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«L’image d’un pays n’est forte à l’étranger que si sa communauté est respectée»

Publié le 18/12/2015, par dans Non classé.

Vous vous êtes intéressée de près au dossier des consulats algériens en France et vous avez même tenté d’interpeller les autorités sur leur situation. Quel est votre constat sur le fonctionnement actuel de ces structures ?

Je peux vous dire qu’il y a un sérieux problème dans l’accueil du public. Mais je pense que les consulats ne sont pas les seuls responsables de cette situation, car ils ne sont, au final, que des représentations de l’Etat. C’est à l’Etat d’organiser ses propres structures. Les consuls ne sont pas libres, car la direction centrale les empêche de prendre des initiatives. Quant aux raisons de dysfonctionnements, elles sont à mon avis simples : il n’y a aucune transparence, aucune concertation, ni anticipation. De plus, l’Etat n’a aucune vision sur sa propre communauté. Je pense que les consuls nouvellement installés ont la volonté à travailler, mais ils ont malheureusement hérité d’une situation catastrophique. Ils ne peuvent pas faire grand-chose.

Beaucoup font porter le chapeau aux fonctionnaires et aux agents de sécurité de ces consulats… Qu’en pensez-vous ?

Il ne faut pas tout stigmatiser. Il y a bel est bien une partie des fonctionnaires qui ont une vraie conscience professionnelle. Je parle de ceux qui travaillent, car les autres personne ne peut les toucher. Ils sont protégés par Alger. Il faut renforcer ceux qui travaillent par d’autres qui partagent la même philosophie. L’Etat ne doit pas supprimer les 100 postes introduits cette année dont les contrats vont expirer fin 2015. Quant aux ressortissants, pourquoi acceptent-ils de payer 20 euros pour un ticket d’entrée au consulat ? La responsabilité est donc partagée. Je leur rappelle que les fonctionnaires du consulat de Montpellier qui ont déposé plainte contre l’Etat algérien ont fini par avoir gain de cause. L’Etat a été condamné à leur payer leurs salaires. Je tiens aussi à dénoncer certains comportements indignes. J’ai vu des hommes engeuler des femmes qui étaient derrière le guichet. Que le respect soit mutuel aussi.

Que proposez-vous pour améliorer la situation ?

Pour le biométrique, l’erreur que nous avons faite et d’avoir centralisé plusieurs départements dans le même consulat. Parfois, ce sont des départements de grande concentration d’Algériens. Je pense qu’il faut commencer par la décentralisation. Nous avons beaucoup d’élus municipaux d’origine algérienne qui peuvent nous accompagner dans la mise en œuvre du biométrique et qui le feraient avec plaisir. Pourquoi l’Etat ne demande pas de salle municipale à l’adjoint d’Orly ?

Nous pouvons aussi décentraliser un diplomate avec une station mobile. Les associations peuvent nous aider en ouvrant leurs portes et éviter aux gens de faire 300 km aller-retour. Le problème réside en l’afflux massif des gens. Certains y passent carrément la nuit. Malheureusement, cela nous pousse à comprendre que nous ne sommes que des chiffres aux yeux des Affaires étrangères. C’est inacceptable, car l’image d’un pays n’est forte à l’étranger que si sa communauté est respectée. Or, pour changer réellement les choses, il faudra opter pour une solution radicale, car on ne peut changer une situation qui a pris vingt ans pour se construire. Lire la suite

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