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«Oui pour la stabilité du pays mais pas pour la marginalisation»

Publié le 03/04/2016, par dans Non classé.

La présidente de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme (ONVT), Fatma-Zohra Flici, a animé hier à la Munatec de Canastel (Oran)
une rencontre régionale des représentants de cette association qui revendique encore un statut particulier pour l’ensemble des victimes afin de mettre cette catégorie à l’abri des surenchères politiciennes. « Nous étions favorables aux initiatives et aux projets émanant de l’Etat, mais nous disons à chaque fois que les démarches entreprises ne doivent pas se faire au détriment des victimes», indique-t-elle, en expliquant que « si l’Organisation a adopté la charte de réconciliation nationale, c’est parce qu’on a considéré que ce que les familles touchées par le fléau ont enduré ne doit plus jamais être vécu par les Algériens».

« Oui pour la stabilité du pays mais pas pour la marginalisation !» tonne-t-elle, en estimant que « grâce à la vigilance du peuple et des services de sécurité, le terrorisme ne frappera plus en Algérie». « Une leçon à méditer», selon elle, par ceux qui, compte tenu de ce qui s’est passé en Tunisie, avaient prétendu que les actions allaient se propager sur le sol algérien.

Le combat de l’ONVT continue afin d’arracher des droits au profit des victimes nécessiteuses, mais aussi pour répondre à ce que Mme Flici considère être « des provocations».

« La presse a joué un rôle positif dans la lutte contre le terrorisme mais quelques chaînes privées ont donné la parole à des gens qui, hier, assassinaient des innocents et cela a été intolérable pour nous d’où notre réaction d’indignation immédiate», indique-t-elle, en estimant que les plaies ne sont pas encore refermées et que ces initiatives ont pour effet de décourager les enfants des victimes, qui sont devenus aujourd’hui des cadres au service de l’Etat.

Cependant, lors d’un point de presse improvisé à l’issue de son intervention, Mme Flici a admis que parmi les enfants des victimes du terrorisme, certains sont tombés dans la délinquance, notamment dans les quartiers populaires.

Cet aspect a été évoqué en réponse à une question sur la prise en charge des orphelins. « Il n’y a pas eu de prise en charge effective sur le plan psychologique. Les rares initiatives l’ont été surtout et uniquement lors des grands massacres (Bentalha, Raïs, Ammi Moussa, etc.) et encore, car nous n’avions pas de spécialistes pour faire face à ce genre de situation», explique-t-elle, avant de mettre en avant le rôle positif joué par la solidarité familiale qui caractérise la société algérienne. Une chance pour beaucoup d’enfants qui ont pu se reconstruire car la compensation matérielle — plutôt maigre pour les conditions de vie actuelles — ne suffit pas.

Des considérations liées aux luttes pour le leadership minent encore l’organisation et c’est pour cela que Mme Flici appelle à « l’union» pour reconstruire la force que l’organisation avait durant la décennie noire. Elle illustre son appel par le fait que c’est désormais à l’échelle internationale (ONU) que les droits des victimes du terrorisme sont reconnus. Elle est par ailleurs prête à passer le flambeau de la responsabilité à la nouvelle génération, en promettant de continuer à militer sur le terrain. Lire la suite

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