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Nouria Benghabrit : « L’Administration veillera à la préservation du service public d’éducation »

Publié le 14/02/2018, par dans Non classé.

La grève du CNAPESTE se poursuit malgré les mesures décrétées par votre département. Le secteur est dans l’impasse. Le ministère maitrise-t-il la situation ?

Nous ne sommes aucunement dans l’impasse. Nous assumons pleinement nos responsabilités, celles, en premier lieu, de préserver le droit à l’éducation de nos enfants. Notre position a été confortée par la justice, qui a statué et a qualifié d’illégal le mouvement déclenché par le syndicat que vous nommez. La règle de droit et les arrêts de justice doivent être respectés. Nous sommes d’autant plus confiants qu’il y a de plus en plus de voix qui s’élèvent contre la prise en otages des élèves, de manière récurrente et cyclique. Les analyses faites au niveau du ministère de l’éducation nationale ont révélé que sur une dizaine d’années, équivalentes à la durée de vie d’une cohorte d’élèves, deux (2) années d’apprentissages ont, jusque-là, été perdues. Il s’agit, aujourd’hui, d’arrêter une telle érosion des apprentissages.

Vous savez, le secteur a, malheureusement, déjà vécu ce genre de situation et a su relever le défi grâce à l’engagement de ses fonctionnaires tant au niveau local que central, et au soutien de la société qui s’est, toujours, mobilisée pour la sauvegarde de son Ecole. Je peux vous dire que le peuple algérien qui a, longtemps, été privé d’instruction notamment durant la colonisation, sait parfaitement que sa vraie richesse c’est son instruction, c’est le savoir.

Je suis convaincue que la société a compris les enjeux de cette escalade disproportionnée. D’un problème circonscrit dans deux wilayas en l’occurrence Béjaia et Blida, pour un conflit dont l’origine est d’ordre relationnel – je ne cite pas Tizi Ouzou car tout est rentré dans l’ordre il y a un moment déjà – le Cnapeste déclenche un mouvement national. Il y a lieu de s’interroger : pourquoi donner une dimension nationale à une situation locale, en se lançant dans une grève illimitée?

Tout ce que je peux vous dire c’est que l’Administration veillera à la préservation du service public d’éducation. Je peux vous affirmer d’ores-et-déjà que le taux de suivi de la grève est faible. Il était à 5,82%, le 30 janvier 2018, il est aujourd’hui de 4,51%. Ceci dit, même si le taux était de 1% cela nous interpellerait car cela voudrait dire que quelque part il y a des élèves qui sont privés d’enseignement et cela porte atteinte au principe d’équité qui est au cœur de la politique éducative nationale. Jusque-là, 581 enseignants ont été radiés et nous sommes en train d’envoyer les 2ème mises en demeure au reste des enseignants qui sont en situation d’abandon de poste, après que nous leur ayons communiqué par voie d’huissier l’arrêt de justice, décrétant illégale la grève illimitée du Cnapeste. Nous mobiliserons toutes les ressources disponibles pour rattraper le retard accusé dans les enseignements.

2. Qu’en est-il du plan de récupération du retard dû à la grève ?

Notre souci majeur dans pareille situation est la prise en charge de nos apprenants et là-dessus, je peux vous dire que toutes les mesures ont été prises tant au niveau pédagogique par l’adaptation des emplois-du temps, la révision des progressions pour mieux réguler les programmes d’enseignement en fonction du temps perdu, le suivi des remplaçants dans la classe et leur accompagnement par la formation dans le cadre de regroupements, mobilisation de certains retraités, la mise à disposition de la plateforme didactique de l’ONEFD qui contient un nombre considérable de cours, d’exercices, de corrigés…qu’administratif, par le remplacement des grévistes à travers deux procédures : le recours à la plateforme de recrutement qui contient un vivier de candidats potentiels à l’enseignement, qui pour rappel, ont été tous admis au concours de recrutement organisé par le ministère, et la suppléance en tant que de besoin.

3. peut-on connaitre le nombre exact des enseignants concernés par les mesures de licenciement ?

Je crois avoir déjà répondu à cette question. Jusque-là, 581 enseignants ont été radiés et nous sommes en train d’envoyer les 2ème mises en demeure au reste des enseignants qui sont en situation d’abandon de poste, après que nous leur ayons communiqué par voie d’huissier l’arrêt de la justice, décrétant illégale la grève illimitée du Cnapeste.

4. Les grèves en cours ou celles annoncées signent la fin de la stabilité dans le secteur. La révision du statut semble la solution inévitable pour convaincre les syndicats à surseoir à leur mouvement. Ya t-il du nouveau à annoncer concernant le chapitre de la révision du statut particulier ?

Nous réitérons notre position en la matière : le droit à la grève est un droit constitutionnel que nous respectons et acceptons d’autant qu’il traduit une dynamique du front social et le degré de démocratie atteint par notre pays. Néanmoins, la grève, notamment dans le secteur stratégique de l’éducation nationale, doit être l’ultime recours et ne doit pas s’inscrire dans la durée. Ce que nous dénonçons c’est le qualificatif d’  » illimité qui ne figure nullement dans les textes législatifs et réglementaires. Aujourd’hui, grâce à la diversité du champ médiatique, l’alerte de l’opinion publique est extrêmement facilitée. Dès lors, le recours à la grève pour alerter sur des situations socioprofessionnelles est de moins en moins justifié.

Nous avons déjà réussi à mobiliser la majorité des partenaires sociaux autour d’un consens, celui d’aller vers une école de qualité dans un climat social apaisé, en parvenant à signer la Charte d’éthique du secteur après des années d’instabilité chronique. Il n y a pas de raison pour que nous ne réussissions pas encore une fois à nous entendre pour l’intérêt suprême des générations montantes. Pour noter part, nous sommes plus que jamais déterminés à y parvenir, grâce à la mobilisation de tous.

Pour ce qui est de la révision du statut particulier des personnels appartenant aux corps spécifiques de l’éducation, nous avons déjà pris en charge certains dysfonctionnements majeurs par le biais de dérogations que nous avons sollicitées de qui de droit. Ce qui dénote de notre volonté sincère à solutionner les problèmes chaque fois que cela est possible. Nous reconnaissons que des déséquilibres existent dans le statut. Lire la suite

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