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L’opposition fait son autocritique

Publié le 02/04/2016, par dans Non classé.

L’Instance de suivi et de coordination de l’opposition (ISCO) a clôturé son deuxième congrès, mercredi dernier, par un appel.
Une invitation au peuple algérien d' »accompagner sa démarche et soutenir ses efforts pour la construction d’un avenir meilleur pour tous». Pour cela, les différents acteurs de l’opposition présents à Zéralda ont fait une promesse : présenter un nouveau projet contenant une vision prospective de l’Algérie de demain, devant définir les grandes lignes qui peuvent servir de base pour un dialogue national permettant d’élaborer des solutions pouvant sortir l’Algérie de la crise économique, sociale, sécuritaire, morale et financière.

Toutefois, les animateurs de l’ISCO ne fixent pas de délai pour la présentation de cette proposition. La déclaration politique adoptée à l’issue des travaux de ce congrès s’est contentée seulement de l’annonce. Ainsi, l’opposition pourrait traîner des semaines, voire des mois avant de rendre publique sa nouvelle proposition. Mais comment fera-t-elle pour imposer sa démarche ? A-t-elle les moyens de créer un rapport de force favorable ? Les observateurs s’attendaient à voir émerger, à l’issue de la deuxième conférence de Zéralda, des propositions concrètes et même le plan d’action de l’ISCO.

Ce n’est pas le cas. En réaffirmant leur attachement à l’unification des rangs pour travailler encore en commun afin d’imposer « une transition démocratique», les responsables de l’ISCO se limitent à un rappel d’un constat établi depuis la première conférence, le 10 juin 2014 : « Impasse politique et nécessité d’un changement du système.» Et cela donne l’impression qu’ils tournent encore en rond.

Contact avec le citoyen : un défi capital

Car deux ans après Mazafran I, l’opposition s’est montrée beaucoup plus affaiblie, comme en témoignent les nombreuses défections enregistrées mercredi dernier. « Cela démontre que le travail fait depuis Mazafran I était faible. Il faudra des efforts supplémentaires», soutient le sociologue et membre de l’ISCO, Nacer Djabi. Ce diagnostic est partagé aussi par d’autres membres de l’Instance qui appellent à corriger « ses lacunes dans les plus brefs délais».

Selon Nacer Djabi, « le défi principal actuellement est d’entrer en contact avec le citoyen» pour le réconcilier avec la politique. L’appel lancé par l’ISCO s’inscrit, peut-être, dans cette logique. Certes, comme l’explique le sociologue, le régime fait tout pour limiter l’action de l’opposition et réduire son impact. Mais cela n’explique pas tout. Le travail de terrain reste très insuffisant. Depuis le 10 juin 2014, l’ISCO n’a organisé qu’une dizaine d’actions importantes.

Le reste des activités étaient plutôt des conférences qui n’ont capté que l’intérêt « des initiés». Il est donc évident que l’opposition est appelée, si elle veut réaliser tous les objectifs tracés dans sa plateforme de revendications, à changer de stratégie et à être encore plus offensive. Est-elle en mesure de le faire ? Wait and see.
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