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Louh charge les islamistes

Publié le 08/12/2015, par dans Non classé.

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, est sorti enfin de son silence pour répondre aux partis islamistes et autres conservateurs qui ont demandé le retrait pur et simple du projet de loi criminalisant les violences contre les femmes, car il porte, selon eux, atteinte à la cohésion sociale.
Saisissant la tribune du Conseil de la nation lors de la présentation, hier, de cette loi devant les sénateurs, le garde des Sceaux a accusé ouvertement les opposants à ce projet d’avoir déformé son contenu, et ce, à des fins politiciennes. « Je me suis refusé d’intervenir pour répondre à ceux qui se sont acharnés contre ce texte.

J’ai attendu mon tour pour remettre les pendules à l’heure. Ceux qui se sont acharnés contre ce texte ont tenté de leurrer la société algérienne en présentant le projet comme étant un danger pour la famille. Il y a eu une déformation des propos. Ils ont fait sciemment d’interpréter négativement certaines dispositions», affirme Tayeb Louh. En fustigeant les opposants à ce texte, M. Louh se réjouit de les voir échouer dans leur sale besogne et leur volonté de bloquer le texte.

Pour le ministre, la surenchère et les critiques infondées ne servent personne et encore moins les femmes violentées. M. Louh, au nom du gouvernement, assume, dit-il, pleinement le contenu de ce texte juridique et les nouvelles dispositions qu’il contient et invite les autres à assumer, à leur tour, leurs responsabilités. « A ceux qui s’opposent à ce texte, je leur dis que la protection de la femme relève de la responsabilité du gouvernement.

Ce ne sont pas ces gens qui vont protéger ou défendre les femmes violentées», lance le ministre. Il a ajouté que le texte de loi tendait, contrairement à ce que prétendent certaines parties, à préserver la cohésion de la cellule familiale à travers le pardon de la victime qui met fin à toute poursuite judiciaire contre le coupable, une clause, précise-t-il, qui n’existe pas dans le code pénal en vigueur.

« Le pardon de la victime relève des principes et valeurs de notre société», a-t-il dit soulignant que « les nouvelles mesures prévues permettront de prendre en charge toutes les formes de violence faites aux femmes». Toutefois, pour les associations féminines et les partis de l’opposition, cette disposition n’est pas faite pour arranger la situation des femmes victimes de violence.

La femme pardonne. Faut-il rappeler que ce texte a été adopté le 5 mars dernier par les élus de la Chambre basse du Parlement, il devait être programmé une semaine après au niveau du Conseil de la nation. Mais en raison de la pression et la protestation des islamistes, le président du Sénat a cru bien faire de reporter sa programmation. Il a fallu attendre presque une année pour le voir atterrir à la Chambre haute du Parlement. Hier, en dénonçant les visées mal intentionnés des islamistes, M. Louh leur a rappelé que les violences faites aux femmes sont une réalité avérée dans notre société. Il illustre ses propos par des chiffres concrets. Rien que pour 2014, la justice a traité 7737 cas de violence conjugale.

En 2013, 3209 femmes ont été violentées par des proches et 767 en milieu professionnel, alors que 15 705 femmes ont été agressées par des étrangers à la cellule familiale. « Ces chiffres sont livrés par la justice. Donc ce sont des cas avérés. Certes, ce chiffre est loin de refléter la réalité puisque beaucoup de femmes ne déposent pas plainte», confirme M. Louh. La sénatrice Chachoua a révélé que 40 femmes sont mortes, en 2014, des suites de violences à leur égard et, en 2006, une femme sur 10 était victime de violence.

Pour elle, ce texte est un pas positif et vise la protection de la femme. Le ministre, dans son exposé, est revenue sur les principaux points du projet de loi, dont la criminalisation de la violence verbale et des actes portant atteinte à la pudeur dans la rue, en rappelant le vide juridique concernant ce sujet. « Sur cette question, il y a eu une déformation des propos et des interprétations», déplore le ministre qui a rappelé devant les sénateurs l’affaire de Razika Cherif, la jeune fille tuée par un automobiliste dans la région de M’sila pour avoir refusé de céder à ses avances. « La victime était une femme.

Il l’a agressée verbalement. Elle a répondu puisqu’il a touché à son honneur. Alors, le conducteur s’est acharné contre la fille. Arrêté, l’agresseur est poursuivi en justice», relate Tayeb Louh précisant que si l’agresseur n’avait pas été arrêté, la vengeance de la société aurait été terrible. « Ce texte vient pour rétablir une justice et combler un vide juridique et non pour détruire les familles», lance M. Louh à l’adresse des islamistes. Lire la suite

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