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Les syndicats face à la répression

Publié le 04/12/2017, par dans Non classé.

Les autorités ne veulent, semble-t-il, pas dialoguer avec les syndicats autonomes, malgré l’invitation qui leur a été adressée début janvier
par l’ex-ministre du Travail, Mohamed El Ghazi.
La dernière action à laquelle a appelé l’Intersyndicale a été violemment empêchée. Réunies, jeudi dernier en session ouverte, les organisations syndicales ont dénoncé « une répression» qui « étouffe» l’expression autonome. Pour le président de l’Unpef, dont le siège a été encerclé par les services de sécurité le jour du rassemblement, les libertés syndicales sont en danger en Algérie. Les autorités continuent à empêcher des travailleurs de se rassembler sur la place publique « au motif fallacieux de l’existence d’une réquisition, dont ils ne nous disent pas l’auteur».

« Il y a un recul des libertés syndicales consacrées pourtant dans la Constitution et les textes des conventions internationales ratifiés par l’Algérie. Les lois d’exception sur l’état d’urgence qui auraient justifié la répression ont été levées», rappelle le syndicaliste. Partie prenante de l’Intersyndicale, le Cnapeste dénonce « la marginalisation et la diabolisation» des organisations autonomes. « Il y a répression de toutes les actions de rue, particulièrement à Alger. Ces pressions sont intolérables. Les pouvoirs publics répriment les syndicats, parce qu’ils sont revendicatifs», rapporte Meriane.

Selon le porte-parole du Cela, Idir Achour, il y a eu ce jour-là plusieurs « infractions». « Il y a en plus de l’empêchement du rassemblement lui-même et des atteintes aux franchises syndicales, l’entrave à la liberté du citoyen à la circulation, puisque des gens ont été interpellés dans la rue», met en avant le syndicaliste, qui signale que la police a « innové» en retirant leurs portables aux syndicalistes arrêtés pour les empêcher d’entrer en contact avec l’extérieur et de prendre des photos. Les autorités ne veulent, semble-t-il, pas dialoguer avec les syndicats autonomes, malgré l’invitation qui leur a été adressée, début janvier, par l’ex-ministre du Travail, Mohamed El Ghazi.

Le ministre a rappelé la nécessité de renforcer le dialogue social entre son département et les partenaires sociaux. « J’invite les syndicats autonomes à améliorer le système de communication et fortifier le dialogue entre nous, pour que nous puissions agir et interagir avec confiance, cerner les besoins et y répondre», avait déclaré le ministre.

Mais depuis cette date, les autorités n’ont plus pris langue avec leurs partenaires. Les syndicats, qui avaient salué la décision d’El Ghazi, ont vite déchanté. « Le pluralisme syndical est formel et le dialogue avec les syndicats est un dialogue de façade et il est occasionnel pour apaiser le front social», regrette Dziri, qui rappelle que le dialogue dans le cadre de la tripartie « se déroule à huis clos».

Regroupées depuis juin dans une Intersyndicale, la quinzaine d’organisations de la Fonction publique ont décidé de mettre en place une confédération. Dénonçant le « monolithisme» syndical en cours dans le pays, le président du SNPSP, le Dr Lyès Merabet, précise que la confédération projetée permettra de rattraper le retard par rapport aux pays du Maghreb et d’Afrique en avance dans la structuration syndicale. « En Algérie, on a des syndicats adossés au système en place.

Les syndicats deviennent plus un prolongement du gouvernement que des représentants des travailleurs. L’UGTA cautionne les politiques du gouvernement.» Et de poursuivre : « Le projet de la confédération est en voie de finalisation. L’idée d’aller vers la confédération est acquise. Notre objectif n’est pas d’annihiler l’autre centrale, mais de renforcer le travail syndical.» Prévue pour le 11 décembre, l’AG constitutive de la confédération pourrait, toutefois, être reportée pour cause « organisationnelle».

« L’AG sera reportée, puisque le rendez-vous coïncide avec des activités de certains syndicats», précise Idir Achour. L’Intersyndicale, qui reprendra sa session ouverte mercredi, devra prendre une batterie de décisions. « Nous allons adresser une lettre au président de la République, au Conseil national des droits de l’homme et au Bureau international du travail (BIT)», signale Lamrizghar Abdelouahab, chargé de la communication de l’Unpef.
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