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Louisa Hanoune : «Le statu quo est toujours étouffant»

Publié le 20/02/2016, par dans Non classé.

La nouvelle Constitution adoptée au début du mois de février en cours « n’a rien changé».
C’est ce que pense la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune. S’exprimant, hier à Alger, à l’ouverture des travaux du bureau politique du parti, elle affirme que la nouvelle Loi fondamentale « n’a absolument rien changé. Le statu quo est toujours étouffant. Elle n’a suscité aucune dynamique au sein de la société». Evoquant longuement cette Constitution, l’oratrice pose un chapelet de questions sur l’avenir de ce texte et ses conséquences sur la vie publique et politique.

Elle demande d’emblée comment se fera la mise en conformité des institutions avec les dispositions de cette nouvelle Loi. « En 2012, on avait mis la charrue avant les bœufs. Au lieu de réviser la Constitution, on avait choisi de réviser des lois organiques avant la Constitution et nous avons eu des réformes politiques vidées de leur sens. Aujourd’hui, on risque de revivre la même situation, d’autant plus que la pollution politique est à son paroxysme. La situation est plus dangereuse», déclare-t-elle. Et de préciser : « Il y a eu un hold-up en 2012. La Constitution actuelle manque aussi de légitimité populaire, dans la mesure où elle a été adoptée par un Parlement issu de fraude.» Dans ce sens, la patronne du PT revient sur les dispositions contenues dans les articles 51 et 73 de cette nouvelle Constitution.

Elle jette un véritable pavé dans la mare. « Il est clair que l’article 51 ne vise pas la communauté algérienne à l’étranger, mais des individus qui vivent peut-être en Algérie. Les dispositions contenues dans ces deux articles ne figuraient pas dans la mouture initiale qui a servi de base aux consultations avec le directeur de cabinet de la présidence de la République», précise-t-elle. Sans donner plus de détails, elle affirme que le processus d’adoption de ce texte a été activé pour faire passer ces deux articles qui sont, selon elle, une réponse à « un plan en préparation» et une opération « qui viendrait de l’extérieur, notamment de l’ex-puissance coloniale». « Il y avait un danger. L’introduction de ces dispositions est une réponse à quelque chose. Nous sommes en droit de le savoir», enchaîne-t-elle.

« La démocratie : seule vraie immunité»

Mais, dit-elle, la meilleure immunité pour l’Algérie est la mise en place d' »une vraie démocratie». « Les autorités doivent faire confiance au peuple», insiste-t-elle. Evoquant le volet économique, la première dame du PT s’attaque au ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, qui, selon elle, vit dans une autre planète. « Il affirme que l’Algérie sera, dans dix ans, la destination des délocalisations des investissements. Il oublie que depuis la crise de 2008, c’est le contraire qui est en train de se passer dans le monde.

De plus, il veut imposer de nouvelles taxes aux citoyens au lieu de traquer les fraudeurs qui fuient le fisc et d’imposer un impôt sur la fortune», dénonce-t-elle. Considérant que le dossier des dissidents du parti est « clos», Louisa Hanoune regarde déjà vers l’avenir ; selon elle, « le cap est mis sur la conférence nationale». « Des assemblées générales seront organisées pour élire les délégués qui prendront part à cette conférence qui aura lieu en mars prochain. Nous avons perdu du temps, il faut désormais ressouder les rangs du parti en cette période cruciale et dresser des remparts pour faire face à tous les dangers qui guettent le pays», insiste-t-elle. Lire la suite

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