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«L’offre en devises est inférieure à la demande»

Publié le 14/12/2016, par dans Non classé.

– Les monnaies étrangères, l’euro particulièrement, connaissent une flambée de leurs valeurs respectives face au dinar sur le marché informel. Comment expliquez-vous cette nouvelle dépréciation de la monnaie nationale ?

Cette tendance haussière peut s’expliquer à travers trois causes probables. La première d’abord, qui est la plus classique et la plus régulière par rapport à ce marché, il s’agit de la demande exprimée par des personnes physiques (ménages et autres) s’identifiant à une conjoncture périodique précise (période de fin d’année, les départs en vacances, omra, etc.).

Face à cela, il y a une offre qui, inversement à la période d’été, reste sensiblement inférieure et ne progresse pas au même rythme. La deuxième cause probable, et qui est encore plus significative que la première, s’explique d’une part par une cadence haussière et exceptionnelle dans les importations des produits consommables, contournant un effet de hausse sur les coûts des achats de ces produits avec les prochaines augmentations des droits de douane, la TVA et les autres taxes prévues en 2017 et favorisant aussi une marge spéculative nettement confortable pour la vente des stocks de 2016 vendus en 2017.

Mais d’autre part et dans le même segment, il existe aussi un autre phénomène, celui de la sous-évaluation des importations qui pousse certains importateurs à sous-évaluer la valeur de leurs marchandises importées afin de réduire tout risque de blocage à la domiciliation bancaire, ainsi que les droits de douane connectés à ces produits importés, faisant ainsi appel au marché informel de la devise pour compenser la partie non déclarée des importations.

La troisième raison qui n’est pas ordinaire par rapport au marché de la devise, mais qui reste un sujet d’actualité depuis fin 2015, concerne le choix de certains commerçants activant dans le secteur marchand informel de s’orienter vers le marché parallèle de la devise comme une valeur refuge qui leur permet de faire des transactions d’échange par voie de vente en cas de besoin et d’achat en cas d’épargne.

– La lutte contre l’informel a été reléguée au second rang des priorités de l’Exécutif. Pourtant, ses méfaits en ce contexte de crise ne sont pas à démontrer. Comment expliquez-vous la passivité du gouvernement face à ce fléau ?

La question réside dans la politique de change, car la Banque d’Algérie est un organisme qui absorbe la devise plus qu’il en offre, sachant que notre modèle de consommation, de dépendance à l’importation et des flux de personnes engage plus de demande sur la devise que sur l’offre disponible.

C’est dans ce cadre que le marché informel de la devise est indirectement considéré comme un marché support et de compensation chargé d’honorer la demande supplémentaire régulière des personnes, mais ce qui est exceptionnel depuis quelques temps, c’est que ce même espace s’est transformé à un pourvoyeur complémentaire de fonds dédié aux besoins des importateurs qui cherchent à échapper à la réglementation sur les importations réelles, et devient aussi un moteur d’épargne et de négoce sollicité par les barons du secteur marchand informel.

– Dans sa codification budgétaire des trois prochaines années, le gouvernement s’est engagé à maintenir la parité dinar-dollar et dinar-euro à des niveaux stables. Quels sont, selon vous, les facteurs qui conditionnent cette entreprise ?

Il s’agit d’une projection à moyen terme, mais les données peuvent plus ou moins varier d’une année à l’autre. Dans cette approche, le moteur stabilisateur essentiel pour maintenir une parité aux alentours de 108 DA le dollar sera tourné vers la réserve de change qui sera maintenue à un seuil minimal de 100 milliards de dollars, peut-être un peu moins, si on compte aussi les 5 milliards de dollars qui resteront à la disposition du FMI en cas de besoin. Deux indicateurs importants nous interpellent dans cette plateforme budgétaire de 2017 à 2019 : le taux de parité moyen stable et un niveau d’inflation aussi avec une moyenne de 4%.

Il faut dire que ces deux indicateurs peuvent évoluer aussi en fonction d’autres facteurs exogènes pour la parité du dinar, notamment pour le cours du dollar, s’il s’agit d’anticiper des variations à la hausse du dollar en cas de relèvement du taux directeur de la FED par exemple. Les facteurs endogènes pour l’inflation portent surtout sur le poids et le rôle de la fiscalité ordinaire comme étant un instrument de collecte d’une partie de la masse monétaire au sein de l’économie nationale. Lire la suite

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