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«Nous pouvons faire de l’Algérie un pays exportateur de papier»

Publié le 22/05/2018, par dans Non classé.

– Comment évaluez-vous votre parcours aujourd’hui ?

Depuis le lancement de Général Emballage en 2002, notre parcours me semble très positif. Nous sommes leader national dans la production et la transformation du carton ondulé, avec trois sites de production et un personnel de près de 1200 employés. GE est leader du marché de l’emballage avec près de 56% de parts de marché.

– Quel est aujourd’hui le principal problème que vous rencontrez dans ce secteur ?

Le principal problème auquel nous sommes aujourd’hui confrontés est l’approvisionnement en matière première. Avec la relance de l’économie européenne, qui n’est pas loin de 4%, cela a entraîné une consommation d’emballage et par conséquent il y a de moins en moins de papier sur le marché international, dont nous sommes dépendants à pratiquement 100%. Nous en sommes réduits à construire des hangars pour stocker du papier, et nous sommes preneurs de la moindre quantité disponible sur le marché.

On stocke pour ne pas tomber en panne, et pour que nos usines et celles de nos clients ne s’arrêtent pas de tourner du jour au lendemain. Aujourd’hui, si je ne livre pas de l’emballage au producteur de yaourt, de médicaments ou de téléviseurs, pour ce citer que ces métiers-là, comment feraient-ils pour commercialiser leurs produits ? Même chose pour toute l’industrie agroalimentaire et tout ce qui est emballé.

Déjà qu’on n’est pas les mieux placés pour être servis en situation de rareté, car la priorité est donnée aux clients géographiquement plus proches. De janvier 2017 à ce jour, il y a eu une augmentation du prix d’entrée de la matière première à notre usine de 58%. Evidemment pour nous autres Algériens, cela est dû aussi bien à la flambée des prix de la matière première qu’à la dévaluation du dinar.

– Justement, que préconisez-vous pour remédier à cette situation et mettre fin à cette dépendance ?

Dans le passé, Général Emballage ne pouvait pas se permettre d’investir en amont de sa filière, mais aujourd’hui notre consommation justifie largement l’investissement. La consommation nationale également plaide en faveur de cet investissement, car c’est un projet structurant. Il n’est pas possible qu’un pays comme l’Algérie n’ait pas d’investissement dans ce domaine.

Nos voisins tunisiens, pour ne nous comparer qu’à eux, possèdent trois machines. Ce sont certes de petites machines, mais elles tournent. Si on revient 20 ou 30 ans en arrière, notre pays avait 7 machines à papier, entre le papier ondulé et le papier tissu.

Aujourd’hui, il n’en reste plus que trois, deux à tissu et une à papier ondulé, qui ne couvrent que d’infimes besoins du marché. Actuellement, l’Algérie ne couvre que 2% de sa consommation, ce qui est dramatiquement peu. Il est donc urgent d’investir dans une machine à papier qui garantira l’autosuffisance du pays dans ce domaine.

Notre projet permettra au pays de substituer, par une production locale, près de 22 000 millions de dinars par an d’importations. De plus, nous pouvons garantir que le papier produit sera compétitif par rapport aux concurrents européens, à cause de coûts de production moins chers et de celui d’énergie plus faible chez nous. A terme, l’Algérie pourrait donc devenir un pays exportateur de papier et bénéficier d’une nouvelle source de devises.

– Où en est votre projet d’investissement dans le domaine ?

Aujourd’hui, tout est prêt, sauf le terrain qui doit porter ce projet. C’est un complexe industriel qui nécessite un terrain d’au moins 20 à 25 hectares et nous sommes en train de prospecter dans toutes les wilayas pour trouver un terrain qui offre toutes les conditions, comme l’eau, etc.

Nous envisageons de créer des sites de récupération et de collecte de vieux papiers et je peux vous affirmer que nous avons d’ores et déjà commencé à acquérir les équipements pour leur collecte. Dès le départ, nous mettrons en place 15 sites sur le territoire national. Notre matière première se trouve pour une bonne partie dans les poubelles, ce qui permettra donc de contribuer à préserver un peu l’environnement et valoriser cette matière brute.

Nous allons essayer de développer ce circuit de collecte et voir avec l’Ansej si on peut reproduire cette expérience de financer des camions et des camionnettes avec qui nous serons liés par des conventions pour leur racheter la collecte de vieux papiers, comme cela s’est fait pour la collecte du lait ou du plastique.

Aujourd’hui que le plastique est récupéré et valorisé, il est devenu rare et c’est donc cela que nous voulons reproduire pour le papier. Nous sommes d’ores et déjà collectant puisqu’aujourd’hui nous avons trois sites de collecte adossés à nos trois usines de production.

– Quels sont les délais pour le lancement de ce projet, dans le cas où vous trouverez assez rapidement une assiette de terrain ?

Si notre projet se réalise, ce ne sera que dans trois ans, mais ces trois années-là vont nous servir à nous organiser et à mettre en place notre circuit de collecte. Les besoins de cette seule usine sont de 400 000 tonnes de déchets par an, ce qui fait un peu plus de 1000 tonnes de déchets récoltés par jour.

C’est pour cela que nous avons décidé de mettre en place dès maintenant notre collecte. Il faudra cibler les sources en mettant, par exemple, des petites presses à balles devant les supermarchés et les grandes surfaces qui génèrent beaucoup de déchets d’emballage. En résumé, il faudrait mettre en place une vraie politique nationale de vulgarisation et de sensibilisation autour du déchet papier et, pourquoi pas, mettre en place une politique de tri sélectif à la base.

Il y a actuellement beaucoup d’initiatives qui fleurissent au niveau de la société civile, qui augurent d’une prise de conscience environnementale nationale. Je me rappelle que quand j’étais jeune, je pouvais vendre à l’épicier du coin les vieux journaux de la maison et lui-même les revendait à des collecteurs qui approvisionnaient les machines qu’il y avait à l’époque.

Il faut qu’on revienne à cette politique, à cet esprit de ne pas gaspiller de la matière première qui coûte cher. Notre projet va permettre de valoriser ces déchets que nous allons payer, car c’est notre matière Lire la suite

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