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«On a un problème d’éducation alimentaire»

Publié le 08/09/2016, par dans Non classé.

Imène Ouanezar, diététicienne nutritionniste, diplômée d’un BTS et d’un Bachelor de nutrition en France, travaille aujourd’hui à Oran, au sein de la clinique Cherrak et en même temps à la salle de sports Cardiofitness centre, dans la commune de Belgaïd. Son travail consiste à prendre en charge le problème du surpoids et de l’obésité chez l’enfant et l’adulte, ainsi que des maladies chroniques nécessitant un régime. Elle revient, dans ce court entretien, sur l’hygiène alimentaire du consommateur algérien.
– En votre qualité de nutritionniste, quel regard portez-vous sur l’hygiène alimentaire des Algériens ? Consomme-t-on trop de sel et de sucre ?

Aujourd’hui l’hygiène alimentaire des Algériens est catastrophique. La preuve est donnée par les chiffres, le taux de surpoids dépasse les 40%, le diabète est à 12% et le taux d’hypertention artérielle atteint les 25%. La structures des repas est totalement désorganisée. La junk-food (pizza, kebab, tacos, burgers) est reine, l’eau a été remplacée par les sodas et jus, le grignotage (chips, gâteaux, cacahuètes, etc.) est présent au niveau de les toutes tranches d’âge. Ce qui a pour résultat une alimentation trop grasse, trop sucrée et trop salée.

– Concrètement, l’hygiène alimentaire de l’Algérien actuellement est-elle une menace pour sa santé ? Son alimentation favorise-t-elle l’émergence du diabète et de l’hypertension ? Si oui, s’en rend-il compte ?

En un mot, une alimentation hypercalorique, qui a pour conséquence l’augmentation des maladies chroniques notamment obésité, diabète et maladies cardiovasculaires. Les parents ne voient pas où est le souci de donner un paquet de chips et du jus à leur enfant au goûter quotidiennement. Manger une pizza ou un kebab tous les jours devient normal. L’eau est rejetée au profit des boissons gazeuses et du jus (qui contiennent en moyenne entre 3 et 7 sucres par canette). A mon avis, on a un gros soucis de repère et d’éducation alimentaire.

– Pensez-vous que les mesures annoncées par le ministère du Commerce (celle relative à la diminution du taux de sucre et de sel dans les aliments) sont une bonne chose, ou est-ce juste un effet d’annonce ?

Selon moi, les dispositions prévues par le ministère sont un premier pas. Il faut mettre en place des réglementations au niveau des industries. Mais le gros travail à faire est au niveau de la sensibilisation et de l’éducation alimentaire. Pourquoi ne pas commencer par des campagnes publicitaires (à l’exemple de « Manger, bouger» en France), donner une plus grande place à l’éducation alimentaire au niveau des écoles, en installant des ateliers ludiques pour les enfants.

Une revalorisation de l’alimentation traditionnelle, qui est très semblable au régime méditerranéen, considéré par l’OMS comme le régime qui permet la meilleure protection contre les problèmes cardiovasculaires et les cancers. La sensibilisation doit également se faire dans le milieu médical.

Le diététicien nutritionniste est un spécialiste de l’alimentation. Les médecins et autres paramédicaux doivent apprendre à rediriger leurs patients, notamment ceux ayant des maladies chroniques, vers ces spécialistes. L’état de santé de l’Algérien se détériore, l’alimentation et le stress en sont les principaux responsables. Il reste un grand travail à faire à ce niveau. Lire la suite

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