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Migrants subsahariens en Algérie : 68% sont en situation irrégulière

Publié le 18/02/2016, par dans Non classé.

Dans le cadre de la célébration, hier, de la Journée maghrébine de l’enfant, les résultats d’une enquête sur la situation des enfants migrants ou issus de la migration subsaharienne en Algérie ont été présentés.
D’après Imène Benchaouche, chargée de plaidoyer et d’accès aux droits à la mission d’Algérie de l’ONG Médecins du monde, cette enquête a touché un échantillon de 361 enfants issus de 261 familles migrantes en Algérie. Les axes principaux de notre enquête, menée dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba et Tamanrasset, sont essentiellement l’accès aux soins et à la scolarité ainsi qu’à l’identité de ces enfants, le lien de famille qu’ils ont avec les adultes qui les accompagnent, leur accès aux documents d’état civil puis aux loisirs.

Sans oublier le travail de ces enfants en bas âge et leur utilisation dans les réseaux de mendicité», explique Imène Benchaouche la représentante de Médecins du monde, qui justifie cette enquête par le nombre important de migrants subsahariens en Algérie, notamment des femmes et des enfants, en l’absence quasi-totale d’informations sur leur cadre de vie. Médecins du monde indique que le pays qui « exporte» le plus de migrants est le Cameroun avec plus de 43% suivi du Niger, du Nigeria, du Mali, du Congo et de la Côte d’Ivoire.

L’illégalité comme mode de vie

Sur cet échantillon d’enquêtés, les chiffres de Médecin du monde démontrent que 89% des migrants subsahariens présents en Algérie depuis plus de 15 ans sont en situation administrative précaire dont 68% sont en situation irrégulière. Démunis, sans ressources financières, 72% de ces migrants vivent dans des habitations précaires (maisons inachevées, garages, gourbis, bidonvilles) ou carrément sur leur lieu de travail. « Sur ce chiffre, sachant que le nombre moyen de personnes par ménage est de 3 à 4 individus, près de 61% des familles migrantes vivent dans une seule pièce.

73% de ces familles enquêtées n’ont pas accès à l’eau potable, 57% ne possèdent pas de chauffage et la majorité déclare que leur lieu de résidence est loin d’être sûr», déclare Imène Benchaouche, qui explique que l’absence de moyens financiers et la difficulté de la scolarisation ont obligé certaines familles migrantes à se séparer de leurs enfants soit en migrant en Algérie seuls ou les renvoyer dans leur pays d’origine. Selon cette enquête menée par Médecins du monde en collaboration avec l’Unicef et le ministère de la Solidarité, de la Famille et de la Condition de la femme, sur les 361 enfants ciblés, 74,5% sont âgés de moins de 5 ans et près de 65% sont nés en Algérie.

Un accès restreint à l’école

En matière de scolarisation, les enfants inscrits dans les écoles ne représentent que 25,5% de la population migrante enquêtée avec une grande orientation vers les écoles privées au détriment du secteur public qui n’accueille que 44,8% de ces enfants. Même si 43,6% des parents migrants souhaitent que leurs enfants intègrent l’école publique, les raisons de la non-scolarisation sont l’absence de documents administratifs (47%) et la non-maîtrise de la langue arabe à hauteur de 40%.

En matière de soins, seulement 3,5% des femmes migrantes enceintes ont consulté un médecin. Même si 83% de ces femmes accouchent dans des établissements hospitaliers, seules 53% d’entre elles bénéficient d’un suivi médical post-accouchement. Contrairement à la santé de la maman et son suivi médical précaire, les chiffres concernant la santé de l’enfant migrant en Algérie sont assez satisfaisants.

Les carnets de vaccination sont à jour pour plus de 81% des enfants et leurs consultations médicales sont régulières. Dans le flux des chiffres qui démontrent la précarité dans laquelle vivent les familles de réfugiés subsahariens en Algérie, plus du tiers des enfants nés en Algérie ne sont pas déclarés à l’état civil et n’ont aucun document administratif prouvant leur identité.

Les raisons de cette situation calamiteuse sont non seulement la résidence illégale des parents, mais aussi le fait que l’enfant soit le fruit d’une relation hors mariage. Ces deux facteurs mènent aussi les mamans à utiliser des identités d’emprunt pour pouvoir accoucher dans les établissements hospitaliers publics.

Parmi les recommandations auxquelles a abouti cette rencontre tenue hier à l’auditorium Aïssa Messaoudi de la Radio algérienne, l’obligation des familles migrantes à déclarer leurs enfants nés en Algérie et à les scolariser, à favoriser le contact entre ces enfants migrants et les enfants algériens sans oublier la nécessité d’agir sur la maltraitance des enfants et leur utilisation dans les réseaux de mendicité.

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