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Les syndicats sceptiques

Publié le 17/01/2017, par dans Non classé.

L’intersyndicale maintient son mot d’ordre pour les rassemblements prévus le 28 janvier.
Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale a promis hier, devant les représentants des syndicats autonomes, que le débat sur le nouveau code du travail se fera en concertation avec tous les syndicats agréés. C’est un texte « sensible», a affirmé Mohamed El Ghazi, lors de son intervention de clôture de la journée d’information sur la retraite organisée hier au siège du ministère du Travail. « Nous avons besoin d’un consensus autour d’une mouture qui prenne en considération les droits des travailleurs et les intérêts du pays, nous le ferons avec sérénité et sans arrière-pensée», a ajouté le ministre.

« Le nouveau code du travail, dont le processus d’adoption est en phase de concertation, n’a pas encore été présenté au Conseil des ministres ni à celui du gouvernement, encore moins au Parlement», a-t-il précisé en réponse aux critiques des syndicats autonomes face aux « dérives contenues dans le projet d’amendement du code du travail». Pour M. El Ghazi, la réunion d’hier — dont l’ordre du jour a basculé de « journée d’information sur la retraite» à « rencontre avec les syndicats» — a pour objectif d' »inaugurer une nouvelle démarche qui institue un jalon dans les relations avec les organisations syndicales».

Le ministre ne donne cependant aucun détail concernant la forme de concrétisation de ce dialogue ni le cadre dans lequel il sera appliqué, hormis une instruction donnée au secrétaire général de l’emploi concernant la nécessité collecter les observations des représentants des syndicats présents à remettre au Premier ministre, sous le patronage duquel s’est d’ailleurs déroulée la journée d’hier. L’adoption, en décembre dernier, de la nouvelle loi sur la retraite et de plusieurs mesures d’austérité, malgré le mouvement de protestation mené par l’intersyndicale, a constitué l’argument principal des intervenants parmi les syndicalistes, sceptiques quant à « la nouvelle démarche du gouvernement» annoncée par le ministre.

M. Ouilha, secrétaire général du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) s’interroge : « Qu’attendre d’un dialogue en temps additionnel, déclenché uniquement pour calmer la colère exprimée à travers les manifestations de rue après la flambée des prix sans aucune structure ou organisation pour les encadrer ?» Pour le Cnapeste, le gouvernement doit fournir des réponses aux attentes des travailleurs concernant la dégradation du pouvoir d’achat et les craintes de régression des libertés syndicales et autres acquis dans le nouveau code du travail.

Le Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (CELA) estime, par la voix de son secrétaire général, que « le discours sentimental ne peut pas constituer une réponse à un problème politique». Le syndicaliste rappelle la transgression par les pouvoirs publics d’une grande partie de la législation — cadres syndicaux condamnés à des peines de prison, travailleurs licenciés abusivement, refus d’agrément d’organisations syndicales, conditions de travail précaires.

Le secrétaire général du Cela soutient qu’il n’y a pas de réussite possible pour la démarche gouvernementale, notamment en l’absence de transparence. « Quel bilan tire-t-on de toutes les lois amendées sous prétexte de combattre le chômage et d’inciter la production nationale hormis une hausse terrifiante du chômage», se demande M. Achour pour appuyer l’absence de volonté politique de trouver des solutions. « Et en l’absence d’un cadre de concertation réel et effectif, une tension et une explosion sociale sont à craindre, avec toutes les conséquences que cela pourrait générer.»

Le président du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (Snte), Abdelkrim Boudjenah, interpelle pour sa part le ministre sur l’impact de la dégradation du pouvoir d’achat des fonctionnaires, nécessitant une actualisation des salaires. « La dégradation du pouvoir d’achat doit être prise en considération ainsi que les réserves émises sur le recul sur les acquis», a insisté M. Boudjenah. L’intersyndicale maintient le mot d’ordre pour les rassemblements prévus le 28 janvier dans le but de défendre les droits des travailleurs.
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