formats

«Nos intérêts réciproques vont bien au-delà de simples intérêts mercantiles»

Publié le 09/04/2017, par dans Non classé.

« Il est important de rappeler également que l’Algérie tire déjà profit de notre relation commerciale puisque l’Union européenne est le premier marché d’exportation du gaz algérien», juge la patronne de la diplomatie européenne.
Vous effectuez votre seconde visite en Algérie après celle de septembre 2015 ; comment évaluez-vous l’état actuel des relations bilatérales avec l’Algérie ?

Je suis très heureuse de pouvoir revenir en Algérie et de la manière dont nos relations bilatérales ont évolué en ce laps de temps. La dernière session du Conseil d’Association Algérie-Union européenne que nous avons tenu à Bruxelles le 13 mars dernier a d’ailleurs marqué une étape importante puisque nous avons, ensemble, dressé un bilan de notre partenariat et tracé les perspectives de notre relation future.

Nous avons en effet adopté un document conjoint – intitulé « Priorités de partenariat» – qui doit nous permettre d’approfondir nos relations autour de priorités qui guideront notre coopération dans le futur. Cette coopération se veut désormais plus large et touche tant les domaines politique et économique que sécuritaire et sociétal. Mes contacts avec les autorités algériennes sont très fréquents et ont lieu également en dehors de l’Algérie, y compris en marge des rencontres internationales ou à Bruxelles.

Que dites-vous de l’affirmation comme quoi l’Algérie constitue pour l’UE un marché surtout pour vendre sa marchandise et que les pays européens hésitent à favoriser l’investissement, comme le laisse entendre souvent la partie algérienne ?

L’Algérie est un partenaire stratégique pour l’Union européenne à bien des égards – diplomatique, sécuritaire culturel – et nos intérêts réciproques vont bien au-delà de simples intérêts mercantiles. Cela étant dit, pour répondre à votre question, si l’on regarde les choses d’un point de vue purement commercial, l’Union européenne reste l’investisseur le plus important en Algérie, avec des stocks d’investissements directs de 16,5 milliards en 2015. Ces investissements européens contribuent au processus de diversification économique et à la création d’emplois dans le pays, comme par exemple dans le secteur automobile. Il est important de rappeler également que l’Algérie tire déjà profit de notre relation commerciale puisque l’Union européenne est le premier marché d’exportation du gaz algérien.

Cependant, il nous paraît capital de pouvoir diversifier cette relation commerciale. C’est pourquoi nous travaillons avec le gouvernement algérien non seulement pour l’aider à diversifier sa production énergétique – en développant son potentiel en énergies renouvelables – mais aussi en soutenant ses efforts pour diversifier son tissu industriel et permettre ainsi à l’Algérie d’exporter plus et mieux.

Il y a encore du travail à faire pour bénéficier pleinement des opportunités offertes par l’Accord d’association – et notamment du libre accès au marché européen pour les produits industriels algériens que garantit cet accord – et attirer davantage d’investissements. Le « nouveau modèle de croissance» qu’ont récemment présenté les autorités algériennes me semble une évolution importante à cet égard. Dans cette perspective, des programmes financés par l’Union européenne viennent en appui des efforts nationaux à la diversification industrielle et économique et à l’amélioration du climat des affaires en Algérie.

Quel est votre bilan de la mise en œuvre de la nouvelle politique européenne de voisinage ?

La révision de la politique européenne de voisinage a été largement orientée par des contributions de nos partenaires, tels que l’Algérie. Cette révision se traduit par une définition plus collégiale des grands axes de coopération que nos partenaires et nous souhaitons mettre en œuvre. Ceci était une requête insistante de la part de nos partenaires algériens et l’adoption récente de nouvelles « Priorités de partenariat» indique que mes homologues algériens sont en accord avec notre nouvelle approche.

Ces nouvelles « Priorités de partenariat» vont nous permettre de renforcer notre dialogue politique et d’approfondir encore notre coopération sur les questions de gouvernance publique, de développement socioéconomique, d’approfondissement de nos relations commerciales afin de permettre à l’Algérie de mieux tirer profit du libre accès au marché unique que l’Union lui a offert dans le cadre de l’accord d’association. Enfin, nos nouvelles « Priorités de partenariat» nous engagent à poursuivre et à élargir notre partenariat énergétique, notamment à travers une coopération renforcée pour le développement du potentiel algérien en matière de production énergétique d’origine renouvelable. Dernier aspect important : nous nous sommes également engagés à coopérer de manière plus serrée sur les questions stratégiques et sécuritaires et sur les questions de migration et de mobilité.

La situation reste préoccupante dans la région du sud de la Méditerranée, notamment en raison de la crise libyenne et le drame des migrants qui continue. Quel est le rôle de l’Europe dans ce contexte ?

La priorité de l’Union européenne est de trouver une solution durable aux crises dans la région, notamment en Libye et en Syrie. Nous avons notamment accueilli la conférence sur la Syrie cette semaine à Bruxelles, qui a confirmé de nouveau l’engagement – politique, diplomatique et humanitaire – de l’Union européenne et de la communauté internationale vis-à-vis de la Syrie et du peuple syrien.

Concernant la Libye, la question qui se pose à l’Union européenne est souvent liée à la migration. Il est important de souligner que le travail, l’attention et la priorité de l’Union européenne à l’égard de la crise libyenne sont aussi politiques et diplomatiques, pas seulement sous l’angle de la migration. Il s’agit d’une tragédie humanitaire et humaine ; l’Union européenne a le devoir d’y faire face avec nos amis libyens, nos amis arabes, mais aussi avec nos amis africains et les Nations unies.

L’UE fait sa part, et nous essayons d’accroître notre soutien dans le but de sauver des vies en premier lieu. Notre travail sur la Libye, avec la Libye, pour la Libye et les Libyens ne doit pas être vu à travers le seul angle de la migration ; ce n’est pas la façon dont les Européens le voient et j’espère que cela peut être partagé avec nos amis arabes et libyens.

L’Union européenne soutient les efforts des parties libyennes pour trouver une solution politique acceptable pour tous et la mise en œuvre de l’accord politique libyen. Nous soutenons les Libyens dans un processus qui doit être un processus libyen dans de nombreux domaines couvrant la sécurité, le secteur de la Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé «Nos intérêts réciproques vont bien au-delà de simples intérêts mercantiles»
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair