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Les saoudiens découvrent l’austérité

Publié le 14/11/2016, par dans Non classé.

Le passage du baril de 100 à 40 dollars a poussé l’Arabie Saoudite à réduire ses dépenses dans un contexte social difficile, qui a vu le taux de chômage partir en flèche.
Avec un quart des réserves mondiales de pétrole et premier producteur Opep, l’on croyait l’Arabie Saoudite prémunie contre la crise due à la chute des prix de l’or noir amorcée à partir de 2015 suite à un pic historique de hausse des cours sur les marchés internationaux en 2014. Le déficit budgétaire du royaume wahhabite, dont les revenus dépendent à 90% des hydrocarbures, s’est établi l’année dernière à 89,2 milliards d’euros.

Le passage du baril de 100 à 40 dollars l’a poussé à réduire déjà ses dépenses dans un contexte social difficile qui a vu le taux de chômage partir en flèche. Pour une population habituée à la rente providentielle, c’est un drame. Les Saoudiens vont ainsi goûter à l’austérité qui annonce une série de mesures difficiles à supporter socialement, tel l’arrêt des subventions sur les carburants et l’électricité et l’instauration de la TVA. Le pays n’est pourtant pas en faillite avec des réserves qui dépasseraient les 670 milliards d’euros, selon des chiffres donnés par le site web de France info.

L’Arabie Saoudite veut certainement prévenir une année de disette si les cours du pétrole restent en l’état en 2017. Si les Saoudiens rêvent d’une remontée des prix après la dernière réunion informelle des pays producteurs à Alger, en attendant la prochaine rencontre de Vienne sur laquelle l’Opep fonde tous ses espoirs, celle-ci tardera, selon les prévisions de beaucoup d’experts, à venir. Car elle dépend moins du gel de la production que d’autres facteurs que les pays producteurs ne maîtrisent pas, comme le recul de la croissance chinoise.

L’Arabie Saoudite, dont l’effort de guerre au Yémen s’avère des plus coûteux, paie aussi le prix de la violation des accords de Doha en refusant de respecter les niveaux de production limités qui auraient pu, un tant soit peu, maintenir les prix du pétrole à un niveau respectable. Le royaume wahhabite, qui a cru compenser la chute des cours de l’or noir en enfreignant les accords de l’Opep, a vite été rattrapé par la crise.

Comme les pays vivant de la rente pétrolière, il s’est retrouvé avec un déséquilibre budgétaire qui ne cesse de se creuser. Et rien ne dit que les lendemains seront meilleurs pour les Saoudiens. La Coface énumère plusieurs causes : « La consommation domestique croissante d’énergie, un fort taux de chômage des nationaux, la fragilité de la gouvernance assombrissant le climat des affaires et un environnement géopolitique instable.»

Réformes douloureuses

Selon des données publiées par la même source, le gouvernement, qui a revu à la baisse la politique des subventions induisant une augmentation de 50% du prix de l’essence à la pompe, entend bien passer à la vitesse supérieure en lançant un train de réforme avec un « large chantier de privatisations qui devrait inclure l’ouverture du capital du monopole pétrolier Aramco ainsi que la mise sur le marché de terrains publics». Mais rien n’est moins sûr pour redresser une situation porteuse de risques de déstabilisation sociale.

L’Arabie Saoudite doit aussi attendre la providence des marchés internationaux de l’or noir. Selon la Coface, dans sa dernière note de juillet 2016, « la baisse des recettes d’exportation n’a été que faiblement compensée par la contraction des importations qui ont décru de 14 %». « Les IDE pourraient, eux aussi, ralentir en raison de la perte de confiance des investisseurs suite à la dégradation de la note du pays par plusieurs agences de notations.» Lire la suite

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