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«Les schémas politiques imposés au pays se voilent et se dissolvent»

Publié le 25/09/2017, par dans Non classé.

Animant un débat autour du thème « L’émigration dans la construction identitaire. Chérif Kheddam : un cas singulier», à l’initiative de l’Association culturelle berbère, M. Sadi rappelle que « la gravité de la situation avec ses replis et contrariétés ne peut s’accommoder d’emballement».
L’ancien président du RCD, Saïd Sadi, estime qu’en Algérie, « l’histoire s’accélère» et que « les schémas institutionnels et politiques qui ont été imposés au pays se voilent et se dissolvent dans les dures réalités d’un monde auquel des dirigeants sans éthique ni envergure ont opposé démagogie et irresponsabilité ; l’argent carburant exclusif du système fait défaut», cingle-t-il.

Animant un débat autour du thème « L’émigration dans la construction identitaire. Chérif Kheddam : un cas singulier», à l’initiative de l’Association culturelle berbère, M. Sadi rappelle que « la gravité de la situation avec ses replis et contrariétés ne peut s’accommoder d’emballement». Et de poursuivre : « C’est parce que précisément les temps sont incertains que nous avons besoin de lucidité et de débats sans tabous ni démagogie.»

Et que c’est « en identifiant les problématiques nouvelles et complexes que nous avancerons». Face à la complexité de la problématique algérienne en ces temps de crise économique, mais aussi et surtout politique, où les institutions de l’Etat sont plongées dans un épais brouillard, Saïd Sadi convie à plus de lucidité pour aborder cette phase critique avec sérénité et éviter de se lancer dans des aventures. « Pour ne pas prendre d’autres fausses pistes, nous avons besoin de sérénité pour nous écouter, écouter notre voisinage et bien observer le monde», préconise-t-il.

« Nul ne détient une potion miracle face à une impasse sanglante dont les origines remontent au premier jour de l’indépendance. Dans le futur immédiat que nous devons penser et construire, la leçon d’Avril 1980 qui a vu les élites entrer en symbiose avec leur base populaire reste d’actualité. L’émigration peut apporter sa part au combat démocratique national, l’essentiel étant qu’elle l’entende pour mieux relayer les appels et attentes du pays», analyse encore Saïd Sadi.

Evoquant largement le rôle décisif de l’immigration algérienne et son apport au combat national depuis le mouvement national en passant par la Guerre de Libération et ensuite aux luttes démocratiques après l’indépendance, l’ancien leader du RCD considère que pour mieux l’adapter au combat d’aujourd’hui, « la mission de la communauté émigrée n’a été utile que quand elle s’est articulée sur les combats nés et menés dans le terrain interne». « Cela fut vrai avant, pendant et après la Guerre de Libération.

On ne connaît pas de lutte conçue par une faction expatriée qui ait abouti, si elle n’est pas d’abord investie par les catégories vivant quotidiennement sous la contrainte de l’ordre politique contesté», estime Saïd Sadi qui à l’occasion met en évidence la longue marche de l’immigration. Il convie ainsi la diaspora à embrayer dans une synergie sur les initiatives citoyennes culturelles et sociales lancées localement. « Dans la difficile situation qui prévaut au pays, les citoyens s’organisent et se battent à la base et au quotidien. Des cafés littéraires fleurissent un peu partout, en Kabylie mais pas uniquement.

Des activités modestes au fort potentiel démultiplicateur voient le jour dans les villages autour d’initiatives concrètes et utiles pour lesquelles l’immigration peut apporter sa plus-value.» Portant un regard renouvelé sur l’évolution du phénomène migratoire, Saïd Sadi fait remarquer que le mouvement migratoire a connu une mutation profonde.

« Nous ne sommes plus dans des mouvements migratoires temporaires qui drainaient une main-d’œuvre sans qualification destinée à rejoindre le pays après quelques années passées à accumuler de quoi compenser un mode de production traditionnel disqualifié par une colonisation de peuplement qui a bouleversé de fond en comble l’ensemble des références algériennes.» « Aujourd’hui, ce sont les jeunes instruits qui partent et, souvent, pour ne plus revenir. Il ne s’agit ni de juger ni de cultiver une quelconque nostalgie sur cette situation. Nous avons à appréhender lucidement un fait qui s’impose à nous.»

Du point de vue de M. Sadi, le plus important « est de savoir si l’émigration algérienne, évoluant dans une économie mondialisée, peut garder une mémoire positive de son pays d’origine et, éventuellement, de chercher à inventer des solutions pour que cette migration définitive ne soit pas une rupture qui, faute de pouvoir se traduire par une intégration accomplie, en arrive à tenter des compensations mortifères par des adhésions à des chapelles d’autant plus redoutables qu’elles ne donnent pas de solutions de construction de vie mais qu’elles en appellent à la mise en œuvre de mécanismes d’assouvissement de revanche ou de frustration.»
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