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«L’offre reste en deçà de la très forte demande»

Publié le 06/02/2017, par dans Non classé.

Des clients se plaignent des difficultés pour accéder à une location. Quel est l’état des lieux, selon vous ?

Le marché immobilier en Algérie est déstructuré, on manque d’outils de régulation et de cadre réglementaire précis. L’offre reste en deçà de la très forte demande, ce qui ne joue pas en faveur des locataires. On ne trouve plus de location décente à moins de 30 000 DA/mois dans la capitale, sans parler de la difficulté des petites et moyennes bourses à mobiliser un an de loyer exigé par les propriétaires.

Certes, le marché locatif connaît une stagnation depuis 2 années, les prix baissent pour certains types de location, principalement les grandes surfaces et les grandes villas, mais la baisse des prix attendue par les locataires n’est pas encore au rendez-vous, la moyenne d’un loyer pour un F3 de 80 m2 à Alger est de 64 000 DA/mois contre 59 000 DA/mois fin 2015 (calcul basé sur plus de 8000 annonces). Cette augmentation peut en partie être expliquée par l’inflation.

D’après l’Office national des statistiques (ONS), le taux d’inflation à fin juillet 2016 était de 6,33%. Par contre, le marché de la vente est plus impacté que celui de la location, même si le prix moyen d’un F3 de 80 m2 à Alger reste à hauteur de 17 millions de dinars ; comme c’était le cas à la fin 2015, le nombre de transactions a baissé drastiquement obligeant bon nombre d’agences immobilières à baisser rideau.

La loi de finances 2017 a introduit un nouveau taux de taxation des locations. Quelles en seraient les conséquences ?

La loi de finances a introduit une série de modifications sur les taxes liées à l’immobilier. L’impôt sur le revenu global locatif a connu une augmentation seulement pour les habitations individuelles (villas) sans toucher aux appartements, qu’ils soient destinés aux particuliers ou aux commerçants. La LF-2017 a réintroduit la taxe sur la plus-value ; cette taxe va aider à stopper la spéculation en payant 5% de taxe sur la plus-value dégagée de la transaction immobilière.

Cependant, concernant cette disposition, Lkeria.com avait saisi la commission des finances de l’APN afin d’augmenter cette taxe pour qu’elle soit plus persuasive, et que cette dernière ne soit pas payée dans le cas de la vente de l’habitation principale pour en acheter une autre (cas de déménagement professionnel, mariage, etc.).

Il ne faut pas oublier que le but de cette disposition est de freiner la spéculation et non pas d’engendrer une nouvelle assiette d’impôt pour l’Etat. Pour résumer, les nouvelles dispositions sont minimes, mais sans organisation du marché immobilier, les impacts de ce changement seront aléatoires.

Comment contraindre certains agents chargés de l’enregistrement des transactions au respect strict de la loi ? Les pouvoirs publics ont-ils les moyens ou la volonté de le faire ?

La prolifération des intermédiaires officieux n’arrange en rien la stabilité du marché, c’est pour cela que, à Lkeria.com, nous n’accepterons, à partir de ce mois de février, que les professionnels de l’immobilier sur notre plateforme d’annonces immobilières. L’annonceur doit justifier son statut par l’envoi, à notre service, d’une copie de son registre du commerce et de son agrément le cas échéant, qu’il soit agent immobilier ou promoteur.

On se donne deux à trois années pour que toute l’offre soit concentrée entre les mains des professionnels de l’immobilier. Par ailleurs, il faut que le ministère de tutelle veille à ce que la formation continue des agents immobiliers soit une priorité.

Lkeria.com a fait des propositions pour « une sortie de la crise du logement en 2017». Le marché locatif était-il aussi concerné ? Y a-t-il eu un écho ?

Permettez-moi de revenir sur la proposition-phare que nous avons faite, celle d’interdire l’avance annuelle des loyers en amendant l’article 498 du code civil et en introduisant un alinéa stipulant que « le paiement mensuel est de droit lorsque le locataire en fait la demande» et/ou en introduisant une disposition interdisant explicitement l’avance annuelle du loyer demandée par le propriétaire pour les locaux à usage d’habitation ou commercial.

Même si nous n’avons cessé de faire des propositions aux pouvoirs publics pour mettre en place une stratégie efficace et réaliste à même de mettre fin à l’anarchie que connaît notre marché locatif depuis plus d’une décennie, nos propositions sont malheureusement restées lettre morte.

Je suis arrivé à la conclusion, en tant que premier responsable de Lkeria.com, après tant d’années de « militantisme immobilier», que la seule solution pour concrétiser toutes ces idées est de faire de la politique dans le sens noble du terme. Ce sont les politiques qui préparent les lois et les fonts voter.

Si je veux que nos propositions, que nous pensons être les meilleures pour régler la crise du logement en Algérie, soient concrétisées, il faut trouver un allié politique de taille ; c’est pour cela que j’ai intégré le RND pour ses valeurs d’espoir, de travail et de solidarité. Je rappelle que le RND est le seul parti politique ayant proposé la mise en place d’une aide pour la location pour les ménages modestes. Espérons que les élus de ce parti pourront porter aux assemblées nos propositions et les préoccupations des citoyens. Lire la suite

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