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«L’Etat doit faire passer les transactions par les agences»

Publié le 14/12/2015, par dans Non classé.

– Quelle est la situation actuelle du marché immobilier ?

Le marché est en pleine stagnation. La situation dure depuis deux ans.

– Pourquoi ?

Le marché est au ralenti à cause de la cherté et de la forte spéculation provoquée par les nombreux intervenants dans le circuit. Il faut savoir que 20% seulement du marché sont détenus par les agences agréées, 80% des transactions passent par des intermédiaires, les bureaux d’affaires et autres. Le marché connaît actuellement une perturbation qui est intervenue depuis le 15 août, lorsque l’Etat a décidé d’imposer l’obligation de payer par chèque toute transaction égale ou dépassant les 5 millions de dinars. Des agents ont attendu 2 à 3 mois pour savoir ce qu’il en est au juste.

Cela a quelque peu plombé le marché. Les autorités ne règlent rien avec le chèque mais, au contraire, poussent des agents immobiliers, complètement en conformité avec la réglementation, à activer dans l’illégalité pour avoir moins de contraintes. Les transactions seront négociées, comme cela se fait partout, dans les cafés.

La spéculation augmentera avec l’augmentation de l’informel. Par conséquent, les prix ne baisseront pas avec cette situation où les gens qui activent légalement font face aux difficultés pour exercer normalement leur activité. Il y a aussi, disons-le, cet informel dans l’informel avec tous ces intervenants qui activent sans acte de propriété et sans contrat de location, etc.

– Avec les difficultés que vous évoquez, les prix n’ont pas réellement baissé. Quels sont les prix pratiqués dans les agences ? Quels sont les critères pris en compte : le mètre carré, la situation ?

Je n’aime pas entrer dans ce jeu malsain des prix. Je vous affirme, toutefois, que le marché immobilier connaît une baisse de 20% par rapport aux tarifs proposés avant, pour les raisons liées à la forte spéculation qui fait fuir le client, à la réorganisation de la profession d’agent immobilier et surtout, depuis quelques mois, à l’obligation du paiement par chèque que nous contestons à la FNAI.

Cette mesure ne réglera pas le problème du blanchiment. Ce qui a tiré aussi les prix vers le bas, c’est cette décision de bancariser les fonds. Les gens, par manque de communication, ne savent pas s’il faut transiter par la banque avant ou après l’achat d’un bien immobilier. Ils sont indécis.

– La FNAI a proposé un baromètre pour connaître la réalité du marché. Qu’en est-il ?

Effectivement, la Fédération a mis en place un baromètre détaillé du marché avec des détails sur sa situation, son évolution par régions, etc. vous-mêmes Vous en avez fait état (supplément El Watan immobilier, ndlr). Cet outil professionnel n’a pas été adopté, d’où notre décision de l’abandonner.

– L’Etat a lancé un important programme qui touche plusieurs types de logements (LPP, LPL, etc.) Ces formules d’aide et d’accès à la propriété permettront de concurrencer, par exemple, le promotionnel libre. L’opération de cession des biens de l’OPGI est engagée par le ministère de l’Habitat. Ce programme public qui renforcera le parc actuel pourra-t-il contribuer, selon vous, à faire baisser les prix ?

Le programme lancé par les autorités a permis d’injecter sur le marché un à deux millions de logements. Cela permettra, certes, à faire baisser les prix, mais il faut prendre aussi en compte la très forte demande qui ne devrait pas être satisfaite. Le déficit en logements est énorme et le programme permettra uniquement d’amortir le choc. Avec 40 millions d’Algériens, le taux d’occupation du logement actuellement est en moyenne de quatre individus par logement.

Il faudra au moins quatre millions de logements pour venir à bout de la crise du logement et stabiliser les prix. Actuellement, le parc immobilier compte 8 millions de logements, dont une grande partie sont vétustes, et d’autre occupés par des professions libérales, etc. Donc les occupants sont dans la promiscuité. Il faut signaler que la donne démographie doit être prise en compte dans les programmes futurs.Elle devra faire augmenter exponentiellement la demande.

– La FNAI est un interlocuteur de la tutelle, le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme. Quelles propositions faites-vous pour assainir le secteur et revenir à des prix abordables ?

Si l’Etat en a la volonté, il doit appliquer notre principale proposition qui est d’imposer l’obligation de faire passer toutes les transactions par un agent immobilier durant au moins 3 à 5 ans. Les agences vont obéir à des règles et vont, ainsi, s’autocontrôler. Les tarifs des uns et des autres seront contrôlés par l’ensemble et les sous-déclarations vont disparaître d’elles-mêmes. L’agent immobilier est responsable pénalement de sa déclaration des prix de vente, entre autres.

Il peut être poursuivi en cas d’infraction aux règles. Il y a d’autres avantages : l’opération permettrait de renflouer les caisses de l’Etat grâce aux taxes payées après chaque transaction et nous pourrions, nous les professionnels, connaître la réalité chiffrée du marché (offre, demande). Ces chiffres pourront être présentés aux pouvoirs publics pour mener leurs actions et savoir répondre aux besoins.

– Pensez-vous qu’il y a actuellement cette volonté de voir les choses changer de la part de vos interlocuteurs ?

Il y a deux catégories de réponses : il y a ceux qui veulent le changement et assainir le marché immobilier et il y a ceux qui naviguent en eaux troubles et qui veulent le maintien de la situation actuelle de forte spéculation. Lire la suite

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