dans la conjoncture actuelle, sous réserve des résultats de l’enquête appelée à faire la lumière sur cette tragédie, on peut considérer a priori qu’un journaliste emprisonné aujourd’hui en Algérie peut être crédité d’un préjugé l’indexant au minimum comme un professionnel refusant d’accompagner la meute. Pour cela déjà, indépendamment de ses convictions personnelles, notre mémoire collective doit intégrer Mohamed Tamalt dans la trop longue liste des journalistes martyrs», fulmine l’ancien président du RCD, Saïd Sadi.

Il faut dire que durant son incarcération, le défunt journaliste n’a pas bénéficié de la solidarité nécessaire. Certains par résignation, d’autres jugeant qu’il était indéfendable au regard de la manière de faire son métier. « Qu’on ne se trompe pas de débat ! Il ne s’agit pas de juger de l’éthique du journaliste ni d’apprécier la peine qui lui a été infligée. Mais de s’interroger sur la mort — suspecte — d’un prisonnier», recadre le journaliste et militant politique Arezki Aït Larbi : « Laisser mourir un détenu en grève de la faim relève de la non-assistance à personne en danger. Mais lorsqu’on apprend que ses avocats avaient déposé plainte, en octobre dernier, contre le directeur de la prison de Koléa, suite au constat par le frère de Mohamed Tamalt, de blessures sur la tête du détenu, il s’agit bien d’une présomption de meurtre que seule une enquête impartiale pourra élucider.» Charge-t-il celui qui a eu à en découdre avec la justice et qui a bien connu les conditions carcérales sous la dictature du parti unique. Il s’interroge même si le pays n’est pas en train d’opérer un « retour vers les années de plomb». « La mort suspecte de Mohamed Tamalt ne concerne pas les seuls journalistes. Elle interpelle la conscience de chaque citoyen. Une enquête indépendante et impartiale s’impose pour établir la vérité», interpelle-t-il encore.

Du côté de la défense, on ne veut pas « lâcher l’affaire», malgré les tentatives visant à l’étouffer. Un des avocats de la défense, Amine Sidhoum, entend réclamer le dossier médical complet du défunt et ne pas se suffire du rapport d’autopsie. « Nous allons formuler une demande officielle au ministre de la Justice, au procureur général ainsi qu’aux procureurs de Bab El Oued et de Koléa. Nous allons également saisir le chef de l’Etat», a indiqué Me Sidhoum.

Il récuse les déclarations du ministre de la Justice qui avait déclaré que le rôle de son département s’est terminé juste après le procès. « Nous allons prouver au ministre que la justice a à voir dans cette tragique affaire. Nous voulons savoir pourquoi il a été transféré à Koléa, les raisons exactes de son évacuation à l’hôpital et le suivi effectué. Nous avons beaucoup de questions sans réponse. Pourquoi a-t-on dû attendre deux mois et demi pour obtenir l’autorisation de lui rendre visite ?» réplique l’avocat. L’affaire ne fait que commencer. Lire la suite

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Traitement de radiothérapie révolutionnaire, une première en Afrique

Publié le 18/12/2016, par dans Non classé.

Doté d’un équipement de haute technologie, unique en Afrique dans le traitement du cancer, à savoir la tomothérapie et le cyberknife, le Centre privé Sidi Abdellah-cancérologie, qui ouvrira ses portes le 2 janvier 2017 et situé à la nouvelle ville de Sidi Abdellah, se distingue ainsi de tous les centres de prise en charge du cancer en Algérie, vu les techniques de pointe qu’offrent des appareils de dernière génération, dont l’investissement global avoisine les 2 milliards de dinars. Inauguré hier par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, accompagné du ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune, et de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, ce centre de 4500 m2 propose ainsi une prise en charge en hôpital de jour par radiothérapie, curiethérapie et chimiothérapie d’une qualité conforme aux normes reconnues. « Le choix de la tomothérapie, conçue et développée par la société américaine Accuray, pour la première fois disponible en Afrique, est une technologie révolutionnaire qui associe dans un seul et même équipement un scanner 3D et un accélérateur de particules qui produisent des faisceaux de radiation.

Elle permet donc de disposer, au début de chaque séance de traitement, d’images 3D de la zone à traiter avant que les doses de radiation thérapeutiques ne soient délivrées», a expliqué le Pr Mustapha Yaker, radiologue, propriétaire du Centre Sidi Abdellah-cancérologie. Il est également revenu sur la compétence des équipes, dont les physiciens médicaux qui ont bénéficié de formation dans des centres spécialisés.
Ce centre jouira d’une gestion dans les vraies règles d’optimisation, signale Bouchouareb Khaled, le directeur général du centre.
L’informatisation et la numérisation de toutes les informations liées aux patients et aux machines constitueront la force d’une optimale des soins.

« Un data center qui pourra être relié à tous les centres de diagnostics où les patients sont passés. Nous allons développer également le concept du médecin référent dans les différentes wilayas du pays pour le suivi de nos patients en cas de problèmes après les soins. Une montée de température, par exemple, pourra ainsi être prise en charge par le médecin référent sans que le patient n’ait à se déplacer de son lieu de résidence qui peut être à des kilomètres de notre centre. Le médecin référent peut donc prendre en charge sur place ou orienter le patient vers une consultation spécialisée. Ces médecins référents seront formés à l’utilisation du système d’information pour accéder à l’historique, d’où l’importance de la santé de proximité dans la lutte contre le cancer», a-t-il signalé.

Pour le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, ce centre est un acquis pour les Algériens qui pourront désormais se soigner dans les centres privés ou publics. « Nous sommes sur la bonne voie et nous ne nous faisons aucune différence entre les deux secteurs (public ou privé). Au contraire ils sont complémentaires. Les dispositions de la loi sanitaire prévoient justement cela et nous trouverons des mécanismes qui permettront aux patients de choisir de se faire traiter là où ils veulent», a-t-il répondu à la question de savoir pourquoi la Sécurité sociale ne s’engage pas à prendre en charge ces soins de pointe et réduire les transferts à l’étranger. Lire la suite

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Ouyahia reconnaît la défaillance des pouvoirs publics

Publié le 18/12/2016, par dans Non classé.

Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, a reconnu, hier, la défaillance de la machine publique en matière de contrôle et de communication. « Ne cachons pas nos lacunes avec notre doigt.
Il y a faillite des pouvoirs publics et faiblesse en matière de contrôle», a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse animée au siège de son parti. M. Ouyahia, qui ne cite et ne critique aucun ministre, demande aux responsables de l’Exécutif d’être francs, de ne pas mentir au peuple.

Il reconnaît — ce n’est pas la première fois — la défaillance de ces mêmes institutions dont il fait partie. Lors de cette conférence de presse, le secrétaire général du RND, également directeur de cabinet de la présidence de la République, a réaffirmé son allégeance au Président mais s’est montré très prudent quant à la question relative aux appels en faveur d’un cinquième mandat pour Bouteflika en 2019. « En tant qu’Algériens et militants, nous lui souhaitons beaucoup de bonne santé et plus d’énergie dans la gestion et la conduite des affaires de notre pays», lance-t-il. Pour le chef du RND, le Président « a réussi admirablement» à démentir toutes les voix qui, en 2014, doutaient de ses capacités à gérer le pays.

Questionné sur la polémique autour du complément alimentaire Rahmat Rabi, M. Ouyahia s’est dit « très attristé et peiné» de constater la généralisation dans la société algérienne du charlatanisme. Pour lui, ce produit pose le même problème que le fameux Waad Essadik : « Avant Rahmat Rabi, il y a eu El Waad Essadek. Où va l’Algérie ? Nous n’avons pas vécu cette situation même dans les années 1960. La société a beaucoup régressé, malheureusement les charlatans se sont multipliés et le contrôle s’est affaibli.» M. Ouyahia pense qu’il y a trop de trafiquants, trop d’arnaqueurs, trop d’escrocs… Cette situation trouve, de l’avis du patron du RND, ses origines dans les « défaillances de l’Etat» en matière de contrôle.

Des mesures s’imposaient contre les migrants

Invité à donner son avis sur l’incident qui a marqué la cérémonie d’ouverture du Forum africain d’investissement et d’affaires, M. Ouyahia a défendu Ali Haddad et s’est montré quelque peu « choqué» par le fait que, de ce forum, les gens n’ont retenu que cet incident qu’il qualifie de « simple couac managérial». « On peut regarder cette manifestation de deux manières. Ou bien nous gardons en tête l’organisation d’une grande manifestation à laquelle ont pris part des milliers d’investisseurs, hommes d’affaires et entrepreneurs, ou c’est le couac qui va rester l’éternel repère de ce Forum», a renchéri Ahmed Ouyahia.

Et d’ajouter : « Ali Haddad reste mon ami. Au RND, nous n’appartenons pas à ceux qui changent de position selon la direction du vent.» Autre sujet qui a suscité des commentaires et des demandes d’explications : le cas des migrants. Pour le patron du RND, l’Algérie est en droit de prendre des dispositions pour faire face au phénomène de la migration irrégulière. « J’imagine que vous concédez à l’Etat algérien le droit de prendre quelques mesures envers des ressortissants africains en situation irrégulière. Il y a eu des rapatriements, des opérations qui ne sont jamais aisées ni heureuses», a précisé M. Ouyahia. Il a expliqué que des Africains de plusieurs pays arrivent jusqu’aux grandes villes pour chercher du travail, soulignant que même si l’Algérie n’est pas un pays d’accueil de migrants pour le travail, la situation « est tolérée». Mais quand il y a, explique-t-il, une explosion de violence comme cela s’est passé à Dély Ibrahim (Alger) entre des jeunes de ce quartier et des Africains, les autorités algériennes sont en droit de prendre certaines mesures. « Certains en font un tapage.

Mais que font-ils chez eux face aux immigrés illégaux, notamment en matière des droits de l’homme», s’est-il interrogé, se refusant que l’Algérie se transforme en « un vaste couloir». M. Ouyahia a rappelé que l’Algérie a été un pays de refuge et d’accueil pour des milliers d’Africains depuis son indépendance en 1962, notamment pour ceux fuyant les catastrophes naturelles comme la sécheresse ainsi que les conflits.

Par ailleurs, le secrétaire général du RND n’a pas souhaité commenter le décès du journaliste Mohamed Tamalt, invitant la presse à attendre les résultats de l’enquête. A propos du limogeage de l’ambassadeur d’Algérie à Paris, M. Ouyahia a eu une réplique sèche : « Nous n’avons jamais donné les raisons de la nomination d’un ambassadeur, je ne vois pas pourquoi nous devrions expliquer son éviction.»

Contre le recours à l’endettement extérieur

Sur le volet économique, M. Ouyahia persiste et signe que la situation est « très difficile» même si le ministre des Finances soutient qu' »elle est sous contrôle». Le recours à la hausse des impôts et taxes pour faire face à la crise économique est « une alternative ou plutôt un bon palliatif au recours à l’endettement extérieur», note M. Ouyahia, qui plaide contre le retour à l’endettement. Il souhaite que le crédit de près d’un milliard de dollars contracté par l’Algérie auprès de la Banque africaine de développement (BAD) soit juste « une exception».

Selon lui, si l’Etat recourait à l’endettement extérieur, il devra emprunter plus de 20 milliards de dollars pour combler le déficit de la balance commerciale et financer les importations, qui seront ensuite « très difficiles à rembourser». Selon M. Ouyahia, le RND favorise la révision progressive et souveraine de la politique fiscale du pays ou un ajustement structurel local. A défaut, il pointe deux risques : l’explosion sociale ou la reddition du scénario du début des années 1990, avec les mesures antisociales imposées par le FMI. Au sujet de l’impôt sur la fortune, Ahmed Ouyahia a reconnu les difficultés de l’Etat à s’engager dans la mise en place de cet impôt qui, selon lui, demeure nécessaire pour le pays, notamment dans cette conjoncture. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 18/12/2016, par dans Non classé.

Rencontres avec le mouvement associatif

Sous le slogan « Ensemble vers une citoyenneté pour l’environnement» le ministère des Ressources en eau et de l’Environnement organise une série de rencontres avec le mouvement associatif. Le lancement de ces rencontres se fera à partir de Sétif. Deux autres rencontres seront programmées dans les wilayas de Blida et Tlemcen. Abdelkader Ouali, ministre des Ressources en eau et de l’Environnement, présidera ces rencontres, où il mettra en exergue l’importance de la société civile dans le changement des comportements, tout en consolidant les liens et la mise en synergie des efforts consentis tant par le mouvement associatif que par les pouvoirs publics en faveur de la protection de l’environnement et du développement durable.

Premier téléviseur OLED Curved de Brandt Algérie

Brandt Algérie, filiale du groupe Cevital, spécialisée dans les produits électroménagers, procédera aujourd’hui au lancement officiel du premier téléviseur OLED Curved, fabriqué dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique. Une cérémonie officielle sera organisée à Alger en présence de Tahar Bennadji, directeur général de Brandt Algérie. Cette société évolue dans un environnement très concurrentiel, où les clients ne sont plus sensibles au seul prix, mais aussi aux caractéristiques objectives et subjectives du produit offert par chacune des firmes. La différenciation est le nouveau cheval de bataille de la marque.

2 morts et 6 blessés dans un accident à Sétif

Un terrible accident de la circulation a fait deux morts et six blessés graves. Le drame s’est produit vendredi à 17h20 au lieudit Arraarir, situé à mi-chemin entre Sétif et El Eulma. La collision, entre un bus de voyageurs de type Toyota à bord duquel se trouvait 10 personnes, et une voiture de tourisme de marque Mercedes, est intervenue à l’intersection de la RN5 et du chemin de wilaya 113. Se trouvant à bord du véhicule, une femme de 65 ans est décédée sur le coup. Son accompagnatrice, une autre femme de 35 ans, a rendu l’âme dès son admission à l’hôpital d’El Eulma. Blessés, le conducteur de la Mercedes (un homme de 55 ans) et 5 voyageurs du bus, ont été évacués vers le centre hospitalier universitaire Saadna Abdenour, du chef-lieu de wilaya. Pour connaître les raisons de cette énième catastrophe, les éléments de la gendarmerie ont ouvert une enquête. Notons que le terrible drame avait bloqué la circulation routière au niveau de ce tronçon emprunté quotidiennement par des milliers d’engins et de véhicules.

Les escales culinaires du réveillon 2017

Plusieurs hôtels, notamment ceux managés par des marques internationales, préparent activement la soirée du réveillon 2017. Un décor étincelant a été planté au Sofitel Alger, avec des décorations et le sapin aux boules rouges dans le hall. Une soirée spéciale est aussi en préparation au Mercure Aéroport, où la direction a mis les petits plats dans les grands. Il propose une escale culinaire et une ambiance festive. Les adeptes du réveillon, dont des jeunes, des couples et même des familles, essayent de trouver le bon plan pour célébrer le Nouvel an. Pour certains, cette fête est une occasion de se réunir en famille et d’échanger des vœux de joie et de santé.

111e anniversaire du décès de Si Mohand Ou Mhand Commémoration à vélo

Un cycliste de renommée dans la wilaya de Tizi Ouzou, Si Ahcene, organise, le 31 décembre, avec son équipe et en collaboration avec l’APW et la DJS, une grande tournée à vélo pour rendre hommage à la mémoire du troubadour kabyle, Si Mohand Ou Mhand, à l’occasion de la commémoration du 111e anniversaire de son décès. Le départ de la caravane cycliste est prévu à 9h devant le siège de l’APW de Tizi Ouzou. Celle-ci se rendra directement à Askif n-Tmana (Aïn El Hammam), où il sera procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe du poète, décédé le 28 décembre 1905. Le retour se fera à partir de Aïn El Hammam, via Larbâa Nath Irathen et Tizi Rached, avant de boucler le circuit à Tizi Ouzou, soit une distance de plus de 100 km en aller-retour. Lire la suite

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Les spécialistes soulignent l’absence d’une politique de migration en Algérie

Publié le 18/12/2016, par dans Non classé.

Aborder la question de la migration en Algérie tout en mettant un l’accent sur l’être humain et le respect de l’égalité entre hommes et femmes, devient un impératif pour les académiciens algériens, d’autant que le pays est devenu non seulement une terre d’asile mais aussi un pays pourvoyeurs de migrants.
La problématique est d’actualité et intéresse de très près la communauté des académiciens. Raison pour laquelle le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Créad) a organisé, hier à l’université de Bouzaréah, à Alger, une conférence-débat animée par Musette Mohamed Saib, directeur de recherche, devant une assistance de chercheurs en sociologie et en psychologie, ainsi que des représentants d’acteurs impliqués dans la prise en charge, des représentants d’associations et d’institutions internationales à l’image de l’Organisation internationale des migrations, ou du CICR.

Le choix de la date n’est pas fortuit, puisque celle-ci coïncide avec les manifestations de la Journée internationale des migrants. Pour Musette Mohamed Saib, il est question de faire une pause « tout en interpellant les gouvernements à respecter leurs engagements en mettant l’accent sur l’être humain sous l’angle du respect de l’égalité entre hommes et femmes aussi bien en ce qui concerne les migrants vivant sur le sol algérien que les Algériens vivant à l’étranger.

C’est ce regard porté sur les deux côtés qui nous interpelle et qui a déjà fait l’objet d’une ébauche de réflexion il y a une année, lors d’une réunion institutionnelle qui a fait sentir la nécessité d’avoir une politique de migration». M. Musette estime que la problématique du genre en matière de migration est nouvelle ; elle a apparu à la faveur de la mondialisation, dit-il.

La démarche du Créad, souligne-t-il, repose sur trois principes qui « permettent de travailler sur le sexe au lieu que ce soit sur le changement». L’orateur rappelle les différentes études faites en Algérie et qui constituent une base de connaissances qui mériterait d’être approfondie. « Les principes d’équité et d’égalité ne sont pas suffisants s’ils ne sont pas accompagnés d’une chance égale d’accès aux mesures de cette équité», révèle le chercheur, qui précise que la mesure des distinctions entre les deux sexes se fait au niveau international sur la base d’indicateurs autour de l’accès à la politique, l’économie, la santé et l’éducation.

l’éxil économique

A ce titre, il rappelle que le dernier rapport Gender Gap pour l’année 2016 classe l’Algérie au 120e rang. Le pays est en outre 135e en matière d’accès à l’économie, 104e en matière d’éducation, 127e en matière de santé et 56e en matière d’accès à la politique. « Peut-on appliquer les mêmes mesures et établir les distinctions entre les migrants nationaux ? Que savons-nous de la place de l’Algérie dans les migrations internationales sur la base de ces trois principes», s’interroge le conférencier avant de revenir à la question du genre. Selon lui, sur les 243 millions de migrants dans le monde, les femmes représentent 77 millions, soit 48,2%, et la plupart ont opté pour l’exil pour des raisons économiques.

« Qu’en est-il des étrangers vivant en Algérie», se demande le conférencier. « Les données restent muettes. En 2013, il y avait 270 000 migrants, sur les 40 millions d’Algériens, soit 0,6% de la population. Parmi ces derniers, 70% sont des Palestiniens et des Sahraouis et 45% sont des femmes bien établies depuis 1990. Les statistiques du ministère des Affaires étrangères pour 2016 évoquent 77 000 migrants économiques, soit 0,75% de la population dont très peu de femmes», souligne M. Musette.

Pour ce qui est des Algériens vivant à l’étranger, le conférencier affirme : « En 2013, ils étaient un peu plus de 2,1 millions d’inscrits dans les consulats, mais les Nations unies évoquent un nombre de 1,4 million en 2000 et 1,8 million en 2013 avec un taux de 37% de femmes en 2000 et de 47% en 2013. Dans les pays de l’OCDE, les Algériens sont au nombre d’un million dont 49% de femmes. Elles sont moins nombreuses à avoir le niveau scolaire du palier primaire, presque à égalité avec les hommes qui ont le niveau secondaire et un peu moins que les hommes à avoir le niveau supérieur. Mais elles sont à égalité des hommes à avoir des PhD.»

Le chercheur note que ces données peuvent constituer des pistes de recherche et appelle à « une comparaison entre l’accès des nationaux et des migrants aux différents domaines avec une équipe pluridisciplinaire et mixte. Nous ne pouvons pas être dans l’analyse du genre si nous ne prenons pas en compte exclusivement les femmes. Nous pouvons créer nos propres outils et nos indicateurs à partir de nos bases cultuelles et culturelles». Il a conclu en soulignant : « Depuis trois ans, je ne cesse de dire qu’il faut anticiper sur les problèmes de migration. Chaque année, à la même période, novembre-décembre, les autorités réagissent en pompiers, en opérant des rafles dans les rues pour ramasser tous les étrangers. Cela provoque des dégâts aussi bien chez nous qu’en Europe. C’est la même chose pour les harraga. Il faut un plaidoyer pour une politique de migrants respectueuses des droits de l’homme.»

Un autre chercheur du Créad, Khaled Noureddine, va plus loin. Selon lui, les derniers événements liés au « ramassage» des migrants dans les rues d’Alger ont montré une absence totale de politique de migration en Algérie. Il regrette que les femmes soient invisibles dans cette masse de migrants, expliquant tout le mal qu’il a eu à en trouver une dizaine pour répondre à des questions entrant dans le cadre de sa recherche pour les années 2007 et 2008 : « Sur les 2000 migrants approchés, à peine quelques dizaines étaient des femmes. Les lieux de vie des migrants sont hiérarchisés et structurés. Dans cette organisation, les femmes sont invisibles parce que bien protégées de l’extérieur.»

Un observatoire pour la migration

Le débat suscite plusieurs interventions. D’abord celle du représentant de l’OIM, Pascal Reyntjens, chef de mission à Alger, qui plaide pour un partenariat entre les politiques, les associations et les décideurs, tout en appelant à intégrer les questions des migrations dans le développement durable ainsi que les indicateurs agrégés comme l’accès au travail, Lire la suite

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La Laddh et le Snapap dénoncent la xénophobie

Publié le 18/12/2016, par dans Non classé.

La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (Laddh) et le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) se sont réunis, hier à Oran, avec des représentants des communautés par pays de migrants subsahariens installés à Oran pour « débattre des derniers événements ayant secoué la communauté africaine installée en Algérie. Ces représentants ont tenu à dire leur crainte de voir de tels actes se répéter, surtout que la chasse aux Subsahariens s’est faite à la base du faciès puisque même des personnes en situation régulière ont été touchées».

Dans un communiqué commun, la Laddh et le Snapap ont clairement dénoncé « cet acte de xénophobie contraire à l’histoire anticoloniale récente de notre pays et qui remet en cause la Constitution algérienne et les conventions reconnues et ratifiées par le pays. Cet acte est d’autant plus condamnable qu’il vient juste après la tenue du Sommet arabo-africain le 23 novembre 2016, durant lequel tous les pays africains présents ont défendu la cause du peuple sahraoui, une position en phase avec la politique de notre pays, d’une part et, d’autre part, à la veille du démarrage du premier Forum africain d’investissement que l’Algérie a organisé». Pour les signataires dudit document, « la question de la migration, qui est un problème crucial qui touche la planète entière, ne peut être appréhendé en termes de gestion sécuritaire, mais a besoin d’hommes et de femmes politiques qui puissent faire avancer la région sur des bases politiques et des projets dont le but est de fixer les populations par une réelle politique de développement».

Et d’ajouter que « les membres présents ont décidé de maintenir, développer et élargir les contacts de ce type de réunion, afin de rendre visibles les communautés africaines présentes en Algérie depuis plusieurs années et leur permettre d’engager et d’instaurer à travers leurs représentants un dialogue, que ce soit avec leurs représentations diplomatiques, les autorités, les pouvoirs publics et les différentes instances de l’Union africaine». Et de conclure leur communiqué en ces termes : « La LADDH et le Snapap dénoncent tous les actes racistes et les propos injurieux qui ciblent ces communautés et refusent de se taire devant cette tentative d’effacer notre mémoire collective anticoloniale. Ils rappellent simplement que le vécu actuel d’un grand nombre de nos compatriotes à l’étranger ressemble comme deux gouttes d’eau au vécu de ces communautés.» Lire la suite

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