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«Nous pourrions doubler nos capacités de transformation si…»

Publié le 17/08/2016, par dans Non classé.

La conserverie Amor Ben Amor de Boumaïza, dans la commune de Ben Azzouz, à l’est de Skikda, se targue déjà d’être la plus grande d’Afrique.
« C’est l’ogre de la tomate», comme la désignent les gens à Boumaïza… Depuis sa remise en service en de juillet 2011 à ce jour, ses capacités de transformation ont carrément doublé. Beaucoup d’investissements y ont été apportés, faisant de cette unité un fleuron de l’industrie agroalimentaire du pays.

Dans cet entretien, Samy Ben Amor, gérant des conserveries Ben Amor, évoque la genèse de cette réussite que d’aucuns assimilaient, en 2011, à un pari pour le moins risqué. Il cite également la « complicité» qui s’est instaurée entre cette usine de transformation et les habitants de la région. Il révèle les ambitions du groupe Ben Amor à encore aller de l’avant en se lançant dans un nouveau projet de valorisation de la tomate.

Cinq années sont passées depuis l’inauguration de l’unité de transformation de Boumaïza. Quelles appréciations faites-vous aujourd’hui de cette « aventure» ?

On ne peut qu’être content, même si notre grande fierté on la tire surtout du fait que cette unité a vraiment redonné vie à cette région et à la filière de la tomate industrielle. Il y a plus de cinq ans, cette filière se portait très mal ici. Les agriculteurs s’étaient même essayé à la culture céréalière aux dépens de la production de la tomate, qui sied parfaitement aux terres et aux mœurs des gens de Ben Azzouz et de sa région. Ici, à Ben Azzouz, contrairement à la wilaya de Guelma, la culture de la tomate garde encore certaines particularités que je qualifierais de traditionnelles, et ce sont ces particularités qui constituent l’essentiel du potentiel productif local. Je vous donne un exemple : au niveau de la conserverie de Guelma, on a réceptionné pour une période donnée 3500 tonnes de 378 agriculteurs.

Pour la même période à la conserverie de Boumaïza, on a réceptionné 4137 tonnes livrées par 843 agriculteurs. Pour synthétiser, dans la wilaya de Guelma la culture de la tomate se fait sur de très grandes surfaces contrairement à Ben Azzouz où cette culture occupe de petites parcelles. Certains pensent qu’il faudrait aller vers les grandes parcelles. Ce qui, à mon sens, est faux. Les petites parcelles dites vivrières restent les plus durables, sans parler de leur apport social.

C’est ce qui semble vous avoir encouragés à investir dans cette région…

Oui et laissez-moi vous dire que l’usine n’est pas celle de Ben Amor. Elle appartient désormais à cette région et à ses habitants. Quand vous remarquez une si longue file d’attente où les gens patientent quelquefois plus de 24 heures pour nous livrer leur production, c’est que quelque part il y a une réelle complicité et aussi un climat de confiance qui a fini par s’instaurer entre la conserverie et les agriculteurs de la région. En inaugurant cette usine en 2011, on a réellement redonné confiance aux gens qui sont revenus petit à petit à la culture de la tomate. En 2013, la wilaya de Skikda visait une production de deux millions de quintaux de tomate.

Cette saison, cette wilaya est parvenue à produire quatre millions de quintaux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Cette dynamique est le fruit cultivé de saison en saison et basé sur la confiance. Nous avons réussi à intéresser 1500 fellahs conventionnés, dont 867 sont originaires de la wilaya de Skikda. Pour nous, ces chiffres représentent une marque de confiance. En plus, ces agriculteurs peuvent bénéficier d’avances financières dès les premières livraisons sans parler des accompagnements et autres aides que nous leur proposons en aval. Cette unité fait désormais partie intégrante de la vie sociale et économique de la région et c’est aussi un vecteur de paix sociale. C’est leur usine, et ils sont 100 habitants de la région à y travailler en permanence, sans parler des saisonniers dont le nombre dépasse les 200 jeunes.

Pour revenir aux capacités de production, où en êtes-vous aujourd’hui ?

Lors du lancement de production de notre unité de Boumaïza, nos capacités n’étaient alors que de 2400 tonnes/jour. On a remarqué depuis et de saison en saison que la courbe de réception de tomate fraîche ne cessait de progresser, dépassant quelquefois le taux ascendant de 200%. Néanmoins, cette mue, très encourageante en somme, avait aussi engendré quelques désagréments. On a relevé que le temps d’attente des agriculteurs dépassait souvent les 54 heures. C’est ce qui nous a poussés à doubler nos capacités de production pour répondre à cette offre, même si cet investissement faisait aussi partie de notre stratégie de développement.
On a procédé à plusieurs extensions, et aujourd’hui on en est arrivés à une production de 4500 tonnes/jour. On pensait même aller vers 7000 tonnes par jour vu le potentiel foncier important réservé à la filière de la tomate industrielle, mais pour le moment, les conditions ne nous permettent pas une telle projection.

Pourquoi ?

Pour différentes raisons, mais je retiendrais essentiellement les contraintes liées à l’environnement immédiat telles l’énergie électrique et l’alimentation en eau. Si pour l’électricité on a tout de même réussi à trouver une solution en payant, à nos frais, le passage des câbles sur des terres de particuliers, on n’arrive encore pas à trouver satisfaction concernant nos besoins en eau.

C’est vrai que nous disposons de trois forages, mais leur débit reste insuffisant, ce qui nous oblige quelquefois à recourir à « emprunter» l’eau auprès de quelques particuliers dont les demeures sont limitrophes à la conserverie. Si on arrive à régler ce problème l’année prochaine, on pourra revoir nos capacités de production encore à la hausse pour atteindre les 7000 tonnes/jour.

Cette projection signifierait-elle la fin de l’importation du double concentré de tomate ?

Je l’espère. Ce que je peux vous dire, c’est que si ce rythme de production reste maintenu, le pays sera excédentaire au plus tard en 2018. Pour le moment, en ce qui nous concerne, toute notre production est exclusivement destinée au marché local.

J’ajouterais que, soucieux de conserver les emplois, nous venons d’investir en montant un nouvel atelier de plats cuisinés au niveau de Lire la suite

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