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Les raisons de la déroute 

Publié le 26/11/2017, par dans Non classé.

Les partis de l’opposition cumulent les échecs dans la wilaya de Boumerdès.
Les plus grands perdants des dernières élections au niveau local sont le FFS, le PT et le RCD. Ces trois formations politiques ont obtenu trois communes seulement sur les 32 que compte la wilaya.
Le FFS est sorti vainqueur à Naciria, le PT à Chaâbet El Ameur et le RCD à Afir. Le parti du défunt Aït Ahmed a présenté des listes dans 25 communes, mais il n’a obtenu que 40 sièges APC et 6 à l’APW, alors qu’en 2012 il en avait 74 dans les APC et 10 à l’APW. Le parti a perdu 5 communes, dont celle du chef-lieu de wilaya, où il n’a pas brillé en termes de gestion. Cette importante localité, qui était PT entre 2007-2012, tombe cette fois entre les mains des candidats du Front El Moustakbel. Pour beaucoup de militants du FFS, cette déroute était préméditée.

« On combat les pratiques du pouvoir, mais il y a pire au sein de notre parti. Ce sont toujours les mêmes qui reviennent sur les listes. On ne donne jamais la chance aux jeunes et aux compétents. Certains candidats de la liste APW sont honnis par la base. Un haut cadre du parti a imposer son fils, son gendre et sa fille dans trois listes différentes. C’est dire que c’est le degré d’allégeance et les liens de parenté qui comptent, pas la compétence et l’engagement. Comment voulez-vous qu’on obtienne de bons résultats avec de telles méthodes», s’offusque un militant de Beni Amrane.

Au RCD, le problème est ailleurs. Le parti a présenté 9 listes, mais a obtenu 21 sièges seulement, dont 9 à Afir, 6 à Naciria et 2 à Boumerdès. Le défi d’arracher quelques places à l’APW n’a pas été relevé. Comme son frère ennemi, le FFS, le parti de Mohcine Belabbas a perdu beaucoup de terrain. En 1997, il avait 5 sièges à l’APW et un au Parlement.

Mais les temps ont changé. Le président du bureau régional, Ahcène Mzir, explique cette dégringolade par « la fraude électorale et les entraves dressées devant nous par l’administration».

« Le pouvoir ne veut pas du RCD au parlement régional. Ensuite, on nous empêche d’activer. Toutes les demandes d’autorisation formulées pour organiser des rencontres politiques ont été rejetées, sans aucun motif. L’administration locale aide les uns et met des bâtons dans les roues des autres», a-t-il justifié.

« Chercher des militants avant les voix»

Au Parti des travailleurs (PT), on invoque d’autres raisons. Cette formation de l’extrême gauche a raflé 9 sièges au niveau de toute la wilaya, dont 7 à Chaâbet El Ameur, 1 à Légata et 1 à Si Mustapha. « Durant le mandat précédent, on avait des élus dans 15 communes et on a présidé Boumerdès et Souk El Had. On était présents aussi à l’APW. En 2012, on avait 2 députés, mais on les a perdus à jamais en 2017», regrette un ancien militant.

Selon lui, cette déchéance résulte de la déviation des militants de la ligne idéologique du parti. « On a abandonné la paysannerie et la plupart des candidats sont des transfuges d’autres partis, dont ceux du pouvoir. Aux Issers, la liste du PT était drivée par un ancien du RND. C’est pour cela qu’on a été sanctionnés par les électeurs», se désole-t-il, accusant certains de ses camarades de n’avoir pas respecté leurs engagements et la ligne politique du parti. « La plupart de nos anciens élus avaient conclu, au niveau des APC, des alliances contre nature avec les élus des partis au pouvoir.

Comment voulez-vous que les gens leur renouvellent leur confiance aujourd’hui. Avant de chercher des voix, on doit d’abord trouver de vrais militants», concède-t-il encore.

Il est à noter, enfin, que le taux de participation aux dernières élections était de 40,02% pour les APC et 38,41% pour l’APW dans la wilaya de Boumerdès. Le RND a remporté 10 communes sur les 32 que compte la wilaya, suivi du FLN avec 8 municipalités. Dépourvus de pouvoirs et de moyens, les nouveaux « mal» élus auront fort à faire pour redresser la situation catastrophique des communes de la région.
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