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Nacer Boudiaf : Lettre à mon père…

Publié le 29/06/2017, par dans Non classé.

Cher père, il y a vingt-cinq ans, à Annaba, on a vidé un chargeur dans ton dos. Ceux qui l’ont fait, ont cru qu’ils allaient mettre fin à tes idées de rassembleur du peuple algérien à travers ton projet du Rassemblement Patriotique National (RPN), et à ton courage d’avoir dénoncé la mafia politico-financière en Algérie.
Mais aujourd’hui, d’Alger et d’El-Alia, ce 29 juin 2017, et sur ta tombe, je suis venu te demander pardon de ne plus rechercher la vérité sur ton lâche assassinat, car l’Algérie que tu as toujours eu au cœur, est aujourd’hui en danger. Et parce qu’elle est en danger, j’ai décidé de laisser le sort de tes lâches assassins à la Justice de Dieu, pour me consacrer à l’objectif de libérer l’Algérie des griffes des faucons du système installé après l’indépendance confisquée ; un système qui ne craint pas Dieu et n’a jamais respecté le peuple algérien.

Je suis convaincu que de là où tu es en compagnie de Ben Boulaid, Ben M’Hidi, Didouche, Krim, Abane, et bien d’autres encore, vous suivez parfaitement bien ce qu’endure l’Algérie et malheureusement aussi ce que subit notre actuel Président de la République, pris en otage par son propre cercle qui ne fait que singer le système corrompu, bâti sur la préservation d’intérêts personnels purement matériels.

En effet, avec ses 80 ans passés, affichant d’énormes douleurs parce que très sérieusement malade, le Président fait l’objet de souffrances et de tortures qu’aucun être humain nourri d’un simple brin d’humanisme n’accepterait. Et je me m’indigne pour lui très profondément, parce que Si Larbi Ben M’Hidi, Allah Yarahmou, t’avait un jour dit :  » je n’ai pas peur de la France mais j’ai peur de ceux qui vont gouverner l’Algérie après l’indépendance. Nous y sommes en plein dedans. Mais quel visionnaire était le légendaire Si Larbi Ben M’Hidi qui avait certainement senti que les cinq historiques allaient tous être assassinés, certains par le colonialisme d’autres par des mains dites algériennes.

Quant à la République, elle est actuellement gouvernée par procuration. Les Ministres sont maintenant limogés moins de 48 heures après leur nomination. Le FLN après avoir passé une période sous la direction musicale d’une derbouka, derbouka, il est maintenant géré par téléphone.

On vient de sortir d’une élection législative où moins de 10% ont voté avec une grande partie en bulletins nuls qui ont clairement exprimé que le peuple rejette ceux qui prétendent diriger le pays.

Dans la lettre que je t’adresse aujourd’hui, je voudrais te faire part d’une lettre ouverte que j’ai adressée à M. Emmanuel Macron, nouveau Président de la République française, un jeune homme de quarante ans, auquel j’ai signifié que la relation Algérie/France ne peut plus continuer à fonctionner sous le système hérité de l’indépendance confisquée.

Et comme par simple hasard, du gouvernement issu de ces semblant d’élections, les deux Ministres qui s’appellent Boudiaf ont été limogés, juste pour effacer ton nom, encore une fois ; un nom qui dérange énormément qui tu sais, qui je sais et qui le peuple sait.

Je ne veux pas, par respect, t’énumérer les scandales, les affaires de corruption ; la décomposition du cadavre de notre justice, morte il y a déjà des années, bien avant ton lâche assassinat, d’où son mutisme complet sur ton meurtre commandé à distance ; l’état de santé de notre santé est déplorable ; le sinistre qui frappe notre école fait pleurer parents et élèves ; la léthargie qui caractérise notre Université qui passe de piège en piège pour décourager la Science et la Lumière, et où le Professeur est assassiné à coups de marteau ; la banque algérienne qui n’obéit à aucune règle de transparence ;Air-Algérie au Guinness Book pour les retards et la mauvaise gestion ; notre Télévision qui n’est plus regardée par personne ;nos grands-mères et grands-pères abandonnés par leurs enfants ; tous des signes flagrants de la déliquescence de la société algérienne, une déliquescence bien entretenue par le système hérité de l’indépendance confisquée.

Mais devant toute cette déliquescence, notre brave jeunesse résiste héroïquement à ce système en s’exprimant si bien à travers des chansons dans les tribunes des stades où par des sketchs sur une terrasse  » stah ; une jeunesse bien consciente de la douleur du peuple et qui ne demande qu’à être écoutée pour les projets de développement qu’elle prépare en silence.

Le comportement du ministère des Moudjahidin qui systématiquement brille par son absence lors des commémorations de tes compagnons cités plus haut, qui n’a pas encore assimilé l’importance des événements du 8 mai 1945 dans le cursus de l’Histoire de l’Algérie, confirme réellement une phrase que tu avais prononcée le 14 juin 1992, justement dans une réunion avec les Moudjahidin, quand tu avais dit :  » l’ennemi d’hier est l’ennemi d’aujourd’hui. Faut-il préciser que 15 jours après avoir prononcé cette sentence, tu as été condamné à mort, en direct à la télévision.

La Kabylie fait maintenant l’objet de manipulation par qui tu sais ; cette même Kabylie où tu as élu refuge quand tu avais claqué la porte au groupe de Oujda. A cette Kabylie je dis qu’au nom de Mohamed Boudiaf, l’Algérie ne sera jamais offerte en partage au colonialisme et ses défenseurs, mêmes’il faut déclencher un nouveau 1er Novembre. Les choses vont changer avec le départ du système de l’indépendance confisquée et toutes les régions d’Algérie auront le droit et la latitude d’exprimer leurs spécificités culturelles, le tout en application du principe de  » l’Union dans la Diversité.

La région du M’Zab est passée par d’énormes difficultés et la région des Aurès, flambeau de la Révolution du 1er Novembre 1954 n’ont jamais reçu la réelle considération des pouvoirs publics (ni privés), pour sortir certains villages de la misère qui existe à nos jours. Aussi, je salue nos sœurs et frères Touaregs, utilisés par le système comme une présentation folklorique alors que leur chère zone fait clairement l’objet de cible pour déstabiliser l’Algérie.

Devant tous ces dangers, je regrette que le pouvoir jouisse gratuitement du luxe des villas, Lire la suite

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