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«On ne serait qu’heureux s’il continue»

Publié le 15/04/2018, par dans Non classé.

Vous avez choisi votre camp, vous n’êtes plus un journal, la preuve est que votre journaliste Saad Bouakba,est membre de l’ISCO, (l’Instance de suivi et de concertation de l’opposition), et il viendra le moment de connaître qui est qui.»
C’est la réponse du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, hier lors de la conférence de presse qu’il a animée au Centre international des conférences (CIC), à notre confrère du journal El Khabar qui lui posait une question, toute banale, à savoir si le président Bouteflika faisait, lors de sa dernière sortie à Alger, ses adieux ou plutôt campagne pour briguer un 5e mandat.

Le locataire du Palais Dr Saadane, qui s’est dit heureux de travailler sous l’autorité du chef de l’Etat et exécute fièrement son programme, a eu cette réplique épidermique : « Ce qui importe est que le peuple était content de voir son Président gérer le pays, même s’il n’a pas la santé de 2008.» Ahmed Ouyahia, qui qualifie « de tragique et authentiquement algérien ceux qui disent que c’est une momie», demande à le laisser travailler. Il se déclare même « heureux de travailler sous sa direction s’il continue en 2019».

Le Premier ministre défend d’ailleurs bec et ongles le bilan du président Abdelaziz Bouteflika. Selon lui, après une année difficile pour le pays avec l’épuisement du Fonds de régulation des recettes, des résultats appréciables ont été réalisés en 2017 avec un budget de 30 milliards de dollars.

Si la croissance globale est descendue à 2,2% en 2017 alors qu’elle était à 3,5% en 2016, celle des hydrocarbures est négative (-2,7%), la croissance hors hydrocarbures a connu une augmentation, de 3,3% à 3,7%. Selon le Premier ministre, qui se veut optimiste, l’inflation a connu un recul. De 6,4% en 2016, elle a décru à 5,5% en 2017.

Il annonce même qu’elle est dans une courbe descendante en janvier 2018, 5,2% et février 4,9%. Pour Ahmed Ouyahia, ce sont autant d’indicateurs qui le laissent dire que les prévisions pour 2018 seront encore meilleures.

Elles seront, affirme-t-il, favorisées par la dynamique insufflée à l’économie nationale. Les investissements dans les équipements qui étaient de l’ordre de 2500 milliers de dinars en 2017 vont presque doubler en 2018 avec une enveloppe de 4100 milliards de dinars. Les financements sont rendus possibles grâce à l’endettement interne, qui a vu le Trésor public emprunter à la Banque centrale 2200 milliards de dinars.

Le Premier ministre, qui a qualifié la crise qu’a vécue le pays à la fin de l’année « de plus grave que celle de 1986», a souligné que « si nous en sommes sortis c’est grâce à la clairvoyance du président Bouteflika, qui a procédé au remboursement de la dette extérieure et à sa décision de privilégier l’endettement interne» (c’est-à-dire la planche à billets). Est-ce suffisant pour remettre l’économie nationale en marche ? Le Premier ministre indique que des réformes accompagneront l’opération de l’endettement interne.

A commencer par la révision des politiques publiques de subventions, dont des chantiers sont ouverts, le premier au niveau du ministère des Finances et le second au ministère de l’Intérieur qui dispose d’un réseau informatisé à même de définir les catégories de la société qui seront touchées par les subventions. Le travail est en train de se faire avec la collaboration de la Banque mondiale.

Seulement, rien ne sera mis en application avant le premier semestre de 2019, c’est-à-dire avant l’organisation de l’élection présidentielle. Il faut 3 ans pour corriger la politique des subventions, soutient Ahmed Ouyahia, qui pense que la situation du pays sera meilleure dans les prochains mois.

S’attaquant à ceux qui prédisaient des effets négatifs de l’endettement interne, en cela que la mesure ne ferait qu’augmenter l’inflation, – c’est l’inverse qui s’est produit, selon lui –, il annonce que le gouvernement prépare aussi le bilan du 4e mandat du président Bouteflika, puis de ses 20 ans de règne sur le pays. Il sera rendu public à la fin de l’année, rassure Ahmed Ouyahia en profitant de l’occasion pour répondre à ceux qui prédisaient son départ avant le dernier remaniement ministériel.

« Ils ont eu la surprise, il n’en a rien été», lâche le Premier ministre qui sort sa réponse classique que son gouvernement « n’était pas en retrait mais sur le terrain». Le conférencier affirme aussi qu’il n’y a aucun problème avec le chef de l’Etat, dont il est « fier d’exécuter le programme. S’il y avait des divergences, il m’aurait tout simplement démis», a-t-il précisé. Lire la suite

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