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Les raisons d’une chute

Publié le 14/12/2016, par dans Non classé.

La dévaluation du dinar sur le marché parallèle trouve son origine dans plusieurs facteurs obéissant, selon les experts, aux seules lois économiques.
Tout en appelant à recadrer le débat sur cette problématique, en s’attaquant à l’essence et non aux apparences, le professeur Abderrahmane Mebtoul affirme que le dérapage de la monnaie nationale face à la devise sur le marché parallèle s’explique d’abord par « la diminution de l’offre du fait que la crise mondiale, combinée avec le décès de nombreux retraités algériens, a largement épongé l’épargne de l’émigration.

Cette baisse de l’offre de devises a été contrebalancée par les fortunes acquises régulièrement ou irrégulièrement par la communauté algérienne localement et à l’étranger qui font transiter des devises en Algérie, montrant clairement que le marché parallèle est bien plus important que l’épargne de l’émigration».

En revanche, la demande sur la devise est devenue de plus en plus importante, notamment de la part « de simples citoyens qui voyagent» mais aussi de la part « des agences de voyages qui, à défaut de bénéficier du droit au change, recourent, elles aussi, aux devises du marché noir car étant importateurs de services», explique l’expert. Selon lui, la forte demande est à constater dans « la sphère informelle qui contrôle 40/50% de la masse monétaire en circulation (avec une concentration au profit d’une minorité rentière) et 65% des segments des différents marchés».

Aussi, l’écart de valeur existant entre le dinar et les autres devises s’explique par « le passage de la remdoc au crédoc qui a pénalisé les petites et moyennes entreprises et n’a pas permis de juguler, comme cela était prévu, la hausse des importations qui ont doublé depuis 2009, tout en renforçant les tendances des monopoleurs importateurs».

Nombreuses sont les PME/PMI qui, « pour éviter les ruptures d’approvisionnement, ont dû recourir au marché parallèle de devises», souligne encore Abderrahmane Mebtoul. Et de relever que le gouvernement « a certes relevé à 4 millions de dinars, au cours officiel, la possibilité du recours au paiement libre pour les importations urgentes, mais cela reste insuffisant».

Pour l’expert économiste, « l’écart s’explique aussi par la faiblesse de la production et la productivité, l’injection de monnaie sans contrepartie productive, engendrant un certain niveau d’inflation». A cela s’ajoute « la non-proportionnalité entre la dépense publique et le faible impact, le taux de croissance moyen, malgré une dépense de fonctionnement et équipement évaluée à plus de 800 milliards de dollars entre 2000/2015, n’ayant pas dépassé 3% ,alors qu il aurait dû dépasser les 10%, est source d’inflation».

Pour se prémunir contre cette inflation, et donc contre la détérioration du dinar, « l’Algérien ne place pas seulement ses actifs dans le foncier, l’immobilier ou l’or, mais une partie de l’épargne est placée dans les devises», affirme Abderrahmane Mebtoul, précisant que « beaucoup de ménages se mettent dans la perspective d’une chute des revenus pétroliers, et vu les fluctuations erratiques des cours de l’or, achètent les devises sur le marché informel». Lire la suite

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