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Mobilisation en Tunisie

Publié le 07/09/2016, par dans Non classé.

Les propos du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, concernant le risque « d’éparpillement» des djihadistes du groupe Daech vers la Tunisie ou l’Egypte, raniment l’éveil sécuritaire.
Jean-Yves Le Drian a certes mis en garde, avant-hier, contre le risque « d’éparpillement» des djihadistes du groupe Daech vers la Tunisie ou l’Egypte, une fois qu’ils seront chassés des « places fortes» qu’ils occupent en Libye, notamment à Syrte. Mais, ce n’est pas une découverte, selon le journaliste-analyste tunisien Soufiane Ben Farhat.

« Les Tunisiens ont déjà su à leurs dépens que la Libye voisine constitue un véritable danger pour eux. Les terroristes ayant perpétré les opérations du musée du Bardo, en mars 2015, de l’hôtel de Sousse, en juin 2015 et biens d’autres attaques, se sont entraînés en Libye», explique-t-il.

« Tout le monde sait qu’il y a un fort bataillon de terroristes tunisiens en Libye, il s’agit de plusieurs centaines», poursuit-il, en rappelant que l’attaque américaine sur Sabrathale, le 19 février dernier, a anéanti une cinquantaine de terroristes tunisiens, qui planifiaient d’attaquer la Tunisie. « Ils devaient participer à l’attaque de Ben Guerdane qui a eu lieu deux semaines plus tard», ajoute-t-il. « Si la Tunisie dispose de centaines de terroristes locaux sur ses frontières, le risque est permanent et le pays est toujours en alerte», conclut-il.

Alerte maximale

La Tunisie vit déjà en état d’alerte depuis l’attaque de Ben Guerdane. Les mesures de sécurité sont visibles à l’œil nu à travers les rondes fréquentes de la police et les contrôles systématiques dans les entrées des magasins et des bâtiments importants. Les autorités craignant qu’un nouvel attentat n’anéantisse complètement l’activité touristique, déjà en crise dans le pays.

Depuis cette grosse alerte de Ben Guerdane où plus de 50 terroristes ont trouvé la mort, le dispositif de sécurité sur les frontières sud de la Tunisie a été renforcé pour empêcher l’infiltration des éléments de Daech, basés notamment à Sabratha, à moins de 100 kilomètres des frontières tunisiennes ; mais, aussi, dans d’autres villes libyennes. Donc, lorsque le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian dit : « Il nous faut commencer à appréhender sérieusement la question de l’éparpillement des terroristes, une fois Syrte, peut-être demain Benghazi», lors de l’université d’été de la Défense.

Et d’ajouter : « Indirectement, cela va présenter de nouveaux risques et pour la Tunisie et pour l’Egypte» et trouve « dommage que l’ensemble des Etats voisins de la Libye ne se soient pas réunis pour réfléchir à la question de l’éparpillement des terroristes une fois leurs places fortes prises». Tout cela ne constitue pas une surprise pour les Tunisiens déjà en alerte. « Le Drian le sait parce qu’il a rencontré son vis-à-vis tunisien, Ferhat Horchani, et ils ont travaillé conjointement sur la coopération dans le domaine des forces spéciales, notamment le renseignement.

Ce dernier sujet est essentiel pour le contre-terrorisme», rappelle également Soufiane Ben Farhat. Toutefois, comme les experts n’ont cessé de le rappeler, si la reprise de Syrte est un échec pour Daech, cela n’écarte pas la menace djihadiste en Libye. Le nombre de terroristes de l’EI s’élève à plus de 5000 et ils disposent de cellules dormantes dans toutes les grandes villes libyennes, notamment à Tripoli. Les camps d’entraînement pullulent encore en Libye. Donc, le danger daéchien est toujours là.
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