formats

Lutte antiterroriste : Importantes saisies d’armes aux frontières

Publié le 19/04/2016, par dans Non classé.

En quatre mois seulement, les unités de l’ANP ont éliminé 31 terroristes et capturé 33 autres. Plus de 300 armes de guerre ont été récupérées, 182 casemates détruites et une dizaine de ceintures d’explosifs saisies lors d’opérations antiterroristes, principalement au sud-est du pays, une région confrontée à une lourde menace en raison de sa proximité avec la Libye, transformée en une immense armurerie à ciel ouvert et en champ de bataille.
En moins de 4 mois, les unités de l’ANP ont abattu 31 terroristes, arrêté 33 autres et récupéré un important arsenal de guerre composé de plus de 300 pièces. Des kalachnikovs, des lance-roquettes, des missiles antiaériens, mais aussi des mines antichar, des bombes prêtes à l’utilisation et des quantités impressionnantes de grenades ont été découverts pour la plupart dans le sud-est du pays, notamment à Ouargla. Une région qui s’illustre, ces derniers mois, par des saisies d’armement plus importantes les unes que les autres.

La dernière remonte à dimanche : 124 armes, dont 108 pistolets automatiques, 6 fusils mitrailleurs, 4 lance-roquettes et 4 fusils à lunette, ainsi que d’énormes quantités de munitions, grenades, roquettes et obus de mortier. Cette opération est la deuxième du genre depuis le début de ce mois dans cette région frontalière avec la Tunisie et la Libye.

Le 5 avril, les forces de sécurité ont découvert une cache d’armes contenant un mortier de calibre 60 millimètres, une mitrailleuse 14,5 mm, une autre de 12,7 mm, 44 obus de mortier ainsi que 2560 balles de différents calibres, alors que quelques jours auparavant à Guemmar, les militaires ont découvert un arsenal de guerre dissimulé dans une cache, contenant un fusil mitrailleur FMPK, 17 charges propulsives pour RPG-7 et un chargeur de munitions pour pistolet-mitrailleur de type kalachnikov.

Selon des sources sécuritaires, ces armes sont pour la plupart neuves, mais mêlées à des pièces déjà utilisées qui, en majorité, proviennent de Libye et à un degré moindre des pays du Sahel, notamment du Mali et du Niger. Selon nos sources, de nombreuses armes saisies par les militaires auraient été achetées en Libye auprès des factions islamistes, par l’intermédiaire de trafiquants qui ont pignon sur rue dans la capitale libyenne. Ces mêmes factions, qui entretiennent des relations assez étroites avec non seulement AQMI, mais aussi Daech, disposent aujourd’hui d’un armement de guerre aussi diversifié que sophistiqué.

Des sources sécuritaires expliquent que « ces armes ont dû être achetées par un groupe terroriste algérien qui les a acheminées jusqu’en Algérie, sans pouvoir les emmener plus loin. Ils ont commencé par ramener de petites quantités, entreposées dans différentes caches non loin de la frontière, en attendant de les acheminer vers leur destination finale, qui peut être le nord du pays, ou tout simplement leur utilisation pour une opération terroriste dans le Sud». Mais de quelle action s’agit-il ? « Nous n’en savons pas grand-chose pour le moment. Ces saisies ont été opérées à la suite d’informations données par des citoyens, mais aussi par des terroristes arrêtés.»

Le général à la retraite Abderrazak Maiza nous donne une autre lecture. Pour lui, la saisie de ces quantités d’armes démontre « l’incapacité» des groupes terroristes à approvisionner les maquis terroristes du nord du pays. « Ces armes sont destinées aux groupes qui agissent au nord du pays. Les terroristes ont de grandes difficultés à approvisionner leurs acolytes, qui sont visiblement en manque. Le dispositif mis en place pour protéger nos frontières donne des résultats probants.

Avant, ils passaient par le Sud, traversaient de nombreuses régions avant d’arriver au Nord sans être repérés. Aujourd’hui, il leur est difficile de passer sans être signalés ou tout simplement localisés par des moyens de surveillance aérienne de plus en plus sophistiqués. Ils ne peuvent pas créer des maquis en plein désert où ils sont à découvert. De plus la population du Sud leur est hostile», explique le général Maiza.

Selon lui, le convoyage de ces armes ne s’est pas fait par des moyens roulants « qui sont facilement repérables grâce à la technologie. Les terroristes ont dû utiliser des moyens plus traditionnels comme les chameaux pour les acheminer jusqu’en territoire algérien et les cacher dans des endroits proches de la frontière». Notre interlocuteur ne croit pas à l’implantation de Daech dans cette région du pays. « Daech ne peut exister que dans des zones où règne le chaos.

Or, au Sud, aussi bien les Touareg que les autres communautés ont de tout temps constitué un rempart contre l’anarchie. Un attentat au nom de Daech, c’est possible. Des centaines d’Occidentaux faisant partie de cette organisation et qui ne sont pas fichés ont quitté l’Irak et la Syrie pour une destination inconnue. Qui nous dit que parmi eux certains ne viendraient pas en Algérie comme touristes avant de passer à l’action ?

C’est une hypothèse plausible, mais pas celle de l’implantation de Daech au Sud. De plus, il faut reconnaître que l’armée maîtrise le terrain. Elle a bien déjoué une attaque terroriste contre un site pétrolier à In Amenas. Les terroristes n’ont même pas pu approcher de la base, ce qui est important à relever», souligne le général à la retraite. Entre les avis alarmistes des uns et ceux rassurants des autres, il n’en demeure pas moins qu’une menace inquiétante pèse sur le pays en général et sur l’armée en particulier.

La mobilisation des troupes et des moyens dont elles sont dotées ont un coût assez élevé qui sera inévitablement revu à la baisse en raison de la crise financière. Une situation qui appelle à une profonde réflexion sur la stratégie de défense nationale aussi urgente que nécessaire, et à un débat au sein de la société sur les enjeux autour desquels des guerres sont menées à nos frontières.

Lire la suite

formats

Le silence compromettant de Amar Saadani

Publié le 19/04/2016, par dans Non classé.

Alors que les autorités et les partis de l’alliance accusent la France d’avoir porté atteinte à la souveraineté de l’Algérie, le sulfureux secrétaire général du FLN, Amar Saadani, se mure dans le silence. Certains affirment qu’il est en soins en France, qu’il a été rappelé à l’ordre par ses maîtres, alors que d’autres n’hésitent pas à faire le lien entre cette disparition des radars, sa fortune en France et le scandale Panama Papers.
Alors qu’il multipliait les sorties médiatiques, ouvrant plusieurs fronts en même temps à travers des attaques violentes contre des chefs de parti, des personnalités civiles et militaires, des ministres et hauts cadres de l’Etat, voilà que Amar Saadani brille par son absence. Il se mure dans un silence étrange au moment où le Premier ministre français, Manuel Valls, dès la fin de sa visite à Alger, a enflammé la scène politique algérienne en publiant une photo du président Bouteflika, ravagé par la maladie.

Alors qu’il avait habitué l’opinion publique à des déclarations aussi sulfureuses que polémiques, tout le monde s’attendait à une réaction de sa part, en tant que secrétaire général du FLN, le parti de Larbi Ben M’hidi et de Didouche Mourad, pour ne citer que ces martyrs de la Révolution. Mais Saadani n’a pas donné signe de vie. Pourquoi se tait-il à ce moment précis ? Ne se sent-il pas concerné par les « attaques à la souveraineté nationale» ? Hocine Khaldoun, chargé de la communication au FLN, explique : « Le secrétaire général est absent.

Lorsque la délégation française est arrivée à Alger, il était en Chine.» Une réponse peu convaincante, sachant que cette visite, en réponse à l’invitation du Parti communiste chinois, avait pris fin au moment même où Manuel Valls avait publié la photo du président Bouteflika. « En fait, Saadani n’est pas rentré au pays. Il est parti ailleurs pour des soins parce qu’il est malade. Nous sommes en contact avec lui. D’ailleurs, le FLN a été le premier parti à avoir réagi, par le biais de son chargé de communication qui a rendu publique une déclaration», déclare Khaldoun, nous laissant sur notre faim après avoir lui-même mis l’accent sur les « contacts permanents» entre le secrétaire général et les instances du parti.

Et à ce titre, Saadani aurait pu réagir de là où il se trouve. Des sources bien informées expliquent ce silence par trois réponses. La première renvoie à son état de santé. « Amar Saadani traîne une lourde maladie qui l’oblige à se rendre au moins une fois par mois en France pour se faire soigner», précisent nos interlocuteurs. La deuxième réponse est : « En raison de ses nombreuses maladresses, Amar Saadani a été rappelé à l’ordre par ceux-là mêmes qui lui soufflaient les déclarations enflammées contre ses détracteurs.» « Il a été rappelé à l’ordre.

On a exigé de lui de faire le dos rond et de se faire oublier. De toute façon, la mission qu’on lui a confiée a été bien accomplie», souligne notre source. D’autres observateurs ne partagent pas cette thèse. Pour eux, le silence de Saadani doit être lié à l’affaire Panama Papers et à sa relation avec la France. « Saadani a disparu des radars depuis les premières révélations des Panama Papers.

Lui-même a acheté des biens en France alors qu’il n’avait aucune activité sur le sol français. Sa société immobilière a été créée à Paris, en 2009, moins de deux ans après avoir été président de l’Assemblée nationale. Il doit savoir qu’un jour ou l’autre, son nom finira par être éclaboussé. Il fait le dos rond de peur d’accélérer le processus. Les Français doivent savoir beaucoup de choses sur lui», révèlent nos sources. Cette thèse semble la plus plausible pour l’instant. Amar Saadani a érigé une fortune colossale, investie surtout en France, pays qu’il affectionne particulièrement et qui partage sa position sur la question sahraouie. L’on se rappelle de sa déclaration virulente appelant l’Algérie « à lever la main sur ce dossier».

En clair, le secrétaire général rallie la position du makhzen et appelle les autorités algériennes à abandonner le peuple sahraoui à l’occupation marocaine. Mieux encore : en 2013, lorsque le drapeau algérien avait été décroché du haut d’un de nos consulats au Maroc par un jeune Marocain et alors que l’acte avait été énergiquement dénoncé par les autorités algériennes, Saadani n’a pas trouvé mieux que de déclarer l’incident comme « un non-événement». Autant de déclarations qui démontrent ses accointances avec l’étranger, accusé aujourd’hui, aussi bien par les autorités que par les partis de l’Alliance présidentielle de « porter atteinte à la souveraineté nationale».

En se murant dans un silence de mort, Amar Saadani laisse planer le doute sur ses relations avec la France, l’ancienne puissance coloniale contre laquelle l’historique FLN a mené une révolution qui a marqué le XXe siècle, pour arracher l’indépendance de l’Algérie au prix de millions de martyrs. Son silence en cette période cruciale est plus que compromettant…
Lire la suite

formats

La police évacue les protestataires à Boudouaou

Publié le 19/04/2016, par dans Non classé.

La cité 950 Logements a connu une nuit très agitée. Bilan : cinq blessés parmi les contractuels, dont trois ont été transférés vers l’hôpital
de Birtouta, les deux autres vers celui de Boudouaou.
Les services de sécurité ont procédé, hier vers 3h, à l’évacuation des contractuels de l’éducation qui occupaient depuis 13 jours une rue jouxtant la cité 950 Logements à Boudouaou, à l’ouest de Boumerdès. Après deux jours d’hésitation, les services de sécurité sont passés à l’acte. La cité 950 Logements a connu une nuit très agitée. Bilan : cinq blessés parmi les contractuels. Trois ont été transférés vers l’hôpital de Birtouta, les deux autres vers celui de Boudouaou.

« Ils nous ont surpris pendant notre sommeil et nous ont conduit de force dans des bus vers différentes destinations. Ni les cris des enseignantes ni notre résistance n’ont pu faire face à la force policière. C’est honteux, nous ne sommes pas des voyous pour qu’ils s’en prennent ainsi à nous. Ils ont profité de l’absence de la population locale pour nous surprendre. Nous avons même laissé nos bagages sous la tente», s’insurge Bilal, un contractuel protestataire de Bouira, joint par téléphone, qui s’est retrouvé hier en fin de matinée dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj.

Pour le transport des protestataires, dix bus avaient été réservés, nous confie-t-on. « Les policiers ont excellé dans la vulgarité. Ils ont tiré des enseignantes par les cheveux pour les obliger à monter dans les bus. Pourtant, à 1h30, les officiers de police m’avaient promis qu’ils ne feraient rien. Je leur ai demandé de donner une chance à la médiation et au dialogue pour trouver une issue à cette crise. Malheureusement, ils n’ont pas tenu parole. Je suis triste pour mon pays», témoigne le député Khaled Tazaghart, qui était sur place lors de l’intervention policière.

Un habitant du quartier des 950 Logements de Boudouaou, en face du campement des contractuels, a tout vu de son balcon. « J’ai entendu des cris. Je me suis précipité au balcon pour voir ce qui se passait. J’ai vu des dizaines de policiers encercler le camp des contractuels. Ensuite, des bus, qui étaient stationnés là depuis deux jours, se sont alignés devant la tente des enseignants. Après quelques minutes, ils ont démarré», témoigne-t-il.

Le chauffeur d’un de ces bus affirme qu’une enseignante a été blessée : « Elle a préféré sauter de la fenêtre du bus que de rester à l’intérieur, et ce, avant le démarrage du véhicule. Elle s’est blessée dans sa chute. Il y a eu des bousculades entre les agents de la police et les enseignants.» Il ajoute que sa mission était d’acheminer les enseignants contractuels vers la gare routière de la wilaya de Bouira. En arrivant à Bouira, les enseignants ont refusé de descendre. « Ils m’ont demandé de continuer le chemin jusqu’à Sétif. C’est ce que j’ai fait.»
Pendant la matinée d’hier, le camp des contractuels a été complètement nettoyé. Les bagages laissés par les enseignants dans la tente ont été transférés vers le parc de l’APC Boudouaou.

C’est donc la fin du périple des contractuels de l’éducation qui avait commencé le 27 mars dernier avec une marche allant de Béjaïa vers Alger, en passant par Bouira et Boumerdès. A Boudouaou, à l’ouest de Boumerdès, la marche a été stoppée par la police. Depuis, les contractuels sont entrés dans une grève de la faim qui a duré 13 jours. Des syndicats de l’éducation ont tenté une médiation entre les grévistes et le ministère de tutelle. Malheureusement, cela n’a abouti à aucun résultat. Néanmoins, d’après des contractuels qui ont protesté hier devant la direction de l’éducation de la wilaya de Béjaïa, une deuxième marche vers Alger sera entamée incessamment. Lire la suite

formats

La nature du régime est une menace pour la stabilité

Publié le 19/04/2016, par dans Non classé.

La sécurité du pays est l’affaire de tous les Algériens, mais encore faut-il les associer au débat autour de la gestion de leur sûreté.
Armée, gouvernement, partis du pouvoir ne cessent, ces derniers mois, de hisser les drapeaux d’alerte au niveau de nos frontières, notamment au sud et à l’est, mais à aucun moment ils n’ont pensé à engager un débat ouvert avec la société civile concernant ce danger qui guette la stabilité du pays. Doit-on mêler une manifestation pacifique au danger terroriste ? Bastonner des enseignants ou tout citoyen voulant se réapproprier l’espace public pour s’exprimer ?

Est-ce là une réponse adéquate, quand on veut réunir toutes les forces et les énergies pour défendre le pays ? Le vice-ministre de la Défense ne s’est jamais présenté devant l’APN pour rendre des comptes sur la politique sécuritaire. Les communiqués rendus publics relatifs à l’élimination de quelques terroristes, à la récupération de lots d’armes et à la destruction de casemates suffisent-ils à rassurer les citoyens sur la bonne marche de la stratégie sécuritaire ? Pour les partis de l’opposition contactés hier, en sus de la menace à nos frontières, la nature du régime en place est aussi un danger pour le pays.

– FFS : « Le traitement du dossier sécuritaire doit se faire d’abord sur le terrain politique national»

« Nous évoluons dans un environnement instable, mouvant, qui couve des dangers effectifs pour la sécurité de notre pays et son intégrité territoriale. Le chaos programmé qui règne en Libye, la situation au Sahel et à nos frontières au Sud démontrent que l’Algérie est entourée d’un environnement de guerre», reconnaît le FFS par la voix de son premier secrétaire, Mohamed Nebbou.

Notre interlocuteur souligne toutefois que « malheureusement, la fragilité interne entretenue par la gestion opaque, autoritaire et unilatérale des affaires de l’Etat rend le pays vulnérable et ne l’installe pas durablement dans la sécurité». Au FFS, dit M. Nebbou, « nous demeurons convaincus que la gestion du tout-sécuritaire, l’omerta, le mensonge et la surenchère ne constituent pas une solution aux problèmes actuels…

Le traitement du dossier sécuritaire doit se faire d’abord sur le terrain politique national». Et d’ajouter que « les seuls remparts qui peuvent faire face aux dangers qui nous guettent sont la reconstruction d’un consensus national, l’instauration d’une démocratie réelle et la consécration de l’Etat de droit dans le pays».

Pour le plus vieux parti de l’opposition, la doctrine nationale de défense ne peut et ne doit s’articuler que sur « l’institution de rapports de confiance entre gouvernants et gouvernés, sur la vérité, la transparence et l’implication de la société dans les questions qui engagent le présent et l’avenir du pays». La puissance d’une nation, estime M. Nebbou, « ne se mesure pas uniquement dans la force de son armée, mais aussi et surtout dans la mise en place d’institutions légitimes et démocratiques, d’une économie diversifiée et souveraine et d’une cohésion sociale solide».

– RCD : « La gestion sécuritaire en Algérie n’a jamais été aussi catastrophique»

Athmane Mazouz, du RCD, estime pour sa part que la faillite des responsables en charge de ce dossier est totale. « Au lieu de chercher à endiguer les menaces extérieures, nos gouvernants s’attellent à bomber le torse au quotidien face à des manifestants pacifiques à travers le pays», souligne le responsable de la communication au RCD.

Il considère que « la gestion sécuritaire en Algérie n’a jamais été aussi catastrophique que ces dernières années». M. Mazouz en veut pour preuve que « depuis de nombreuses années, malgré les énormes moyens dont sont dotés les Services algériens, les responsables ont démontré leurs limites et leur incompétence». Et d’ajouter : « La multiplication des atteintes à la sécurité du pays n’a jamais été aussi forte, notamment à nos frontières, et les menaces qui pèsent sur la sécurité et l’intégrité du pays sont aggravées par un pouvoir qui a fait de la souveraineté un sujet de marchandage dans le sillage du viol de la souveraineté populaire.»

Le RCD estime que « le pays nous offre aujourd’hui l’image d’un pouvoir isolé, un processus de réformes stagnant et une approche incertaine de la manière de lutter contre les menaces sécuritaires». Et d’alerter : « Les Algériens n’ont jamais eu le sentiment d’une probable désintégration du pays autant que ces derniers temps, alors que le pouvoir est à la dérive et poursuit ses politiques de tâtonnement et de fuite en avant.»

– MSP : « La menace est aussi dans la fermeture politique»

Bouabdallah Ould Adjaimia du MSP affirme, de son côté, que l’inquiétude face à la menace à nos frontières est légitime : « Nous sommes bien entendu contre toute menace sur la sécurité et la stabilité du pays. La situation chez nos voisins tunisiens, libyens et maliens est sensible et dangereuse, il est donc normal que nous soyons en état d’alerte et de veille. Mais gare à l’exploitation de la menace terroriste.»

« Nous constatons que le pouvoir utilise et exploite le dossier sécuritaire comme une couverture pour voiler les nombreux problèmes internes», précise M. Adjaimia, en notant que la mise en avant de la question sécuritaire dans le débat public est faite sciemment pour passer, dans l’ombre, des projets et des marchés. « L’épouvantail est dressé pour ne pas parler du problème des contractuels, du retour de Chakib Khelil, de la crise économique…

On veut détourner les regards des préoccupations internes dont le pouvoir est responsable.» Le représentant du MSP estime que « l’absence de l’alternance et de la démocratie, la prolifération de la corruption sont autant d’ingrédients pour l’instabilité du pays et augmentent le risque terroriste». Tout en dénonçant l’exploitation immorale de la menace sécuritaire, le MSP appelle le pouvoir à la raison et à s’associer à l’opposition pour mettre en marche une transition démocratique. Lire la suite

formats

La famille du défunt Salah Boubnider interpelle le Président

Publié le 19/04/2016, par dans Non classé.

Alors que la veuve de Salah Boubnider accuse l’ancien compagnon du défunt, le commandant Azzedine, d' »escroquerie» et interpelle le Président pour « faire appliquer les décisions de justice», l’avocat de ce dernier récuse tous les faits reprochés à son client et promet « d’honorer» le remboursement des fonds objet du litige.
La veuve de l’ancien officier de l’ALN, Salah Boubnider, et ses enfants ont interpellé, hier, le président de la République, en tant que premier magistrat, lui demandant de faire respecter la loi et à mettre un terme aux manœuvres de celui qui se revendique, à tort, être sous sa protection pour intimider et bloquer l’exécution d’un jugement définitif.

Les signataires de cette lettre sont revenus sur les circonstances de cette affaire, en déclarant : « Victimes d’une escroquerie qui nous a ruinés, mes fils et moi avons déposé, le 14 octobre 2013, une plainte au parquet de Chéraga contre Zerari Rabah, alias commandant Azzedine, son gendre Hadjouti Hamza et sa fille, Chellali Fifi, pour ‘‘escroquerie », ‘‘faux et usage de faux » et ‘‘émission de chèques sans provision ».

Jugée en première instance (…), l’affaire a connu son épilogue le 31 mai 2015 devant la cour d’appel de Tipasa, qui a rendu deux décisions : sur le plan pénal, elle a condamné à 2 ans de prison ferme Zerari Rabah et son gendre Hadjouti Hamza, et à 6 mois de prison ferme Challali Fifi, pour ‘‘escroquerie », ‘‘faux et usage de faux » et ‘‘émission de chèques sans provision »», tout en ordonnant la restitution des sommes extorquées aux victimes.

Selon les signataires, durant la procédure, les mis en cause « ont organisé leur insolvabilité en transférant, selon l’enquête, leur argent en France pour empêcher l’exécution du jugement, et au mois d’août 2015, Me Farouk Ksentini, en sa qualité de président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), a pris contact avec nous et avec d’autres victimes partie civile.

Devant témoins, il nous a tenu le discours suivant : ‘‘Le commandant Azzedine a vendu un immeuble, il va indemniser toutes les personnes qui se sont constituées partie civile. » Pointant l’index vers le ciel, Me Farouk Ksentini continue : ‘‘J’ai été chargé par de très hautes personnalités de l’Etat de régler ce problème, je viens d’ouvrir un compte client le 5 octobre, je remettrai moi-même les chèques aux victimes. » Il dira même à l’un de mes enfants : ‘‘Dites à Madame Boubnider que je suis le garant du recouvrement de ses biens spoliés ».»

Mme Boubnider et ses enfants précisent que trois mois plus tard, leur avocat a entamé une procédure de contrainte par corps contre Hadjouti Hamza près le tribunal de Koléa, dont relève la localité de Htatba, « résidence officielle du condamné, même s’il habite chez son beau-père à Club des Pins. Le président du tribunal fixe la contrainte par corps à trois années d’emprisonnement afin de l’obliger à régler sa quote-part des indemnisations décidées par la cour de Tipasa».

Informé de cette procédure, Me Ksentini, notent les signataires, « s’est présenté devant le procureur de Koléa pour bloquer la procédure. Devant le magistrat, il s’est porté garant d’une solution à l’amiable, en s’engageant à remettre lui-même les chèques à la partie civile le 17 janvier 2016 (…). Malgré le rendez-vous fixé au 5 octobre pour le règlement définitif du problème, Me Farouk Ksentini nous a renvoyés au mois de novembre 2015, puis décembre, puis au 17 janvier 2016 ! Mais toujours sans résultat.

En mars dernier, il s’est engagé plus concrètement, toujours devant témoins, en affirmant : ‘‘La vente de l’immeuble du commandant Azzedine a été conclue, l’acheteur étant une entreprise publique et au vu de la somme importante représentant le prix de l’immeuble, cela a demandé un peu de temps, mais le gouverneur de la Banque d’Algérie m’a assuré que l’argent entrera sur le compte client le 6 avril 2016. Le 7 avril, vous aurez vos chèques ». Mais 10 mois après, l’exécution du jugement est toujours bloquée».

Les signataires du communiqué s’interrogent « sur le mobile des manœuvres dilatoires» de Me Ksentini, « qui n’a pas hésité, en sa qualité de président de la CNCPPDH, à impliquer ‘‘de très hautes personnalités de l’Etat », pour bloquer l’exécution d’une décision de justice».
Ils qualifient cette situation d' »impasse», avant d’interpeller le Président, en tant que premier magistrat du pays, garant de l’indépendance de la justice et du bon fonctionnement des institutions.

Contacté hier, Me Farouk Ksentini nie avoir exercé une quelconque pression pour bloquer la procédure, comme le prétend la famille Boubnider. Il persiste à affirmer qu’il a été mandaté pour payer les mis en cause avec lesquels il est arrivé à un arrangement à l’amiable pour leur restituer les sommes réclamées. « L’argent existe, mais sa remise est une question de temps.

S’ils ne veulent pas le récupérer à l’amiable, ils ont des voies pour forcer le paiement. Moi, je ne suis qu’un avocat qui tente de trouver une solution à l’amiable. Je n’ai aucun intérêt dans cette affaire et je ne peux influer sur la justice, pour la bloquer. La volonté de payer a été clairement exprimée, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Il faut attendre que les revenus du bien vendu soient disponibles, pour pouvoir payer», a déclaré Me Ksentini.
Lire la suite

formats

La Kabylie se souvient : Il y a 15 ans, les martyrs du printemps noir

Publié le 19/04/2016, par dans Non classé.

En plus de la célébration du 36e anniversaire du Printemps berbère, les citoyens de Kabylie commémorent également les événements sanglants qui ont endeuillé la région en 2001, à travers des activités organisées dans plusieurs localités de la wilaya de Tizi Ouzou.
Au village Agouni Arous, dans la daïra de Aït Mahmoud, à une vingtaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou, un recueillement a été organisé sur la tombe de Guermah Massinissa, première victime du Printemps noir, tué le 18 avril 2001 à l’intérieur de la brigade de la gendarmerie de Beni Douala. La mort de ce lycéen a été l’étincelle d’une tragédie qui a coûté la vie à 126 autres jeunes. Spontanément, la région s’était alors embrasée, un embrasement qui s’était propagé comme une traînée de poudre dans toutes les localités de la Kabylie.

On avait enregistré des émeutes violentes et des affrontements entre jeunes et éléments des services de sécurité. Les manifestants prenaient pour cibles, notamment, les locaux de la gendarmerie. D’autres victimes tombaient à Bouzeguène, Azazga, Ouacifs, Aïn El Hammam et Tigzirt, entre autres, où l’on a dénombré des dizaines de morts et des centaines, voire des milliers de blessés. Devant cette situation et dans l’optique d’arrêter l’effusion de sang, des citoyens représentant des comités de village et de quartier avaient lancé l’idée de la création d’une structure pour canaliser la protestation.

Il s’agit de la Coordination des archs, daïras et communes (CADC), qui avait vu le jour après une rencontre interwilayas qui a eu lieu dans la région d’El Kseur (wilaya de Béjaïa), où avait été décidée la grandiose marche du 14 juin qui avait déplacé vers la capitale des millions de citoyens venus des contrées lointaines pour crier leur ras-le-bol. Là aussi, la répression dans le sang de cette marche avait alourdi le bilan des victimes.

Dès lors, les conclaves se multipliaient pour exiger, entre autres, le départ « immédiat» et « inconditionnel» des gendarmes. Une revendication qui a été satisfaite en 2002, avec la délocalisation de 14 brigades de ce corps de sécurité. Mais la crise n’avait pas été réglée, puisque les animateurs du mouvement citoyen maintenaient la pression jusqu’à la dislocation, en 2004, de la CADC entre partisans et opposants au dialogue avec le pouvoir. Un protocole d’accord a été paraphé entre l’Etat et la délégation « dialoguiste» sur « l’application de la plateforme d’El Kseur».

Toutefois, d’anciens membres des archs estiment que cet accord n’a pas été respecté par le pouvoir. D’ailleurs, hier, lors d’un meeting animé au centre-ville de Tizi Ouzou, Mustapha Mazouzi, ancien délégué de la CADC, a déclaré que « ceux qui ont assassiné les martyrs du Printemps et leurs commanditaires doivent être jugés. Le combat continue». « Nous n’allons pas pardonner le sang des jeunes tombés sous les balles assassines des gendarmes en Kabylie», a-t-il martelé.

Cette semaine, l’heure est également au recueillement à la mémoire des martyrs du Printemps noir dans plusieurs localités. Comme chaque année, les citoyens du village Ath Aïssi, dans la commune de Yakouren, daïra d’Azazga, prévoient de rendre hommage à Kamel Irchen, ce jeune tué le 27 avril 2001 au moment où il aspirait à la liberté, un mot qu’il a d’ailleurs écrit sur un mur avec son sang avant de rendre son dernier souffle.

Lire la suite

Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair