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L’histoire d’un autre «fleuve détourné»

Publié le 06/10/2016, par dans Non classé.

5 octobre 1988 – 5octobre 2016. 28 ans d’espoirs et de paradoxes. C’est l’histoire d’un « fleuve détourné» dans un pays qui continue sa course à grandes enjambées vers… l’inconnu.
C’est le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, à l’occasion du 28e anniversaire des événements d’Octobre 88 qui ont mis fin au système du parti unique. Non seulement cette date symbolique de l’histoire contemporaine de l’Algérie est complètement ignorée, mais les acquis arrachés grâce aux sacrifices de tout un peuple sont également remis en cause. Le constat est sans appel. L’Algérie qui se vantait au début des années 1990 de son ouverture démocratique retombe, aujourd’hui, dans les mêmes erreurs qui ont conduit à la révolte d’Octobre 88. Même les nombreuses victimes de la répression féroce sont oubliées.

Seule une poignée de personnes continue de commémorer cet événement. Cela a été vérifié, hier, à l’occasion du rassemblement organisé par l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ) à Alger. La faiblesse de la mobilisation témoigne de l’ampleur de la désillusion. Une situation qui est, sans nul doute, la conséquence d’une politique d’un régime qui a pu décourager même les militants les plus téméraires. Ces derniers sont réduits à lutter, péniblement, pour la survie de quelques idéaux auxquels ils s’attachent encore contre vents et marées. Mais leur résistance sera-t-elle payante un jour ?

Résisteront-ils encore à tous les coups de boutoir d’un pouvoir qui ne veut pas lâcher prise ? En tout cas, le pouvoir ne lésine pas sur les moyens pour réinstaurer de manière déguisée le parti unique et la pensée unique. Toutes les forces politiques d’opposition le disent, en pointant du doigt toutes les pratiques du régime. Selon eux, les acquis qui ont survécu à l’état d’urgence risquent d’être emportés par le « pseudo Etat civil». Les libertés individuelles, la liberté d’association, de réunion et d’expression sont tout simplement bafouées. « Et cela à travers un arsenal de lois répressives et arbitraires, ainsi que des atteintes quasi-quotidiennes aux libertés individuelles et collectives», soulignent toutes les associations qui souhaitent l’autonomie vis-à-vis du pouvoir.

Ces dernières paient le prix fort puisqu’elles sont contraintes à exercer leurs activités dans la clandestinité. Les partis politiques subissent aussi le même sort. Soumis à un régime d’autorisation, la majorité des partis d’opposition tiennent difficilement des réunions publiques nécessaires à l’organisation et à la mobilisation de leurs militants respectifs. Les acteurs de l’opposition qui souhaitent lancer leurs propres formations politiques butent sur un verrouillage hermétique du champ politique.

Même la liberté de la presse, consacrée dans les textes, est malmenée sur le terrain. S’ils ne sont pas domptés, les titres de la presse indépendante subissent toutes les formes de pressions qui mettent en péril leur existence. Ce sont quelques exemples de la grande régression engendrée par un système sclérosé… Lire la suite

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