formats

Nous avons reçu des mamans très inquiètes du fait que leurs enfants ont été enlevés

Publié le 13/04/2018, par dans Non classé.

– Comment évaluez-vous aujourd’hui l’intérêt apporté par les différents programmes du gouvernement au travail de psychologues ?

Aujourd’hui, nous avons beaucoup de demandes concernant la formation et l’aide psychologique à la Sarp, et du coup on se demande s’il y a suffisamment autour de nous ce qu’il faut comme structures étatiques de psychologie. En même temps, je me dis que l’Etat ou le gouvernement ne peut pas tout faire tout seul.

Nous sommes complémentaires dans nos démarches. En matière de formation, l’université essaye aussi de donner le maximum comme base, mais il y a des lacunes enregistrées. Puis, c’est aux praticiens de se former. Les structures qui les accueillent doivent aussi compléter la formation.

– Nous constatons aussi le manque d’enquêtes et d’études qui doivent se faire sur le terrain, à l’exemple d’une enquête épidémiologiques sur le suicide…

Les travaux de recherche déjà existants ne sont pas valorisés. Il y a des recherches qui se font à l’université. Il y a des thèmes proposés, mais nous ne trouvons pas de financement. Même les petits appels à projets que l’Etat lance, il ne s’en trouve pas pour la recherche. A la Sarp, nous avons déjà fait une enquête et une étude sur l’impact des violences extrêmes sur la santé mentale de la population.

Aujourd’hui, nous voulons en faire une autre, des années après, pour mieux évaluer la situation avec le recul, mais nous ne trouvons pas de financement. Les ONG ne s’intéressent plus à l’Algérie. Cette enquête s’impose aujourd’hui compte tenu de la violence de la société que nous connaissons dans notre pays.

Car nous nous demandons s’il n’y a pas un lien entre ce que l’Algérie a vécu pendant la décennie noire et l’actuelle violence. On aimerait que l’Etat nous aide pour effectuer cette étude, et puis il y aura certainement des plans d’action et des idées pour des programmes. C’est au même titre pour une enquête sur le suicide. Les médias n’arrêtent pas de communiquer des données chiffrées en disant que la situation est alarmante, mais aucune étude n’a été faite faute de financement.

– Vous êtes également absents lors des drames familiaux, comme par exemple la détresse des parents face aux enlèvements d’enfants …

Nous n’avons pas reçu des personnes de cette catégorie. Par contre, nous avons reçu des mamans qui étaient très inquiètes du fait que leurs enfants aient été enlevés et elles ne savaient pas quelles démarches elles devaient entreprendre. Il y a inquiétude et peur. Mais une recherche s’impose. Normalement en cas de drame, il y a toujours une unité d’intervention. Pourquoi ne pas penser à former des psychologues spécialisés dans ce genre d’intervention ?

– La Sarp essaye aussi de préserver la mémoire et l’histoire. Quel bilan faites-vous depuis la création de votre association ?

L’Association pour l’aide, la recherche et le perfectionnement en psychologie (SARP) ne peut débattre avec les différents spécialistes d’un thème concernant la mémoire ou les « mémoires» sans parler de sa propre mémoire, qui est riche et variée grâce aux efforts, au dévouement et aux sacrifices de plusieurs générations qui se sont succédé afin d’accomplir des activités et réaliser des projets pour atteindre ses objectifs, à savoir la promotion de la psychologie en Algérie…

Car, pour paraphraser Mahmoud Darwich, « celui qui ne préserve pas sa mémoire n’a pas d’histoire…» et sans mémoire il n’y a pas de véritable relation avec l’endroit. De sa naissance en 1989 avec l’ouverture démocratique en Algérie à aujourd’hui, la Sarp a permis à un grand nombre de psychologues de se former et de se perfectionner. Sa création n’a pas été de même que sa durée dans le temps.

Cette institution a, malgré toutes les difficultés et les aléas, continué à se maintenir. Les équipes se sont succédé, chacune apportant au travail une tonalité et une sensibilité particulières. C’est à cette institution et aux membres qui la constituent auxquels nous tenterons de réfléchir en y apportant un regard groupal. Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé Nous avons reçu des mamans très inquiètes du fait que leurs enfants ont été enlevés
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair