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«Nous devons tous nous mobiliser pour avoir la capacité d’exporter»

Publié le 14/12/2017, par dans Non classé.

– Qu’est-ce qui a motivé le passage de Lafarge Algérie à l’exportation ?

Nous nous sommes d’abord engagés à satisfaire les besoins nationaux. Cette année, l’Algérie est passée en surcapacité en matière de ciment. Elle est aujourd’hui en mesure de se tourner vers l’exportation à travers ses opérateurs économiques producteurs de ce matériau. Nous avons gagné la première bataille, celle de ne plus recourir à l’importation.

La deuxième qui s’annonce est celle d’assurer les débouchés commerciaux. Pour ce faire, le marché ciblé est celui de la Méditerranée et de l’Afrique de l’Ouest qui enregistrent un besoin de 40 millions de tonnes de ciment, dont 80% représentés par le clinker en vrac.

– Quels sont les facteurs-clés du succès pour entrer en compétition dans ce secteur très concurrentiel ?

Il faut surtout être adossé au trading, car le ciment a le ratio « poids/valeur» le plus faible, puisque 98% de la consommation du ciment se fait dans un rayon de 250 kilomètres. C’est une marchandise qui voyage très mal, en plus du fait qu’il est un produit à faible valeur ajoutée. C’est la raison pour laquelle c’est le trading qui contrôle le commerce international de ce type de marchandise.

Nous à LafargeHolcim, nous avons la chance d’être adossés et soutenus par une structure de classe mondiale, en l’occurrence LafargeHolcim Trading, qui manipule chaque année 50% des volumes de ciment commercialisés autour de la Méditerranée et de l’Afrique de l’Ouest, notre marché cible, à nous en Algérie. Il faut savoir aussi qu’il y a deux choses qui comptent dans le trading : la base clients et la logistique.

En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas en mesure d’aller chercher des clients en Afrique, en Amérique ou ailleurs. Il n’y a que les traders qui peuvent le faire. C’est pourquoi nous nous sommes fait accompagner par cette structure internationale afin de nous aider à placer les volumes de ciment algérien sur les marchés visés.

– Comment le choix a-t-il été porté sur la Gambie ?

Ce pays fait partie de la région ouest de l’Afrique, où l’on constate des importations massives de ciment, globalement entre 18 millions et 20 millions de tonnes annuellement, dont 80% de clinker.

– Dans le détail, quels sont vos objectifs en matière d’exportation ?

Ce que nous visons, c’est de placer 3 millions de tonnes à l’horizon 2020. Aujourd’hui, c’est une première quantité de 16 600 tonnes expédiées pour un client régulier qui commande chaque mois. Mais il y a d’autres pays voisins de la Gambie qui sont aussi de nets importateurs.

– Lafarge est-elle en mesure d’être compétitive sur ce produit, objet d’une rude concurrence ?

Tous les opérateurs algériens du secteur doivent faire un effort pour être compétitifs sur ce marché. Oui, l’Algérie est compétitive en termes de volume, de qualité et de prix.

Mais il faut savoir que la concurrence est, en effet, extrêmement féroce dans ce domaine. Il y a des pays champions autour de la Méditerranée, qui ont pignon sur rue et qui contrôlent le commerce international du ciment et clinker depuis longtemps. Les accords d’association établis entre les pays pour s’affranchir des tarifs douaniers sont également décisifs sur ce marché. Mais ce qui peut faire la différence, c’est d’être en capacité d’avoir une base clients et de la logistique.

Dieu merci, nous avons un atout décisif et un avantage majeur pour gagner la bataille de l’exportation, grâce à l’accompagnement de LafargeHolcim Trading.

– Comment expliquer que le groupe public GICA, qui produit des volumes plus importants, n’ait pas osé, jusqu’à présent, aller vers l’exportation ?

Je pense que l’export est un sujet d’intérêt national commun auquel chacun doit participer, qu’il soit producteur, opérateur économique ou pouvoirs publics. Il y a des surcapacités sur le marché national et tout le monde doit se mobiliser pour être en capacité d’exporter.

– Les procédures administratives exigées pour l’export ont-elles été faciles ?

Elles ont été très faciles. Lire la suite

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