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L’urgence du passage à l’acte

Publié le 07/11/2016, par dans Non classé.

Précocement, pour certains experts, l’accord de Paris sur le climat, résultat de la COP21, est entré en vigueur ce vendredi 4 novembre.
Ratifié par une centaine de pays, dont l’Algérie, c’est à la COP22, qui commencera demain et s’étalera jusqu’au 18 du mois en cours au Maroc, que ces Etats devront passer à l’acte. A voir l’attitude des pays du monde quant aux conséquences du réchauffement climatique et du danger des émissions des gaz à effet de serre, l’état d’urgence est décrété. Tous veulent se racheter et freiner la vengeance dévastatrice de la nature.

Si le contexte environnemental est critique pour tous les habitants de la planète, il l’est doublement pour ceux du sud du globe. Frappés déjà par les guerres, les maladies et les vagues de famine, les pays d’Afrique sont aujourd’hui contraints de faire preuve d’une grande intelligence pour non seulement rattraper leur retard de développement, mais d’innover et adopter de nouveaux modèles de développement économique en prenant en considération ces nouvelles données environnementales.

Ceci, notamment avec l’augmentation de la population africaine qui, selon les estimations de l’Unicef, atteindra 4,2 milliards d’individus d’ici 2100. En 2050, un quart de la population mondiale sera africaine. La Terre est en plein changement vers plus de chaleur. L’agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) a récemment révélé que l’année 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis 1880.

L’enjeu de l’eau

Les experts du GIEC, de leur côté, prévoient pour 2100 une montée des eaux marines pouvant aller jusqu’à un mètre et une hausse des températures record, jusqu’à 9° C plus élevées que celles enregistrées actuellement. La température moyenne à la surface du globe augmenterait jusqu’à +5,4° C. Pendant ce temps, l’Afrique souffrirait de sécheresse ou de pluies dans de mauvaises périodes. Premiers résultats déjà, des récoltes catastrophiques de céréales dans plusieurs régions d’Afrique, notamment du Nord, et d’Europe du sud. Les prévisions du GIEC sont encore plus alarmantes.

Dans trois ans, 75 à 250 millions de personnes en Afrique seront exposées à un stress hydrique accru en raison des changements climatiques. En plus de l’impact calamiteux sur la santé humaine, qui n’est vraiment pas à négliger, le secteur agricole subira d’ici là une chute sensible des rendements. A en croire les projections pessimistes de ces experts, les zones propices à l’agriculture, la durée des saisons de végétation, le rendement de l’agriculture pluviale et le potentiel de production pourraient certainement diminuer, particulièrement en marge des zones semi-arides et arides.

Avec une pluviométrie en très forte baisse, ce n’est pas seulement la santé publique qui est menacée, mais le secteur le plus rentable pour tout le continent noir : l’agriculture. Il est indispensable de savoir que le secteur agricole représente, selon le groupe d’experts internationaux du GIEC, une proportion de 20 à 30% au Produit intérieur brut (PIB) des pays au sud du Sahara, et représente 55% de la valeur totale des exportations africaines.

Il faut rappeler que 60% des terres arables non cultivées de la planète se trouvent en Afrique. Dans la majorité des pays du continent noir, l’exploitation agricole est entièrement tributaire de la qualité de la saison des pluies. Dans ce sens, la sécheresse qui a longtemps fait le quotidien des pays africains, notamment dans la Corne et le Sud de l’Afrique risque de devenir encore plus fréquente. Les hausses de température pourraient également devenir plus récurrentes. Ce qui porterait atteinte aux produits agricoles nécessitant de la fraîcheur hivernale.

La COP22 a pour principale orientation, en plus de mettre en marche le train de l’accord de Paris, d’appeler les pays développés, responsables de ces changements climatiques, à assumer leurs responsabilités et soutenir financièrement et technologiquement le continent africain, responsable de seulement 4% des émissions de gaz à effet de serre, dans l’adaptation de son économie et de son agriculture à cette nouvelle donne environnementale. Même si c’est le cas pour tous les autres continents, l’Afrique n’a ni le choix ni le temps de réfléchir, mais plutôt d’agir. Concrètement, elle doit opter pour une agriculture la plus diversifiée possible en optimisant l’utilisation des intrants tels que les semences et surtout les engrais.

Cela pourrait éventuellement être un facteur très favorable et un frein efficace à la culture extensive et la déforestation. Ce nouveau modèle d’agriculture doit également inclure une meilleure gestion des sources et cours d’eau afin de préserver le plus longtemps possible les écosystèmes riverains, limiter le pompage et la facture énergétique. Sans oublier l’investissement dans les énergies renouvelables et la diminution du gaspillage dans tous ces aspects.

Certains iraient jusqu’à dire que le sous-développement des pays africains est en faitbénéfique pour ces pays étant donné qu’ils possèdent encore un potentiel agricole vierge, un savoir-faire local et l’urgence pour agir. L’Afrique relèvera-t-elle le défi ? C’est l’idée que les pays africains devront défendre à la COP22. Lire la suite

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