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Mohamed-Saïd Mazouzi au panthéon de l’histoire

Publié le 06/04/2016, par dans Non classé.

On le surnommait le Mandela algérien pour avoir passé 17 ans derrière les barreaux des geôles coloniales.
De 1945 à 1962. Mohamed-Saïd Mazouzi, qui a « vécu le pire et le meilleur», est décédé, hier à Alger, à l’âge de 92 ans. Retiré de la vie politique suite à des désaccords avec l’ancien président Chadli Bendjedid, l’enfant de Attouche (Makouda) est revenu au-devant de la scène en publiant, l’an dernier, ses mémoires au titre évocateur : J’ai vécu le pire et le meilleur.

Ces mémoires retracent le parcours d’un militant qui se confond avec celui de l’Algérie du combat et du désenchantement. Mouhafedh de Tizi Ouzou à l’indépendance puis préfet, celui qui était accusé d’avoir fomenté un attentat contre le bachagha Aït Ali en 1945 devient, sous le règne de Boumediène, ministre du Travail et de la Sécurité sociale.

De sensibilité de gauche, Mohamed-Saïd Mazouzi a su mettre les travailleurs au cœur des préoccupations du régime de l’époque. Ami de la « classe ouvrière», c’est avec l’aide de ses camarades Ali Zaâmoum et le peintre M’hamed Issiakhem qu’ils donnèrent la possibilité à Kateb Yacine de monter des pièces de théâtre dans les usines. Farouchement opposé au courant conservateur du FLN, il a eu à mener des batailles permanentes au sein de l’équipe Boumediène.

Certaines gagnées, d’autres pas. Après des années au ministère du Travail, il passe au ministère éphémère des Anciens moudjahidine où il découvre déjà le phénomène des moudjahidine faussaires. La disparition précoce de l’autoritaire Boumediène marque la fin d’une époque.

L’arrivée au pouvoir de Chadli amorce le virage « libéral», accompagné de la chasse au boumediénisme. Membre du BP du FLN, Mohamed-Saïd Mazouzi supportait de moins en moins les orientations politiques et économiques du « nouveau» régime. La nomination en 1994 de Abdelhamid Brahimi à la tête du gouvernement scelle la rupture. Au lendemain des événements d’Octobre 1988, Mazouzi tente de jouer un rôle d’abord au sein du fameux Appel des 18 avant de se retirer, puis en essayant de rapprocher Hocine Aït Ahmed et Ben Bella. Vaines tentatives.

Révolté par l’irruption de l’islamisme, il soutient l’arrêt du processus électoral, tout en refusant de siéger au sein du Haut-Comité d’Etat (HCE). Son retrait de la vie politique ne l’empêche pas de suivre, non sans colère, la régression généralisée du pays. La corruption qui gangrène les sphères du pouvoir l’ulcère au plus haut point.

« Je n’ai jamais pensé que l’Algérie pour laquelle ses meilleurs enfants se sont sacrifiés basculerait dans le brigandage», confiait-il. Homme de conviction et de rectitude morale, Mohamed-Saïd Mazouzi fait partie de cette génération exceptionnelle d’une Algérie combattante. Lire la suite

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