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L’immobilisme politique caractérise la vie politique

Publié le 07/04/2017, par dans Non classé.

Par : Rachid Tlemcani, politologue
Très peu d’Algériens connaissent de loin ou de près leurs députés. Pour cela, il faut que les élections soient propres, transparentes, sincères et libres. Les élections ont de tout temps été entachées de fraude massive, de l’époque coloniale sous Magellan, en 1948, et ce, jusqu’à aujourd’hui. A la veille des législatives de 2012, le président Bouteflika a promis que les élections ne seront plus des élections à la Magellan ! Des officiels ainsi que des députés attribuent publiquement aujourd’hui les résultats des élections à un système de quotas. Le fonctionnement de ce système ne repose sur aucune règle écrite. La lutte des clans au sein du pouvoir occulte la tendance à arrêter la liste des candidats, et dans une deuxième étape, les résultats électoraux.

Cette lutte trouve ces derniers temps son dénouement pour certains groupes dans le champ social (chiens doberman, argent sale, menaces de mort et violences). Des candidats se battent comme des chiffonniers pour se positionner sur « la liste des gagnants». Cette image, à la veille de la campagne électorale, est bien connue des Algériens. Pour la législature de 2017, 12 591 candidats représentant 63 partis sont retenus pour 462 sièges. De ce point de vue, ces élections sont déjà une grande victoire. Le pouvoir a gagné son pari. Un taux de participation très faible ne sera pas perçu comme très problématique. La presse est instruite pour relativiser la désaffection électorale. Toute campagne électorale sert à faire connaître les candidats et leurs programmes.

A quelques semaines de l’ouverture de la campagne électorale, on n’a pas l’impression qu’on est à la veille d’un grand enjeu pour le futur du pays. Même les partis aux ressources financières intarissables ne se sont pas encore démarqués des autres formations. L’immobilisme caractérise la vie politique.

Les Algériens se braquent tout bonnement sur la prochaine élection présidentielle française, aux résultats non définis à l’avance. Si les électeurs se désintéressent de cette élection, ce n’est pas le cas des élites, groupes politiques, apparatchiks et autres prédateurs du système rentier. L’après-Bouteflika est l’un des grands enjeux de cette élection. Les hommes d’affaires, spéculateurs de tous bords, groupes de pressions, oligarques, entrepreneurs de violence, ces prédateurs de l’économie de bazar, ont investi ces derniers temps les lieux de pouvoir, administrations régionale et centrale, diplomatie et assemblées électives. Ces groupes mercantiles revendiquent haut et fort leur « élection démocratique» sur ces lieux pour peser de tout leur poids sur la décision politique dans l’après-Bouteflika. La transition politique entamée en 1988, appelée communément « démocratique», s’achève en effet en 2019.

L’autoritarisme électoral a conduit à une nouvelle restructuration sociale dans laquelle la bourgeoisie compradore alliée aux intelligensias lupen-prolétarisées, détient la fonction principale dans l’émergence du nouvel ordre sécuritaire. Un tel système ne se réforme pas de l’intérieur, même en organisant des élections régulières. La violence tous azimuts sera le fer de lance des recompositions sociale, culturelle et politique. Lire la suite

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