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l’homme qui veut rester proche des préoccupations du peuple

Publié le 11/04/2017, par dans Non classé.

Tête de liste du Parti des travailleurs(PT) à Oran, Mohamed Touhami, 43 ans, est marié est père de deux enfants. Il est ingénieur en construction mécanique, un diplôme obtenu en 1996 à l’USTO.
Il n’a cependant jamais exercé dans cette filière, se contentant d’enseigner les mathématiques dans plusieurs établissements. « Ce n’est pas faute d’avoir cherché mais, à l’époque, je n’avais pas trouvé de travail dans le domaine que je voulais et c’est pour cela que je me suis orienté vers l’enseignement pour gagner ma vie», indique-t-il en précisant que même là il fallait patienter avant d’être titularisé. Etant étudiant, il avait déjà milité au sein de l’UNEA et pris part à plusieurs activités en rapport avec le monde universitaire.

« J’avais déjà une orientation idéologique et je suivais avec intérêt les débats politiques, mais ce n’est que plus tard que j’ai intégré la vie partisane», explique-t-il. Quoi qu’il en soit, c’est une fois qu’il a passé son service national, entre 1998 et 2000, que sa carrière a démarré. « J’avais le choix entre plusieurs partis, mais à la fin j’ai opté pour le PT car je l’ai trouvé plus proche de mes convictions ; disons qu’il correspondait mieux aux idées pour lesquelles je militais.» Mohamed Touhami a intégré le parti de Louisa Hanoune en 2001 pour se retrouver, à peine une année plus tard, élu à l’APW d’Oran.

Une expérience inestimable pour un jeune militant. Ceux qui avaient l’occasion d’assister aux séances de cette assemblée se rappellent sans doute de la pertinence de ses interventions et la justesse des mots qu’il utilisait pour enrichir les débats. Discret mais sûr de ses convictions, il n’intervenait pas pour amuser la galerie mais pour toucher du doigt des faits concrets. Le jeune élu croit à l’action collective et c’est sans doute pour cela qu’il ne mettait pas en avant son appartenance partisane quand il s’agissait de défendre l’intérêt des citoyens ou même des élus des autres partis quand ceux-ci se retrouvaient en difficulté.

« Du point de vue politique, le mandat à l’APW était meilleur pour moi car, ici à Oran, nous pouvions en quelque sorte nous rendre utile en participant à résoudre les problèmes des citoyens, nous pouvions aider, nous pouvions intervenir auprès des instances concernées, etc.», soutient-il en mettant en avant la composante de cette Assemblée locale qui, pour lui, grâce aussi à la bonne volonté des élus des autres partis, permettait d’aller de l’avant. C’est par opposition à son expérience à l’APN. En effet, remarqué pour ses compétences, il a été, juste après, c’est-à-dire en 2007, propulsé pour un mandat de député qu’il a renouvelé en 2012.

Son constat est cependant sévère : « L’APN a été vidée de son sens». L’opposition, toutes tendances confondues, ne pèse pas grand-chose, à peine 70 élus sur un total de 462 et ses propositions ne sont quasiment jamais prises en considération. Mohamed Touhami, qui ne se faisait déjà pas d’illusions, estime que la situation a empiré au fil du temps car, aujourd’hui, on ne se soucie même pas de la forme et les projets du gouvernement tombent directement pour adoption.

« Vous entreprenez des actions et vous intervenez pour essayer de convaincre mais, au final, au vu des résultats, vous êtes forcément déçus», s’insurge-t-il en précisant qu’en tant que tel, son parti a fait son devoir et l’action de ses élus a été bien évaluée par la direction, mais c’est la composante de l’APN qui pose problème. Pour lui, les partis dits de la majorité brandissent continuellement le programme du président de la République, mais depuis le temps que cela dure, personne n’arrive à le cerner.

« Nous voulons que le Parlement retrouve sa vraie nature, c’est-à-dire être proche des préoccupations du peuple et non des décideurs, jouer son rôle de législateur et de contrôle de l’action du gouvernement.» Son constat est que les acquis et les valeurs d’équité et de solidarité qui ont caractérisé l’appel du 1er Novembre sont en train de voler en éclats avec la complicité des élus de la majorité. Comme l’ensemble des députés du PT, Mohamed Touhami reverse une bonne partie de ce qu’il perçoit (40%) au parti.

C’est un choix assumé. « Nous ne nous sommes pas enrichis et nous n’utilisons pas notre carte de député pour régler des problèmes personnels», rassure-t-il pour se démarquer des lobbies de l’argent et de tous les arrivistes qui ont notamment émergé durant les années 1990 et qui, peu à peu, sont en train d’accaparer le pouvoir et même d’investir pour s’assurer les bonnes places dans les listes de candidatures.

Les nouvelles lois sur le travail ou la santé, la suppression des subventions, le désengagement de l’Etat du logement social, etc. n’augurent rien de bon pour ce candidat qui compare l’APN actuelle à celle de l’Egypte du temps de Moubarak où les puissances de l’argent étaient prédominantes. Lire la suite

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