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Les prix du mouton à travers les pays musulmans

Publié le 09/09/2016, par dans Non classé.

Crise économique, guerres… rien n’y fait : les prix du mouton sont au cœur des préoccupations des populations musulmanes en vue de la célébration de la fête du sacrifice. Petit tour aux marchés du bétail de Riyad à Alep, en passant par Ghaza et Khartoum.
– Algérie 400 à 750 dollars

Dans notre pays, les prix du mouton de l’Aïd tutoient les sommets, se classant parmi les plus élevés du monde musulman. Ils varient, selon la taille du mouton, entre 26 000 et 48 000 DA. Le bélier, lui, est cédé à 56 000 DA et plus. La valse des prix peut aller encore plus loin pour atteindre des sommes hors de prix. Quelque 4 millions d’ovins et environ 4500 bovins sont sacrifiés chaque année à l’occasion de l’Aïd El Adha. L’Algérie compte un cheptel de 27 millions de têtes, dont 23 millions d’ovins.

– Libye 325 à 800 dollars

C’est bien la première fois que les maquignons libyens acceptent des chèques pour vendre leur bétail en raison du manque de liquidités auquel fait face le pays. Le prix d’un mouton oscille entre les 600 dinars (325 dollars) et 1500 dinars, une petite fortune pour des ménages dont le salaire minimium est de l’ordre de 450 dinars. Ayant peu de succès après des Libyens, les moutons importés (d’Espagne notamment) sont vendus à 120 dollars. La flambée des prix des ovins locaux est due notamment à l’augmentation des tarifs de l’élevage, une baisse de la pluviométrie, ainsi que le trafic aux frontières tunisienne et algérienne.

– Palestine 320 à 400 dollars

Les prix des ovins destinés à la fête du sacrifice ont connu une baisse notable dans les territoires palestiniens. C’est le ministre de l’Economie du territoire de Ghaza qui a annoncé les prix, en coordination avec le département de l’Agriculture qui s’appuie sur l’importation du bétail d’Europe ainsi que sur une petite production locale. Un kilo d’un agneau « beldi» coûte 4.5 dinars pendant que le mouton dit « assaf» vaut dans les 5.5 dinars/kg. La baisse est de l’ordre de 4 shekels.

L’année dernière, les habitants de Ghaza ont dû payer leur mouton par tranches. Le territoire sacrifie chaque année entre 12 000 et 16 000 têtes, et ce, malgré des conditions économiques des plus instables. Depuis le début de l’année, environ 25 000 têtes de bétail et des veaux sont entrés dans la bande de Ghaza. Le ministère prévoit d’en faire entrer encore 5000, en plus d’une production locale de 3000 têtes.

– Egypte 200 et 450 dollars

Au pays des Pharaons, les prix des moutons varient d’une région à une autre, marquant néanmoins une hausse de 25% sur tout le territoire égyptien, selon la Chambre du commerce du Caire. Les raisons de la flambée des prix seraient liées au fait que le Soudan qui exporte chaque année 8000 chameaux vers l’Egypte a choisi de mieux réguler sa richesse animalière.

La Somalie s’est, quant à elle, tournée vers l’Arabie Saoudite. A cela s’ajoute une augmentation des prix des produits alimentaires destinés au bétail qui est répercutée sur la production locale. Les Egyptiens doivent ainsi débourser 1500 à 2000 livres pour un mouton, 1200 à 1800 livres pour une chèvre et un veau à partir de 12 000 livres. L’instabilité économique pousse beaucoup de familles à renoncer à cet achat.

– Syrie 200 à 500 dollars

Les prix des viandes — à l’instar d’autres produits — connaissent une hausse record en Syrie. Le ministère de l’Economie du gouvernement de Bachar Al Assad a permis exceptionnellement, en août dernier, l’importation de bétail à raison de 6000 têtes par semaine. Le fait est que les bêtes destinées à la consommation sont menacées de disparition. La production locale est passée de 30 millions en 2011 à moins de 13 millions en 2016, selon les statistiques du ministère syrien de l’Agriculture. A cela s’ajoute le trafic des bêtes aux frontières irakiennes et libanaises. Vendu à 6000 lires/kg (28 dollars américains), le prix de la viande de mouton a ainsi atteint des cimes jamais égalées depuis 5 ans.

– Arabie Saoudite 650 à 790 dollars

Les prix des moutons ont connu une baisse notable cette année grâce aux efforts du royaume d’Arabie Saoudite, et notamment l’importation d’un bon nombre de têtes du Soudan. Ici, les moutons lèvent haut leurs cornes tant leurs prix sont élevés, atteignant allègrement les 650 à 790 dollars (800 et 1850 rials saoudiens). Les prix varient selon le poids et l’origine des bêtes.

La demande en Arabie Saoudite est telle qu’une flambée, à quelques jours du hadj, est inéluctable. A l’origine des prix élevés, à en croire la presse locale, il y aurait un monopole du marché qui entraverait sa régulation. Fait inédit : cette année, les prix des ovins destinés aux pèlerins ont été unifiés et fixés à l’avance afin d’éviter tout cafouillage ou spéculation.

– Soudan 80 à 160 dollars

Les deux Soudan sont réputés pour l’excellente qualité de leur viande. Le pays a longtemps été l’un des plus grands pays exportateurs de bétail. Le prix d’un mouton de taille moyenne est de l’ordre de 125 dollars et le plus gros coûte dans les 250 dollars dans la capitale. Les prix sont encore moins chers en régions (150 à 300 livres soudanaises). Les terres les plus renommées pour l’élevage sont situées dans l’ouest et le sud du pays. Le pays est aussi réputé pour le sacrifice du mouton en toute occasion.

Les prix qui ont tendance à grimper pourraient, craignent les Soudanais, mettre à mal cette tradition. Le mouton coûte désormais autour de 1000 livres soudanaises (environ 168 euros). S’il reste l’un des moins chers de tout le monde arabe, il représente une dépense impossible pour les familles vivant dans l’un des pays les plus pauvres au monde.
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