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Ouyahia remet le Gaz de Schiste à l’ordre du Jour : La discorde bis répétita

Publié le 06/10/2017, par dans Non classé.

Chez les activistes de Ouargla et d’In Salah, les propos d’Ouyahia à propos de la réactivation de l’exploration et l’exploitation des énergies non conventionnelles en Algérie sonnent le glas de la mobilisation citoyenne.
« Les déclarations du Premier ministre Ouyahia ressassent son plaidoyer soutenu lors de la campagne électorale pour les législatives de mai dernier où il avait souligné que toutes les ressources naturelles conventionnelles et non conventionnelles du pays devaient être exploitées pour le bien- être de la nation», indique Ibek Abdelmalek, activiste de la Coordination nationale de défense des droits des chômeurs (CNDDC) et du comité populaire antigaz de schiste à Ouargla.

« Nous avions compris que le dossier du gaz de schiste allait revenir au-devant de la scène, dès lors qu’Ouyahia a été réinstallé à la tête du gouvernement», explique-t-il. Ibek estime qu’il ne s’agit nullement d’une manigance politique, du moment que des vidéos attestent des desseins clairement énoncés par Ouyahia.

De plus, une campagne, ourdie, a été lancée depuis l’année dernière par des multinationales activant en Algérie. Selon lui, ces dernières auraient même chargé des cabinets d’experts d’investir le terrain pour convaincre de l’innocuité de l’exploitation des énergies non conventionnelles. « Contrairement à ce qu’a annoncé le Premier ministre, Sonatrach est incapable d’expliquer que le gaz de schiste n’est pas l’ouverture de la porte d’enfer», insiste Ibek.

L’activiste estime qu’au-delà des aspects environnementaux qui constituent, à eux seuls, le fer de lance de la contestation, « il s’agit surtout de la remise en cause de la souveraineté du pays via l’hypothèque des sols et des ressources naturelles, notamment hydriques, qui constituent le legs de la nation aux générations futures». « C’est pour cette raison que la mobilisation citoyenne contre le gaz de schiste se doit d’être globale et généralisée à l’ensemble du territoire», confie Ibek qui évoque une réactivation en cours des comités dispatchés sur au moins sept wilayas et la constitution de nouveaux collectifs pour donner une réponse au gouvernement.

Essais nucléaires

Selon les échos recueillis auprès de plusieurs activistes, il semblerait qu’un consensus autour du rejet de l’encouragement des énergies non conventionnelles sera nettement formulé et annoncé aux pouvoirs publics. Comme en 2015, l’appel à un débat national serait l’étape sine qua non pour les militants interrogés à ce propos. Mohamed Djouane, président de l’association Shams d’In Salah, parle d’une menace qui n’a cessé de planer sur le Tidikelt et le Touat en particulier, sauf que le délai prévisionnel d’une telle option était donné pour 2022.

« Comme à son habitude, le gouvernement se place en porte-à-faux avec le peuple, la situation politique et économique du pays et le marché pétrolier à la fois, mais aussi sur le plan technologique», regrette Mohamed Djouane qui ne cache pas les espoirs fondés par son association sur un appui de la nouvelle ministre de l’eEnvironnement qui a soutenu, l’été dernier, les actions de sensibilisation menées par Shams à travers le tissu scolaire d’In Salah.

Mohamed Djouane note avec amertume que « l’inexistence d’une solution autre que la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste avait été perçue comme une échappatoire et un délai supplémentaire pour engager une réflexion et trouver des solutions durables et moins nocives». Pour lui, c’est comme s’il s’agissait pour le gouvernement de « faire de l’Algérie un cobaye pour les multinationales afin d’expérimenter, une fois de plus, de funestes technologies dont l’impact toxique sur l’environnement et l’homme est identique aux essais nucléaires dont les victimes sont encore là pour en témoigner».

Pénurie

Le souvenir de ces essais effectués au-delà de l’indépendance dans plusieurs régions du désert algérien reste vivace. Djouane estime que « la fracturation hydraulique est une nouvelle bombe nucléaire au cœur de l’Algérie». A In Salah, wilaya pilote dans le domaine du tri sélectif des déchets, la population a souffert cet été d’une grande pénurie d’eau, qui a contraint les habitants à se munir de fûts toxiques cédés par les sociétés pétrolières à petit prix pour le stockage de l’eau.

Le mouvement associatif s’est saisi de cette situation alarmante pour interpeller les autorités. Dans différents rapports transmis et dont El Watan a fait écho, ces associations estiment que « le groupe pétrolier leader aurait dû contribuer à la préservation de l’environnement et la santé publique au lieu d’afficher son mépris».

« Sonatrach n’a jamais réfuté les preuves que nous avons rendues publiques sur le site de Gour Mahmoud, où trônent les deux premiers puits de gaz de schiste», assure le président de Shams. Les photos et vidéos datant de 2015 laissent voir des bassins de décantation d’eaux utilisées dans la fracturation hydraulique avec une fine géomembrane et des dizaines de cadavres d’oiseaux migrateurs gisant à terre.

En tant qu’activiste écologiste, le président de Shams se dit « formellement opposé à cette industrie pétrolière qui menace l’Algérie entière». Même son de cloche chez Ahmed Taleb Abdallah, issu du mouvement Somoud antigaz de schiste et député fraîchement élu à l’APN pour la wilaya de Tamanrasset, qui s’est déjà prononcé en entière cohésion avec la population qui l’a élu justement pour sa prise de position. In Salah s’est-elle préparée au retour de la menace du schiste en marquant sa présence au Parlement ?

Tout porte à croire que oui, selon le sondage des avis effectué auprès des gens du Somoud. Le comité des 22 ayant pris part aux négociations avec le gouvernement est officiellement dissous. Ahmed Taleb n’exclut pas « l’organisation d’une mobilisation active par tous les moyens pacifiques dans les assemblées élues, auprès des autorités locales et nationales et dans les médias». Lire la suite

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