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Ouverture du 11eme festival local de la culture et de la chanson kabyle

Publié le 06/03/2020, par dans Non classé.
Ouverture du 11eme festival local de la culture et de la chanson kabyle

BEJAIA- La 11eme édition du festival local de la culture et chanson Kabyle s’est ouverte jeudi après-midi, au théâtre régional Bejaia, par un hommage délicat et en musique à feue Djamila, ravie à la vie en octobre dernier après une carrière flamboyante, durant laquelle, elle a alterné ses talents d’auteure, interprète, et comédienne, et même d’animatrice radio.

Les témoignages rapportés par ses pairs, qui ont narré autant ses aptitudes et ses gouts mais aussi sa générosité et sa profondeur d’âme ont ému a plus d’un titre, d’autant que l’artiste a connu de grandes épreuves dans son existence, notamment un mariage précoce, un divorce, une vie sans enfants, l’exil et d’autres. « J’ai les larmes aux yeux », raconte ostensiblement bouleversée, la chanteuse Malika Doumrane, venue expressément de France pour honorer sa mémoire et dérouler certes sa vie de femme mais surtout sa vie d’artiste , ses passions, sa ténacité, et son audace.

Djamila, en pratiquant son art en tant qu’auteure et interprète, dès les années 1930, n’en a pas laissé un patrimoine et un héritage mais a ouvert la voie à d’autres artistes féminines, venues lui emboiter le pas et prendre exemple sur sa démarche artistique à un moment ou la pratique de la musique n’était pas tolérée y compris pour les hommes. Mais Djamila à « dépassé sa condition et brisé des tabous en faisant montre d’un talent insolent », a expliqué Malika Doumrane, déplorant qu’elle soit partie, certes avec la reconnaissance mais dans un quasi- dénuement et obligée sur le plan matériel de prendre précocement sa retraite.

La relayant au micro, l’Djida Tamejtouht, une autre voix sublime de la chanson Kabyle, et issue de la génération d’après, n’en pense pas moins expliquant l’impact du passage de l’artiste disparue à la radio dans l’émission,  » Thamaghra el Khalath » (Fête de femmes), contribuant à l’éclosion d’une myriade de voix féminines, quelques une s’étant faite un nom et une réputation l’essentiel néanmoins s’étant contenté d’animer dans leur localité ou leurs régions, les fêtes de mariages ou de circoncision.

« Nal’djida » n’a pas à l’occasion de rebondir sur son parcours de comédienne soulignant notamment sa participation au film de Lakhdar Hamina,  » Chronique des années der braises ». mais la chanson, dira-t-elle est restée sa grande passion. Certains titres restant toujours d’actualité et siège d’un grand succès à l’instar de  » WallaghIfaroudjène » (J’ai vu des étoiles »), chantée en hommage au club de football de la JSK,  » ArnouyasAmane à Khali » ou encore  » YfrariOuas  » Le soleil s’est levée).

Pour illustrer la puissance de sa voix et de ses textes, Na lDjida a du gratifier le public d’une merveilleuse reprise de Djamila,  » A sidi L’wali », chantée à Capella sous forme d’achawik (Chanson mélancolique) et qui n’a pas manqué d’ajouter à cette séance inaugurale une poigne d’émotion.

En fait trois heures durant, l’hommage a été rythmée par cette indicible émotion. Outre les témoignages tout le plateau concocté à l’occasion a été une dédicace à la mémoire de cette grande dame et une reconnaissance de son talent. Ainsi tour à tour, les nouvelles étoiles montantes de la chanson Kabyle, notamment Rahima Khalfaoui, Drifa, Mounia Ait Meddour , se sont relayées pour interpréter des morceaux de son immense répertoire, laissant la vedette cependant à Nadia Rayhan et Na l’djida qui ont fait des tours de chant d’une dizaine de chansons.

Après cette entrée en la matière net la levée de rideau du festival il est attendu pour la soirée, un récital, en compagnie des chanteuses Cylia, Mounia Ait Meddour, et l’orchestre féminin du conservatoire de la ville de Bejaia.

Avant la séance inaugurale des troupes de chants et de danses folkloriques ont animé ,les alentours du siège du théâtre, attirant un public venu en force y assister.

Etalé sur cinq jours, le festival, qualifiant au prochain festival national de la chanson amazigh de Tamanrasset, va réunir 38 artistes femmes sur un ensemble de 46 participants répartis en six plateaux.

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