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«Nous sommes disposés à intégrer le gouvernement»

Publié le 06/01/2018, par dans Non classé.

Des airs de réconciliation/refondation pas tout à fait à l’ordre du jour. Le MDS (Mouvement démocratique et social), anciennement Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS), tente de renaître de son dernier schisme qui scinda le parti de feu Hachemi Cherif en plusieurs ailes.
Hier, au Club El Moudjahid, à Alger, lors de ses assises/convention, le MDS a battu le rappel de ses troupes, pas très nombreuses, de remettre de l’ordre, du sens, dans une formation à direction bicéphale et en rupture de ban avec la légalité statutaire.

Cette convention n’est qu’une première étape, annonce Yacine Teguia, coordinateur du MDS, avant le congrès national prévu en avril prochain. Une échéance difficile à tenir tant les antagonismes entre fédérations (MDS-Oran)sont exacerbés et abyssaux. « Les courants politiques sont consacrés mais ne sauraient donner naissance à des organisations parallèles aux instances du MDS (…)».

L’article 4 de l’avant-projet du nouveau statut du MDS vaut son pesant de velléités. Velléités de contenir, sinon de transcender la crise qui couve depuis plus d’un quart de siècle au sein de ce parti stalinien, héritier du PCA (le Parti communiste algérien), proscrit à l’indépendance.

Du « soutien critique», catéchisme et ligne de conduite de l’ancêtre PAGS, au ralliement au gouvernement, le MDS donne l’impression de vouloir franchir allègrement le pas. Non sans condition, ni préalable. Dans son avant-projet de résolution politique — rendue publique dans la journée d’hier —, le MDS en appelle à la mise en place d’un « large gouvernement du travail». Les tâches d’un tel gouvernement consisteraient à « mettre en œuvre un programme qui tourne le dos aux mesures antisociales, antidémocratiques et antinationales prises depuis des années au seul bénéfice des forces liées au despotisme néolibéral adossé à la rente (…)».

Conjurant le spectre démagogue, le MDS se dit porteur d’un « programme qui ne se contente pas d’avancer des catalogues de bonnes intentions en direction des Algériennes et des Algériens qui attendent (…)». Un document portant « 216 orientations pour un gouvernement du travail» a été soumis à discussion et dont l’objectif est d’assurer « l’autonomie de la société aux plans politique et socioéconomique et préparer les conditions de passage à la IIe République».

« L’Algérie doit chercher une voie de sortie par le haut, résume-t-on : par le travail et le mérite.» Les mesures proposées tournent autour de l’accroissement du pouvoir d’achat, de la réhabilitation du travail… de droits nouveaux pour les femmes, la jeunesse, de réformes économiques profondes avec gestion et planification démocratiques, amélioration de l’environnement économique, partenariat public/privé, transition énergétique, lesquelles mesures tendent à « assainir et redresser les interventions de l’Etat (…)».

Dans sa résolution, le MDS explique son choix d’intégrer un « gouvernement du travail» : « Nous sommes disposés à assumer les responsabilités gouvernementales précisément parce que nous ne nous satisfaisons pas de mettre en accusation le despotisme néolibéral et que nous voulons consolider le front intérieur. Nous avançons, sur toutes les questions qui se posent à la société, des solutions constructives qui se basent sur une connaissance des réalités économiques et des besoins sociaux.

Notre souci du bien public, notre aptitude à gérer, notre sens de l’Etat sont d’ailleurs reconnus à travers le rôle attribué à notre courant dans la prise en charge des tâches d’édification nationale, dans la résistance au projet d’un Etat théocratique (…) et dans le rejet des illusions du printemps arabe (…)».

« Ce n’est pas une offre de service pour autant», précise Yacine Teguia. Si intégrer le gouvernement s’inscrit, selon lui, dans le continuum du soutien critique, il n’est pas question de rejoindre un gouvernement excellant dans la mise en œuvre de mesures antisociales, décrétant l’amnistie fiscale, et baignant dans un marécage de rapine, corruption, spéculation, collusion d’intérêts et autre compromis avec les forces de l’argent sale.
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