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Les réserves s’épuisent dangereusement

Publié le 07/01/2016, par dans Non classé.

Les données de la Banque d’Algérie mettent en avant une baisse du stock d’épargne financière du Trésor, lequel s’est contracté de 40,4% durant les neuf premiers mois de l’année 2015 pour passer à 2913,3 milliards de dinars, soit l’équivalent de 28 milliards de dollars, à septembre 2015.
Attendus depuis plusieurs semaines, les chiffres de la conjoncture monétaire et financière pour les neuf premiers mois ont été rendus publics hier. Sur fond de conjoncture morose, les indicateurs s’installent, sans surprise, dans le rouge. Cependant, le rapport présenté par le gouverneur de la Banque d’Algérie (BA) pousse à l’inquiétude, d’autant que les constats et les agrégats dépeignent une situation plus grave que prévu. L’élément le plus représentatif étant la situation du Fonds de régulation des recettes (FRR), dont les ressources ont fortement décliné en 2015.

C’est ainsi que les données de la Banque d’Algérie mettent en avant une baisse du stock d’épargne financière du Trésor lequel s’est contracté de 40,4% durant les neuf premiers mois de l’année pour passer à 2913,3 milliards de dinars, soit l’équivalent de 28 milliards de dollars en septembre. Pis, ces chiffres sont très en deçà des prévisions de clôture du ministère des Finances pour le FRR à plus de 3080 milliards de dinars en décembre 2015.

Cela jette ainsi un doute sur le maintien des capacités de couverture du déficit par le recours à une épargne publique qui fond plus vite que prévu. Il y a péril en la demeure, ceci d’autant que la BA pointe, au-delà de la baisse des cours du brut, « des dépenses budgétaires toujours élevées». L’autorité monétaire explique ainsi que le contexte budgétaire se caractérise par une forte contraction des recettes de la fiscalité pétrolière qui a perdu près de la moitié de ses revenus en une année.

Une situation née, bien entendu, de la baisse des cours du baril de brut qui s’est établi en moyenne à 55,76 dollars contre 106,65 dollars en 2014. L’effet sur la valeur des exportations d’hydrocarbures a été décuplé par la baisse des expéditions en volumes des hydrocarbures à hauteur de 3,09%. C’est dans ce contexte que le compte courant de la balance des paiements affiche un déficit de plus de 20 milliards de dollars en septembre 2015, et ce, malgré un net recul des importations de biens et services. Un déficit qui a été aussi alimenté, note la BA, par d’importants transferts de dividendes au premier trimestre 2015.

Un déficit qui s’est traduit par une nouvelle baisse des réserves de change qui ont perdu 32,57 milliards de dollars entre septembre 2014 et septembre 2015, s’établissant à 152 milliards de dollars. Un recul également alimenté par l’effet de valorisation des réserves de change.
Il faut aussi noter que la conjoncture a affecté le taux de change du dinar, lequel s’est déprécié de 19,57% face au dollar et de 2,16% face à l’euro. L’autorité monétaire note cependant que « le taux de change effectif réel du dinar demeure apprécié par rapport à son niveau d’équilibre». L’amenuisement des ressources incite d’ailleurs les autorités à rechercher de nouvelles sources de financement, notamment dans le secteur bancaire.

D’ailleurs, Mohamed Laksaci, gouverneur de la BA, n’hésite pas à évoquer un choc persistant pour quelques années, à la lumière des prévisions pour les cours du pétrole pour les trois années à venir. Cependant, la BA note une baisse de la liquidité globale des banques qui a enregistré une contraction de plus de 6 milliards de dollars entre janvier et septembre 2015, en raison du déclin des dépôts d’hydrocarbures. Cependant, malgré ce déclin, les crédits à l’économie ont augmenté de 13,35%.

Ce qui incite la BA à avertir que « ce rythme d’expansion des crédits à l’économie ne semble pas être soutenable, sans recours de certaines banques au refinancement auprès de la Banque d’Algérie». C’est dans ce sens que M. Laksaci a annoncé la finalisation du dispositif relatif au refinancement et au réescompte d’ici fin janvier 2016. Il a aussi indiqué que la BA veille à la solidité et à la solvabilité des banques de la place et opère depuis quelques mois un audit et une série de stress tests auprès des banques, lesquels devraient prendre fin au plus tard au premier trimestre 2016.
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