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«On peut construire un rapport de force favorable à l’opposition»

Publié le 15/02/2016, par dans Non classé.

Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) revient sur le meeting qu’il a animé samedi dernier à Alger. Selon lui, « la réussite de cette action» prouve que l’opposition est en mesure de construire un rapport de force favorable lui permettant de contraindre le pouvoir à accepter d’aller vers une période de transition. Il explique également le contenu de sa demande d’ouverture de la frontière avec le Maroc. Annonçant l’organisation, le 1er mai prochain, d’une journée de débat sur la crise économique et financière, il évoque aussi les prochaines actions de l’Instance de suivi et de concertation de l’opposition (ISCO).
– Vous venez d’animer un meeting populaire à la salle Atlas d’Alger à l’occasion du 27e anniversaire du parti. Quel bilan en faites-vous ?

C’est une action qui a connu un succès retentissant puisque la salle Atlas s’est avérée insuffisante pour contenir le flux humain venu assister à ce meeting. A mon arrivée, j’ai vu que beaucoup de citoyens étaient contraints de rester à l’extérieur tellement la salle était pleine. C’est une réussite aussi sur le plan de la mobilisation dans la mesure où les structures régionales du parti ont pu sensibiliser les militants et les sympathisants du RCD. C’est un succès également parce que le message délivré lors de ce meeting a suscité intérêt et adhésion des participants qui estiment, eux aussi, que nous sommes dans une conjoncture où il faut réfléchir concrètement à des solutions aux problèmes que connaît le pays.

Sur un autre volet, encore une fois, il est regrettable que les médias, notamment les chaînes de télévision publiques et privées, aient boycotté, dans leur majorité, ce rendez-vous. Cela pose non seulement un sérieux problème de crédibilité, mais aussi un traitement discriminatoire des chaînes publiques à notre encontre.

– Selon vous, qui donne instruction aux médias publics notamment de boycotter les activités de votre parti, au moment où le discours officiel parle d’ouverture sur l’opposition ?

Il faudrait, peut-être, poser la question aux responsables de ces médias. Le rôle d’un média est de couvrir tous les événements d’utilité publique. Un meeting a été organisé par un parti politique qui propose des solutions aux problèmes auxquels fait face la communauté nationale. Cela fait plus de 15 ans que nous sommes boycottés par les médias publics. Par le passé, on pensait que c’était seulement le fait de la police politique.

Mais force est de constater que c’est une stratégie partagée par les différents clans du régime. Il est déplorable de constater que certaines chaînes privées sont aussi sur la même démarche. Pourtant, les journalistes savent que pour augmenter les ventes (pour la presse écrite) et l’audimat (pour les chaînes audiovisuelles) il faut couvrir des événements qui intéressent le large public. Il y avait à l’intérieur de la salle Atlas plus de 4500 personnes. Rares sont les journaux dont le tirage atteint ce chiffre.

– C’est la première fois, depuis quelques années, que le RCD organise un meeting à l’occasion de son anniversaire. Pourquoi ce choix ?

Il y a d’abord l’idée de démontrer qu’il est possible de construire un rapport de force favorable à l’opposition. Nous avons toujours dit, au sein des structures dans lesquelles nous sommes partie prenante — notamment la CLTD et l’ISCO — qu’il est important d’aller à la rencontre du citoyen en organisant des marches populaires, de grands meetings, des rassemblements…. Cette idée n’a pas été partagée par beaucoup de partis qui pensent que si on va vers des actions de rue, il y a des risques de manipulation de la part du pouvoir.

C’est vrai qu’il y a des risques, mais nous avons démontré, au niveau du RCD, qu’il est toujours possible de réussir des manifestations de rue qui restent des actions démocratiques. La grandiose marche contre l’austérité que nous avons organisée en septembre à Tizi Ouzou confirme qu’il est possible de mobiliser des milliers de citoyens quand on est crédible.

Cette action a largement anticipé et influé sur les débats autour de la loi de finances 2016. L’organisation de ce meeting, décidé depuis le mois de novembre, visait aussi le même objectif, à savoir la construction de nouveaux rapports de force. Nous avons ainsi démontré que l’opposition mobilise et propose des solutions concrètes aux problèmes des Algériens. C’est dans cette optique également que nous avons décidé d’organiser un événement important, le 1er mai prochain. Il s’agira d’une journée qui permettra de se pencher sur la crise financière et les problèmes de développement, à laquelle seront associés des experts et des spécialistes.

– Vous parliez tout à l’heure de la réalisation d’un rapport de force. Un des reproches faits à l’opposition concerne notamment son incapacité à mobiliser et son impuissance devant la machine du pouvoir. Cet objectif est-il encore réalisable ?

Certes, il y a une hésitation au niveau de certains partis d’opposition qui s’explique par l’attitude du pouvoir qui, durant l’année 2015, a interdit beaucoup de nos actions. Mais je reste convaincu qu’il y a possibilité de réaliser un rapport de force nouveau, favorable à l’opposition, qui lui permettra de négocier dans les meilleures conditions une période de transition. Au niveau du RCD, il y a toujours eu de l’action puisque nous avons organisé au moins quatre grandes marches durant l’année 2015. Nous avons également organisé une manifestation qui avait regroupé 1500 jeunes, l’université des jeunes du parti et le meeting de l’Atlas. Il ne faut surtout pas céder aux pressions du pouvoir. Vous avez vu comment ce pouvoir a voulu, au départ, empêcher la tenue de notre meeting…

– Pourtant le discours actuel du pouvoir porte sur le respect des droits de l’opposition…

Le pouvoir n’est pas crédible. Notre meeting d’hier a été boycotté par les chaînes de télévision et les radios publiques. C’est un signe, un message qui confirme la volonté du pouvoir d’ignorer l’opposition et de faire le black-out sur ses actions. Personnellement, je pense qu’il faut arracher cette place et ne pas attendre une quelconque offrande du pouvoir. Cela a toujours été notre démarche. C’est pourquoi nous continuons à organiser nos actions, avec ou sans la télévision et malgré Lire la suite

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